#324

Ce lundi, je poursuis mon deuxième Tour de la Vienne en 86 jours, dont la quatrième semaine commence.
Je peux d’ores et déjà faire 4 constats :

– Les Maires, élus au printemps 2020, commencent tout juste à lancer leurs projets de mandature : Comme nous l’avions ressenti lors des cérémonies des vœux en janvier, après trois ans de gestion de crise, à l’heure où sonne leur mi-mandat, ils commencent enfin à pouvoir mettre en place leurs actions de mandat.

– L’épuisement des élus : A l’isolement et la charge de travail considérable des trois dernières années, s’ajoutent les attaques de la fonction d’élus de plus en plus fréquentes. Selon l’Association des Maires de France, 4 000 élus ont été démissionnaires depuis 2020.

– Le besoin de formaliser le statut de l’élu : Ce découragement marquant doit nous faire réfléchir à l’attractivité mais aussi au cadre et à la protection que nous souhaitons apporter aux élus. Cette fonction apparentée à du bénévolat pour beaucoup d’entre eux, devrait être mieux considérée.

– La volonté de porter des projets : Cette volonté est trop souvent contrainte par les charges qui viennent asphyxier les budgets des communes. Il faut pouvoir permettre aux élus de porter de nouveaux projets, et donc pour ce faire, de se projeter.
L’attractivité de la fonction en dépend !
De nombreuses solutions sont possibles : Augmenter les moyens alloués aux collectivités, compenser à la juste valeur leurs pertes de ressources, actualiser les subventions, permettre l’investissement malgré un autofinancement inférieur à 20%.

Les élus sont la cheville ouvrière de nos institutions. Respectons-les. Accordons-leur les moyens nécessaires pour réaliser ceux pour quoi ils ont été élus.

C’est dit ! 



QE #168 – La déshérence des drapeaux

« M.Bruno BELIN attire l’attention de Mme la Secrétaire d’Etat, chargée des anciens combattants et de la mémoire sur la déshérence des drapeaux.

Il constate que suite au décès de certains porte-drapeaux, les familles de ces derniers vendent ou donnent les drapeaux sur différentes plateformes commerciales.

Il tient à lui faire part de son soutien au projet, notifié par l’office national des anciens combattants, de confier les drapeaux en déshérence aux collèges et lycées de France. Cela viendrait ainsi sensibiliser, encore un peu plus, nos élèves sur le devoir de mémoire.

Cependant il souligne que le manque d’existence juridique de ces drapeaux associatifs vient compliquer la mise en œuvre du don aux établissements scolaires.

C’est pourquoi il demande la position du Gouvernement relative à ce projet, ainsi que les pistes législatives envisagées afin de rendre possible le don des drapeaux. De plus, s’il était imaginé de mettre en place des expérimentations territoriales, il souligne toute la bonne volonté de l’office national des anciens combattants et des victimes de guerre de la Vienne à prendre part au projet. »

La question sera publiée le 20 avril au Journal Officiel et portera le numéro 06434.

#323

Nous sommes en avril, et la sécheresse a déjà déclenché les premiers feux d’incendie de forêt dans le département des Pyrénées Orientales.

Au Sénat, une mission de contrôle a été créée l’été dernier, relative à la prévention et à la lutte contre l’intensification et l’extension du risque incendie. Au vu de l’urgence et dans un objectif d’anticiper les risques d’incendie et d’avoir les moyens d’agir, les Commissions des Affaires Économiques, et de l’Aménagement du Territoire et du Développement Durable ont déposé et fait voter une Proposition de Loi pour lutter contre le risque d’incendie. Elle est aujourd’hui dans le circuit de la navette, et transmise à l’Assemblée Nationale.

Cette situation doit nous interroger encore plus sur la gestion économe de l’eau. En ce qui concerne le département de la Vienne, nous sommes en « vigilance » et des mesures de restriction de l’usage de l’eau sont déjà en vigueur depuis un mois.

Face à cet enjeu majeur, plusieurs solutions peuvent être envisagées telles que la réutilisation des eaux usées.

Nous avons su nous montrer exemplaire, cet hiver, lorsque l’économie d’énergie était de mise. Grâce à la vigilance de chacun, nous avons pu réduire notre consommation d’environ -10% (selon la RTE).

Pourquoi ne pas faire la même chose avec l’eau ?

La modernisation et l’entretien des réseaux est un autre défi. A ce titre, j’adresse tout mon soutien aux équipes d’Eaux de Vienne.

