#473 – Le bugdet de la France en débat

Ce mardi, l’examen des textes budgétaires a débuté à l’Assemblée nationale. Ces discussions constituent un préalable à l’adoption du budget de la France.

Adopter un budget avant le 31 décembre est un impératif pour assurer le bon fonctionnement de notre pays. À défaut, le recours à une loi spéciale, comme lors des deux dernières années, permettrait certes d’assurer la continuité de l’action publique, mais au prix de nouvelles contraintes pour nos finances publiques. Ce dispositif contribue à fragiliser davantage nos comptes publics et entraîne le blocage de nombreux investissements et recrutements, notamment en raison du gel de certaines subventions et de la suspension de plusieurs dépenses.

Les chiffres témoignent de l’ampleur du défi : entre 2019 et 2026, le déficit de l’État sera passé de 73 à 153 milliards d’euros. Cette trajectoire ne peut plus durer.

Dans un contexte de préparation des élections présidentielles, la tentation est grande pour certains partis de refuser le débat et de rejeter en bloc toute proposition budgétaire, dans l’espoir d’apparaître comme les meilleurs opposants à la politique du gouvernement actuel. Pourtant, le refus du dialogue et le blocage du processus démocratique ne feront pas diminuer notre dette. Les enjeux budgétaires exigent du sérieux, du sens des responsabilités et la capacité de dépasser les postures partisanes pour défendre l’intérêt général.

Au Sénat, nous avons engagé les travaux préparatoires à l’examen du budget en commission. Dans ce cadre, j’ai auditionné le directeur général de la Gendarmerie nationale et le directeur général de la Police nationale afin de préparer mon rapport sur la mission budgétaire « Sécurités ».

Ce budget représente 27 milliards d’euros pour notre sécurité intérieure. À cette occasion, j’ai réaffirmé mon soutien total à l’ensemble de nos forces de sécurité, qui assurent chaque jour la protection de nos concitoyens et font face à des exigences toujours plus importantes.

Je présenterai ce rapport le 4 novembre en commission des finances, avant sa présentation en séance publique au début du mois de décembre.

C’est dit !



#472 – Le malaise de l’école républicaine

Les manifestations et contestations qui s’expriment aujourd’hui dans nos collèges et nos lycées témoignent d’un profond mal-être chez nos jeunes. Celui-ci trouve notamment son origine dans les conséquences de la crise du Covid-19, qui a fragilisé les liens sociaux, isolé de nombreux jeunes et profondément modifié leur rapport à l’école et au travail.

Ce malaise est également nourri par une réforme du baccalauréat dont la mise en œuvre a été mal maîtrisée et les difficultés d’orientations liées à Parcoursup. À cela s’ajoute, le désengagement progressif de l’État dans nos établissements scolaires. Les conséquences sont visibles dès l’école primaire, avec les fermetures de classes, mais aussi à travers la dégradation des conditions d’accueil, l’insalubrité et les passoires thermiques de certains établissements, sans oublier le manque de professeurs.

Néanmoins, si les revendications de nos adolescents méritent d’être entendues et prises en compte, nous devons rester vigilants face à ceux qui chercheraient à instrumentaliser leur colère à des fins politiques. Les images de violence observées ces derniers jours sont préoccupantes et ne sont pas tolérables. Je condamne les actions de ceux qui profitent des manifestations pour commettre des dégradations ou s’en prendre aux forces de sécurité, aux enseignants et aux personnels des établissements. La contestation doit pouvoir s’exprimer, sans que les débordements ne viennent occulter les revendications exprimées.

La violence n’est jamais la réponse adaptée à une crise. Elle ne fait qu’éloigner les solutions et fragilise la recherche de dialogue. Dans notre République, les réponses durables se font par l’écoute, le débat et le consensus.

Les lois Ferry de 1881-1882 ont posé les fondements de l’école républicaine en instaurant une instruction publique, gratuite, obligatoire et laïque. Derrière celles-ci, il y avait l’ambition de faire de l’école un pilier de l’unité de la République française, un levier de démocratisation et un instrument d’émancipation.

Aujourd’hui, l’État a la responsabilité de poursuivre cet héritage en garantissant un enseignement et une formation de qualité, dans des établissements dignes, sûrs et adaptés aux besoins de tous. Au-delà de la transmission de savoir, l’école doit continuer à permettre à chaque jeune de construire son avenir, de trouver sa place dans la société et de bénéficier de l’égalité des chances.

