#454 – L’espoir d’une accalmie au Moyen-Orient et sur les prix à la pompe

La guerre en Iran, qui se prolonge depuis plusieurs semaines, a entraîné une hausse importante des prix à la pompe. Ceux-ci n’avaient pas atteint un tel niveau depuis près de quarante ans. Cependant, cette flambée des prix ne frappe pas tout le monde de la même façon.

Dans nos territoires ruraux, la voiture n’est pas un confort, mais une nécessité. Face à une offre de transports en commun insuffisante pour desservir régulièrement l’ensemble de nos villages, elle constitue bien souvent l’unique moyen de se déplacer au quotidien. Les habitants des zones rurales subissent plus directement et plus fortement les conséquences de cette crise.

Certaines professions sont particulièrement affectées par cette hausse des coûts de l’énergie : transporteurs, agriculteurs, taxis, aides à domicile, infirmiers libéraux, pêcheurs… Déjà confrontés à des marges faibles, ces professionnels voient leurs charges augmenter sans pouvoir répercuter ces hausses sur leurs tarifs. Pourtant, leur rôle est essentiel au fonctionnement de notre société en assurant notre souveraineté alimentaire et en accompagnant les plus fragiles.

La semaine dernière, le Gouvernement a annoncé des aides ciblées pour une partie de ces professions, notamment les transporteurs, les pêcheurs et les agriculteurs. Cette orientation va dans le bon sens. Elle a été complétée cette semaine par des mesures en faveur des aides à domicile et des aides-soignants.

Si l’ensemble des citoyens subit cette hausse, une aide universelle ne peut pas être une réponse adaptée. L’état de nos finances publiques ne permet pas de compenser durablement ces coûts sans en faire peser la charge, à terme, sur les contribuables, notamment par une augmentation d’impôts.

Néanmoins, face à l’instabilité croissante dans certaines régions du monde et à la multiplication des conflits qui affectent nos équilibres économiques et alimentent l’inflation, il est indispensable de travailler dès à présent à des réponses structurelles.

Ces solutions doivent notamment être recherchées à l’échelle européenne, afin d’éviter toute distorsion de concurrence entre États membres. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, ont ainsi rouvert le débat sur la taxation des superprofits des grands groupes énergétiques. Cette piste mérite d’être étudiée et débattue au sein du Parlement.

Dans l’immédiat, le cessez-le-feu intervenu cette semaine, ainsi que la reprise progressive du trafic dans le détroit d’Ormuz, devraient permettre une légère baisse des prix.

Espérons désormais que cette accalmie s’inscrive dans la durée et ouvre la voie à un apaisement durable dans l’ensemble de cette région du monde, en incluant également le Liban, auquel la France est profondément attachée.

C’est dit !



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