QE #182 – Cotisation à la retraite des élèves-maîtres

« M. Bruno Belin attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse sur la cotisation à la retraite des élèves-maîtres.

Il tient à souligner la situation des élèves-maîtres ayant débuté leur formation, de deux ans, en 1990 à l’école Normale.

Il rappelle que la loi no 89-486 du 10 juillet 1989 dite d’orientation sur l’éducation, a créé l’institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), venant se substituer à l’école Normale, à partir de janvier 1992.

De fait, les élèves-maîtres ayant cotisé à la pension civile dès 1990 ne sont pas concernés par l’article 14 de la loi 91-715 de la loi n° 91-715 du 26 juillet 1991 portant diverses dispositions relatives à la fonction publique, prévoyant que les périodes pendant lesquelles ont été perçues les allocations d’enseignement soient prises en compte pour la constitution et la liquidation du droit à pension de retraite.

Aujourd’hui, seules les cotisations de septembre 1990 à décembre 1991 sont comptabilisées dans leur pension de retraite. Or leur formation s’est terminée en août 1992. Par ailleurs, il soulève que cet article 14 est en attente, depuis trente-deux années, de la publication du décret d’application par le Conseil d’État. Cette inertie est incompréhensible.

Cependant, il prend en considération la réponse apportée par le ministre, le 30 mars 2023, dans laquelle il stipule que des travaux interministériels ont été relancés pour identifier les évolutions à apporter et ainsi les mettre en œuvre dans les meilleurs délais.

Il en profite donc pour demander au Gouvernement de prendre en compte le statut des élèves-maîtres ayant cotisé à la pension civile, d’abord à l’école Normale puis à l’institut universitaire de formation des maîtres dans la rédaction du décret d’application tant attendu. »

La question sera publiée le 27 juillet au Journal Officiel et portera le numéro 08043.

#336

Le remaniement tant attendu, a enfin été annoncé jeudi dernier. Nous avons évidemment pris acte du nouveau Gouvernement. Quand on aime la France et la République, on ne peut qu’espérer la bonne mise en œuvre de la feuille de route de ce nouvel exécutif.

A l’occasion de ce changement, deux ministères ont été particulièrement mis en lumière :

– L’Éducation Nationale et de la Jeunesse : A ce titre, j’espère que Gabriel Attal saura être à l’écoute des territoires et prendra en compte ma dernière intervention, lors de la séance de Questions Orales de mardi dernier. J’ai alors demandé un moratoire pour trois ans quant aux fermetures de classes en milieu rural, afin de permettre au Plan France Ruralités d’avoir une réelle vision globale des territoires.

– Santé : Là aussi, les attentes sont fortes. Au Sénat, nous avons travaillé à plusieurs propositions pour répondre au besoin d’accès à la santé partout et pour tous. Je pense en particulier à la commission d’enquête sur la pénurie de médicaments. Un deuxième phénomène, pour lequel nous sommes fortement mobilisés, est la carence de professionnels de santé. D’ailleurs, nous pouvons noter l’initiative des chirurgiens-dentistes, visant à réguler leur installation au bénéfice des zones sous-dotées.

Les ministres changent et se succèdent, mais ils pourront toujours s’appuyer sur un Sénat, force de propositions et ouvert au débat serein et réfléchi, dans l’intérêt de tous.

C’est dit ! 



QE #181 – Suspension de permis

« M. Bruno Belin attire l’attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice sur les suspensions de permis. Il comprend qu’il existe deux suspensions de permis : administratif et judiciaire, dont les jugements sont indépendants et les sanctions non cumulables. Il relève dans le premier cas, au vu de l’article R224-6 du code de la route, qu’il réfère de l’autorité préfectorale, pour une suspension ne pouvant excéder un an. Comme mentionné à l’article R224-12 du code de la route, à la fin de la période définie, la personne visée doit alors faire les démarches pour réaliser un examen médical, déterminant la restitution ou non du permis. Il souligne une situation particulière, qui viserait une personne arrivant au terme de sa suspension administrative, suite à une conduite en état d’ivresse, et attendant le jugement de sa suspension judiciaire, suite à une récidive. Il n’ose pas croire que ce dernier pourrait être en mesure de conduire à nouveau en attendant la convocation au jugement, si délai il y a. Il souhaiterait alors avoir des réponses claires quant à la situation évoquée. De plus, il tient à l’alerter sur les délais d’inscription de retrait de points au fichier des permis de conduire. Un décalage persiste entre la sanction et la notification, ce qui rend compliqué les contrôles par les forces de l’ordre. »

La question sera publiée le 20 juillet au Journal Officiel et portera le numéro 07883.