Aussi bien pour l’agriculture, que pour notre quotidien, l’eau est une ressource précieuse et vitale. Préservons-la !

C’est dit ! 



QO #9 – Architectes des bâtiments de France – 13 avril 2023

Bruno BELIN : Madame la ministre, la France est belle, riche d’un patrimoine exceptionnel, qui fait rayonner nos villes et qui habille, de manière le plus souvent magistrale, nos campagnes.

Bien souvent d’ailleurs, en milieu rural notamment, ce patrimoine classé, inscrit, protégé, de même que le patrimoine non protégé, appartient aux communes, qui accomplissent depuis des années de multiples efforts. Chacun a pu observer le développement des petites cités de caractère ou des sites patrimoniaux remarquables.

Dans le contexte actuel, les municipalités ont bien du mal à entretenir ce patrimoine historique exceptionnel, parce que leurs finances sont exsangues – vous le savez, madame la ministre, pour avoir vous aussi exercé cette merveilleuse fonction de maire – et parce que le montage des projets conduit à un dialogue parfois difficile – il faut dire les choses clairement – avec les architectes des bâtiments de France (ABF).

Nous avons naturellement besoin de ces architectes, dans la mesure où il s’agit de « sachants », qui fournissent des conseils et des orientations souvent importantes aux élus.

Toutefois, le risque de surcharger les prescriptions, les exigences, le manque de cohérence parfois, lorsque intervient une rotation des postes – ce qui concerne tout fonctionnaire évidemment –, entraînent aujourd’hui chez les maires une forme d’incompréhension.

En conséquence, ils ne sont pas toujours en mesure d’assumer des travaux importants dans le cadre de projets pourtant essentiels pour leur commune et l’économie locale, puisque ces projets permettent de faire travailler les entreprises du secteur.

Madame la ministre, je souhaite savoir si une concertation ou, en tout cas, un dialogue entre les maires et les ABF est envisageable de sorte que les projets des communes aboutissent.

Mme Geneviève Darrieussecq, Ministre déléguée auprès du ministre des solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées, chargée des personnes handicapées : Monsieur le sénateur, vous abordez un sujet important, celui de la conservation de notre patrimoine, de sa mise en valeur dans toutes les communes de France, des plus grandes aux plus petites, et du soutien de l’ABF, dont les maires ont parfois besoin.

Je rappelle que les ABF donnent un avis spécialisé sur la cohérence des paysages et du bâti et apportent des conseils qui sont très souvent de grande qualité.

Les sites protégés pour leur intérêt patrimonial représentent environ 6 % du territoire national et contribuent au rayonnement culturel et à l’attractivité touristique et économique de la France. La mission de protection de ces espaces remarquables a été confiée par le législateur aux ABF, qui l’exercent grâce à ce que l’on appelle l’avis conforme.

Comme vous l’avez signalé, protéger et préserver notre patrimoine doit se faire en bonne intelligence avec les élus locaux. Je tiens à préciser que l’avis de l’ABF est toujours rendu au cas par cas, en fonction de chaque projet et des enjeux locaux.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette collaboration fonctionne bien puisque, sur plus de 500 000 dossiers de travaux instruits chaque année par les ABF, seuls 7 % en moyenne font l’objet d’un avis défavorable.

Lorsqu’un premier projet est refusé, il est souvent suivi d’un nouveau projet modifié, qui in fine est accepté : les ABF rendent plus de 200 000 conseils chaque année en vue de favoriser des solutions plus adaptées à la conservation du patrimoine et à la mise en valeur du cadre de vie.

En cas de désaccord, une procédure d’appel existe : le porteur de projet et l’autorité compétente pour délivrer l’autorisation peuvent contester un refus d’autorisation ou les prescriptions de l’ABF devant le préfet de région avant, éventuellement, de saisir les juridictions administratives – même s’il est vrai que l’on n’aime pas beaucoup, quand on tient à un dossier, perdre tout ce temps…

Comme vous le savez, les ABF doivent donc être tenus pour des partenaires fiables.

Bruno BELIN : Je n’avais évidemment pas l’intention de remettre en question la compétence des ABF, qui est reconnue et indispensable, mais vous l’avez vous-même mis en exergue, madame la ministre, ces architectes sont sous l’autorité des préfets de région.

À mon sens, il serait préférable de les placer sous l’autorité des préfets de département – nous disposons d’un corps préfectoral exceptionnel en France, qui connaît bien les sujets locaux – et de donner le dernier mot aux maires.

#322

Le parcours scolaire de nos enfants est aujourd’hui au cœur des travaux du Sénat.

