#457 – Financement des SDIS : garantir la pérennité du service

Ce mardi, le Sénat a organisé un débat consacré au fonctionnement et au financement des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS).

Le premier enjeu est d’assurer la pérennité du service, à travers le renouvellement des générations de volontaires et la fidélisation des sapeurs-pompiers déjà engagés, qu’ils soient professionnels ou volontaires. Au niveau national, le seuil des 200 000 sapeurs-pompiers volontaires a été franchi. Dans le département, ils sont plus de 1 331 recensés fin 2025, un niveau inédit depuis une vingtaine d’années. Ces résultats sont encourageants, mais les efforts engagés ces dernières années ne doivent pas être relâchés. La durée moyenne d’engagement est de 12 ans et 4 mois, mais elle tombe à 7 ans et 9 mois pour les femmes, soit un écart de près de cinq ans, ce qui montre qu’il reste des leviers à activer pour renforcer durablement les effectifs.

La question centrale du débat portait toutefois sur le financement des SDIS. Aujourd’hui, pas un président de département ne s’en sort. Deux leviers existent : réduire les dépenses ou augmenter les recettes.

Réduire les dépenses apparaît très difficile. Près de 80 % d’entre elles sont des dépenses de personnel, en hausse sous l’effet de facteurs peu maîtrisables comme les cotisations à la CNRACL (Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales), le coût du carburant ou la mutuelle. Dans le même temps, les SDIS font face à une diversification des risques : inondations à Montmorillon en 2024, feux d’espaces naturels en 2025, tornade à Saint-Jean-de-Sauves en 2023. Les sapeurs-pompiers sont également de plus en plus sollicités pour des interventions qui ne relèvent pas de leurs prérogatives, comme certaines situations psychiatriques, des cas de violences intrafamiliales ou des troubles liés à l’ivresse sur la voie publique.

S’agissant des recettes, le ministre a renvoyé aux arbitrages du prochain projet de loi de finances. D’autres pistes méritent néanmoins d’être explorées afin d’engager une réforme plus structurelle, comme la révision de la taxe sur les conventions d’assurance ou la création d’une taxe additionnelle à la taxe de séjour.

Les sapeurs-pompiers interviennent avec une obligation de moyens ; nous devons, quant à nous, leurs donner les moyens d’agir.

Le sujet est capital. Le service est capital. Sa survie est capitale.

C’est dit !



#456 – Secours en montagne : un système d’excellence sous tension

Ce lundi, dans le cadre d’une mission de contrôle parlementaire en qualité de Rapporteur spécial pour la sécurité intérieure, j’ai effectué un déplacement à Chamonix pour évaluer les moyens consacrés au secours en montagne, et notamment le renouvellement de la flotte d’hélicoptères avec l’arrivée très attendue des nouveaux hélicoptères H145.

Il convient avant tout de saluer les équipes du Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne (PGHM), ainsi que l’ensemble des professionnels engagés dans ces missions. Ceux-ci interviennent en toutes circonstances, quelle que soit la météo. Leur niveau d’engagement et de compétence est remarquable.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 1 000 interventions en 2025. Ces chiffres sont en hausse, et cette tendance n’est pas conjoncturelle. 

La fréquentation croissante des massifs, la diversification des pratiques sportives et les effets du changement climatique sur les conditions en montagne, se traduisent par une sollicitation toujours plus forte des moyens de secours, en particulier aériens. Le coût de ces opérations atteint les 110 millions d’euros.

Or, ce système d’excellence repose sur des équilibres fragiles. Les hélicoptères vieillissent, les coûts de maintenance augmentent. 

Parmi les priorités : renouveler rapidement la flotte d’hélicoptères, renforcer la coordination entre les différentes forces à l’échelle des massifs, mieux encadrer le recours aux moyens lourds pour garantir des interventions proportionnées, et investir davantage dans la prévention. Réduire le nombre d’accidents, c’est aussi réduire la pression sur un dispositif sollicité à l’extrême.

Efficience, sobriété budgétaire, responsabilisation des usagers et outils technologiques : voilà les leviers sur lesquels il faut agir, sans jamais sacrifier la qualité et la sécurité du service rendu.

Cette mission de contrôle parlementaire est aussi l’occasion d’exprimer une nouvelle fois tout mon soutien à la famille de la Gendarmerie et à l’ensemble des forces de sécurité du pays.

