#470 – La guerre des feux

Ce que nous vivons depuis le début de l’été, et notamment les quatre périodes de canicule inédites en moins de deux mois, est l’expression d’un mouvement qui ne cessera de s’amplifier, tant par son intensité que par sa fréquence, en raison du bouleversement climatique, aujourd’hui aussi incontestable qu’il semble irréversible, si nous n’inversons pas de nombreux indicateurs de l’activité humaine. 

Ma génération a été marquée, en 1970, par un fait qui semblait alors exceptionnel : l’incendie de Tanneron, dans le Var, dont le massif avait été entièrement ravagé en trois jours, causant notamment la mort de toute la famille de l’écrivain Martin Gray. 

Depuis, ces phénomènes, et notamment les mégafeux, sont devenus des faits d’actualité annuels. 

De plus, ils ne se limitent plus au pourtour méditerranéen. Année après année, des territoires de plus en plus au nord deviennent des zones de désolation, de sinistres économiques, de dévastation des secteurs habités et, plus dramatique encore, de la mort de nombreuses personnes. 

Je tiens à rendre, une nouvelle fois, hommage aux pompiers qui ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions, à Mérignac, en Savoie et dans les Bouches-du-Rhône. Je salue également l’engagement des 76 sapeurs pompiers de la Vienne qui sont partis aider nos voisins girondins depuis trois semaines ainsi que la mise à disposition de cinq agents du département pour le SDIS.

Nos forêts sont des atouts naturels, économiques et touristiques. Ce sont des puits de carbone indispensables pour atténuer le réchauffement climatique, qui impactera de plein fouet la prochaine génération. 

Le département de la Vienne compte 130 000 hectares boisés. Cela représente 18 % du territoire départemental. Le risque incendie est bien présent. Nous devons nous y préparer. Ce nouveau combat ne pourra être gagné sans les maires. Un état des lieux est indispensable avant l’été 2027. 

Il passera par la prévention, de nouvelles formations, de nouveaux moyens, l’utilisation des nouvelles technologies numériques, le recours aux drones et avions militaires, la sensibilisation des riverains et le travail en commun de tous les services (État, SDIS, ONF, forces de sécurité, Centre National de la Propriété Forestière…) aux côtés des élus. 

Je proposerai, à la rentrée, la création de l’Association des communes forestières de la Vienne afin de construire ce partenariat et d’engager ce combat. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Il faut être prêt.

Ensemble, les maires seront, une fois encore, les artisans d’une lutte pour que nos forêts aient un avenir et concourent au nôtre, afin que cesse cette guerre des feux.

C’est dit !



#469 – Les maires attaqués, la République visée

Les maires représentent la République du premier kilomètre. Lorsqu’ils sont pris pour cible, c’est la République elle-même qui est attaquée.

Cette semaine, deux d’entre eux ont été victimes d’agressions et de menaces particulièrement graves.  Dans le département de la Vienne, à Beuxes, Thomas Boulay, élu maire en mars dernier, a été violemment agressé, verbalement puis physiquement, au sein même de sa mairie. Cette agression s’inscrit dans un contexte de fortes tensions, dans cette commune d’un peu plus de 500 habitants. Nos communes rurales, longtemps préservées, sont désormais elles aussi confrontées à une montée des phénomènes de délinquance et d’insécurité.

Depuis 2023, en tant que rapporteur spécial de la mission « Sécurités », j’ai veillé à augmenter les moyens de nos forces de sécurités. Entre 2023 et 2026, le budget de la gendarmerie a ainsi été augmenté de 1,2 milliard d’euros, tandis que celui de la police nationale a progressé de 1,5 milliard d’euros. Face à l’évolution des menaces, nous devons donner à celles et ceux qui nous protègent les moyens d’agir. 

À l’autre bout de la France, à Alès, le maire Christophe Rivenq a été exfiltré de son domicile par le RAID après avoir reçu des menaces de mort émanant de la DZ Mafia.

Ces dernières années, le Sénat a travaillé pour apporter une réponse spécifique aux cas d’élus agressés ou menacés. Plusieurs textes ont été adoptés afin de mieux les protéger, notamment la loi renforçant la sécurité et la protection des maires et des élus locaux en 2024, puis la loi relative au statut de l’élu, votée en fin d’année dernière. Ces dispositifs permettent notamment la généralisation du bouton d’appel d’urgence, la désignation d’un interlocuteur privilégié dans les commissariats et brigades de gendarmerie, un accompagnement psychologique ainsi que l’octroi automatique de la protection fonctionnelle.

