#462 – La France, premier pays européen pour les investissements étrangers

La neuvième édition du sommet Choose France s’est tenue cette semaine au château de Versailles. Elle marque une année record, avec 71 projets d’investissements étrangers annoncés, représentant 93 milliards d’euros et la création de plus de 15 600 emplois. Ces résultats permettent à la France de conserver, pour la septième année consécutive, sa place de première destination européenne pour les investissements étrangers.

C’est une excellente nouvelle pour notre économie et pour le rayonnement de notre pays. Les projets annoncés concernent en grande partie les infrastructures liées à l’intelligence artificielle, attirées notamment par une électricité compétitive et décarbonée grâce à notre parc nucléaire. Au-delà du numérique, le sommet a également mis en lumière des investissements dans les secteurs de l’énergie, de l’industrie, de la santé et de la logistique. Plusieurs projets visent à accélérer la décarbonation de l’industrie, le développement des énergies renouvelables et le renforcement des infrastructures stratégiques.

Notre département bénéficie directement de cette dynamique. L’entreprise B. Braun, implantée à Chasseneuil-du-Poitou, a ainsi annoncé un investissement de plus de 20 millions d’euros. Héritière de l’entreprise Celsa, autrefois installée à Monts-sur-Guesnes, cette entreprise familiale allemande est aujourd’hui l’un des leaders mondiaux des technologies médicales et des services de soins. Présente en France à travers cinq sites de production et plusieurs établissements de santé, elle emploie plus de 2 000 collaborateurs.

Cet investissement permettra la modernisation du site de Chasseneuil-du-Poitou avec la construction d’un nouveau bâtiment industriel et la création d’environ 40 emplois d’ici à 2031, venant s’ajouter aux 170 salariés déjà présents sur le site.

Le sommet Choose France rappelle que notre pays dispose de nombreux atouts pour attirer les investisseurs internationaux et renforcer sa compétitivité. L’enjeu est désormais de transformer ces investissements en croissance durable, en emplois qualifiés et en amélioration concrète du pouvoir d’achat des Français.

C’est dit !



#461 – Attention climat en danger  ! 

Cette semaine, la France a connu son mois de mai le plus chaud jamais enregistré à l’échelle du pays. Comme les inondations de février, cet épisode de chaleur est inédit par son intensité, sa précocité et sa durée. Les records de température ont été battus plusieurs jours de suite, y compris dans la Vienne, notamment au Vigeant et à Bonneuil-Matours avec 36,4 °C. À Poitiers, 34,3 °C ont été enregistrés, battant ainsi un record vieux de plus de cent ans, établi à 33,6 °C. Ces fortes chaleurs ont malheureusement entraîné la mort de plusieurs personnes, victimes d’hyperthermie ou de noyade. Face à la répétition des épisodes climatiques exceptionnels, nous devons adapter nos territoires, nos services publics et nos modes de vie. 

Comme toujours, les maires sont en première ligne face aux questionnements des habitants, en particulier des plus vulnérables aux fortes chaleurs : les personnes âgées, les enfants et les personnes sans domicile. Depuis la canicule de 2003, les EHPAD se sont mieux équipés pour permettre aux résidents d’affronter au mieux ces périodes. Ils disposent désormais tous d’au moins un espace collectif climatisé.

Cette logique de protection doit désormais être étendue. Malgré les nombreux travaux engagés par les collectivités pour la rénovation énergétique des bâtiments scolaires, le chemin reste long et la préparation des écoles demeure très hétérogène. Alors que les épreuves du baccalauréat, et notamment celles du baccalauréat professionnel, ont commencé cette semaine, il est temps de lancer un grand plan d’adaptation des écoles aux fortes chaleurs. Création de zones d’ombre, installation de volets, de ventilateurs de plafond ou encore de systèmes de climatisation : les solutions sont nombreuses pour garantir de bonnes conditions d’apprentissage et d’examen.