Responsable des budgets de la sécurité intérieure au Sénat, c’est à la fois un honneur, mais aussi une responsabilité, car, dans le contexte que nous connaissons et malgré les contraintes budgétaires, nous avons une obligation de moyens envers nos concitoyens. 

J’en ai fait depuis bientôt trois ans, une priorité de mon engagement national.

C’est dit !



#455 – Les transports en débat au Sénat 

Cette semaine, le Sénat a examiné le projet de loi-cadre relatif au développement des transports. Ce texte était particulièrement attendu : en raison d’un sous-investissement chronique depuis plusieurs années, nos infrastructures se sont dégradées, faisant émerger une « dette grise » estimée à 60 milliards d’euros. On évalue à environ 3 milliards d’euros par an les besoins nécessaires, à minima, pour entretenir et moderniser les réseaux existants, sans même prendre en compte le financement de nouveaux projets.

Ce projet de loi s’inscrit dans le prolongement des conclusions de la conférence « Ambition France Transports », tenue à l’été 2025. Dans un contexte budgétaire contraint, celles-ci préconisent de prioriser la modernisation des infrastructures existantes, de sécuriser les investissements dans une logique pluriannuelle et d’identifier des sources de financement durables.

Dans cette perspective, le texte poursuit plusieurs objectifs :
– instaurer une programmation pluriannuelle afin de donner de la visibilité aux investissements et de mieux coordonner les financeurs 
– concentrer les moyens sur la régénération et la modernisation des réseaux existants ;      
– affecter davantage les recettes issues des mobilités, notamment celles provenant des péages autoroutiers et des modes les plus polluants, au financement des infrastructures via l’AFITF ;      
– renforcer le modèle des autorités organisatrices de la mobilité (AOM), en diversifiant leurs ressources et en développant le recours à la tarification ;
– encourager le recours aux financements privés pour compléter les investissements publics.      

L’examen du texte a donné lieu à de nombreux débats en séance publique, notamment autour d’un article visant à élargir la vente de billets en ligne via la plateforme SNCF Connect à l’ensemble des opérateurs ferroviaires.

Si cette mesure peut, à première vue, simplifier le parcours des voyageurs en centralisant l’offre, elle soulève néanmoins des inquiétudes importantes pour la SNCF, en raison d’un risque de diminution de ses recettes. Or, les bénéfices issus de la billetterie sont aujourd’hui réinvestis à hauteur de 60 % dans l’entretien et la modernisation du réseau.

Malgré les réserves exprimées par une partie des sénateurs, cette disposition a été adoptée. Il reste désormais à espérer que la suite de l’examen du texte à l’Assemblée nationale permettra de réévaluer ce point, afin de préserver un cadre équilibré au service des voyageurs comme de l’intérêt général. 

C’est dit ! 



#454 – L’espoir d’une accalmie au Moyen-Orient et sur les prix à la pompe

La guerre en Iran, qui se prolonge depuis plusieurs semaines, a entraîné une hausse importante des prix à la pompe. Ceux-ci n’avaient pas atteint un tel niveau depuis près de quarante ans. Cependant, cette flambée des prix ne frappe pas tout le monde de la même façon.

Dans nos territoires ruraux, la voiture n’est pas un confort, mais une nécessité. Face à une offre de transports en commun insuffisante pour desservir régulièrement l’ensemble de nos villages, elle constitue bien souvent l’unique moyen de se déplacer au quotidien. Les habitants des zones rurales subissent plus directement et plus fortement les conséquences de cette crise.

Certaines professions sont particulièrement affectées par cette hausse des coûts de l’énergie : transporteurs, agriculteurs, taxis, aides à domicile, infirmiers libéraux, pêcheurs… Déjà confrontés à des marges faibles, ces professionnels voient leurs charges augmenter sans pouvoir répercuter ces hausses sur leurs tarifs. Pourtant, leur rôle est essentiel au fonctionnement de notre société en assurant notre souveraineté alimentaire et en accompagnant les plus fragiles.

La semaine dernière, le Gouvernement a annoncé des aides ciblées pour une partie de ces professions, notamment les transporteurs, les pêcheurs et les agriculteurs. Cette orientation va dans le bon sens. Elle a été complétée cette semaine par des mesures en faveur des aides à domicile et des aides-soignants.