Je veux exprimer tout mon soutien à Thomas Boulay, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble du conseil municipal. Je salue également la mobilisation de l’Etat : l’appel de l’assistante du Président, le message de soutien de Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, ainsi que le déplacement du Préfet sur place.

Je souhaite également avoir une pensée pour les deux sapeurs-pompiers de Gironde qui sont tragiquement décédés alors qu’ils luttaient contre les incendies près de Bordeaux. Leur disparition nous rappelle les risques que les femmes et les hommes du feu prennent chaque jour pour nous protéger, dans les conditions extrêmes de cet été caniculaire et particulièrement sec. L’enquête devra déterminer les circonstances de ce drame, mais rappelons que près de 90% des feux de forêt sont d’origine humaine. La vigilance de chacun est plus que nécessaire pour éviter tout embrassement.

Je remercie l’ensemble des sapeurs-pompiers, et tout particulièrement ceux du SDIS86, pour leur engagement durant cette période.

Protéger celles et ceux qui servent notre pays est un devoir. Nos sapeurs-pompiers ne devraient jamais perdre la vie en accomplissant leur mission. Nos élus ne devraient jamais être menacés ou agressés.

S’en prendre à un maire, c’est s’en prendre à la République elle-même.

Ne jamais accepter. Ne jamais laisser faire. Ne jamais tolérer !

C’est dit !



#468 – L’engagement contre le feu et pour nos libertés

Les épisodes caniculaires de ces dernières semaines ont provoqué plusieurs feux de forêt à travers notre pays. Ce sont plus de 32 000 hectares qui ont brûlé depuis le début de l’été.

Si les communes du Sud de la France sont malheureusement habituées à ces épisodes, ils touchent désormais d’autres territoires jusqu’ici plutôt épargnés. L’Ile de France a notamment été confrontée à un important incendie dans la forêt de Fontainebleau et notre département n’a pas été épargné.

Après le feu à Lathus-Saint-Rémy il y a quelques semaines, plusieurs départs de feu ont été recensés ces derniers jours à Ayron, Dangé Saint-Romain, Saint-Pierre-de-Maillé, Boivre-la-Vallée ou encore Jazeneuil. Ce dimanche 12 juillet 2026, les sapeurs-pompiers de la Vienne ont été mobilisés à cinq reprises, en moins de deux heures, sur des feux de forêt et de culture. Des parcelles agricoles sont parties en fumée, fragilisant un peu plus les agriculteurs.

Face à cette situation, la mobilisation des sapeurs-pompiers est exemplaire. Dans la Vienne, le Service Départementale d’Incendie et de Secours de la Vienne (SDIS), repose à 86% sur l’engagement des volontaires. Je tiens à leur rendre hommage pour leur courage, leur professionnalisme et leur disponibilité. Je salue également les agriculteurs qui, avec leurs matériels, sont venus en appui des secours afin de limiter la propagation des flammes.

Je remercie Benoît Coquelet, président du SDIS de la Vienne, pour sa vigilance et son engagement constant, ainsi que le général Marc Horeau, directeur du SDIS, que je félicite pour sa nomination au grade de chevalier de la Légion d’honneur. J’adresse également mes remerciements aux gendarmes, mobilisés pour veiller, prévenir, secourir et interpeller.

Rappelons que plus de 90 % des incendies sont d’origine humaine. En cette période de fortes chaleurs, chacun d’entre nous doit faire preuve de responsabilité et de prudence afin de préserver nos forêts, nos cultures et notre patrimoine naturel.

Cet engagement au service des Français est aussi celui de nos militaires, qui veillent quotidiennement sur notre sécurité, sur le territoire national comme à l’extérieur de nos frontières. Ils défendent nos compatriotes, nos intérêts et les valeurs de la République.

Comme chaque année, leur dévouement a été honoré lors des cérémonies et du défilé du 14 juillet. À travers eux, c’est l’ensemble de celles et ceux qui choisissent de servir la France qui mérite notre reconnaissance.

Leur engagement nous protège, ici comme ailleurs.

C’est dit !



#467 – Les transitions à venir dans le nouveau mandat municipal 

Cette semaine, j’ai eu le plaisir de participer à l’Assemblée générale de l’Association des maires de la Vienne. Dans ce nouveau mandat, nous sommes confrontés à cinq grandes transitions :

– La première est la transition climatique. Ses effets sont déjà visibles, comme en témoignent les épisodes caniculaires que nous connaissons depuis le mois de mai.