C’est dans cet esprit de soutien à l’investissement des outils de l’éducation qu’un plan collèges a été décidé entre 2015 et 2020, avec notamment la rénovation des collèges Henri IV de Poitiers et Descartes de Châtellerault, ainsi que la construction des collèges de Vouneuil-sous-Biard et de Mirebeau.

Investir dans nos établissements scolaires, c’est investir dans l’avenir.

C’est dit !



#471 – MERCI !

Ce dimanche 27 septembre, la campagne sénatoriale, qui avait débuté à la mi-août, s’est achevée. Je tiens à remercier les grands électeurs qui m’ont renouvelé leur confiance à plus de 62 %, soit 731 voix sur 1 202 grands électeurs. Je remercie également tous ceux qui m’ont apporté leur soutien durant ce scrutin.

Cette campagne, placée sous le signe de « La Vienne à cœur », prend aujourd’hui tout son sens : elle confirme ma détermination à continuer le travail entrepris au service de notre département, de ses communes et de leurs habitants. Avec Marie-Renée Desroses, qui poursuit à mes côtés son rôle de sénatrice suppléante, et que je remercie pour son implication, nous continuerons à porter cet engagement.

Au Sénat comme sur le terrain, je resterai fidèle à ce qui guide mon action depuis toujours : la disponibilité, l’écoute et la proximité. Être sénateur, c’est être aux côtés des élus locaux, connaître leurs réalités, leurs difficultés comme leurs projets, et pouvoir être présent lorsqu’ils ont besoin d’un conseil, d’un relais ou simplement d’un échange.

Je tiens donc à vous assurer de ma pleine disponibilité. Je serai toujours ravi de répondre à vos sollicitations, de participer à vos cérémonies de vœux, vos conseils municipaux, vos cérémonies ou encore vos inaugurations.

Cette proximité est, à mes yeux, une valeur essentielle du mandat de sénateur.

Je vous remercie, encore une fois, pour votre participation et votre contribution à ce scrutin, ainsi que pour votre engagement au service de la Vienne, et espère vous revoir prochainement sur les routes poitevines.

C’est dit !



#470 – La guerre des feux

Ce que nous vivons depuis le début de l’été, et notamment les quatre périodes de canicule inédites en moins de deux mois, est l’expression d’un mouvement qui ne cessera de s’amplifier, tant par son intensité que par sa fréquence, en raison du bouleversement climatique, aujourd’hui aussi incontestable qu’il semble irréversible, si nous n’inversons pas de nombreux indicateurs de l’activité humaine. 

Ma génération a été marquée, en 1970, par un fait qui semblait alors exceptionnel : l’incendie de Tanneron, dans le Var, dont le massif avait été entièrement ravagé en trois jours, causant notamment la mort de toute la famille de l’écrivain Martin Gray. 

Depuis, ces phénomènes, et notamment les mégafeux, sont devenus des faits d’actualité annuels. 

De plus, ils ne se limitent plus au pourtour méditerranéen. Année après année, des territoires de plus en plus au nord deviennent des zones de désolation, de sinistres économiques, de dévastation des secteurs habités et, plus dramatique encore, de la mort de nombreuses personnes. 

Je tiens à rendre, une nouvelle fois, hommage aux pompiers qui ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions, à Mérignac, en Savoie et dans les Bouches-du-Rhône. Je salue également l’engagement des 76 sapeurs pompiers de la Vienne qui sont partis aider nos voisins girondins depuis trois semaines ainsi que la mise à disposition de cinq agents du département pour le SDIS.

Nos forêts sont des atouts naturels, économiques et touristiques. Ce sont des puits de carbone indispensables pour atténuer le réchauffement climatique, qui impactera de plein fouet la prochaine génération. 

Le département de la Vienne compte 130 000 hectares boisés. Cela représente 18 % du territoire départemental. Le risque incendie est bien présent. Nous devons nous y préparer. Ce nouveau combat ne pourra être gagné sans les maires. Un état des lieux est indispensable avant l’été 2027. 

Il passera par la prévention, de nouvelles formations, de nouveaux moyens, l’utilisation des nouvelles technologies numériques, le recours aux drones et avions militaires, la sensibilisation des riverains et le travail en commun de tous les services (État, SDIS, ONF, forces de sécurité, Centre National de la Propriété Forestière…) aux côtés des élus. 