QE #180 – Nuisances sonores lors des rave-party

« M. Bruno Belin attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur et des outre-mer sur les nuisances sonores provoquées par les rave-party. Il note la définition fixée par le décret n° 2002-887 du 3 mai 2002, qui implique qu’une « rave party » soit soumise à l’autorisation du préfet si c’est un rassemblement, organisé sur un terrain public ou privé, qui doit donner lieu à diffusion de musique amplifiée, réunir au moins 500 personnes, être annoncé par voie de presse, d’affichage, de diffusion de tracts ou par tout moyen de communication et susceptible de présenter des risques pour la sécurité des participants, en raison de l’absence d’aménagement ou de la configuration des lieux. Il souligne cependant que les nuisances sonores n’apparaissent pas simplement lorsque la manifestation atteint les 500 personnes. Aujourd’hui de nombreux habitants résidant à la campagne subissent les désagréments, sans qu’aucun dispositif soit mis en place pour leur assurer la tranquillité. C’est pourquoi il souhaite connaître les moyens possibles pour restreindre ces rassemblements festifs à caractère musical sur une commune, lorsque les conditions de son organisation ne permettent pas qu’ils soient interdits par les préfets. »

La question sera publiée le 20 juillet au Journal Officiel et portera le numéro 07882.

QO #11 – Fermetures de classes – 18 juillet 2023

Bruno BELIN : Monsieur le ministre, voilà quelques semaines, à Saulgé, dans le département de la Vienne, vous étiez au côté de la Première ministre lorsque celle-ci est venue présenter le plan France Ruralités.

Au cours de son intervention, parmi d’autres points, elle a évoqué les enjeux liés à l’école et à la scolarisation, surtout en milieu rural – je sais que vous connaissez bien ce sujet.

Monsieur le ministre, ma question est fort simple : quelle est la stratégie du Gouvernement pour préparer, au travers de ce plan France Ruralités, la rentrée scolaire 2024 ?

M. Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires : Monsieur le sénateur Bruno Belin, vous l’avez dit, avec le plan France Ruralités, les territoires ruraux sont au cœur des attentions du Gouvernement. Et vous avez raison de le souligner : la scolarisation en milieu rural et les moyens qui sont alloués dans cette perspective à l’éducation nationale représentent un enjeu particulier.

Dans ce contexte, l’idée est bien d’avoir un dialogue territorial spécifique. Celui-ci comporte une nouveauté, à savoir une visibilité à trois ans. Ainsi que l’a annoncé le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, dès l’automne prochain sera mise en place dans chacune des académies, en amont des conseils départementaux de l’éducation nationale (CDEN), une instance départementale de dialogue et de concertation.

Plusieurs objectifs lui seront assignés.

D’une part – et cela constitue non pas l’ensemble de la réponse, mais une partie de celle-ci –, elle devra lancer un appel à projets d’internats d’excellence destinés spécifiquement aux territoires ruraux.

D’autre part, il lui faudra généraliser l’expérimentation de ce qu’on appelle les « territoires éducatifs ruraux », sur lesquels la direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco) travaille de manière effective. L’objectif est que nous disposions de 185 territoires éducatifs ruraux à partir de 2024, contre 63 à la minute où je vous parle, soit le triple.

Chaque département – hors ceux de l’Île-de-France – sera doté d’au moins un territoire éducatif rural. La définition du périmètre géographique, l’établissement des diagnostics et l’élaboration des plans d’action feront l’objet d’une concertation entre les autorités académiques et les élus, de telle sorte que la création de ces territoires soit officialisée au plus tard au tout début de l’année 2024.

Outre ces politiques spécifiques, qui sont le pivot de cette stratégie pour les territoires ruraux, je veux citer bien évidemment les stages de réussite, l’école ouverte, le dispositif Devoirs faits et les cordées de la réussite, qui ont déjà concerné spécifiquement près de 37 000 élèves des territoires ruraux.

Nous avons évidemment le souhait de conduire une politique en faveur de l’équité. C’est pourquoi le taux d’encadrement des élèves dans les territoires ruraux est plus élevé qu’en milieu urbain : le ratio est de 20,28 enfants par classe dans les communes rurales éloignées et de 21,2 dans les communes rurales, alors que le ratio moyen national est de 21,7.

Bruno BELIN : Je vous remercie de votre réponse, monsieur le ministre. Je formulerai deux remarques factuelles.

D’une part, il manque à ce plan France Ruralités du contenu et une orientation stratégique : un Médicobus par département si les collectivités concernées sont volontaires, un chargé de projet par département, 5 000 euros ou 6 000 euros par commerce repris en milieu rural, tout cela est insuffisant !

