#453 – NON aux déserts scolaires ! OUI à la différenciation territoriale ! 

Après les déserts médicaux, les déserts pharmaceutiques, voici que s’installent les déserts scolaires. Le même phénomène ne peut se répéter, avec à la fin, toujours les mêmes territoires qui ressentent ce sentiment d’abandon de la puissance publique.

La semaine dernière, à Châtellerault, en présence d’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, les enseignants ont témoigné des lacunes de leurs élèves de troisième, dont certains subissent en plus des situations familiales et sociales compliquées. Ce déplacement était l’occasion pour le Ministre d’annoncer le dispositif « Collèges en progrès ».

Mais la solution est à chercher ailleurs. Nous n’aurions pas besoin de « collèges en progrès » si nous avions des « écoles sans regrets ». Ce sont les fermetures successives de classes dans nos villages qui fragilisent le parcours scolaire dès le plus jeune âge, bien avant le collège.

Ce mercredi, j’ai, de nouveau, interpellé le ministre de l’Éducation nationale lors de la séance de questions d’actualités au Gouvernement, car au-delà des annonces et des dispositifs, il y a une réalité : celle de la ruralité, où fermer une école, c’est accélérer le déclin d’un territoire entier. Les communes rurales ne peuvent être traitées comme les communes urbaines.

Sans nier la baisse démographique, la carte scolaire ne doit pas répondre qu’à une question de nombre d’élèves mais s’adapter aux réalités du terrain et se différencier, territoires par territoires. Une école dans un village, c’est moins de temps dans les cars scolaires, moins d’épuisement des enfants, avant même qu’ils n’ouvrent un livre et par conséquent, c’est de meilleures capacités d’apprentissage.  Une école dans un village, c’est également la promesse de nouveaux habitants qui feront vivre la ruralité, les commerces, les entreprises et les associations locales.

Moins de deux semaines après la prise de leur fonction, à la suite des élections municipales, les nouveaux maires ont appris, parfois dès les premiers jours de leur mandat, la fermeture d’une classe dans leur commune, sans concertation. Or, les élus ont besoin de temps pour s’adapter et préparer les futures rentrées scolaires.  

La carte scolaire ne peut être un outil appliqué uniformément sans tenir compte de la géographie, des distances et des densités de population. Il est temps qu’elle intègre enfin ce que vivent les enfants de nos territoires, avant même qu’ils franchissent la porte de leur école.

C’est dit !



#452 – La reconnaissance de l’engagement local 

Le second tour des élections municipales dans la Vienne confirme les bons résultats obtenus par les conseillers départementaux. Jérôme Neveux à Jaunay-Marigny, Valérie Chebassier à Saint-Martin-la-Pallu, Gérard Pérochon à Senillé-Saint-Sauveur, Henri Colin à Lencloître, Lydie Noirault à Joussé, Jean-Olivier Geoffroy à Champniers, François Bock à Gençay, Pascale Guittet à Pouillé, Benoît Prinçay à Chouppes, Sévérine Saint-Pé à Neuville-de-Poitou et Gilbert Beaujaneau à Nieuil-l’Espoir ont été élus dès le premier tour. Je tiens à adresser tout particulièrement mes félicitations à ma suppléante au Sénat, Marie-Renée Desroses, également réélue à Civaux dimanche dernier. Ils ont été rejoints dimanche soir par Rose-Marie Bertaud à Vivonne, Anne-Florence Bourat à Châtellerault et Anthony Brottier à Poitiers.

Pour ce dernier, la victoire à Poitiers s’explique par le travail mené depuis de nombreux mois avec son équipe, mais aussi par le rejet de l’alliance de la maire sortante avec le candidat de La France insoumise. À Châtellerault, la victoire d’Anne-Florence Bourat récompense une élue engagée depuis 18 ans pour sa ville et dotée d’une grande connaissance du territoire. Le courage du rassemblement qu’elle a su initier après le premier tour, avec David Simon, a consolidé son résultat et empêché la victoire du Rassemblement national dans la deuxième ville du département. Je tiens à saluer sa capacité de travail et son empathie, que j’ai pu apprécier en travaillant avec elle au Conseil départemental depuis 2015, ainsi qu’en tant que suppléant lors des législatives de 2017. Je félicite également Thomas Baudin et Manuel Costa Nobre pour leurs résultats.

