QE #165 – Loi Grand-Âge

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M.Bruno BELIN attire l’attention de M.le Ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des personnes handicapées sur une Loi Grand Age.

Le 14 janvier 2021, le Gouvernement annonçait reporter une nouvelle fois la loi «grand âge et autonomie» du calendrier parlementaire, prétextant la concentration nécessaire sur la sortie de crise sanitaire.

Il rappelle sa question écrite du 11 février 2021 portant le numéro 20646 où il demandait au Gouvernement de réintroduire la loi «grand âge et autonomie» dans le calendrier parlementaire. Il indiquait alors que les professionnels de l’aide à la personne étaient en première ligne depuis le début de cette crise sanitaire, mobilisés pour éviter aux hôpitaux et aux services d’urgence d’être submergés, présents auprès des personnes isolées ou fragiles.

Il soulignait que plus de 80 % des Français souhaitent vieillir à leur domicile le plus longtemps possible et que la population des plus de 85 ans allait tripler d’ici 2050.

Il a bien pris en compte de la réponse apportée par la ministre déléguée auprès du ministre des solidarités et de la santé, chargée de l’autonomie, le 21 avril 2022, démontrant toute la considération faite à la branche autonomie par «le grand plan anti-chutes national et triennal», «grand plan consacré au renforcement des contrôles dans les établissements sociaux et médico-sociaux», «plan agir pour les aidants» et le « Ségur de la santé ».

Il constate pourtant qu’il est toujours impossible, faute de personnel et de moyens financiers, d’honorer toutes les demandes d’accompagnement. Cette situation n’est pas acceptable.

Il note que la proposition de loi « portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir en France », qui sera examiné courant avril 2023 à l’Assemblée nationale, fait preuve de propositions. Cependant le texte ne peut se permettre d’y associer un budget.

Il tient à ce que le rôle des professionnels d’aide à la personne dans l’accompagnement du quotidien des personnes âgées soit considéré à sa juste valeur. Le bien vivre et vieillir à domicile doit être une priorité de notre politique de santé.

C’est pourquoi il réitère sa demande au Gouvernement de réintroduire la loi « grand âge et autonomie » dans le calendrier parlementaire afin d’engager au plus vite de vrais moyens pour les structures du domicile et répondre ainsi pleinement au défi de l’autonomie. »

La question sera publiée le 6 avril au Journal Officiel et portera le numéro 06116.

#321

Lors du Projet de Loi de Finances 2023, le Gouvernement a appliqué la suppression de la Cotisation de la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE) en deux ans.

La semaine dernière l’ensemble des Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) ont reçu la notification de leur compensation. Et ce que les élus redoutaient est arrivé : pour de nombreuses collectivités, le calcul de la compensation entraîne une perte conséquente de recettes.

Ce système de compensation prévoit un socle correspondant à la moyenne des CVAE encaissées entre 2020 et 2023 et une part variable territorialisée.

J’avais alerté en juillet dernier, le Ministre délégué, en charge des comptes publics afin d’éviter un calcul complexe créant ainsi une nouvelle baisse des dotations.

La crise sanitaire a impacté les années 2020 – 2021, et l’année 2022 a été marquée par la fin des dotations du plan de relance. Appliquer une moyenne sur les trois années les plus difficiles et instables paraît irrationnel et illogique.

Avec cette nouvelle disposition, le Gouvernement vient une fois de plus complexifié l’équilibre des budgets des collectivités.

Je réitère mes propos : N’ajoutons pas de la difficulté à la difficulté. Les collectivités sont depuis trop longtemps sujettes à de nombreuses coupes budgétaires.

Évidemment, j’aborderai ce sujet, lors de mes différentes visites de communes que j’organise depuis le 1er avril et jusqu’au 26 juin, à l’occasion du Tour de la Vienne en 86 jours #2 .

Je serai à l’écoute de chacun des élus, mobilisé, pour arrêter cette asphyxie financière des collectivités !

C’est dit ! 



#320

Entre réforme des retraites et projets de bassines,
La France vit au rythme des colères parfois indignes,

Les poubelles entassées à Paris font la joie des rats,
Mais obligent le report de la visite d’un Roi,

Si l’expression populaire se comprend,
Rien ne justifie les débordements!

Véhicules brûlés et coups de chaque côté,
Divisent une France qui devrait se parler,
S’écouter, se respecter,
Et si on essayait ?