Je proposerai, à la rentrée, la création de l’Association des communes forestières de la Vienne afin de construire ce partenariat et d’engager ce combat. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Il faut être prêt.

Ensemble, les maires seront, une fois encore, les artisans d’une lutte pour que nos forêts aient un avenir et concourent au nôtre, afin que cesse cette guerre des feux.

C’est dit !



#469 – Les maires attaqués, la République visée

Les maires représentent la République du premier kilomètre. Lorsqu’ils sont pris pour cible, c’est la République elle-même qui est attaquée.

Cette semaine, deux d’entre eux ont été victimes d’agressions et de menaces particulièrement graves.  Dans le département de la Vienne, à Beuxes, Thomas Boulay, élu maire en mars dernier, a été violemment agressé, verbalement puis physiquement, au sein même de sa mairie. Cette agression s’inscrit dans un contexte de fortes tensions, dans cette commune d’un peu plus de 500 habitants. Nos communes rurales, longtemps préservées, sont désormais elles aussi confrontées à une montée des phénomènes de délinquance et d’insécurité.

Depuis 2023, en tant que rapporteur spécial de la mission « Sécurités », j’ai veillé à augmenter les moyens de nos forces de sécurités. Entre 2023 et 2026, le budget de la gendarmerie a ainsi été augmenté de 1,2 milliard d’euros, tandis que celui de la police nationale a progressé de 1,5 milliard d’euros. Face à l’évolution des menaces, nous devons donner à celles et ceux qui nous protègent les moyens d’agir. 

À l’autre bout de la France, à Alès, le maire Christophe Rivenq a été exfiltré de son domicile par le RAID après avoir reçu des menaces de mort émanant de la DZ Mafia.

Ces dernières années, le Sénat a travaillé pour apporter une réponse spécifique aux cas d’élus agressés ou menacés. Plusieurs textes ont été adoptés afin de mieux les protéger, notamment la loi renforçant la sécurité et la protection des maires et des élus locaux en 2024, puis la loi relative au statut de l’élu, votée en fin d’année dernière. Ces dispositifs permettent notamment la généralisation du bouton d’appel d’urgence, la désignation d’un interlocuteur privilégié dans les commissariats et brigades de gendarmerie, un accompagnement psychologique ainsi que l’octroi automatique de la protection fonctionnelle.

Je veux exprimer tout mon soutien à Thomas Boulay, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble du conseil municipal. Je salue également la mobilisation de l’Etat : l’appel de l’assistante du Président, le message de soutien de Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, ainsi que le déplacement du Préfet sur place.

Je souhaite également avoir une pensée pour les deux sapeurs-pompiers de Gironde qui sont tragiquement décédés alors qu’ils luttaient contre les incendies près de Bordeaux. Leur disparition nous rappelle les risques que les femmes et les hommes du feu prennent chaque jour pour nous protéger, dans les conditions extrêmes de cet été caniculaire et particulièrement sec. L’enquête devra déterminer les circonstances de ce drame, mais rappelons que près de 90% des feux de forêt sont d’origine humaine. La vigilance de chacun est plus que nécessaire pour éviter tout embrassement.

Je remercie l’ensemble des sapeurs-pompiers, et tout particulièrement ceux du SDIS86, pour leur engagement durant cette période.

Protéger celles et ceux qui servent notre pays est un devoir. Nos sapeurs-pompiers ne devraient jamais perdre la vie en accomplissant leur mission. Nos élus ne devraient jamais être menacés ou agressés.

S’en prendre à un maire, c’est s’en prendre à la République elle-même.

Ne jamais accepter. Ne jamais laisser faire. Ne jamais tolérer !

C’est dit !



#468 – L’engagement contre le feu et pour nos libertés

Les épisodes caniculaires de ces dernières semaines ont provoqué plusieurs feux de forêt à travers notre pays. Ce sont plus de 32 000 hectares qui ont brûlé depuis le début de l’été.

Si les communes du Sud de la France sont malheureusement habituées à ces épisodes, ils touchent désormais d’autres territoires jusqu’ici plutôt épargnés. L’Ile de France a notamment été confrontée à un important incendie dans la forêt de Fontainebleau et notre département n’a pas été épargné.

