QO #6 – Stages obligatoires en milieu rural pour les étudiants en médecine – 25 octobre 2022

Bruno Belin : Madame la ministre, le sujet des déserts médicaux, qui a été abordé ce matin par plusieurs collègues, concerne de nombreux territoires. Je sais que vous êtes vous-même mobilisée en Nouvelle-Aquitaine, en particulier dans votre département des Landes.

Le Sénat a adopté la semaine dernière une proposition de loi présentée par le président Retailleau. C’est une bonne chose, mais ces nouvelles dispositions ne produiront leurs effets que dans quelques années.

Or nous disposons d’outils législatifs, notamment la loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé, dont nous attendons toujours un décret d’application. La pénurie est telle qu’on se demande bien pourquoi la publication de celui-ci se fait attendre !

Interrogé à ce sujet à l’occasion d’une question d’actualité au Gouvernement en début d’année, le Gouvernement nous avait promis que ce décret serait pris en avril, ce qui correspondait à un calendrier électoral qui n’échappera à personne.

Ma question est simple, madame la ministre : quand le décret d’application rendant obligatoires les stages d’internes en milieu rural prévu par la loi du 24 juillet 2019 sera-t-il pris ?

Mme Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès du ministre des solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées, chargée des personnes handicapées. Monsieur le sénateur Bruno Belin, la mesure sur laquelle vous m’interrogez est d’application immédiate.

La maquette de formation du diplôme d’études spécialisées de médecine générale, qui a été adaptée, prévoit que les étudiants en phase d’approfondissement peuvent accomplir leur stage ambulatoire en soins primaires en autonomie supervisée auprès de maîtres de stage agréés.

La loi du 24 juillet 2019 relative à l’organisation à la transformation du système de santé prévoit que ce stage est réalisé en priorité en zone sous-dense en fonction de l’offre de stage dans chaque région et des politiques d’incitation locales.

Par une instruction interministérielle du 24 février 2022, le Gouvernement a engagé une politique incitative de recrutement de maîtres de stage en zone sous-dense – pour avoir des étudiants, encore faut-il avoir des maîtres de stage pour les accueillir – afin d’accroître l’offre de stages et d’augmenter le nombre d’étudiants qui s’y engagent.

Cette instruction rappelle que les stages ambulatoires doivent constituer une véritable opportunité pour les étudiants en médecine de découvrir des spécificités de l’exercice ambulatoire. Elle rappelle aux ARS et aux universités que les multiples leviers existants pour développer et diversifier l’offre dans les zones sous-denses doivent être mobilisés dans tout leur potentiel.

Le Gouvernement fixe des objectifs ambitieux de développement et de diversification de ces stages. Nous voulons notamment accroître de 7,7 % d’ici 2024 le nombre de maîtres de stage universitaire formés.

Par ailleurs, des dispositions ambitieuses sont intégrées au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2023, telles que l’incitation à effectuer la quatrième année de consolidation en fin d’internat de médecine générale en priorité dans les territoires sous-denses.

Bruno Belin : Madame la ministre, je ne doute ni de votre bonne volonté ni de l’énergie que vous consacrez à ce dossier, mais j’estime que l’on ne va pas assez vite.

Je me permets par ailleurs de vous lancer un SOS sur une autre urgence. Vous êtes chargée des personnes handicapées, or partout sur le territoire, des personnes attendent des places en institut médico-éducatif (IME), en établissement et service d’aide par le travail (Ésat) et dans le cadre des programmes interdépartementaux d’accompagnement du handicap et de la perte d’autonomie (Priac).

Vous savez comme moi que dans notre région, la Nouvelle-Aquitaine, il n’y a plus de créations de places pour les personnes handicapées dans le cadre du Priac et plus de créations de lits au sein des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Plusieurs rapports sénatoriaux alertent sur la situation d’urgence qui en résulte. Je vous prie d’en prendre acte, madame la ministre.

#299

Le Gouvernement a décidé d’engager sa responsabilité devant l’Assemblée Nationale en utilisant l’article 49.3 de la Constitution à deux reprises la semaine dernière lors de l’examen du Projet de Loi de Finances 2023 et du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale.