De manière générale, dans le département, on observe une stabilité du monde rural, avec une reconnaissance, à juste titre, du travail accompli par les élus sortants.

À l’échelle nationale, les électeurs ont rejeté les alliances avec La France insoumise et sanctionné la gestion des municipalités écologistes sortantes. Le Rassemblement national progresse, mais cette progression reste contenue et inférieure à ses scores aux élections nationales. Le parti enregistre des défaites marquantes, notamment à Marseille et Toulon, tout en remportant quelques villes moyennes où un sentiment d’abandon s’est exprimé.

Le bloc central enregistre, quant à lui, plusieurs belles victoires, notamment avec Thomas Cazenave à Bordeaux, mais aussi à Clermont-Ferrand et à Annecy. Il conserve également des villes stratégiques, comme Édouard Philippe au Havre et Jean-Luc Moudenc à Toulouse. 

Désormais, les enjeux se concentrent sur le « troisième tour des municipales », avec l’élection des intercommunalités. Bien qu’il s’agisse de l’échelon territorial le moins connu de nos concitoyens, celui-ci revêt une importance particulière en raison des compétences décisives exercées par les élus communautaires.

Cette coopération entre les communes permet en effet de gérer en commun des équipements et des services publics (ramassage des ordures ménagères, assainissement, transports urbains…) et d’élaborer des projets de développement économique, d’aménagement et d’urbanisme à l’échelle d’un territoire plus vaste que celui de la commune.

C’est dit !



#451 – Des élections municipales toujours distinctes des dynamiques nationales

Les élections de dimanche dernier ont permis d’élire 256 équipes municipales sur 265 communes. 91 % des maires sortants ont été reconduits, témoignant de l’attachement des habitants à leur conseil municipal et à leur maire. Le département enregistre par ailleurs un taux de participation légèrement supérieur à la moyenne nationale, alors même que l’on pouvait anticiper une mobilisation plus faible, notamment en raison de la fin du panachage dans les communes de moins de 1 000 habitants et de la présence d’une liste unique dans près de 70 % des communes poitevines.

Dans la Vienne, une spécificité demeure : l’engagement local prime. Les enjeux de territoire, les parcours des élus et les personnalités comptent davantage que les étiquettes politiques. Ici, on est élu avant tout sur son profil et son action au service du territoire.

Dans neuf communes, la composition des équipes municipales reste incertaine à l’issue de ce premier tour. Le second tour constituera une nouvelle élection, où les cartes seront rebattues.

Au niveau national, certains partis extrêmes se sont félicités de leurs résultats, notamment à Poitiers et à Châtellerault. Les médias ont souvent parlé de victoire ou de percée. Ces résultats doivent cependant être analysés avec prudence. En réalité, leurs scores sont inférieurs aux attentes et en recul par rapport aux dernières échéances nationales. Dans les dix principales villes françaises, les scores de LFI et du RN sont inférieurs de 4 à 5 points à ceux enregistrés lors des européennes de 2024.

Les véritables vainqueurs de ces municipales restent les partis de gouvernement : 5,3 % des suffrages pour l’extrême droite, 3 % pour l’extrême gauche, contre environ 20 % chacun pour la droite et la gauche républicaines. Les élections municipales demeurent ainsi des scrutins à part, distincts des logiques nationales.

Ces résultats rendent difficiles à comprendre certaines alliances locales entre le PS, les Verts et LFI, en particulier dans des villes où aucun risque particulier ne les justifie. Dans les communes concernées, LFI tend à imposer son récit : en cas de victoire, elle en revendique le succès ; en cas de défaite, la responsabilité est renvoyée à l’absence d’alliance. Une logique qui place certains élus de gauche face à une responsabilité lourde.

À l’issue du second tour dimanche, s’ouvrira la campagne présidentielle. La semaine dernière, avec plusieurs collègues sénateurs membres du club du Hibou, j’ai publié une tribune appelant à un sursaut des républicains, des sociaux-démocrates et de tous ceux qui refusent toute alliance avec LFI comme avec le RN, afin de faire émerger une candidature unique du socle commun, fondée sur une ligne claire de rassemblement et de responsabilité.

C’est dit !



#450 – Allons voter ce dimanche 15 mars !

Dimanche aura lieu le premier tour des élections municipales. Dans les 34 875 communes françaises, les citoyens sont appelés aux urnes pour choisir l’équipe et le projet qui mettront en œuvre le premier levier de l’action publique : celui de la commune.