– La deuxième est la transition démographique. Liée à la baisse des naissances et au vieillissement de la population, elle imposera de repenser l’aménagement de nos territoires. Sur ce point, la ruralité ne doit pas être sacrifiée et doit pouvoir continuer à attirer de nouvelles familles grâce au maintien des services essentiels (écoles, commerces de proximité, etc.).

– La troisième est la transition numérique et notamment l’usage de l’intelligence artificielle. Elle accélère nos modes de vie et transformera nos politiques publiques. Elle ne doit toutefois pas conduire à un recul de la présence des services publics de proximité, notamment des agences postales, sur nos territoires.

– La quatrième est la transition sociétale. Sous l’effet des réseaux sociaux, qui modifient les comportements individuels, mais aussi de l’évolution des structures familiales, notre manière de faire société évolue.

– Enfin, la cinquième est la transition économique et financière. Elle nous oblige à maîtriser la dépense publique tout en relançant l’investissement, véritable moteur de notre économie.

Face à ces cinq transitions, la question du logement constitue un fil conducteur. Il faut des logements mieux adaptés, d’une part aux conséquences du changement climatique, et, d’autre part, au maintien à domicile des personnes âgées. L’évolution des structures familiales impose également de repenser les besoins en logement, avec des surfaces et des typologies plus adaptées, dans un contexte où nous devons également limiter l’artificialisation des sols. Enfin, les investissements immobiliers doivent être relancés, aussi bien dans le secteur privé que public, afin de garantir des conditions de vie décentes et de soutenir l’activité du bâtiment, qui fait vivre nos territoires.

Sur ce sujet, le Sénat a examiné, cette semaine, le projet de loi visant à favoriser la relance et la décentralisation de la politique du logement. Ce texte vise à faciliter et accélérer la construction de nouveaux logements, à soutenir la rénovation énergétique ainsi que les travaux d’adaptation aux vagues de chaleur. Il prévoit également des mesures de décentralisation, notamment le renforcement du rôle des maires dans l’attribution des logements sociaux, la consolidation du statut de l’autorité organisatrice de l’habitat et le transfert de la responsabilité du droit au logement opposable aux collectivités.

Une avancée importante pour donner aux élus locaux les leviers nécessaires afin de construire, ensemble, le logement de demain.

C’est dit !



QE #326 – Non-renouvellement des conventions postales

Bruno Belin attire l’attention de Mme la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation sur le non-renouvellement des conventions des agences postales communales.

La Poste a récemment informé plusieurs communes de son intention de ne pas renouveler les conventions permettant l’installation et le financement d’agences postales communales. Or, si La Poste est devenue une société anonyme, elle demeure chargée de missions de service public. Dans de nombreuses communes rurales, elle constitue l’un des derniers services publics de proximité.

Cette décision de non-renouvellement fragilise le maillage postal, alimente le sentiment d’abandon dans les territoires ruraux et menace leur attractivité ainsi que le maintien de leur population.

Aucune considération budgétaire ne devrait justifier qu’un territoire soit privé de l’un de ses derniers services publics, lequel contribue bien souvent à la vitalité de communes rurales déjà confrontées à une perte d’attractivité. Le recul progressif des services publics s’opère au détriment des habitants les plus isolés, éloignés des centres urbains, pour lesquels l’agence postale communale constitue un lieu de sociabilité, un point de repère administratif et parfois même la dernière incarnation concrète de l’égalité entre les territoires. Les communes rurales ne sauraient ainsi devenir le principal théâtre du désengagement de l’État. Les populations qui y résident ne peuvent être privées d’un accès équitable aux services publics au seul motif de leur lieu de résidence, et le lien social doit y être préservé.

Les élus locaux se retrouvent en première ligne pour faire face aux conséquences de ces fermetures d’agences postales. En effet, ces décisions interviennent sans concertation préalable ni véritable dialogue avec les élus, alors même qu’un échange en amont permettrait d’examiner les solutions susceptibles de préserver le maillage postal.

Par conséquent, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend mettre en œuvre afin d’accompagner les communes rurales confrontées à la disparition des services publics de proximité. Il souhaite également connaître les mesures immédiates que le Gouvernement envisage de prendre pour soutenir les maires et les populations rurales face à la restructuration du réseau postal et garantir le maintien d’un service postal accessible sur l’ensemble du territoire.