La gestion de l’eau s’impose également comme un enjeu central. Les projets de réserves de substitution, les « bassines », ont été au cœur de fortes tensions politiques et environnementales, notamment dans la Vienne et les Deux-Sèvres, comme en témoigne le procès qui s’est tenu à Poitiers cette semaine. Pourtant, dans un contexte de sécheresses plus fréquentes, le stockage hivernal de l’eau apparaît comme un outil de sécurisation des usages et de résilience agricole. Il permet de préserver les cultures et d’assurer l’abreuvement ainsi que le rafraîchissement des animaux, eux aussi durement affectés par ces températures élevées.

Les vagues de chaleur sont plus fréquentes, plus précoces et plus intenses qu’il y a vingt ans. Ce qui était exceptionnel devient désormais structurel.

Il faut protéger, adapter et anticiper.

C’est dit !



#460 – À la recherche d’un juste prix et d’une meilleure transparence sur les marges 

La pression sur le pouvoir d’achat des Français s’accentue depuis plusieurs années, notamment en raison de la guerre en Ukraine et des conflits successifs au Moyen-Orient. Elle aggrave la fracture sociale entre les citoyens.  Dans un récent sondage ELABE-BFMTV, 81 % des Français déclarent aujourd’hui se serrer la ceinture, et près de 3 sur 10 vivent à découvert, souvent dès le milieu du mois.

Parmi les premiers postes de dépenses, on retrouve l’alimentation. Après six mois de travaux, la commission d’enquête sur les marges de la grande distribution, dont j’étais l’un des vice-présidents, a mis en lumière une répartition de la valeur déséquilibrée, au détriment des agriculteurs et des industriels et au bénéfice de la grande distribution. La commission indique que, sur 100 euros dépensés par le consommateur, seuls 8 euros reviennent aux agriculteurs et 14 euros aux transformateurs et industriels, tandis que 35 euros correspondent aux importations et plus de 40 euros aux distributeurs.

Pressions commerciales, services imposés, positionnement à l’étranger des centrales d’achats, opacité des fonds financiers, mise en place de pratiques pour contourner les lois EGALIM (loi issue des Etats Généraux de l’ALIMentation) qui protègent les revenus des agriculteurs : ces méthodes utilisées par les distributeurs fragilisent nos agriculteurs et nos PME agroalimentaires, c’est-à-dire ceux qui créent la richesse et assument les risques de production. Elles créent également un trompe-l’œil pour le consommateur : certains produits sont vendus avec de faibles marges comme produits d’appel, tandis que ces pertes sont compensées par des marges plus élevées sur d’autres produits.

À cela s’ajoute la hausse des prix du carburant. Depuis fin février et le déclenchement de la guerre en Iran, une augmentation rapide des prix à la pompe a été ressentie, et ce, dès la semaine suivante, alors même que le carburant vendu avait été acheté au prix du marché précédent la guerre, et donc à un prix plus bas. Une nouvelle fois, ce sont les territoires ruraux qui sont les plus impactés car la voiture n’est pas un choix, mais une nécessité.

Une taxation aveugle des « superprofits » serait une erreur, car, en la réalité, les grandes entreprises sont peu nombreuses. Le coût du travail repose sur un grand nombre d’entreprises, déjà confrontées à de fortes tensions économiques. Les taxer découragerait l’investissement, pénaliserait l’emploi et ne résoudrait pas durablement la question de la dette.

Il faut qu’un travail soit fait pour savoir qui vend quoi et à quel prix, afin de garantir un juste prix et une meilleure transparence sur les marges.

Le pouvoir d’achat doit permettre le pouvoir de vivre et le pouvoir de faire !

C’est dit !



#459 – Les défis armées 

Cette semaine, la commission des finances a auditionné le général d’armée aérienne Fabien Mandon, chef d’état-major des Armées, dans le cadre de l’examen du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions relatives à la défense. La veille, nous l’avions reçu avec plusieurs de mes collègues sénateurs afin d’échanger plus directement sur les enjeux auxquels nos armées sont confrontées.

Alors que les débats ont commencé à l’Assemblée nationale, l’actualisation de la loi de programmation militaire doit permettre à la France de répondre à plusieurs défis majeurs.