D’autre part, s’agissant des questions scolaires, qui font l’objet de mon interrogation, j’entends que 185 territoires éducatifs ruraux vont être expérimentés. Si l’on ramène ce chiffre à l’ensemble des départements, cela donne une moyenne de deux pour chacun d’entre eux. Nous ne pouvons nous en satisfaire.

De même, évoquant le nombre d’élèves par classe, vous pointez la différence de ratio entre les classes qui sont situées en zone rurale et celles qui se trouvent en zone urbaine. N’oubliez jamais, cependant, que les enfants vivant en milieu rural passent beaucoup de temps dans les cars scolaires. C’est pourquoi il convient d’être très attentif à la cartographie des regroupements pédagogiques.

Vous parlez de plans à trois ans – c’est essentiel –, élaborés en coordination par les élus et les autorités académiques – ainsi que, je l’espère, par les préfets, qui ont une vision politique des choses un peu plus aiguë que les recteurs d’académie.

À tout le moins, cette concertation autour du plan à trois ans doit d’ores et déjà acter qu’il n’y aura pas de fermetures de classes à la rentrée de 2024. Puisqu’il faut se projeter à trois ans, ayons le courage de sacraliser, par ce statu quo, les classes des territoires ruraux.

#335

Les différentes émeutes qui ont eu lieu entre le 27 juin et 5 juillet ont impacté de nombreux commerces, services publics et habitations. L’ensemble des réparations est estimé à plus de 650 millions d’euros. Coût colossal pour les collectivités et les entreprises.

Pleinement mobilisé aux côtés des élus, j’interviendrai, lors de la session extraordinaire ce mardi, pour la discussion générale du Projet de Loi relatif à l’accélération de la reconstruction des bâtiments dégradés ou démolis au cours des violences urbaines.

Au Sénat, si nous avions été déçus par le projet de Loi 3DS visant à simplifier l’action locale, nous pouvons, aujourd’hui, nous satisfaire de ce texte qui répond, certes à une urgence, mais surtout à un besoin revendiqué depuis bien trop longtemps par les élus :

– Accélération des durées d’instruction des dossiers d’urbanisme
– Simplification des procédures de mise en concurrence dans le cadre des marchés publics
– Assouplissement de la règle des 20% de financement par les collectivités, permettant un subventionnement au-delà de 80%
– Anticipation du versement du Fonds de Compensation de la TVA (FCTVA)

Comme vous le savez, j’ai, à de nombreuses reprises, demandé la mise en place de ces dispositifs lors de mes interventions dans l’hémicycle.

Il est tout de même regrettable d’avoir eu à subir des nuits rythmées par des pillages, des incendies, des agressions pour arriver à de telles mesures.

Cependant ce texte ne doit pas être une simple réaction d’urgence. Si le Gouvernement est à l’écoute des élus locaux, il a tout intérêt à ne pas se limiter aux projets de réhabilitation des dégâts. Ces dispositifs doivent perdurer pour permettre une souplesse dans la mise en œuvre des projets des élus.

Les mesures appliquées par ce projet de loi doivent s’inscrire dans une stratégie d’aménagement du territoire.

J’interviendrai également ce mardi matin à l’occasion d’une séance de Questions Orales, pour demander la position du Ministre de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse, sur un moratoire quant aux fermetures de classes en milieu rural après l’annonce du Plan France Ruralités par la Première Ministre, le 15 juin dernier à Saulgé.

Toujours engagé à vos côtés, la défense des territoires à cœur!

C’est dit ! 



#334 L’écharpe tricolore n’est pas un accessoire de revendication politique !

L’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, stipule que « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.»

Manifester est et restera un droit fondamental relevant de la liberté de s’exprimer.

Cependant, une manifestation doit respecter des règles afin de ne pas troubler l’ordre public. De fait, elle doit être déclarée au préalable, et ne pas tenir des propos irrespectueux.

Je suis donc choqué, de voir circuler une vidéo sur les réseaux sociaux, d’un député, arborant son écharpe tricolore tout en marchant dans une manifestation dont le slogan est « Tout le monde déteste la police ».

Porter l’écharpe, c’est faire acte de reconnaissance d’une fonction au service de la République, de ceux qui la préservent, de ceux qui en ont besoin, de ceux qui la font vivre.

Ce n’est pas un outil de provocation ni de déflagration. C’est un symbole d’union de notre Nation.

Porter l’écharpe dans une manifestation où l’on scande des appels à la haine contre les forces de l’ordre, dans une époque où les élus sont trop souvent agressés, c’est dévaloriser un peu plus leur fonction.