La question sera publiée le 09 juillet 2026 au Journal Officiel et portera le numéro 09471.

QE #325 – Adaptation du bâti scolaire face aux épisodes de canicule

Bruno Belin attire l’attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur le manque d’investissement des pouvoirs publics dans l’adaptation du bâti scolaire aux vagues de chaleur extrême.

Ces dernières semaines, la France a connu plusieurs épisodes caniculaires d’une intensité exceptionnelle. Alors que l’année scolaire n’était pas encore achevée et que certains élèves passaient leurs examens, de nombreux établissements se sont révélés inadaptés à ces conditions climatiques. Dans les établissements scolaires mal isolés, insuffisamment équipés et souvent dépourvus d’espaces végétalisés, les salles de classes ont rapidement atteint les 35 degrés, augmentant les risques de coups de chaleur.

Pourtant, en 2023, le président de la République lançait un grand plan de rénovation de 40 000 écoles d’ici à 2034, financé notamment grâce au fonds vert. Depuis, ce dernier a été divisé par trois, accentuant les préoccupations quant à la capacité de l’État à tenir les engagements pris. Les travaux d’isolation thermique, de rénovation énergétique et de végétalisation prévus par le plan de rénovation initial permettraient les investissements indispensables pour adapter les établissements scolaires à ces épisodes qui seront amenés à se répéter.

Dans l’immédiat, les maires se retrouvent en première ligne pour faire face aux conséquences de ces épisodes de chaleur. Ils doivent arbitrer entre la fermeture des écoles, au risque de perturber la continuité de l’enseignement et de susciter l’incompréhension des familles, ou le maintien de leur ouverture malgré des conditions d’accueil parfois incompatibles avec la sécurité et le bien-être des enfants. Cette responsabilité est d’autant plus difficile à assumer que les consignes émanant de la préfecture, du ministère de l’éducation nationale et des directions académiques des services de l’éducation nationale peuvent parfois manquer de cohérence.

La canicule de 2003 avait conduit notre pays à renforcer la protection des personnes âgées face aux fortes chaleurs. Aujourd’hui, la fréquence et l’intensité croissantes de ces épisodes imposent d’engager un effort comparable pour protéger les enfants dans les établissements scolaires.

Par conséquent, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend mettre en œuvre afin de mieux accompagner les maires dans la gestion des épisodes caniculaires et quels moyens il prévoit de mobiliser pour accélérer l’adaptation des bâtiments scolaires aux conséquences du changement climatique.

La question sera publiée le 09 juillet 2026 au Journal Officiel et portera le numéro 09436.

QE #324 – Nécessité du maintien des financements de la mutualité sociale agricole au sein de la nouvelle convention d’objectif de gestion 2026/2030

Bruno Belin attire l’attention de Mme la ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire au sujet de la nouvelle convention d’objectif de gestion 2026/2030, et notamment sur l’importance de soutenir économiquement la mutualité sociale agricole (MSA).

« Cette convention déterminera les priorités et les moyens des organismes de gestion, pour la mise en œuvre des politiques publiques, ainsi que pour la modernisation et l’amélioration du service public.

Avec plus de 5,2 millions de bénéficiaires, ce régime de protection sociale représente un acteur de proximité. La MSA intervient notamment dans les domaines de la santé, de la cohésion sociale, de l’accompagnement des publics fragiles et du développement local. Elle contribue au maintien des services, à la dynamisation des territoires, à l’accompagnement de l’emploi agricole et à la gestion des crises récurrentes qui affectent le monde rural.

Ces dernières années, le réseau des MSA a participé à l’effort de maîtrise des dépenses publiques avec une réduction de plus de 20 % d’effectifs, soit environ 5 000 emplois depuis 2010.

La poursuite de cette trajectoire pourrait fragiliser sa capacité d’action. C’est dans ce contexte que plus de 2 200 maires de communes rurales se sont mobilisés en adressant un courrier au Premier ministre, afin de souligner leur attachement à la présence territoriale de la MSA et à la qualité des partenariats construits au fil du temps avec les collectivités locales.