Parce que les bilans des maires se mesurent directement dans la vie quotidienne des citoyens, ils demeurent les personnalités politiques préférées des Français. Les urnes le confirment : lorsque les maires se représentent, ils sont réélus dans 86 % des cas, comme lors du précédent scrutin de mars 2020. Si chaque élection permet de régénérer la démocratie, l’élection municipale fait battre le cœur de nos villages et fait vivre notre ruralité.

Si les maires restent appréciés des citoyens, ils subissent paradoxalement de plus en plus de violences dans l’exercice de leurs fonctions. Le prochain mandat sera plus protecteur grâce à l’adoption de la loi portant création d’un statut de l’élu, votée en décembre à l’issue d’un vaste travail sénatorial engagé dès 2023.

Dans les communes de moins de 1 000 habitants, l’élection se déroulera pour la première fois au scrutin de liste paritaire. Contrairement aux craintes exprimées, chaque commune de la Vienne a pu constituer une liste et aura donc un maire le 22 mars. À l’échelle nationale, le constat est similaire : en mars, seules 68 communes ne présenteront pas de candidats aux élections municipales, contre 106 en 2020. Pour les électeurs, cela impliquera une nouvelle habitude : une équipe représentera un projet et le panachage ne sera plus autorisé. Tout ajout, suppression, rayure ou modification de l’ordre des candidats entraînera la nullité du bulletin.

Cette réforme aura également des effets positifs sur la parité. Dans la Vienne, 110 femmes seront têtes de liste, soit 30 %. Le département fait ainsi mieux que la moyenne nationale, où les femmes représentent 24,4 % des têtes de liste.

Aux candidats, je veux adresser mes félicitations pour leur engagement au service de leur commune et leur souhaiter bonne chance.

Aux citoyens, je leur dis : allez voter ce dimanche. Dans 184 communes, une seule liste est présentée et seulement 70 communes comptent deux listes. Cela signifie que, pour près de 96 % des communes de la Vienne, l’élection se jouera en un seul tour ce dimanche 15 mars.

Alors, ensemble, allons voter.

C’est dit !



#449 – L’embrassement du Moyen-Orient

Samedi dernier, le lancement de l’opération « Fureur épique » par les États-Unis en Iran est venu embraser une région déjà extrêmement fragile, alors même que Donald Trump avait réussi à ramener un peu de calme en mettant fin à la guerre dans la bande de Gaza en octobre dernier.

Avec le soutien d’Israël, les frappes ont tué plusieurs figures importantes du pouvoir iranien, dont l’ayatollah Ali Khamenei. Son prédécesseur comme lui-même ont plongé cette fausse république dans des ténèbres obscurantistes, gouvernant par la peur et la répression. Depuis la fin du mois de décembre, le peuple iranien avait engagé un mouvement de manifestations, le plus important depuis la révolution de 1979. Plusieurs milliers de personnes ont été tuées ou arrêtées. J’ai une pensée particulière pour Mahyar Monshipour, ancien boxeur d’origine iranienne installé à Poitiers, qui œuvre depuis de nombreuses années pour le retour de la démocratie dans son pays.

Si nous pouvons espérer que la disparition du guide suprême permettra au peuple iranien de reprendre son destin en main, les motivations de cette attaque restent floues et son issue incertaine. Quant au Liban, il se retrouve une nouvelle fois au cœur du triangle explosif Palestine–Israël–Iran. Entre les tirs du Hezbollah et l’offensive d’Israël au sud du pays, le pays se voit entrainé malgré lui dans l’embrasement régional.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie, les incertitudes entourant la volonté de Donald Trump de contribuer à la sécurité du continent européen, ses déclarations sur une éventuelle prise de contrôle du Groenland ou encore le déclenchement de ce nouveau conflit au Moyen-Orient rappellent combien l’Europe doit s’affirmer.

La France est le seul pays de l’Union européenne à disposer de l’arme de dissuasion nucléaire. L’ouverture à huit pays européens de nos exercices nucléaires, ainsi que le déploiement temporaire de chasseurs français, permettront de renforcer la contribution de la France à la défense de l’Europe, sans pour autant céder sur la définition nationale de nos intérêts vitaux.