Après le feu à Lathus-Saint-Rémy il y a quelques semaines, plusieurs départs de feu ont été recensés ces derniers jours à Ayron, Dangé Saint-Romain, Saint-Pierre-de-Maillé, Boivre-la-Vallée ou encore Jazeneuil. Ce dimanche 12 juillet 2026, les sapeurs-pompiers de la Vienne ont été mobilisés à cinq reprises, en moins de deux heures, sur des feux de forêt et de culture. Des parcelles agricoles sont parties en fumée, fragilisant un peu plus les agriculteurs.

Face à cette situation, la mobilisation des sapeurs-pompiers est exemplaire. Dans la Vienne, le Service Départementale d’Incendie et de Secours de la Vienne (SDIS), repose à 86% sur l’engagement des volontaires. Je tiens à leur rendre hommage pour leur courage, leur professionnalisme et leur disponibilité. Je salue également les agriculteurs qui, avec leurs matériels, sont venus en appui des secours afin de limiter la propagation des flammes.

Je remercie Benoît Coquelet, président du SDIS de la Vienne, pour sa vigilance et son engagement constant, ainsi que le général Marc Horeau, directeur du SDIS, que je félicite pour sa nomination au grade de chevalier de la Légion d’honneur. J’adresse également mes remerciements aux gendarmes, mobilisés pour veiller, prévenir, secourir et interpeller.

Rappelons que plus de 90 % des incendies sont d’origine humaine. En cette période de fortes chaleurs, chacun d’entre nous doit faire preuve de responsabilité et de prudence afin de préserver nos forêts, nos cultures et notre patrimoine naturel.

Cet engagement au service des Français est aussi celui de nos militaires, qui veillent quotidiennement sur notre sécurité, sur le territoire national comme à l’extérieur de nos frontières. Ils défendent nos compatriotes, nos intérêts et les valeurs de la République.

Comme chaque année, leur dévouement a été honoré lors des cérémonies et du défilé du 14 juillet. À travers eux, c’est l’ensemble de celles et ceux qui choisissent de servir la France qui mérite notre reconnaissance.

Leur engagement nous protège, ici comme ailleurs.

C’est dit !



#467 – Les transitions à venir dans le nouveau mandat municipal 

Cette semaine, j’ai eu le plaisir de participer à l’Assemblée générale de l’Association des maires de la Vienne. Dans ce nouveau mandat, nous sommes confrontés à cinq grandes transitions :

– La première est la transition climatique. Ses effets sont déjà visibles, comme en témoignent les épisodes caniculaires que nous connaissons depuis le mois de mai.

– La deuxième est la transition démographique. Liée à la baisse des naissances et au vieillissement de la population, elle imposera de repenser l’aménagement de nos territoires. Sur ce point, la ruralité ne doit pas être sacrifiée et doit pouvoir continuer à attirer de nouvelles familles grâce au maintien des services essentiels (écoles, commerces de proximité, etc.).

– La troisième est la transition numérique et notamment l’usage de l’intelligence artificielle. Elle accélère nos modes de vie et transformera nos politiques publiques. Elle ne doit toutefois pas conduire à un recul de la présence des services publics de proximité, notamment des agences postales, sur nos territoires.

– La quatrième est la transition sociétale. Sous l’effet des réseaux sociaux, qui modifient les comportements individuels, mais aussi de l’évolution des structures familiales, notre manière de faire société évolue.

– Enfin, la cinquième est la transition économique et financière. Elle nous oblige à maîtriser la dépense publique tout en relançant l’investissement, véritable moteur de notre économie.

Face à ces cinq transitions, la question du logement constitue un fil conducteur. Il faut des logements mieux adaptés, d’une part aux conséquences du changement climatique, et, d’autre part, au maintien à domicile des personnes âgées. L’évolution des structures familiales impose également de repenser les besoins en logement, avec des surfaces et des typologies plus adaptées, dans un contexte où nous devons également limiter l’artificialisation des sols. Enfin, les investissements immobiliers doivent être relancés, aussi bien dans le secteur privé que public, afin de garantir des conditions de vie décentes et de soutenir l’activité du bâtiment, qui fait vivre nos territoires.