Par ailleurs, alors que le Gouvernement a fait de la santé mentale « une grande cause nationale », le monde agricole demeure profondément fragilisé, avec, selon l’institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), près d’un quart des agriculteurs qui vivent sous le seuil de pauvreté et un suicide tous les deux jours. Face à cette situation, une diminution des moyens de la MSA risquerait d’affaiblir les dispositifs d’accompagnement du monde agricole et rural, alors même que ceux-ci demeurent indispensables, comme l’a démontré la mise en œuvre du plan de prévention et de prise en charge du mal-être agricole porté par la MSA.

Par conséquent, il interroge le Gouvernement sur ses intentions budgétaires concernant les budgets alloués à la mutualité sociale agricole dans la nouvelle convention d’objectif de gestion (2026/2030), afin de garantir un fonctionnement pérenne de cette institution de proximité.

La question sera publiée le 02 juillet 2026 au Journal Officiel et portera le numéro 09327.

#465 – Simplification normative : faire confiance aux élus locaux

Cette semaine, le Sénat a examiné le projet de loi portant simplification des normes applicables aux collectivités territoriales. Aujourd’hui, les élus locaux sont confrontés à un empilement de normes. L’augmentation continue du nombre de règles applicables aux collectivités, conjuguée à une complexification croissante de ces dernières, pèse lourdement sur l’action publique locale.

Les conséquences sont multiples :

– La première est financière : la production normative représente un coût estimé à 14 milliards d’euros pour nos collectivités, soit davantage que le budget de la Justice prévu pour 2026.
– Elle nuit également à l’efficacité de l’action publique locale, en ralentissant les projets et en multipliant les contraintes administratives.
– Enfin, cette inflation normative entrave la capacité des élus à répondre aux attentes des citoyens. Pourtant, les maires et les élus locaux demeurent les responsables politiques préférés des Français, parce qu’ils connaissent les réalités du terrain, sont au plus près des habitants et se trouvent en première ligne lors des situations exceptionnelles, qu’il s’agisse des canicules, des inondations ou encore de la crise sanitaire liée au Covid-19.

D’ambition mesurée, le texte propose un ensemble de mesures destinées à faciliter le fonctionnement des collectivités territoriales, à simplifier la gestion des ressources humaines et à adapter les règles applicables à certains services publics locaux.

Lors de l’examen, le Sénat a enrichi le texte notamment en ouvrant la possibilité, pour certaines communes, de transférer la compétence en matière de plan local d’urbanisme (PLU) à l’intercommunalité, ou encore en intégrant plusieurs dispositions issues de la proposition de loi TRACE visant à assouplir la mise en œuvre du Zéro artificialisation nette (ZAN). Ces avancées rendent ce texte plus concret et plus utile pour le quotidien de nos communes, de nos collectivités et de leurs élus.

Ce texte ne constitue qu’une étape. Le véritable enjeu est de mettre un terme à l’inflation normative qui pèse sur nos collectivités. Nos élus ont besoin de stabilité, de lisibilité et de souplesse pour agir efficacement. La simplification doit désormais s’inscrire dans la durée et devenir une exigence constante de l’action publique.

Simplifier, c’est donner aux élus locaux un signal fort d’encouragement. Ils attendent plus d’entrain que de frein !

C’est dit !



#464 – Canicule : s’adapter au dérèglement climatique

Quelques semaines après une première canicule, notre pays connaît à nouveau un épisode de fortes chaleurs exceptionnel. Cette séquence historique pourrait dépasser, tant par sa durée que par son intensité, la canicule européenne d’août 2003, encore présente dans toutes les mémoires.

Les collectivités territoriales et les préfets sont, comme toujours, en première ligne. Ils doivent gérer les derniers jours de l’année scolaire, l’organisation des épreuves du baccalauréat, l’accompagnement des personnes vulnérables, ainsi que l’adaptation des dispositifs de sécurité et de secours à l’occasion des nombreuses manifestations sportives, culturelles et festives organisées sur l’ensemble du territoire.

Les agriculteurs seront parmi les premières victimes du dérèglement climatique. Il est grand temps d’étudier et de mettre en œuvre des solutions permettant d’anticiper et d’intégrer les effets du changement climatique. Les fortes chaleurs ont déjà des conséquences importantes sur les productions agricoles, notamment celles du maïs et du tournesol. Les rendements céréaliers pourraient être affectés par la diminution de la taille des grains. Dans ce contexte, il est indispensable de faciliter le stockage de l’eau afin de sécuriser durablement l’accès à cette ressource essentielle. Je tiens à saluer l’action du préfet Charles Giusti, qui a poursuivi et amplifié le travail engagé par ses deux prédécesseurs dans ce domaine.