Le premier est celui du sous-investissement militaire accumulé au cours des dernières décennies. Ce projet de loi constitue avant tout un effort de rattrapage destiné à combler nos faiblesses. Nous ne sommes pas au niveau face aux menaces actuelles. Il prévoit une hausse de 36 milliards d’euros par rapport à la précédente loi de programmation militaire, portant l’effort total à 436 milliards d’euros pour la période 2024-2030, alors même que le budget de la défense aura déjà doublé entre 2018 et 2026. À titre d’exemple, la France ne dispose que de 15 bateaux militaires.

Le deuxième défi concerne l’espace. La France, comme l’Europe, accuse un retard stratégique face à la Chine. Or, la maîtrise de l’espace devient un enjeu pour notre souveraineté et pour l’avenir.

Nous assistons également à un affaiblissement des repères qui structuraient jusqu’ici l’ordre international. Les grandes institutions de référence, telles que l’Organisation des Nations unies ou l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, apparaissent fragilisées, comme on peut notamment l’observer au Liban.

Les deux grandes puissances héritées de la guerre froide montrent aujourd’hui leurs limites. La Russie dispose d’une armée considérable, forte de près de deux millions d’hommes, mais son enlisement en Ukraine, ainsi que le nombre très élevé de morts et de blessés, révèlent ses fragilités. Quant aux États-Unis et à leur allié israélien, leur attitude suscite de nombreuses interrogations au regard du respect des règles internationales.

Le conflit au Moyen-Orient est loin d’être terminé, mais une chose semble déjà certaine : la Chine en sera le principal bénéficiaire. Déjà puissance majeure, elle pourrait demain devenir la première puissance militaire mondiale.

Nous ne traversons pas une crise. Nous vivons un choc.

C’est dit !



#458 – Prévention des inondations : un texte attendu par les collectivités

Ce mercredi, le Sénat a adopté la proposition de loi visant à soutenir les collectivités territoriales dans la prévention et la gestion des inondations. Issu d’une mission d’information sénatoriale puis enrichi par l’Assemblée nationale par un dialogue fructueux entre les deux chambres, ce texte a été adopté en seconde lecture sans modification afin de permettre son entrée en vigueur rapide.

L’augmentation de l’intensité et la fréquence des phénomènes météorologiques exceptionnels nous amènent à repenser notre adaptation au changement climatique. Cela passe par un meilleur accompagnement des territoires touchés, mais également par un renforcement des dispositifs de prévention.

Lors du weekend de Pâques 2024, le département a connu des inondations historiques, en particulier autour de la Gartempe et de la Creuse. Cet hiver, c’est l’ensemble du territoire national qui a été touché par un épisode de crues exceptionnel par son étendue et sa durée. Tout l’enjeu réside dans la capacité des maires à disposer de ressources pour assurer la protection de leurs communes.

Aujourd’hui, près d’un Français sur quatre est exposé au risque d’inondation. Pourtant, les élus locaux se heurtent encore à des procédures administratives trop longues et trop complexes. Les Programmes d’actions de prévention des inondations (PAPI), essentiels pour protéger les territoires, sont souvent ralentis par des démarches lourdes et un manque d’ingénierie dans les petites collectivités.

L’ambition de ce texte est claire : simplifier, clarifier et accélérer les procédures pour permettre aux collectivités d’agir plus efficacement face au risque d’inondation. Il apporte des réponses concrètes en clarifiant les règles d’entretien des cours d’eau et en facilitant l’obtention de dérogations pour les travaux d’intérêt public majeur. Il instaure également le principe du « dites-le-nous une fois » afin d’éviter la multiplication des études d’impact lors de l’élaboration des PAPI.

Le texte prévoit par ailleurs la création d’une réserve d’ingénierie destinée à mobiliser des agents publics territoriaux au profit des communes les plus exposées. Enfin, il accélère l’élaboration et la révision des plans de prévention des risques naturels (PPRN) grâce à une procédure administrative simplifiée.

Donner aux maires des moyens juridiques et techniques adaptés est indispensable pour mieux protéger nos territoires et nos habitants face aux défis climatiques.

C’est dit !