L’élu, par ses fonctions ayant l’exemple pour obligation,
Ne devrait pas être celui qui appelle aux frictions,

Notre République repose sur trois inaliénables piliers,
Liberté, Égalité, Fraternité.

La France est belle quand elle est unie.

C’est dit ! 



QE #164 – Contrôle technique des deux roues

« M.Bruno BELIN attire l’attention de Mme la Ministre de la Transition écologique sur le contrôle technique des deux roues. Il souligne que le Conseil d’État a annulé le décret n° 2022-1044 du 25 juillet 2022 qui abrogeait le décret n°2021-1062 du 9 août 2021 mettant en place un contrôle technique des véhicules motorisés à deux ou trois roues et quadricycles à moteur, le 31 octobre 2022. Il relève que les associations d’usagers travaillent depuis 10 ans pour proposer des solutions alternatives en cohérence avec la directive européenne 2014/45. De plus, il soulève que les associations constatent que les centres de contrôle technique ne sont, aujourd’hui, pas équipés, ni prêts à exercer ce genre de contrôle. Aucune information, aucun processus de réalisation n’est actuellement défini. Il prend en compte que cette disposition dépend de la nécessité de publier préalablement des textes d’application du décret du 9 août 2021. C’est pourquoi il demande au Gouvernement le calendrier envisagé dans cette mise en application, et la prise en considération des associations d’usagers, forces de propositions. »

La question sera publiée le 23 mars au Journal Officiel et portera le numéro 05952.

QO #8 – Définition du potentiel fiscal et financier des communes – 21 mars 2023

Bruno BELIN : Madame la ministre, je voudrais revenir sur la loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République, dite loi NOTRe.

Celle-ci a été un véritable séisme pour un certain nombre de collectivités, comme les départements. Ceux-ci ont perdu la clause de compétence générale, la compétence économique et une des compétences de proximité les plus symboliques, le transport scolaire, transféré aux grandes régions, qui naissaient alors et connaissaient moins le terrain.

Il y aurait beaucoup à dire sur ces grandes régions, qui n’ont permis de réaliser aucune économie de fonctionnement depuis sept ou huit ans et qui ont parfois conservé leur hôtel de région dans d’anciennes capitales régionales.

Cette loi a été un cataclysme pour les collectivités locales, et sans doute pour les plus rurales d’entre elles.

En effet, elles ont dû, parfois contre leur gré, intégrer des établissements publics de coopération intercommunale de grande taille, comme des communautés urbaines.

Je connais plusieurs exemples de communes dans le département de la Vienne, autour de Poitiers, dont le potentiel financier a mécaniquement doublé ou triplé, alors que les maires s’interrogent, puisque la population de leur commune n’est pas devenue plus riche.

La conséquence immédiate a été l’effondrement de la dotation globale de fonctionnement (DGF). Or, actuellement, des communes sont asphyxiées, essaient de travailler à l’élaboration de leur budget sans y parvenir et ne peuvent avoir un budget d’investissement, car leur budget de fonctionnement n’est pas bouclé. Je pense à des communes, comme Liniers, Bonnes ou Cloué, qui essaient de survivre.

Quelle est la position du Gouvernement pour aider ces collectivités asphyxiées ?

Mme Dominique Faure, ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur et des outre-mer et du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargée des collectivités territoriales et de la ruralité : Monsieur le sénateur Belin, le potentiel fiscal et le potentiel financier communaux ont pour vocation de retranscrire, de la manière la plus objective possible, en neutralisant les choix budgétaires et de gestion des collectivités locales, le niveau de ressources libres d’emploi qu’une commune est en mesure de retirer, à la fois de la fiscalité locale et de la fiscalité transférée qu’elle peut percevoir, mais aussi la richesse qu’elle tire de son appartenance à un EPCI à fiscalité propre.

En effet, au sein d’un EPCI à fiscalité propre, une commune bénéficie, directement ou indirectement, des produits de fiscalité économique, des prélèvements ou reversements fiscaux intercommunaux ou bien encore de la répartition des attributions de compensation décidées par le conseil communautaire.

Ce mode de calcul, commun à l’ensemble des communes appartenant à un EPCI faisant l’application du régime de la fiscalité professionnelle unique, ce qui est le cas de 90 % des communes, assure la comparabilité de leur niveau de ressources potentielles entre elles et constitue la condition sine qua non d’une répartition objective et équitable des différentes composantes de la DGF à l’échelon national.