Au Sénat, une telle démarche n’existe pas. C’est pourquoi nous travaillons dès maintenant au sein des différentes commissions à examiner dans un premier temps le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) puis le Projet de Loi de Finances 2023.

En ce qui concerne le PLFSS, j’ai déjà exprimé, mardi dans l’hémicycle et mercredi à la tribune, ma volonté de défendre une santé de proximité. Je serai mobilisé en faveur d’actions concrètes afin que se décide très vite l’arrivée de professionnels de santé tant attendus dans les territoires sous-dotés. Je serai également vigilant quant à la protection du réseau officinal ainsi que du thermalisme.

Pour le Projet de Loi de Finances 2023, je participe dès cette semaine, aux auditions du transport aérien. L’objectif n’est pas de pénaliser l’aérien. Au contraire, nous devons faire en sorte de favoriser le développement d’un transport plus vert.

Je l’ai exprimé et affirmé aux Maires : je serai également attentif au volet sur les collectivités territoriales et aux mesures envisagées afin de compenser la hausse du coût de l’énergie et des matières premières.

Au Sénat, nous serons forces de propositions pour répondre au mieux aux attentes et besoins de chacun.

C’est dit ! 



QE #144 – Diplôme d’études universitaires scientifiques et techniques de préparateur technicien en pharmacie

« M. Bruno Belin attire l’attention de Mme la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche sur le diplôme d’études universitaires scientifiques et techniques de préparateur technicien en pharmacie.
Lancé en 2021, le diplôme d’études universitaires scientifiques et techniques de préparateur technicien en pharmacie avait pour but de devenir l’équivalent universitaire du brevet professionnel de préparateur en pharmacie.
Il note que certains étudiants sont sur la dernière année d’études avant d’être diplômés.
Cependant, le décret validant l’équivalence est toujours en attente.
Il souligne donc l’urgence quant à la publication du décret et souhaite connaître le délai envisagé par le Gouvernement. »

La question sera publiée le 27 octobre au Journal Officiel et portera le numéro 03394.

#298

Ce mardi matin je serai présent sur le plateau de Public Sénat dès 8h30 afin d’évoquer la hausse des taxes foncières.

La loi NOTRe a imposé une révision des schémas intercommunaux formant ainsi des EPCI plus grands. Les potentiels fiscaux ont été réévalués à la hausse, baissant ainsi les dotations au détriment des communes les plus rurales. 

Les Maires sont acculés. Pour parvenir à voter un budget à l’équilibre ils sont contraints d’augmenter leur taxe foncière. 

Aujourd’hui les Maires ont un pouvoir décisionnel de plus en plus restreint. L’État délègue des compétences avec des compensations qui ne correspondent pas au coût réel (exemple : transfert de la gestion des titres sécurisés)

On demande aux Maires de faire plus avec moins. Ce n’est plus possible !

Au Sénat, nous travaillons afin de trouver la meilleure solution possible pour venir en appui des Maires. Certains proposent que la DGF ait une hausse équivalente à l’inflation, mais il est difficile de déterminer ce que celle-ci sera fin mars. 

Je compte faire une autre proposition en scindant en deux temps le versement de la DGF pour tenir compte de la réalité de l’inflation après le premier semestre 2023.

J’espère qu’à l’occasion du Projet de Loi de Finances, le Gouvernement et le Parlement n’oublieront pas le rôle essentiel que jouent les collectivités locales.

C’est dit ! 



#297

Mardi dernier, au Sénat, avait lieu le débat sur les urgences hospitalières et les soins non programmés. J’ai alors alerté Agnès FIRMIN LE BODO, Ministre Déléguée en charge de l’Organisation Territoriale et des Professions de Santé sur la réalité des désespérances et souffrances dans nos urgences.

Je tiens à remercier Joël DAZAS, Maire de Loudun et Président de la Communauté de communes du Pays Loudunais, Bernard BLANCHET, Maire de Montmorillon, Anne-Florence BOURAT, Conseillère Départementale en charge de la Santé et Anne COSTA, Directrice du CHU de Poitiers pour leur contribution afin d’alimenter mes propos lors de ma prise de parole. 