#457 – Financement des SDIS : garantir la pérennité du service

Ce mardi, le Sénat a organisé un débat consacré au fonctionnement et au financement des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS).

Le premier enjeu est d’assurer la pérennité du service, à travers le renouvellement des générations de volontaires et la fidélisation des sapeurs-pompiers déjà engagés, qu’ils soient professionnels ou volontaires. Au niveau national, le seuil des 200 000 sapeurs-pompiers volontaires a été franchi. Dans le département, ils sont plus de 1 331 recensés fin 2025, un niveau inédit depuis une vingtaine d’années. Ces résultats sont encourageants, mais les efforts engagés ces dernières années ne doivent pas être relâchés. La durée moyenne d’engagement est de 12 ans et 4 mois, mais elle tombe à 7 ans et 9 mois pour les femmes, soit un écart de près de cinq ans, ce qui montre qu’il reste des leviers à activer pour renforcer durablement les effectifs.

La question centrale du débat portait toutefois sur le financement des SDIS. Aujourd’hui, pas un président de département ne s’en sort. Deux leviers existent : réduire les dépenses ou augmenter les recettes.

Réduire les dépenses apparaît très difficile. Près de 80 % d’entre elles sont des dépenses de personnel, en hausse sous l’effet de facteurs peu maîtrisables comme les cotisations à la CNRACL (Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales), le coût du carburant ou la mutuelle. Dans le même temps, les SDIS font face à une diversification des risques : inondations à Montmorillon en 2024, feux d’espaces naturels en 2025, tornade à Saint-Jean-de-Sauves en 2023. Les sapeurs-pompiers sont également de plus en plus sollicités pour des interventions qui ne relèvent pas de leurs prérogatives, comme certaines situations psychiatriques, des cas de violences intrafamiliales ou des troubles liés à l’ivresse sur la voie publique.

S’agissant des recettes, le ministre a renvoyé aux arbitrages du prochain projet de loi de finances. D’autres pistes méritent néanmoins d’être explorées afin d’engager une réforme plus structurelle, comme la révision de la taxe sur les conventions d’assurance ou la création d’une taxe additionnelle à la taxe de séjour.

Les sapeurs-pompiers interviennent avec une obligation de moyens ; nous devons, quant à nous, leurs donner les moyens d’agir.

Le sujet est capital. Le service est capital. Sa survie est capitale.

C’est dit !



#456 – Secours en montagne : un système d’excellence sous tension

Ce lundi, dans le cadre d’une mission de contrôle parlementaire en qualité de Rapporteur spécial pour la sécurité intérieure, j’ai effectué un déplacement à Chamonix pour évaluer les moyens consacrés au secours en montagne, et notamment le renouvellement de la flotte d’hélicoptères avec l’arrivée très attendue des nouveaux hélicoptères H145.

Il convient avant tout de saluer les équipes du Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne (PGHM), ainsi que l’ensemble des professionnels engagés dans ces missions. Ceux-ci interviennent en toutes circonstances, quelle que soit la météo. Leur niveau d’engagement et de compétence est remarquable.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 1 000 interventions en 2025. Ces chiffres sont en hausse, et cette tendance n’est pas conjoncturelle. 

La fréquentation croissante des massifs, la diversification des pratiques sportives et les effets du changement climatique sur les conditions en montagne, se traduisent par une sollicitation toujours plus forte des moyens de secours, en particulier aériens. Le coût de ces opérations atteint les 110 millions d’euros.

Or, ce système d’excellence repose sur des équilibres fragiles. Les hélicoptères vieillissent, les coûts de maintenance augmentent. 

Parmi les priorités : renouveler rapidement la flotte d’hélicoptères, renforcer la coordination entre les différentes forces à l’échelle des massifs, mieux encadrer le recours aux moyens lourds pour garantir des interventions proportionnées, et investir davantage dans la prévention. Réduire le nombre d’accidents, c’est aussi réduire la pression sur un dispositif sollicité à l’extrême.

Efficience, sobriété budgétaire, responsabilisation des usagers et outils technologiques : voilà les leviers sur lesquels il faut agir, sans jamais sacrifier la qualité et la sécurité du service rendu.