Enfin, le risque de répercussions sur notre territoire demeure réel. J’adresse à ce titre mon soutien total aux forces de l’ordre et aux services de renseignement mobilisés pour la sécurité de nos concitoyens. D’autres inquiétudes demeurent également : l’afflux possible de réfugiés, l’évacuation de milliers de ressortissants présents au Moyen-Orient ou encore une hausse durable des prix des hydrocarbures, qui pèserait lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes.

La France et l’Europe ne doivent pas se laisser entraîner dans cette escalade, et ce, malgré les attaques de drones iraniens visant notamment Chypre. La France doit avant tout poursuivre son engagement en faveur de la paix, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de la sécurité de ses ressortissants ainsi que de la préservation de ses intérêts vitaux, notamment alimentaires et énergétiques.

C’est dit !



#448 – Salon de l’Agriculture : Venir, c’est soutenir !

Pour la 62ᵉ fois, le Salon de l’Agriculture a ouvert ses portes à Paris. Une édition particulièrement marquée par l’absence de bovins, afin d’éviter la propagation de la dermatose nodulaire. Cette absence a également entraîné une baisse de la fréquentation des visiteurs.

La filière ovine, au Salon de l’Agriculture comme en Poitou-Charentes, a toutefois su tirer son épingle du jeu grâce à une production bien valorisée. Les éleveurs poitevins étaient bien représentés autour du stand Label Rouge Diamandin et de l’IGP (Indication Géographique Protégée) Agneau Poitou-Charentes. Cette filière et ses éleveurs de qualité se sont distingués par leurs animaux, récompensés par de nombreux prix.

Pour les producteurs présents, cette édition laisse néanmoins un goût amer. Au-delà de la baisse de fréquentation liée à l’absence de bovins et à une météo exceptionnelle dans certains départements, les travaux du Parc des Expositions ont relégué les stands régionaux au fond du site, dans le hall 7. Clément Leroy, apiculteur poitevin, François Guillon, brasseur à Montmorillon, Isabelle Martin, dirigeante des Tourteaux Jahan, ainsi que plusieurs producteurs de fromages de chèvre présents sur le stand de la Route des Fromages de Chèvre de Nouvelle-Aquitaine, n’étaient que quatre producteurs, alors que certains départements disposent de vastes espaces d’exposition.

Entre 2017 et 2020, le département bénéficiait d’un stand, avec la marque Poitou, lancée sous mon mandat de président au Conseil départemental, en collaboration avec Gilbert Favreau, président des Deux-Sèvres. L’ambition était de faire connaître les entreprises du territoire et de mieux valoriser les circuits courts.

Aujourd’hui, nous devons soutenir nos spécificités culinaires et nos producteurs. Il est essentiel de leur offrir davantage de visibilité, notamment dans nos lieux touristiques emblématiques comme le Futuroscope, l’Arena ou encore la Vallée des Singes. Développer la commercialisation de nos produits dans ces sites permettrait de renforcer leur notoriété et de leur permettre d’obtenir une reconnaissance nationale.

Faire vivre les circuits courts, c’est faire grandir les territoires.

C’est dit !



#447 – Des événements climatiques “exceptionnels” de plus en plus fréquents

Ces derniers jours, la France a été confrontée à un épisode de crues généralisées sur une large partie du territoire, d’un caractère exceptionnel tant par sa durée que par son ampleur géographique. Si les précipitations semblent désormais se réduire, les décrues ne sont pas encore engagées partout.

Dans notre département, nos cours d’eau, notamment la Gartempe, la Vienne, la Boivre et le Clain, ont également provoqué des inondations et des dégâts dans plusieurs communes. Les élus ainsi que les services administratifs et techniques ont assuré une vigilance constante dans les secteurs les plus exposés afin qu’aucune victime ne soit à déplorer.

D’autres départements voisins, en particulier la Gironde, la Charente-Maritime et le Maine-et-Loire, ont été plus durement touchés. J’exprime ma solidarité envers leurs habitants.

Je tiens également à saluer l’engagement exemplaire des forces de secours et de sécurité, sapeurs-pompiers, gendarmes et policiers, ainsi que des services de l’État. Leur professionnalisme et leur réactivité illustrent la solidité de notre organisation territoriale et la capacité de notre pays à faire face à des événements climatiques de plus en plus fréquents et violents.