La stratégie territoriale du Gouvernement fait preuve de non-sens. D’une part de manière écologique, dans un objectif de baisse des émissions de CO2, on demande aux patients de faire une heure de route pour se soigner. 

D’autre part, un non-sens territorial. Aujourd’hui nous faisons face à une demande plus forte que l’offre et pourtant des lits continuent à être supprimés. Cet été au CHU de Poitiers, 271 lits ont été fermés. Les hôpitaux se sentent abandonnés et en particulier ceux de proximité qui deviennent des coquilles vides. Je pense à Loudun, à Montmorillon. Il n’est pas normal de ne plus pouvoir apporter de réponse à un patient le dimanche lorsqu’il se présente aux soins non programmés.

Nous devons faire des hôpitaux de proximité une chance et une priorité. 

Tout cela soulève également la question du manque de personnel et de la formation. Là aussi nous devons dès à présent faire évoluer massivement les places en formation. J’aurai l’occasion d’évoquer ce sujet lors de la Discussion Générale de la Proposition de Loi visant à faire évoluer la formation de sage-femme le 19 octobre prochain. 

Il y a un non-sens en matière de santé : du temps perdu, ce sont des chances en moins. 

C’est dit ! 



#296

La semaine dernière j’ai été nommé membre de la mission conjointe de contrôle relative à la mise en application des mesures du « Zéro Artificialisation Nette » de la loi Climat-Résilience. Je tiens à remercier mes collègues de la Commission Aménagement du Territoire et du Développement Durable pour leur confiance.

Au travers des différentes auditions, nous aurons un objectif de contrôle de mise en place de ce dispositif tout en répondant aux inquiétudes des élus locaux.

D’ores et déjà, les élus nous ont alerté sur la réduction des marges de constructibilité qui vont baisser fortement par le « ZAN » allant même jusqu’à provoquer un gel des constructions. La diminution programmée de 50 % de l’artificialisation brute conduirait certaines communes rurales à ne plus pouvoir délivrer de permis de construire.

De plus, nous relevons que le Gouvernement, sans que la loi ne l’y invite, a renforcé le rôle de la Région dans la répartition des « ZAN » par le SRADDET. Ce qui limitera par conséquence, le pouvoir de décision des élus locaux.

Durant cette mission, comme à son habitude, le Sénat sera à l’écoute des élus et sera force de propositions pour redonner la main aux élus locaux, principaux acteurs de l’aménagement du territoire.

C’est dit ! 



QE #143 – Demi-part fiscale aux veuves des anciens combattants

« M. Bruno Belin attire l’attention de Mme la secrétaire d’État auprès du ministre des armées, chargée des anciens combattants et de la mémoire sur l’attribution de la demi-part fiscale aux veuves des anciens combattants.

Les veuves de titulaires de la carte de combattant sont toutes des ressortissantes à part entière de l’office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAVCVG). À ce titre elles sont détentrices d’une carte de ressortissante qui leur permet d’être reconnues comme telles.

Il rappelle que dans le cadre de la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020, les veuves des titulaires de la carte d’ancien combattant se sont félicitées de l’octroi de la demi-part fiscale supplémentaire à partir du 1er janvier 2021, dès lors qu’elles auront atteint 74 ans. Or ces dernières sont exclues du dispositif si leurs époux viennent à décéder la veille de leur 65 ans.

En l’honneur des anciens combattants et au nom des veuves de tous conflits, il demande que le Gouvernement assouplisse la règle d’attribution de la demi-part fiscale supplémentaire en supprimant le critère d’âge de décès de l’époux. »

La question sera publiée le 6 octobre au Journal Officiel et portera le numéro 03027.

#295 – L’énergie est un défi.

Ce matin, j’ai rencontré le bureau du Syndicat Energies Vienne. Ce syndicat dont nous fêterons les 100 ans l’année prochaine, est une vraie chance pour le département. Cette structure permet ainsi de garantir le prix de l’électricité aussi bien pour les particuliers que pour les communes. Le bouclier tarifaire sera assuré à l’ensemble des communes de moins de 10 salariés où dont les recettes de fonctionnement sont inférieures à moins de 2 millions d’euros ou bien les communes faisant parties du groupement d’achat.