Sur ce sujet, le Sénat a examiné, cette semaine, le projet de loi visant à favoriser la relance et la décentralisation de la politique du logement. Ce texte vise à faciliter et accélérer la construction de nouveaux logements, à soutenir la rénovation énergétique ainsi que les travaux d’adaptation aux vagues de chaleur. Il prévoit également des mesures de décentralisation, notamment le renforcement du rôle des maires dans l’attribution des logements sociaux, la consolidation du statut de l’autorité organisatrice de l’habitat et le transfert de la responsabilité du droit au logement opposable aux collectivités.

Une avancée importante pour donner aux élus locaux les leviers nécessaires afin de construire, ensemble, le logement de demain.

C’est dit !



#465 – Simplification normative : faire confiance aux élus locaux

Cette semaine, le Sénat a examiné le projet de loi portant simplification des normes applicables aux collectivités territoriales. Aujourd’hui, les élus locaux sont confrontés à un empilement de normes. L’augmentation continue du nombre de règles applicables aux collectivités, conjuguée à une complexification croissante de ces dernières, pèse lourdement sur l’action publique locale.

Les conséquences sont multiples :

– La première est financière : la production normative représente un coût estimé à 14 milliards d’euros pour nos collectivités, soit davantage que le budget de la Justice prévu pour 2026.
– Elle nuit également à l’efficacité de l’action publique locale, en ralentissant les projets et en multipliant les contraintes administratives.
– Enfin, cette inflation normative entrave la capacité des élus à répondre aux attentes des citoyens. Pourtant, les maires et les élus locaux demeurent les responsables politiques préférés des Français, parce qu’ils connaissent les réalités du terrain, sont au plus près des habitants et se trouvent en première ligne lors des situations exceptionnelles, qu’il s’agisse des canicules, des inondations ou encore de la crise sanitaire liée au Covid-19.

D’ambition mesurée, le texte propose un ensemble de mesures destinées à faciliter le fonctionnement des collectivités territoriales, à simplifier la gestion des ressources humaines et à adapter les règles applicables à certains services publics locaux.

Lors de l’examen, le Sénat a enrichi le texte notamment en ouvrant la possibilité, pour certaines communes, de transférer la compétence en matière de plan local d’urbanisme (PLU) à l’intercommunalité, ou encore en intégrant plusieurs dispositions issues de la proposition de loi TRACE visant à assouplir la mise en œuvre du Zéro artificialisation nette (ZAN). Ces avancées rendent ce texte plus concret et plus utile pour le quotidien de nos communes, de nos collectivités et de leurs élus.

Ce texte ne constitue qu’une étape. Le véritable enjeu est de mettre un terme à l’inflation normative qui pèse sur nos collectivités. Nos élus ont besoin de stabilité, de lisibilité et de souplesse pour agir efficacement. La simplification doit désormais s’inscrire dans la durée et devenir une exigence constante de l’action publique.

Simplifier, c’est donner aux élus locaux un signal fort d’encouragement. Ils attendent plus d’entrain que de frein !

C’est dit !



#464 – Canicule : s’adapter au dérèglement climatique

Quelques semaines après une première canicule, notre pays connaît à nouveau un épisode de fortes chaleurs exceptionnel. Cette séquence historique pourrait dépasser, tant par sa durée que par son intensité, la canicule européenne d’août 2003, encore présente dans toutes les mémoires.

Les collectivités territoriales et les préfets sont, comme toujours, en première ligne. Ils doivent gérer les derniers jours de l’année scolaire, l’organisation des épreuves du baccalauréat, l’accompagnement des personnes vulnérables, ainsi que l’adaptation des dispositifs de sécurité et de secours à l’occasion des nombreuses manifestations sportives, culturelles et festives organisées sur l’ensemble du territoire.

Les agriculteurs seront parmi les premières victimes du dérèglement climatique. Il est grand temps d’étudier et de mettre en œuvre des solutions permettant d’anticiper et d’intégrer les effets du changement climatique. Les fortes chaleurs ont déjà des conséquences importantes sur les productions agricoles, notamment celles du maïs et du tournesol. Les rendements céréaliers pourraient être affectés par la diminution de la taille des grains. Dans ce contexte, il est indispensable de faciliter le stockage de l’eau afin de sécuriser durablement l’accès à cette ressource essentielle. Je tiens à saluer l’action du préfet Charles Giusti, qui a poursuivi et amplifié le travail engagé par ses deux prédécesseurs dans ce domaine.