Si l’ensemble des citoyens subit cette hausse, une aide universelle ne peut pas être une réponse adaptée. L’état de nos finances publiques ne permet pas de compenser durablement ces coûts sans en faire peser la charge, à terme, sur les contribuables, notamment par une augmentation d’impôts.

Néanmoins, face à l’instabilité croissante dans certaines régions du monde et à la multiplication des conflits qui affectent nos équilibres économiques et alimentent l’inflation, il est indispensable de travailler dès à présent à des réponses structurelles.

Ces solutions doivent notamment être recherchées à l’échelle européenne, afin d’éviter toute distorsion de concurrence entre États membres. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, ont ainsi rouvert le débat sur la taxation des superprofits des grands groupes énergétiques. Cette piste mérite d’être étudiée et débattue au sein du Parlement.

Dans l’immédiat, le cessez-le-feu intervenu cette semaine, ainsi que la reprise progressive du trafic dans le détroit d’Ormuz, devraient permettre une légère baisse des prix.

Espérons désormais que cette accalmie s’inscrive dans la durée et ouvre la voie à un apaisement durable dans l’ensemble de cette région du monde, en incluant également le Liban, auquel la France est profondément attachée.

C’est dit !



#453 – NON aux déserts scolaires ! OUI à la différenciation territoriale ! 

Après les déserts médicaux, les déserts pharmaceutiques, voici que s’installent les déserts scolaires. Le même phénomène ne peut se répéter, avec à la fin, toujours les mêmes territoires qui ressentent ce sentiment d’abandon de la puissance publique.

La semaine dernière, à Châtellerault, en présence d’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, les enseignants ont témoigné des lacunes de leurs élèves de troisième, dont certains subissent en plus des situations familiales et sociales compliquées. Ce déplacement était l’occasion pour le Ministre d’annoncer le dispositif « Collèges en progrès ».

Mais la solution est à chercher ailleurs. Nous n’aurions pas besoin de « collèges en progrès » si nous avions des « écoles sans regrets ». Ce sont les fermetures successives de classes dans nos villages qui fragilisent le parcours scolaire dès le plus jeune âge, bien avant le collège.

Ce mercredi, j’ai, de nouveau, interpellé le ministre de l’Éducation nationale lors de la séance de questions d’actualités au Gouvernement, car au-delà des annonces et des dispositifs, il y a une réalité : celle de la ruralité, où fermer une école, c’est accélérer le déclin d’un territoire entier. Les communes rurales ne peuvent être traitées comme les communes urbaines.

Sans nier la baisse démographique, la carte scolaire ne doit pas répondre qu’à une question de nombre d’élèves mais s’adapter aux réalités du terrain et se différencier, territoires par territoires. Une école dans un village, c’est moins de temps dans les cars scolaires, moins d’épuisement des enfants, avant même qu’ils n’ouvrent un livre et par conséquent, c’est de meilleures capacités d’apprentissage.  Une école dans un village, c’est également la promesse de nouveaux habitants qui feront vivre la ruralité, les commerces, les entreprises et les associations locales.

Moins de deux semaines après la prise de leur fonction, à la suite des élections municipales, les nouveaux maires ont appris, parfois dès les premiers jours de leur mandat, la fermeture d’une classe dans leur commune, sans concertation. Or, les élus ont besoin de temps pour s’adapter et préparer les futures rentrées scolaires.  

La carte scolaire ne peut être un outil appliqué uniformément sans tenir compte de la géographie, des distances et des densités de population. Il est temps qu’elle intègre enfin ce que vivent les enfants de nos territoires, avant même qu’ils franchissent la porte de leur école.

C’est dit !



#452 – La reconnaissance de l’engagement local 

Le second tour des élections municipales dans la Vienne confirme les bons résultats obtenus par les conseillers départementaux. Jérôme Neveux à Jaunay-Marigny, Valérie Chebassier à Saint-Martin-la-Pallu, Gérard Pérochon à Senillé-Saint-Sauveur, Henri Colin à Lencloître, Lydie Noirault à Joussé, Jean-Olivier Geoffroy à Champniers, François Bock à Gençay, Pascale Guittet à Pouillé, Benoît Prinçay à Chouppes, Sévérine Saint-Pé à Neuville-de-Poitou et Gilbert Beaujaneau à Nieuil-l’Espoir ont été élus dès le premier tour. Je tiens à adresser tout particulièrement mes félicitations à ma suppléante au Sénat, Marie-Renée Desroses, également réélue à Civaux dimanche dernier. Ils ont été rejoints dimanche soir par Rose-Marie Bertaud à Vivonne, Anne-Florence Bourat à Châtellerault et Anthony Brottier à Poitiers.