La semaine dernière, j’intervenais lors de la deuxième lecture de la Proposition de Loi visant à favoriser l’accès de tous les étudiants à une offre de restauration à tarif modéré.

Dans un contexte de sortie de crise sanitaire, où les étudiants se sont retrouvés isolés, puis face à une inflation créant plus de précarité pour beaucoup d’entre eux, je me suis naturellement positionné en faveur de ce dispositif.

J’ai, d’ailleurs, proposé d’aller plus loin, en favorisant un accès à la mobilité pour tous les étudiants. L’égalité des chances est primordiale pour nos jeunes.

De plus, nous le savons, nous le constatons : l’absence de considération de la ruralité est un fait. Cela conduit à une politique éducative par défaut (fermetures excessives de classes, manque de moyens de certains pôles universitaires hors milieu urbain…) et limite l’accès aux études pour les élèves en milieu rural.

C’est également dans cet esprit que nous étudierons, aujourd’hui, la Proposition de Loi pour une école de la liberté de l’égalité des chances et de la laïcité, de mon collègue Max BRISSON.

Il est impératif de donner le cadre et les moyens pour que chaque jeune puisse, tout au long de son parcours de formation, trouver les mêmes chances d’apprendre, de s’épanouir et de réussir.

L’avenir du pays dépend du traitement de nos élèves, collégiens, lycéens et étudiants, car ils sont l’avenir de la France.

C’est dit ! 



QE #167 – Répartition pharmaceutique

« M.Bruno BELIN attire l’attention de Mme la Ministre déléguée chargée de l’organisation territoriale et des professions de santé sur la répartition pharmaceutique.Il reconnaît que les répartiteurs de médicaments ont un rôle de logistique essentiel quotidien entre les laboratoires pharmaceutiques et les 21 000 officines du territoire.
Il note que ce secteur représente 12 000 emplois répartis sur 176 établissements. Cependant, il constate que le secteur fait face à une crise structurelle.
La baisse du prix et la pénurie accrue de médicaments, sous l’influence d’une guerre en Ukraine et d’un contexte inflationniste, viennent impacter l’économie du secteur.
Il souligne que les différents travaux du Sénat ont relevé l’importance de ce maillon dans la chaîne de la santé de proximité.
Il regrette que les amendements adoptés en faveur de cette profession au cours des débats sur la loi n° 2022-1616 de financement de la sécurité sociale pour 2023 n’ont pas été conservés dans la version finale actée par le Gouvernement après recours à l’article 49, alinéa 3 de la Constitution.
C’est pourquoi il demande au Gouvernement les pistes envisagées pour sauver cet acteur majeur pour l’accès aux soins sur le territoire. »

La question sera publiée le 13 avril au Journal Officiel et portera le numéro 06284.

QE #166 – Compensation de la CVAE

« M.Bruno BELIN attire l’attention de M.le Ministre délégué, chargé des comptes publics sur la compensation de la Cotisation de la Valeur Ajoutée des Entreprises.Il note que le projet de loi de finances 2023 instaure la suppression de la cotisation de la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) sur deux ans, tout en appliquant une compensation aux collectivités.
Cette dernière est estimée en deux parties. Un socle relatif à la moyenne des CVAE encaissées entre 2020 et 2023 et une part variable territorialisée.
Il souligne sa question du 28 juillet 2022 portant le numéro 01977, où il lui indiquait que la crise sanitaire avait impacté les années 2020-2021 et que 2022 était marquée par la fin des dotations du plan de relance.
Appliquer une moyenne sur les trois années les plus difficiles et instables paraît irrationnel et illogique. Avec cette nouvelle disposition, le Gouvernement vient une fois de plus complexifier l’équilibre des budgets des collectivités.
Comme mentionné dans la réponse du ministre, il accorde que la suppression de la CVAE contribuera donc à renforcer la compétitivité des entreprises, notamment industrielles. Cependant il ne semble pas qu’il ait pris en considération les collectivités territoriales dans cette mesure.
Il tient donc à lui faire part de la déception et de la colère des élus, suite à la réception récente de la notification du montant de la compensation de la CVAE. Bon nombre de collectivités se retrouvent avec une perte conséquente de recettes.
Il demande donc au Gouvernement quels ajustements compte-t-il envisager pour arrêter cette asphyxie financière des collectivités.»

La question sera publiée le 6 avril au Journal Officiel et portera le numéro 06227.

QE #165 – Loi Grand-Âge

« 

M.Bruno BELIN attire l’attention de M.le Ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des personnes handicapées sur une Loi Grand Age.