Ces intempéries ajoutent une difficulté supplémentaire pour nos agriculteurs, dont certains ne peuvent plus intervenir sur leurs parcelles à un moment pourtant crucial de la reprise de la végétation. Alors que le Salon international de l’Agriculture s’apprête à ouvrir ses portes, il est essentiel d’affirmer un soutien clair à celles et ceux qui font vivre la ruralité et qui subissent, depuis plusieurs mois, une succession de crises.

Ces épisodes posent aussi la question du financement de la prévention des inondations. Les collectivités assument aujourd’hui des responsabilités croissantes, notamment depuis le transfert de la gestion des digues. Or, ce transfert de compétences ne s’est pas accompagné de moyens financiers à la hauteur des enjeux. Il fait peser une charge importante sur les budgets locaux et met en lumière des lourdeurs administratives et réglementaires dans l’exercice de la compétence GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations)confiée aux intercommunalités.

L’aménagement du territoire sera une question centrale pour mieux appréhender les phénomènes liés au changement climatique. Il devra permettre de mieux protéger nos habitants, de renforcer la prévention et d’adapter durablement nos infrastructures. 

C’est dit !



#446 – Le secours en montagne : une efficacité reconnue, mais à quel prix ?

Ce mercredi, la commission des finances a examiné le rapport consacré au secours en montagne, dont je suis le co-rapporteur au titre de mes fonctions de rapporteur spécial de la mission « Sécurités », aux côtés de mon collègue Jean-Pierre Vogel, rapporteur spécial de la mission « Sécurité civile ».

Le secours en montagne peut être défini comme toute opération nécessitant une formation spécifique des intervenants, ainsi que la mise en œuvre de techniques et de matériels adaptés aux activités de montagne. Ce dispositif repose sur trois forces : la gendarmerie nationale, la police nationale et les sapeurs-pompiers.

Il s’agit aujourd’hui d’un secteur sous tension. Les activités de montagne connaissent une forte progression, liée à l’augmentation de la fréquentation des massifs, en hiver comme en été. Dans le même temps, les activités accidentogènes se multiplient, tandis que certains pratiquants adoptent des comportements de plus en plus imprudents ou insuffisamment préparés. En six ans, le nombre d’interventions a augmenté de plus de 18 %.

Le coût complet du dispositif est estimé à environ 110 millions d’euros par an, soit près de 10 000 euros par intervention. Mais peut-on réellement mettre un prix sur une vie humaine ? Ce coût traduit aussi l’expertise française et l’efficacité opérationnelle de nos forces de sécurité dans un environnement particulièrement exigeant.

Malheureuse coïncidence, ce même jour, un sapeur-pompier et un médecin du SAMU ont perdu la vie lors d’un exercice de treuillage. Ce dramatique événement nous rappelle que, chaque jour, les forces de sécurité et de secours risquent leur vie, même à l’entraînement. Nous leur devons la reconnaissance de la Nation, mais aussi les moyens d’assurer leur propre sécurité : équipements adaptés, formation continue renforcée et retours d’expérience systématiques après chaque accident.

Le rapport de la commission des finances formule huit recommandations. Le renforcement de la prévention et de la responsabilisation des pratiquants constituera un levier essentiel dans les années à venir. L’une de ces recommandations porte sur le renouvellement de la flotte d’hélicoptères de la gendarmerie, afin de garantir la capacité du dispositif à monter rapidement en puissance en cas de crise ou d’événement d’ampleur, notamment dans la perspective des Jeux olympiques et paralympiques des Alpes 2030. Ce sujet fera l’objet d’un rapport de contrôle spécifique au printemps.

C’est dit !



#445 – Clap de fin pour le marathon des chouquettes

Samedi dernier, le mois des vœux s’est achevé avec les dernières cérémonies à Orches, Saires et Boivre-la-Vallée.

J’ai eu grand plaisir à participer à ces 49 cérémonies tout au long du mois de janvier, à échanger avec chacun d’entre vous et à voir la France qui fonctionne à travers ses élus locaux. Ces moments de convivialité et d’écoute sont toujours précieux : ils permettent de mesurer concrètement les attentes, les réussites et les difficultés de nos territoires.

Après plus de 7 700 km parcourus sur les routes poitevines, j’ai été heureux de constater l’ampleur du travail accompli par les élus ces six dernières années, dans un contexte particulièrement difficile, marqué par le COVID, l’inflation et l’instabilité politique nationale. Malgré ces contraintes, les projets ont avancé et les communes ont continué d’investir pour améliorer le quotidien de leurs habitants.