Au Sénat, l’examen du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a débuté cette semaine en commission. Le Gouvernement avait initialement annoncé un texte recentré autour du triptyque « eau, prédation et moyens de production ». Toutefois, l’Assemblée nationale y a apporté de profondes modifications. Le Sénat s’est attaché à revenir à l’esprit initial du projet de loi en proposant des mesures concrètes destinées à soutenir les agriculteurs et à renforcer notre souveraineté agricole.

La France souffre aujourd’hui d’un déficit de stockage de l’eau, malgré une pluviométrie plus favorable que celle de nombreux pays voisins. Elle ne stocke actuellement que 4,7 % de ses flux annuels d’eau. Afin de remédier à cette situation, le Sénat a adopté plusieurs dispositions visant à simplifier la réglementation applicable au stockage de l’eau, à mieux prendre en compte les besoins actuels et futurs des irrigants, à faciliter l’identification des possibilités de curage, d’extension ou de création d’ouvrages de stockage, ainsi qu’à développer la réutilisation des eaux usées traitées.

En visite dans le département jeudi, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, a visité un poulailler à Mondion et échangé avec les représentants des syndicats agricoles. Ceux-ci ont alerté la ministre sur les défis liés à l’adaptation au changement climatique, la faiblesse des revenus agricoles et les difficultés croissantes rencontrées par les exploitants pour obtenir des financements bancaires indispensables à leurs investissements.

Je profite de cette occasion pour exprimer, de nouveau, mon total soutien à tous les agriculteurs, producteurs, éleveurs et viticulteurs qui rendent nos paysages si agréables et sans lesquels nous ne pourrions manger ! 

C’est dit !



#463 – Les 90 ans des congés payés : l’invention d’un nouveau modèle de développement

Il y a 90 ans, le 20 juin 1936, les Français découvraient pour la première fois les congés payés. Quinze jours à l’origine, qui ont été augmentés progressivement par les différents gouvernements jusqu’aux cinq semaines dont nous bénéficions aujourd’hui. Cette avancée sociale a permis à des millions de Français de découvrir les joies des vacances. Cette révolution a aussi inventé une économie entière : celle du tourisme, des loisirs et des territoires qui allaient apprendre à vivre, et à prospérer, grâce à l’accueil des visiteurs.

L’impact sur les collectivités a été colossal. Progressivement, chacune a compris que le tourisme pouvait devenir un levier de développement à part entière, qu’il soit balnéaire, montagnard, vert, patrimonial ou culturel. Infrastructures, emplois locaux, commerces, la dépense des vacanciers irrigue l’économie des territoires. 

Dans la Vienne, René Monory, alors président du Conseil général, a parié sur l’avenir en créant le Futuroscope à Poitiers. Symbole de la mutation du département, le parc a accueilli plus de 64 millions de visiteurs depuis son ouverture en 1987 et n’a cessé de se développer, notamment sous mon mandat de président du Conseil départemental avec la création de l’Aquascope et de l’Arena. La locomotive touristique du département affiche une progression à deux chiffres de sa fréquentation. 

Aujourd’hui, c’est le premier site touristique de la Région Nouvelle-Aquitaine et l’un des sites majeurs du tourisme français. D’autres projets ont vu le jour et ont également contribué à faire de la Vienne un département touristique, notamment pour le tourisme nature et vert, avec en particulier l’implantation de Center Parcs, qui a fêté ses 10 ans l’année dernière.

Aujourd’hui encore, cette dynamique ne faiblit pas. Vendredi, l’inauguration des travaux de mise aux normes des installations d’assainissement du Village Vacances Familles (VVF) de La Bussière s’est inscrite dans cette tradition d’investissement territorial au service de l’accueil touristique.

Lorsque Terra Aventura, l’application de chasse aux trésors qui fait découvrir le patrimoine de la Nouvelle-Aquitaine, installe l’un de ses parcours au château de Monts sur Guesnes – Historial du Poitou et y attire des milliers de visiteurs en une seule saison, c’est toute une filière locale qui en bénéficie. Face au succès de l’opération, une deuxième saison sera lancée le 4 juillet et un nouveau parcours sera inauguré sur la commune des Ormes le 20 juin.

90 ans après les premiers congés payés, le message reste le même : donner du temps aux gens, c’est aussi donner de la vie à nos territoires.

C’est dit !