Pour ce dernier, la victoire à Poitiers s’explique par le travail mené depuis de nombreux mois avec son équipe, mais aussi par le rejet de l’alliance de la maire sortante avec le candidat de La France insoumise. À Châtellerault, la victoire d’Anne-Florence Bourat récompense une élue engagée depuis 18 ans pour sa ville et dotée d’une grande connaissance du territoire. Le courage du rassemblement qu’elle a su initier après le premier tour, avec David Simon, a consolidé son résultat et empêché la victoire du Rassemblement national dans la deuxième ville du département. Je tiens à saluer sa capacité de travail et son empathie, que j’ai pu apprécier en travaillant avec elle au Conseil départemental depuis 2015, ainsi qu’en tant que suppléant lors des législatives de 2017. Je félicite également Thomas Baudin et Manuel Costa Nobre pour leurs résultats.

De manière générale, dans le département, on observe une stabilité du monde rural, avec une reconnaissance, à juste titre, du travail accompli par les élus sortants.

À l’échelle nationale, les électeurs ont rejeté les alliances avec La France insoumise et sanctionné la gestion des municipalités écologistes sortantes. Le Rassemblement national progresse, mais cette progression reste contenue et inférieure à ses scores aux élections nationales. Le parti enregistre des défaites marquantes, notamment à Marseille et Toulon, tout en remportant quelques villes moyennes où un sentiment d’abandon s’est exprimé.

Le bloc central enregistre, quant à lui, plusieurs belles victoires, notamment avec Thomas Cazenave à Bordeaux, mais aussi à Clermont-Ferrand et à Annecy. Il conserve également des villes stratégiques, comme Édouard Philippe au Havre et Jean-Luc Moudenc à Toulouse. 

Désormais, les enjeux se concentrent sur le « troisième tour des municipales », avec l’élection des intercommunalités. Bien qu’il s’agisse de l’échelon territorial le moins connu de nos concitoyens, celui-ci revêt une importance particulière en raison des compétences décisives exercées par les élus communautaires.

Cette coopération entre les communes permet en effet de gérer en commun des équipements et des services publics (ramassage des ordures ménagères, assainissement, transports urbains…) et d’élaborer des projets de développement économique, d’aménagement et d’urbanisme à l’échelle d’un territoire plus vaste que celui de la commune.

C’est dit !



#451 – Des élections municipales toujours distinctes des dynamiques nationales

Les élections de dimanche dernier ont permis d’élire 256 équipes municipales sur 265 communes. 91 % des maires sortants ont été reconduits, témoignant de l’attachement des habitants à leur conseil municipal et à leur maire. Le département enregistre par ailleurs un taux de participation légèrement supérieur à la moyenne nationale, alors même que l’on pouvait anticiper une mobilisation plus faible, notamment en raison de la fin du panachage dans les communes de moins de 1 000 habitants et de la présence d’une liste unique dans près de 70 % des communes poitevines.

Dans la Vienne, une spécificité demeure : l’engagement local prime. Les enjeux de territoire, les parcours des élus et les personnalités comptent davantage que les étiquettes politiques. Ici, on est élu avant tout sur son profil et son action au service du territoire.

Dans neuf communes, la composition des équipes municipales reste incertaine à l’issue de ce premier tour. Le second tour constituera une nouvelle élection, où les cartes seront rebattues.

Au niveau national, certains partis extrêmes se sont félicités de leurs résultats, notamment à Poitiers et à Châtellerault. Les médias ont souvent parlé de victoire ou de percée. Ces résultats doivent cependant être analysés avec prudence. En réalité, leurs scores sont inférieurs aux attentes et en recul par rapport aux dernières échéances nationales. Dans les dix principales villes françaises, les scores de LFI et du RN sont inférieurs de 4 à 5 points à ceux enregistrés lors des européennes de 2024.