Un mandat exigeant, qui n’a pourtant pas entamé la motivation de nombreux élus locaux, prêts à se représenter en mars. Cet engagement mérite d’être salué, car il repose bien souvent sur du temps pris sur la vie personnelle et professionnelle, au service de l’intérêt général et de la proximité

Si les conseils municipaux peuvent présenter autant de réalisations et de projets lors des cérémonies, c’est grâce à l’engagement quotidien de leurs membres, quelles que soient leurs sensibilités, bien loin du spectacle parfois donné par les responsables politiques nationaux. Dans le département de la Vienne, nous avons la chance de cultiver cet esprit particulier, tant au niveau local qu’au niveau parlementaire, où l’on sait s’unir pour défendre le territoire. C’est un héritage qu’il nous faut préserver et entretenir.

C’est la Vienne conviviale, la Vienne que j’aime.

Cette semaine marque également l’aboutissement du projet de loi de finances pour 2026. Vous trouverez, en bas de cette lettre d’information, ma neuvième lettre parlementaire, qui récapitule les principales mesures pour les collectivités, ainsi que celles relatives au statut de l’élu, appelées à transformer l’exercice des futurs mandats.

C’est dit !



#444 – Vers une adoption définitive du budget !  

Après un mois sous le régime de la loi spéciale, la France devrait enfin disposer d’un budget lundi soir. Après l’adoption par l’Assemblée nationale, via l’article 49.3, le Sénat a rejeté le texte sans nouvel examen afin de gagner du temps. Un nouvel examen par le Sénat aurait fait perdre une dizaine de jours. Ce vendredi, le Premier ministre a de nouveau engagé le 49.3 pour une adoption définitive, qui devrait intervenir lundi, à la suite du probable rejet des motions de censure déposées par les deux extrêmes, LFI et RN.

Ce budget est loin d’être parfait, mais il a le mérite d’exister. Ce blocage a déjà coûté plusieurs milliards d’euros, alors que le Sénat appelait à l’usage du 49.3 dès décembre pour accélérer les débats dans une Assemblée sans majorité.

Sur le fond, le déficit public, initialement prévu à 4,6 % du PIB, atteindra finalement 5 %, soit plus de 12 milliards d’euros de dégradation. Au total, entre 2019 et 2026, le déficit de l’État passera de 73 à 154 milliards d’euros. Les entreprises sont fortement mises à contribution : surtaxe d’impôt sur les sociétés prolongée et alourdie, baisse de la CVAE abandonnée, soit près de 8 milliards d’euros d’impôts supplémentaires. Le tout sans réforme structurelle sérieuse : ni retraites, ni baisse des dépenses publiques, ni réduction des niches fiscales.

En matière d’éducation, le discours est trompeur. Les 2 000 créations de postes annoncées concernent uniquement les élèves en situation de handicap, dont 1 200 déjà prévues dans la version initiale du texte. La version finale ajoute 500 AESH et 300 enseignants en ULIS, mais supprime en parallèle plus de 2 300 postes dans le premier degré et plus de 1 600 dans le second, faisant craindre une carte scolaire très tendue.

Le point de satisfaction concerne les collectivités territoriales. Le texte final reprend la version sénatoriale en ramenant leur contribution de 4,6 milliards d’euros à 2 milliards d’euros. Le dispositif DILICO a été profondément revu pour être plus juste et moins pénalisant pour l’investissement local : l’effort du DILICO 2 est réduit de 2 milliards d’euros à 740 millions d’euros, les communes sont totalement exonérées, la contribution des départements et des EPCI est divisée par deux, celle des régions réduites d’un tiers, et le remboursement des sommes est accéléré à trois ans au lieu de cinq. Le fonds Civaux est par ailleurs maintenu dans sa grande majorité.

Enfin, pour nos aînés et les publics fragiles, je me réjouis de l’adoption d’un amendement, dans la lignée de celui que j’avais fait adopter au Sénat en novembre, qui assimile la livraison de repas à domicile à un service rendu à la résidence et la rend ainsi éligible au crédit d’impôt « services à la personne ».

Parce que les Français paient déjà le prix fort de ces errements, nous resterons, avec la commission des finances, vigilants et exigeants dans l’application de ce budget. 

C’est dit !