Cependant, je vous rejoins sur le fait que l’échelon local joue un rôle essentiel pour assurer une plus grande solidarité entre les communes. Pour cela, il dispose d’outils dédiés. En effet, plusieurs mécanismes fiscaux permettent d’assurer une plus forte péréquation des ressources en direction des communes les moins dotées, comme la révision libre des attributions de compensation ou l’institution d’une dotation de solidarité communautaire (DSC). J’ajouterai également qu’il existe un dispositif de répartition locale de la DGF, dont les élus peuvent se saisir pour définir des règles de réallocation des attributions de DGF qui leur sont notifiées.

Grâce à l’ensemble de ces outils, les collectivités ont donc la possibilité de faire jouer la solidarité intercommunale. J’ajoute que je suis à votre entière disposition pour poursuivre ces échanges.

Bruno BELIN : Madame la ministre, je vous ai bien écoutée, et l’Évangile selon saint Bercy, nous le connaissons ! Or la réalité du terrain est tout autre aujourd’hui.

Ainsi, le Fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales (Fpic), également bien connu – j’ai moi-même présidé une intercommunalité pendant une quinzaine d’années – nécessite l’unanimité du conseil communautaire, ce qui ne marche pas.

Par conséquent, des moyens de créer des fonds de compensation pour sauver les communes rurales doivent absolument être trouvés.

#319

Quel mauvais film !

Le débat tel que nous l’avons vu ces derniers jours à l’Assemblée Nationale a incontestablement donné une image pitoyable de la vie politique même si je comprends les enjeux et les inquiétudes.

Quel contraste entre les échanges respectueux et constructifs au Sénat et l’image déplorable et indigne sur certains bancs du Palais Bourbon.

Je trouve dommage qu’il n’y ait pas eu de vote car après onze jours de travaux et une Commission Mixte Paritaire conclusive, le Sénat s’était fortement impliqué dans cette réforme et avait voté le matin-même en faveur d’un texte largement amendé, marqué par de nombreuses avancées sociales.

Le recours à l’article 49.3 de la Constitution était-il adapté ?
Sans doute, NON.

Il a choqué comme nous avons pu le constater, car l’expression du Parlement, et par conséquent de la représentation nationale, s’est arrêtée de fait, laissant place à la colère de la rue. Je le regrette.

La Constitution de 1958 permet le recours à l’article 49.3 pour éviter un blocage parlementaire malvenu aujourd’hui dans un calendrier où nos concitoyens subissent depuis plusieurs mois de nombreux vents contraires.

Je ne souhaite pas qu’une crise politique majeure vienne s’ajouter à la suite d’une crise économique brutale et une crise sanitaire mondiale.


C’est dit ! 



#318

Je me félicite du texte adopté par le Sénat samedi soir. La Haute-Assemblée a amélioré le projet de loi et a permis des avancées sociales comprenant notamment :

– L’extension du dispositif de carrières longues pour ceux ayant commencé à travailler entre 20 et 21 ans.
– Un CDI de fin de carrière qui sera exonéré de cotisations familiales pour favoriser le recrutement des seniors
– Le maintien du départ anticipé à 60 ans pour les personnes victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle
– L’intégration des mandats électoraux (maires) dans la liste des situations donnant droit au rachat de trimestres
– Le rachat de trimestres de retraite pour les stagiaires jusqu’à 25 ans au moins et de trimestres d’études supérieures jusqu’à 30 ans au moins
– L’attribution d’une surcote de 5% à partir de 63 ans aux mères de famille ayant accompli une carrière complète
– La fixation d’un minimum de deux trimestres de majoration au titre de l’éducation des enfants au bénéfice de la mère
– Le bénéfice de la pension des défunts parents aux orphelins
– L’indexation sur le Smic du minimum de pension des exploitants agricoles
– La privation des majorations de pension des parents condamnés pour violences et maltraitances à l’encontre de leur enfant

Je tenais à remercier René-Paul Savary, Rapporteur, et les membres de la commission des affaires sociales du Sénat pour le travail effectué durant ces dix jours. J’espère que la commission mixte paritaire reprendra, mercredi, les avancées sociales votées par un Sénat utile et exemplaire.

C’est dit ! 



#317

L’activité parlementaire, comme chacun sait, est intense depuis le début de l’année et notamment au Sénat où je suis mobilisé toute cette semaine.
Je leur ai rappelé ma position favorable aux 43 annuités effectives, sans prendre en compte l’âge.