Cette mission de contrôle parlementaire est aussi l’occasion d’exprimer une nouvelle fois tout mon soutien à la famille de la Gendarmerie et à l’ensemble des forces de sécurité du pays.

Responsable des budgets de la sécurité intérieure au Sénat, c’est à la fois un honneur, mais aussi une responsabilité, car, dans le contexte que nous connaissons et malgré les contraintes budgétaires, nous avons une obligation de moyens envers nos concitoyens. 

J’en ai fait depuis bientôt trois ans, une priorité de mon engagement national.

C’est dit !



#455 – Les transports en débat au Sénat 

Cette semaine, le Sénat a examiné le projet de loi-cadre relatif au développement des transports. Ce texte était particulièrement attendu : en raison d’un sous-investissement chronique depuis plusieurs années, nos infrastructures se sont dégradées, faisant émerger une « dette grise » estimée à 60 milliards d’euros. On évalue à environ 3 milliards d’euros par an les besoins nécessaires, à minima, pour entretenir et moderniser les réseaux existants, sans même prendre en compte le financement de nouveaux projets.

Ce projet de loi s’inscrit dans le prolongement des conclusions de la conférence « Ambition France Transports », tenue à l’été 2025. Dans un contexte budgétaire contraint, celles-ci préconisent de prioriser la modernisation des infrastructures existantes, de sécuriser les investissements dans une logique pluriannuelle et d’identifier des sources de financement durables.

Dans cette perspective, le texte poursuit plusieurs objectifs :
– instaurer une programmation pluriannuelle afin de donner de la visibilité aux investissements et de mieux coordonner les financeurs 
– concentrer les moyens sur la régénération et la modernisation des réseaux existants ;      
– affecter davantage les recettes issues des mobilités, notamment celles provenant des péages autoroutiers et des modes les plus polluants, au financement des infrastructures via l’AFITF ;      
– renforcer le modèle des autorités organisatrices de la mobilité (AOM), en diversifiant leurs ressources et en développant le recours à la tarification ;
– encourager le recours aux financements privés pour compléter les investissements publics.      

L’examen du texte a donné lieu à de nombreux débats en séance publique, notamment autour d’un article visant à élargir la vente de billets en ligne via la plateforme SNCF Connect à l’ensemble des opérateurs ferroviaires.

Si cette mesure peut, à première vue, simplifier le parcours des voyageurs en centralisant l’offre, elle soulève néanmoins des inquiétudes importantes pour la SNCF, en raison d’un risque de diminution de ses recettes. Or, les bénéfices issus de la billetterie sont aujourd’hui réinvestis à hauteur de 60 % dans l’entretien et la modernisation du réseau.

Malgré les réserves exprimées par une partie des sénateurs, cette disposition a été adoptée. Il reste désormais à espérer que la suite de l’examen du texte à l’Assemblée nationale permettra de réévaluer ce point, afin de préserver un cadre équilibré au service des voyageurs comme de l’intérêt général. 

C’est dit ! 



#454 – L’espoir d’une accalmie au Moyen-Orient et sur les prix à la pompe

La guerre en Iran, qui se prolonge depuis plusieurs semaines, a entraîné une hausse importante des prix à la pompe. Ceux-ci n’avaient pas atteint un tel niveau depuis près de quarante ans. Cependant, cette flambée des prix ne frappe pas tout le monde de la même façon.

Dans nos territoires ruraux, la voiture n’est pas un confort, mais une nécessité. Face à une offre de transports en commun insuffisante pour desservir régulièrement l’ensemble de nos villages, elle constitue bien souvent l’unique moyen de se déplacer au quotidien. Les habitants des zones rurales subissent plus directement et plus fortement les conséquences de cette crise.

Certaines professions sont particulièrement affectées par cette hausse des coûts de l’énergie : transporteurs, agriculteurs, taxis, aides à domicile, infirmiers libéraux, pêcheurs… Déjà confrontés à des marges faibles, ces professionnels voient leurs charges augmenter sans pouvoir répercuter ces hausses sur leurs tarifs. Pourtant, leur rôle est essentiel au fonctionnement de notre société en assurant notre souveraineté alimentaire et en accompagnant les plus fragiles.

