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- #470 – La guerre des feux

Ce que nous vivons depuis le début de l’été, et notamment les quatre périodes de canicule inédites en moins de deux mois, est l’expression d’un mouvement qui ne cessera de s’amplifier, tant par son intensité que par sa fréquence, en raison du bouleversement climatique, aujourd’hui aussi incontestable qu’il semble irréversible, si nous n’inversons pas de nombreux indicateurs de l’activité humaine.
Ma génération a été marquée, en 1970, par un fait qui semblait alors exceptionnel : l’incendie de Tanneron, dans le Var, dont le massif avait été entièrement ravagé en trois jours, causant notamment la mort de toute la famille de l’écrivain Martin Gray.
Depuis, ces phénomènes, et notamment les mégafeux, sont devenus des faits d’actualité annuels.
De plus, ils ne se limitent plus au pourtour méditerranéen. Année après année, des territoires de plus en plus au nord deviennent des zones de désolation, de sinistres économiques, de dévastation des secteurs habités et, plus dramatique encore, de la mort de nombreuses personnes.
Je tiens à rendre, une nouvelle fois, hommage aux pompiers qui ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions, à Mérignac, en Savoie et dans les Bouches-du-Rhône. Je salue également l’engagement des 76 sapeurs pompiers de la Vienne qui sont partis aider nos voisins girondins depuis trois semaines ainsi que la mise à disposition de cinq agents du département pour le SDIS.
Nos forêts sont des atouts naturels, économiques et touristiques. Ce sont des puits de carbone indispensables pour atténuer le réchauffement climatique, qui impactera de plein fouet la prochaine génération.
Le département de la Vienne compte 130 000 hectares boisés. Cela représente 18 % du territoire départemental. Le risque incendie est bien présent. Nous devons nous y préparer. Ce nouveau combat ne pourra être gagné sans les maires. Un état des lieux est indispensable avant l’été 2027.
Il passera par la prévention, de nouvelles formations, de nouveaux moyens, l’utilisation des nouvelles technologies numériques, le recours aux drones et avions militaires, la sensibilisation des riverains et le travail en commun de tous les services (État, SDIS, ONF, forces de sécurité, Centre National de la Propriété Forestière…) aux côtés des élus.
Je proposerai, à la rentrée, la création de l’Association des communes forestières de la Vienne afin de construire ce partenariat et d’engager ce combat. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Il faut être prêt.
Ensemble, les maires seront, une fois encore, les artisans d’une lutte pour que nos forêts aient un avenir et concourent au nôtre, afin que cesse cette guerre des feux.
C’est dit !