Au Sénat, l’examen du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a débuté cette semaine en commission. Le Gouvernement avait initialement annoncé un texte recentré autour du triptyque « eau, prédation et moyens de production ». Toutefois, l’Assemblée nationale y a apporté de profondes modifications. Le Sénat s’est attaché à revenir à l’esprit initial du projet de loi en proposant des mesures concrètes destinées à soutenir les agriculteurs et à renforcer notre souveraineté agricole.

La France souffre aujourd’hui d’un déficit de stockage de l’eau, malgré une pluviométrie plus favorable que celle de nombreux pays voisins. Elle ne stocke actuellement que 4,7 % de ses flux annuels d’eau. Afin de remédier à cette situation, le Sénat a adopté plusieurs dispositions visant à simplifier la réglementation applicable au stockage de l’eau, à mieux prendre en compte les besoins actuels et futurs des irrigants, à faciliter l’identification des possibilités de curage, d’extension ou de création d’ouvrages de stockage, ainsi qu’à développer la réutilisation des eaux usées traitées.

En visite dans le département jeudi, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, a visité un poulailler à Mondion et échangé avec les représentants des syndicats agricoles. Ceux-ci ont alerté la ministre sur les défis liés à l’adaptation au changement climatique, la faiblesse des revenus agricoles et les difficultés croissantes rencontrées par les exploitants pour obtenir des financements bancaires indispensables à leurs investissements.

Je profite de cette occasion pour exprimer, de nouveau, mon total soutien à tous les agriculteurs, producteurs, éleveurs et viticulteurs qui rendent nos paysages si agréables et sans lesquels nous ne pourrions manger ! 

C’est dit !



#463 – Les 90 ans des congés payés : l’invention d’un nouveau modèle de développement

Il y a 90 ans, le 20 juin 1936, les Français découvraient pour la première fois les congés payés. Quinze jours à l’origine, qui ont été augmentés progressivement par les différents gouvernements jusqu’aux cinq semaines dont nous bénéficions aujourd’hui. Cette avancée sociale a permis à des millions de Français de découvrir les joies des vacances. Cette révolution a aussi inventé une économie entière : celle du tourisme, des loisirs et des territoires qui allaient apprendre à vivre, et à prospérer, grâce à l’accueil des visiteurs.

L’impact sur les collectivités a été colossal. Progressivement, chacune a compris que le tourisme pouvait devenir un levier de développement à part entière, qu’il soit balnéaire, montagnard, vert, patrimonial ou culturel. Infrastructures, emplois locaux, commerces, la dépense des vacanciers irrigue l’économie des territoires. 

Dans la Vienne, René Monory, alors président du Conseil général, a parié sur l’avenir en créant le Futuroscope à Poitiers. Symbole de la mutation du département, le parc a accueilli plus de 64 millions de visiteurs depuis son ouverture en 1987 et n’a cessé de se développer, notamment sous mon mandat de président du Conseil départemental avec la création de l’Aquascope et de l’Arena. La locomotive touristique du département affiche une progression à deux chiffres de sa fréquentation. 

Aujourd’hui, c’est le premier site touristique de la Région Nouvelle-Aquitaine et l’un des sites majeurs du tourisme français. D’autres projets ont vu le jour et ont également contribué à faire de la Vienne un département touristique, notamment pour le tourisme nature et vert, avec en particulier l’implantation de Center Parcs, qui a fêté ses 10 ans l’année dernière.

Aujourd’hui encore, cette dynamique ne faiblit pas. Vendredi, l’inauguration des travaux de mise aux normes des installations d’assainissement du Village Vacances Familles (VVF) de La Bussière s’est inscrite dans cette tradition d’investissement territorial au service de l’accueil touristique.

Lorsque Terra Aventura, l’application de chasse aux trésors qui fait découvrir le patrimoine de la Nouvelle-Aquitaine, installe l’un de ses parcours au château de Monts sur Guesnes – Historial du Poitou et y attire des milliers de visiteurs en une seule saison, c’est toute une filière locale qui en bénéficie. Face au succès de l’opération, une deuxième saison sera lancée le 4 juillet et un nouveau parcours sera inauguré sur la commune des Ormes le 20 juin.

90 ans après les premiers congés payés, le message reste le même : donner du temps aux gens, c’est aussi donner de la vie à nos territoires.

C’est dit !