Le 14 janvier 2021, le Gouvernement annonçait reporter une nouvelle fois la loi «grand âge et autonomie» du calendrier parlementaire, prétextant la concentration nécessaire sur la sortie de crise sanitaire.

Il rappelle sa question écrite du 11 février 2021 portant le numéro 20646 où il demandait au Gouvernement de réintroduire la loi «grand âge et autonomie» dans le calendrier parlementaire. Il indiquait alors que les professionnels de l’aide à la personne étaient en première ligne depuis le début de cette crise sanitaire, mobilisés pour éviter aux hôpitaux et aux services d’urgence d’être submergés, présents auprès des personnes isolées ou fragiles.

Il soulignait que plus de 80 % des Français souhaitent vieillir à leur domicile le plus longtemps possible et que la population des plus de 85 ans allait tripler d’ici 2050.

Il a bien pris en compte de la réponse apportée par la ministre déléguée auprès du ministre des solidarités et de la santé, chargée de l’autonomie, le 21 avril 2022, démontrant toute la considération faite à la branche autonomie par «le grand plan anti-chutes national et triennal», «grand plan consacré au renforcement des contrôles dans les établissements sociaux et médico-sociaux», «plan agir pour les aidants» et le « Ségur de la santé ».

Il constate pourtant qu’il est toujours impossible, faute de personnel et de moyens financiers, d’honorer toutes les demandes d’accompagnement. Cette situation n’est pas acceptable.

Il note que la proposition de loi « portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir en France », qui sera examiné courant avril 2023 à l’Assemblée nationale, fait preuve de propositions. Cependant le texte ne peut se permettre d’y associer un budget.

Il tient à ce que le rôle des professionnels d’aide à la personne dans l’accompagnement du quotidien des personnes âgées soit considéré à sa juste valeur. Le bien vivre et vieillir à domicile doit être une priorité de notre politique de santé.

C’est pourquoi il réitère sa demande au Gouvernement de réintroduire la loi « grand âge et autonomie » dans le calendrier parlementaire afin d’engager au plus vite de vrais moyens pour les structures du domicile et répondre ainsi pleinement au défi de l’autonomie. »

La question sera publiée le 6 avril au Journal Officiel et portera le numéro 06116.

#321

Lors du Projet de Loi de Finances 2023, le Gouvernement a appliqué la suppression de la Cotisation de la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE) en deux ans.

La semaine dernière l’ensemble des Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) ont reçu la notification de leur compensation. Et ce que les élus redoutaient est arrivé : pour de nombreuses collectivités, le calcul de la compensation entraîne une perte conséquente de recettes.

Ce système de compensation prévoit un socle correspondant à la moyenne des CVAE encaissées entre 2020 et 2023 et une part variable territorialisée.

J’avais alerté en juillet dernier, le Ministre délégué, en charge des comptes publics afin d’éviter un calcul complexe créant ainsi une nouvelle baisse des dotations.

La crise sanitaire a impacté les années 2020 – 2021, et l’année 2022 a été marquée par la fin des dotations du plan de relance. Appliquer une moyenne sur les trois années les plus difficiles et instables paraît irrationnel et illogique.

Avec cette nouvelle disposition, le Gouvernement vient une fois de plus complexifié l’équilibre des budgets des collectivités.

Je réitère mes propos : N’ajoutons pas de la difficulté à la difficulté. Les collectivités sont depuis trop longtemps sujettes à de nombreuses coupes budgétaires.

Évidemment, j’aborderai ce sujet, lors de mes différentes visites de communes que j’organise depuis le 1er avril et jusqu’au 26 juin, à l’occasion du Tour de la Vienne en 86 jours #2 .

Je serai à l’écoute de chacun des élus, mobilisé, pour arrêter cette asphyxie financière des collectivités !

C’est dit ! 



#320

Entre réforme des retraites et projets de bassines,
La France vit au rythme des colères parfois indignes,

Les poubelles entassées à Paris font la joie des rats,
Mais obligent le report de la visite d’un Roi,

Si l’expression populaire se comprend,
Rien ne justifie les débordements!

Véhicules brûlés et coups de chaque côté,
Divisent une France qui devrait se parler,
S’écouter, se respecter,
Et si on essayait ?

L’élu, par ses fonctions ayant l’exemple pour obligation,
Ne devrait pas être celui qui appelle aux frictions,

Notre République repose sur trois inaliénables piliers,
Liberté, Égalité, Fraternité.

La France est belle quand elle est unie.

C’est dit !