Les véritables vainqueurs de ces municipales restent les partis de gouvernement : 5,3 % des suffrages pour l’extrême droite, 3 % pour l’extrême gauche, contre environ 20 % chacun pour la droite et la gauche républicaines. Les élections municipales demeurent ainsi des scrutins à part, distincts des logiques nationales.

Ces résultats rendent difficiles à comprendre certaines alliances locales entre le PS, les Verts et LFI, en particulier dans des villes où aucun risque particulier ne les justifie. Dans les communes concernées, LFI tend à imposer son récit : en cas de victoire, elle en revendique le succès ; en cas de défaite, la responsabilité est renvoyée à l’absence d’alliance. Une logique qui place certains élus de gauche face à une responsabilité lourde.

À l’issue du second tour dimanche, s’ouvrira la campagne présidentielle. La semaine dernière, avec plusieurs collègues sénateurs membres du club du Hibou, j’ai publié une tribune appelant à un sursaut des républicains, des sociaux-démocrates et de tous ceux qui refusent toute alliance avec LFI comme avec le RN, afin de faire émerger une candidature unique du socle commun, fondée sur une ligne claire de rassemblement et de responsabilité.

C’est dit !



#450 – Allons voter ce dimanche 15 mars !

Dimanche aura lieu le premier tour des élections municipales. Dans les 34 875 communes françaises, les citoyens sont appelés aux urnes pour choisir l’équipe et le projet qui mettront en œuvre le premier levier de l’action publique : celui de la commune.

Parce que les bilans des maires se mesurent directement dans la vie quotidienne des citoyens, ils demeurent les personnalités politiques préférées des Français. Les urnes le confirment : lorsque les maires se représentent, ils sont réélus dans 86 % des cas, comme lors du précédent scrutin de mars 2020. Si chaque élection permet de régénérer la démocratie, l’élection municipale fait battre le cœur de nos villages et fait vivre notre ruralité.

Si les maires restent appréciés des citoyens, ils subissent paradoxalement de plus en plus de violences dans l’exercice de leurs fonctions. Le prochain mandat sera plus protecteur grâce à l’adoption de la loi portant création d’un statut de l’élu, votée en décembre à l’issue d’un vaste travail sénatorial engagé dès 2023.

Dans les communes de moins de 1 000 habitants, l’élection se déroulera pour la première fois au scrutin de liste paritaire. Contrairement aux craintes exprimées, chaque commune de la Vienne a pu constituer une liste et aura donc un maire le 22 mars. À l’échelle nationale, le constat est similaire : en mars, seules 68 communes ne présenteront pas de candidats aux élections municipales, contre 106 en 2020. Pour les électeurs, cela impliquera une nouvelle habitude : une équipe représentera un projet et le panachage ne sera plus autorisé. Tout ajout, suppression, rayure ou modification de l’ordre des candidats entraînera la nullité du bulletin.

Cette réforme aura également des effets positifs sur la parité. Dans la Vienne, 110 femmes seront têtes de liste, soit 30 %. Le département fait ainsi mieux que la moyenne nationale, où les femmes représentent 24,4 % des têtes de liste.

Aux candidats, je veux adresser mes félicitations pour leur engagement au service de leur commune et leur souhaiter bonne chance.

Aux citoyens, je leur dis : allez voter ce dimanche. Dans 184 communes, une seule liste est présentée et seulement 70 communes comptent deux listes. Cela signifie que, pour près de 96 % des communes de la Vienne, l’élection se jouera en un seul tour ce dimanche 15 mars.

Alors, ensemble, allons voter.

C’est dit !



#449 – L’embrassement du Moyen-Orient

Samedi dernier, le lancement de l’opération « Fureur épique » par les États-Unis en Iran est venu embraser une région déjà extrêmement fragile, alors même que Donald Trump avait réussi à ramener un peu de calme en mettant fin à la guerre dans la bande de Gaza en octobre dernier.

Avec le soutien d’Israël, les frappes ont tué plusieurs figures importantes du pouvoir iranien, dont l’ayatollah Ali Khamenei. Son prédécesseur comme lui-même ont plongé cette fausse république dans des ténèbres obscurantistes, gouvernant par la peur et la répression. Depuis la fin du mois de décembre, le peuple iranien avait engagé un mouvement de manifestations, le plus important depuis la révolution de 1979. Plusieurs milliers de personnes ont été tuées ou arrêtées. J’ai une pensée particulière pour Mahyar Monshipour, ancien boxeur d’origine iranienne installé à Poitiers, qui œuvre depuis de nombreuses années pour le retour de la démocratie dans son pays.