S’il on veut une France qui se parle, qui s’écoute, qui se respecte, alors donnons l’exemple !

C’est dit ! 



#333

Après six jours d’émeutes dans tout le pays, l’ensemble des élus lance aujourd’hui un appel à l’apaisement.

Si la mort d’un adolescent est, et restera, toujours un drame quelles que soient les circonstances. La situation dégénérative qui suit est injustifiable.

Agresser, brûler, casser est inconcevable. Les scènes de pillage multipliées dans de nombreuses villes sont là aussi inacceptables et sans rapport. Ce sont des actes criminels !

L’impact économique pour les commerçants est considérable et ne sert aucune cause. Ces agissements ne doivent pas être simplement considérés comme le résultat d’une expression de colère ou d’une non prise en considération des quartiers fragiles.

Ils doivent être stoppés et sanctionnés !

Dans ce contexte, je tiens à apporter tout mon soutien aux forces de sécurité, aux pompiers et aux services de l’Etat, mobilisés nuits et jours pour la protection de chacun.

Soutien que j’apporte également aux Maires, qui sont une nouvelle fois en première ligne. Les attaques menées ce week-end sont intolérables.
Je le rappelle : s’en prendre à un Maire, c’est s’attaquer à la République.
Aucune explication ne peut justifier les saccages des mairies, premier relai pour les habitants, ainsi que les CCAS et les Postes, qui seront très sollicités d’ici 48 heures par le versement des minima sociaux !

Il faut, dès l’école, sensibiliser à l’importance et au respect de nos institutions : l’instruction civique doit être un des fondements de l’éducation.

Au même titre, cette semaine, à l’occasion de l’examen du Projet de Loi « Sécuriser et réguler l’espace numérique », j’appellerai à la responsabilité des réseaux sociaux sur la nature des contenus publiés.

J’espère un retour très rapide d’un meilleur vivre ensemble.

C’est dit ! 



QE #179 – Régime de retraite supplémentaire

« M. Bruno Belin attire l’attention de M. le ministre de la transformation et de la fonction publiques sur l’adhésion au régime de retraite supplémentaire. Il note que des élus, membres des bureaux de service départemental d’incendie et de secours (SDIS) ou centre de gestion, sont affiliés à titre obligatoire au régime complémentaire de retraite (IRCANTEC). Cependant ni la loi n° 92-108 du 3 février 1992 relative aux conditions d’exercice des mandats locaux, ni la loi n°2012-1404 du 17 décembre 2012 de financement de la sécurité sociale pour 2013, ne prévoient l’adhésion à un régime de retraite supplémentaire dont les deux principaux organismes sont le fonds de pensions des élus locaux (FONPEL) ou bien la caisse autonome de retraite des élus locaux (CAREL). Il souligne que ce mécanisme doit permettre une rente supplémentaire dès lors que les élus perçoivent une indemnité de fonction, ce qui est pourtant le cas des élus membres des bureaux du SDIS et centre de gestion. Il juge le refus de l’adhésion comme une inégalité de traitement. C’est pourquoi il demande au Gouvernement les raisons de cette exception et souhaite connaître les pistes envisagées afin de permettre à ces élus, qui s’investissent dans l’action de nos territoires, de cotiser au régime de retraite supplémentaire. »

La question sera publiée le 29 juin au Journal Officiel et portera le numéro 07494.

QE #178 – Ressortissants britanniques en France

« M. Bruno Belin attire l’attention de Mme la ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur les propriétaires britanniques en France. Depuis la mise en application du Brexit, les ressortissants britanniques souhaitant se rendre en France sont soumis à la règle de Schengen, soit 90 jours maximum sur une période de 180 jours. Il note que certains, étant propriétaires d’une maison en France, font face à une situation compliquée. Toutes les visites en France doivent être programmées et calculées. Ce qui enlève le bénéfice de pouvoir profiter pleinement de leur bien. Il souligne pourtant que ces derniers, par leur ancrage en France, contribuent à l’attractivité économique et sociale d’un territoire et sont soumis au même titre que tous les habitants à l’imposition foncière. Il tient à signaler que la solution de passer par une procédure administrative de demande de visa est d’une part coûteuse, et d’autre part perçue comme un stress. Il soulève qu’à l’inverse, les ressortissants français peuvent résider au Royaume-Uni pendant 180 jours sans visa. Il comprend alors leur sentiment d’inégalité de traitement, et demande au Gouvernement les mesures envisagées pour assouplir cette règle contraignante pour l’ensemble des Britanniques en France. »

La question sera publiée le 29 juin au Journal Officiel et portera le numéro 07471.