La semaine dernière, le Gouvernement a annoncé des aides ciblées pour une partie de ces professions, notamment les transporteurs, les pêcheurs et les agriculteurs. Cette orientation va dans le bon sens. Elle a été complétée cette semaine par des mesures en faveur des aides à domicile et des aides-soignants.

Si l’ensemble des citoyens subit cette hausse, une aide universelle ne peut pas être une réponse adaptée. L’état de nos finances publiques ne permet pas de compenser durablement ces coûts sans en faire peser la charge, à terme, sur les contribuables, notamment par une augmentation d’impôts.

Néanmoins, face à l’instabilité croissante dans certaines régions du monde et à la multiplication des conflits qui affectent nos équilibres économiques et alimentent l’inflation, il est indispensable de travailler dès à présent à des réponses structurelles.

Ces solutions doivent notamment être recherchées à l’échelle européenne, afin d’éviter toute distorsion de concurrence entre États membres. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, ont ainsi rouvert le débat sur la taxation des superprofits des grands groupes énergétiques. Cette piste mérite d’être étudiée et débattue au sein du Parlement.

Dans l’immédiat, le cessez-le-feu intervenu cette semaine, ainsi que la reprise progressive du trafic dans le détroit d’Ormuz, devraient permettre une légère baisse des prix.

Espérons désormais que cette accalmie s’inscrive dans la durée et ouvre la voie à un apaisement durable dans l’ensemble de cette région du monde, en incluant également le Liban, auquel la France est profondément attachée.

C’est dit !



#453 – NON aux déserts scolaires ! OUI à la différenciation territoriale ! 

Après les déserts médicaux, les déserts pharmaceutiques, voici que s’installent les déserts scolaires. Le même phénomène ne peut se répéter, avec à la fin, toujours les mêmes territoires qui ressentent ce sentiment d’abandon de la puissance publique.

La semaine dernière, à Châtellerault, en présence d’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, les enseignants ont témoigné des lacunes de leurs élèves de troisième, dont certains subissent en plus des situations familiales et sociales compliquées. Ce déplacement était l’occasion pour le Ministre d’annoncer le dispositif « Collèges en progrès ».

Mais la solution est à chercher ailleurs. Nous n’aurions pas besoin de « collèges en progrès » si nous avions des « écoles sans regrets ». Ce sont les fermetures successives de classes dans nos villages qui fragilisent le parcours scolaire dès le plus jeune âge, bien avant le collège.

Ce mercredi, j’ai, de nouveau, interpellé le ministre de l’Éducation nationale lors de la séance de questions d’actualités au Gouvernement, car au-delà des annonces et des dispositifs, il y a une réalité : celle de la ruralité, où fermer une école, c’est accélérer le déclin d’un territoire entier. Les communes rurales ne peuvent être traitées comme les communes urbaines.

Sans nier la baisse démographique, la carte scolaire ne doit pas répondre qu’à une question de nombre d’élèves mais s’adapter aux réalités du terrain et se différencier, territoires par territoires. Une école dans un village, c’est moins de temps dans les cars scolaires, moins d’épuisement des enfants, avant même qu’ils n’ouvrent un livre et par conséquent, c’est de meilleures capacités d’apprentissage.  Une école dans un village, c’est également la promesse de nouveaux habitants qui feront vivre la ruralité, les commerces, les entreprises et les associations locales.

Moins de deux semaines après la prise de leur fonction, à la suite des élections municipales, les nouveaux maires ont appris, parfois dès les premiers jours de leur mandat, la fermeture d’une classe dans leur commune, sans concertation. Or, les élus ont besoin de temps pour s’adapter et préparer les futures rentrées scolaires.  

La carte scolaire ne peut être un outil appliqué uniformément sans tenir compte de la géographie, des distances et des densités de population. Il est temps qu’elle intègre enfin ce que vivent les enfants de nos territoires, avant même qu’ils franchissent la porte de leur école.

C’est dit !