Si nous pouvons espérer que la disparition du guide suprême permettra au peuple iranien de reprendre son destin en main, les motivations de cette attaque restent floues et son issue incertaine. Quant au Liban, il se retrouve une nouvelle fois au cœur du triangle explosif Palestine–Israël–Iran. Entre les tirs du Hezbollah et l’offensive d’Israël au sud du pays, le pays se voit entrainé malgré lui dans l’embrasement régional.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie, les incertitudes entourant la volonté de Donald Trump de contribuer à la sécurité du continent européen, ses déclarations sur une éventuelle prise de contrôle du Groenland ou encore le déclenchement de ce nouveau conflit au Moyen-Orient rappellent combien l’Europe doit s’affirmer.

La France est le seul pays de l’Union européenne à disposer de l’arme de dissuasion nucléaire. L’ouverture à huit pays européens de nos exercices nucléaires, ainsi que le déploiement temporaire de chasseurs français, permettront de renforcer la contribution de la France à la défense de l’Europe, sans pour autant céder sur la définition nationale de nos intérêts vitaux.

Enfin, le risque de répercussions sur notre territoire demeure réel. J’adresse à ce titre mon soutien total aux forces de l’ordre et aux services de renseignement mobilisés pour la sécurité de nos concitoyens. D’autres inquiétudes demeurent également : l’afflux possible de réfugiés, l’évacuation de milliers de ressortissants présents au Moyen-Orient ou encore une hausse durable des prix des hydrocarbures, qui pèserait lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes.

La France et l’Europe ne doivent pas se laisser entraîner dans cette escalade, et ce, malgré les attaques de drones iraniens visant notamment Chypre. La France doit avant tout poursuivre son engagement en faveur de la paix, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de la sécurité de ses ressortissants ainsi que de la préservation de ses intérêts vitaux, notamment alimentaires et énergétiques.

C’est dit !



#448 – Salon de l’Agriculture : Venir, c’est soutenir !

Pour la 62ᵉ fois, le Salon de l’Agriculture a ouvert ses portes à Paris. Une édition particulièrement marquée par l’absence de bovins, afin d’éviter la propagation de la dermatose nodulaire. Cette absence a également entraîné une baisse de la fréquentation des visiteurs.

La filière ovine, au Salon de l’Agriculture comme en Poitou-Charentes, a toutefois su tirer son épingle du jeu grâce à une production bien valorisée. Les éleveurs poitevins étaient bien représentés autour du stand Label Rouge Diamandin et de l’IGP (Indication Géographique Protégée) Agneau Poitou-Charentes. Cette filière et ses éleveurs de qualité se sont distingués par leurs animaux, récompensés par de nombreux prix.

Pour les producteurs présents, cette édition laisse néanmoins un goût amer. Au-delà de la baisse de fréquentation liée à l’absence de bovins et à une météo exceptionnelle dans certains départements, les travaux du Parc des Expositions ont relégué les stands régionaux au fond du site, dans le hall 7. Clément Leroy, apiculteur poitevin, François Guillon, brasseur à Montmorillon, Isabelle Martin, dirigeante des Tourteaux Jahan, ainsi que plusieurs producteurs de fromages de chèvre présents sur le stand de la Route des Fromages de Chèvre de Nouvelle-Aquitaine, n’étaient que quatre producteurs, alors que certains départements disposent de vastes espaces d’exposition.

Entre 2017 et 2020, le département bénéficiait d’un stand, avec la marque Poitou, lancée sous mon mandat de président au Conseil départemental, en collaboration avec Gilbert Favreau, président des Deux-Sèvres. L’ambition était de faire connaître les entreprises du territoire et de mieux valoriser les circuits courts.

Aujourd’hui, nous devons soutenir nos spécificités culinaires et nos producteurs. Il est essentiel de leur offrir davantage de visibilité, notamment dans nos lieux touristiques emblématiques comme le Futuroscope, l’Arena ou encore la Vallée des Singes. Développer la commercialisation de nos produits dans ces sites permettrait de renforcer leur notoriété et de leur permettre d’obtenir une reconnaissance nationale.

Faire vivre les circuits courts, c’est faire grandir les territoires.

C’est dit !