Vice-Président de la commission d’enquête parlementaire sur la pénurie de médicaments, je participe aux auditions avec le regard de mon expérience professionnelle et l’impérieuse nécessité du responsable public que je suis, face au besoin d’apporter des solutions.

Les causes sont multiples et connues :
– La crise de l’énergie a conduit à fermer les verreries entrainant ainsi un manque de flacons.
– La hausse du prix des emballages (papier et carton)
– Le pic pandémique, cet hiver, en Chine, a généré une surconsommation du paracétamol sur un marché mondial tendu dès lors qu’un cinquième de la planète le sollicite.
– La baisse du nombre de pathologies hivernales ces deux dernières années en raison de la distanciation physique imposée a conduit à une sous production de certains antibiotiques. La reprise des contacts sans masque, a par conséquent fait augmenter les pathologies saisonnières notamment respiratoires, sans anticipation de la réponse médicamenteuse.

Mais, l’une des raisons de notre dépendance en la matière, responsable de cette fragilité, réside dans le prix du médicament tiré excessivement vers le bas dans l’espoir de faire des économies d’assurance maladie, avec l’effet pernicieux d’avoir asséché les moyens de recherches et de productions des laboratoires.

Il est donc indispensable de trouver rapidement un nouvel équilibre pour permettre notamment la création de stocks de sécurité et de donner des moyens pour créer les médicaments de demain.

Bien évidemment, je participe également au débat sur la réforme des retraites et serai attentif article par article, amendement par amendement, à quelques principes, notamment :
– Prise en compte d’un nombre d’années travaillées avant toute question d’âge pour tenir compte des carrières longues
– Prise en compte de la pénibilité de certains métiers
– Maintien des clauses particulières de certains régimes autonomes jusqu’en 2040 (à l’exception des nouveaux entrants)
– Prise en compte des trimestres travaillés pendant les études
– Prise en compte des trimestres « maternités et congés parentales »

A travers ce débat, le Sénat démontre toute son importance et sa volonté d’apporter un climat apaisé indispensable à la hauteur des enjeux, avec un regard différent dans l’intérêt général.

C’est dit ! 



QE #163 – Dépôt central d’archives de la justice militaire

« M. Bruno Belin attire l’attention de M. le ministre des armées sur le dépôt central d’archives de la justice militaire. Il rappelle que fin 2019 des traces d’amiante ont été suspectées dans les fonds documentaires de la justice militaire placés au Blanc. De fait, le ministère a souhaité fermer provisoirement le service, à des fins de protection du personnel et du public. Il note que cela fait désormais presque trois ans et qu’aucun signe du ministère annonce une réouverture prochaine. Il relève que dans la réponse du ministre des armées, publiée au Journal officiel le 28 avril 2022, ce dernier souhaitait pourtant mettre un terme à cette fermeture et informait qu’un calendrier comprenant de nouveaux prélèvements et une mise en place de procédures était en cours de rédaction. Il s’interroge alors quant à la bonne mise en place de ce calendrier et souhaiterait connaître les échéances prochaines afin de permettre au public et aux nombreux chercheurs de pouvoir retrouver l’accès à cet illustre fonds documentaire. »

La question sera publiée le 2 mars au Journal Officiel et portera le numéro 05601.

#316

Samedi dernier, à l’occasion de la manifestation contre la réforme des retraites à Monts-sur-Guesnes, j’ai reçu huit représentants syndicaux (Unsa, CFDT, CGT, FO, Solidaires, CFTC, CGC, FSU) dans ma permanence parlementaire afin d’écouter leur point de vue et d’échanger avec eux.

Je leur ai rappelé ma position favorable aux 43 annuités effectives, sans prendre en compte l’âge.

Comme vous le savez, le projet de loi portant sur la réforme des retraites arrive ce jeudi au Sénat. Si l’on ne peut que regretter la teneur des débats à l’Assemblée Nationale, nous ferons en sorte de débattre de manière constructive afin d’être à la hauteur des enjeux à la Haute-Assemblée.

Même si l’examen du texte au Sénat n’est qu’une étape, et qu’il repartira pour une lecture finale à l’Assemblée Nationale, nous tenterons d’aboutir à un texte réfléchi et forces de propositions. Nous souhaitons mettre en œuvre une équité en fonction de la pénibilité, une égalité entre femmes et hommes, tout en prenant en compte les carrières longues.

Je reste à la disposition de ceux qui souhaiteraient échanger à ce sujet, afin d’orienter du mieux possible ce projet de loi.

C’est dit !