Il a bien évidemment été question de la consommation de l’énergie durant l’hiver prochain et dont les défis sont nombreux :

– Ne pas manquer d’électricité cet hiver et maîtriser sa consommation ainsi que son coût notamment par la diminution des plages horaires de l’éclairage public dans les communes (il a été établi qu’une coupure entre 22h et 6h30 du matin représenterait globalement 40% d’économies sur la ligne énergie)
– Sécuriser la consommation des particuliers
– Avoir rapidement une stratégie de rénovation thermique des logements
– Imaginer la mobilité de demain (1000 bornes de recharge d’ici 3 ans)
– Proposer des alternatives acceptables pour répondre au défi climatique telles que le photovoltaïque ou bien l’agrivoltaïsme.

L’énergie est essentielle, c’est pourquoi j’ai évoqué l’idée de réunir très prochainement l’ensemble des maires de la Vienne et le Syndicat Énergies Vienne afin de répondre à tous les questionnements.

L’énergie est un défi.

C’est dit ! 



QE #142 – Demandes des titres sécurisés

« M. Bruno Belin attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur et des outre-mer sur l’augmentation des demandes de titres sécurisés.
Il souligne que la crise sanitaire a contraint chacune et chacun à limiter ses déplacements ces deux dernières années.
La levée des restrictions sanitaires et l’ouverture des frontières a eu pour conséquences de répondre au besoin d’évasion et donc à une demande accrue de titres sécurisés, ce qui implique de fait une surcharge de demandes pour les communes dotées d’une station biométrique.
Il prend l’exemple d’une commune de la Vienne de 2 500 habitants qui se voit programmer autant de rendez-vous que de nombre d’habitants de la commune sur cette année.
Il relève que cet afflux demande une présence permanente d’un agent pour traiter l’ensemble des dossiers pour le compte de l’État.
Il demande donc au Gouvernement les pistes envisagées afin de compenser les dépenses liées à cette surcharge de travail pour les communes. »

La question sera publiée le 29 septembre au Journal Officiel et portera le numéro 02903.

QE #141 – Stations de lavage

« M. Bruno Belin attire l’attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat et du tourisme sur les stations de lavage.
Il relève que l’arrêté n°2022_DDT_SEB_730 en date du 19 juillet 2022, règlementant temporairement les usages de l’eau réalisés à partir du réseau d’adduction d’eau potable, pour faire face à un risque de pénurie dans le département de la Vienne, vient interdire le lavage de voitures en station.
Il conçoit la haute vigilance dont chacune et chacun doit faire preuve en ce temps de sécheresse exceptionnelle.
Cependant il tient à souligner que l’arrêt de ces stations ont évidemment des conséquences budgétaires négatives, contraignant certains à ne pas pouvoir rembourser les prêts bancaires.
Il note que les effets de ces fermetures temporaires qui découlent d’une décision de l’État ne sont en rien compensés.
C’est pourquoi il souhaite connaître les pistes envisagées par le Gouvernement afin d’indemniser cette perte de chiffre d’affaires colossale pour les stations de lavage. » »M. Bruno Belin attire l’attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat et du tourisme sur les stations de lavage.
Il relève que l’arrêté n°2022_DDT_SEB_730 en date du 19 juillet 2022, règlementant temporairement les usages de l’eau réalisés à partir du réseau d’adduction d’eau potable, pour faire face à un risque de pénurie dans le département de la Vienne, vient interdire le lavage de voitures en station.
Il conçoit la haute vigilance dont chacune et chacun doit faire preuve en ce temps de sécheresse exceptionnelle.
Cependant il tient à souligner que l’arrêt de ces stations ont évidemment des conséquences budgétaires négatives, contraignant certains à ne pas pouvoir rembourser les prêts bancaires.
Il note que les effets de ces fermetures temporaires qui découlent d’une décision de l’État ne sont en rien compensés.
C’est pourquoi il souhaite connaître les pistes envisagées par le Gouvernement afin d’indemniser cette perte de chiffre d’affaires colossale pour les stations de lavage. »

La question sera publiée le 22 septembre au Journal Officiel et portera le numéro 02789.