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- #446 – Le secours en montagne : une efficacité reconnue, mais à quel prix ?

Ce mercredi, la commission des finances a examiné le rapport consacré au secours en montagne, dont je suis le co-rapporteur au titre de mes fonctions de rapporteur spécial de la mission « Sécurités », aux côtés de mon collègue Jean-Pierre Vogel, rapporteur spécial de la mission « Sécurité civile ».
Le secours en montagne peut être défini comme toute opération nécessitant une formation spécifique des intervenants, ainsi que la mise en œuvre de techniques et de matériels adaptés aux activités de montagne. Ce dispositif repose sur trois forces : la gendarmerie nationale, la police nationale et les sapeurs-pompiers.
Il s’agit aujourd’hui d’un secteur sous tension. Les activités de montagne connaissent une forte progression, liée à l’augmentation de la fréquentation des massifs, en hiver comme en été. Dans le même temps, les activités accidentogènes se multiplient, tandis que certains pratiquants adoptent des comportements de plus en plus imprudents ou insuffisamment préparés. En six ans, le nombre d’interventions a augmenté de plus de 18 %.
Le coût complet du dispositif est estimé à environ 110 millions d’euros par an, soit près de 10 000 euros par intervention. Mais peut-on réellement mettre un prix sur une vie humaine ? Ce coût traduit aussi l’expertise française et l’efficacité opérationnelle de nos forces de sécurité dans un environnement particulièrement exigeant.
Malheureuse coïncidence, ce même jour, un sapeur-pompier et un médecin du SAMU ont perdu la vie lors d’un exercice de treuillage. Ce dramatique événement nous rappelle que, chaque jour, les forces de sécurité et de secours risquent leur vie, même à l’entraînement. Nous leur devons la reconnaissance de la Nation, mais aussi les moyens d’assurer leur propre sécurité : équipements adaptés, formation continue renforcée et retours d’expérience systématiques après chaque accident.
Le rapport de la commission des finances formule huit recommandations. Le renforcement de la prévention et de la responsabilisation des pratiquants constituera un levier essentiel dans les années à venir. L’une de ces recommandations porte sur le renouvellement de la flotte d’hélicoptères de la gendarmerie, afin de garantir la capacité du dispositif à monter rapidement en puissance en cas de crise ou d’événement d’ampleur, notamment dans la perspective des Jeux olympiques et paralympiques des Alpes 2030. Ce sujet fera l’objet d’un rapport de contrôle spécifique au printemps.
C’est dit !