#464 – Canicule : s’adapter au dérèglement climatique

Quelques semaines après une première canicule, notre pays connaît à nouveau un épisode de fortes chaleurs exceptionnel. Cette séquence historique pourrait dépasser, tant par sa durée que par son intensité, la canicule européenne d’août 2003, encore présente dans toutes les mémoires.

Les collectivités territoriales et les préfets sont, comme toujours, en première ligne. Ils doivent gérer les derniers jours de l’année scolaire, l’organisation des épreuves du baccalauréat, l’accompagnement des personnes vulnérables, ainsi que l’adaptation des dispositifs de sécurité et de secours à l’occasion des nombreuses manifestations sportives, culturelles et festives organisées sur l’ensemble du territoire.

Les agriculteurs seront parmi les premières victimes du dérèglement climatique. Il est grand temps d’étudier et de mettre en œuvre des solutions permettant d’anticiper et d’intégrer les effets du changement climatique. Les fortes chaleurs ont déjà des conséquences importantes sur les productions agricoles, notamment celles du maïs et du tournesol. Les rendements céréaliers pourraient être affectés par la diminution de la taille des grains. Dans ce contexte, il est indispensable de faciliter le stockage de l’eau afin de sécuriser durablement l’accès à cette ressource essentielle. Je tiens à saluer l’action du préfet Charles Giusti, qui a poursuivi et amplifié le travail engagé par ses deux prédécesseurs dans ce domaine.

Au Sénat, l’examen du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a débuté cette semaine en commission. Le Gouvernement avait initialement annoncé un texte recentré autour du triptyque « eau, prédation et moyens de production ». Toutefois, l’Assemblée nationale y a apporté de profondes modifications. Le Sénat s’est attaché à revenir à l’esprit initial du projet de loi en proposant des mesures concrètes destinées à soutenir les agriculteurs et à renforcer notre souveraineté agricole.

La France souffre aujourd’hui d’un déficit de stockage de l’eau, malgré une pluviométrie plus favorable que celle de nombreux pays voisins. Elle ne stocke actuellement que 4,7 % de ses flux annuels d’eau. Afin de remédier à cette situation, le Sénat a adopté plusieurs dispositions visant à simplifier la réglementation applicable au stockage de l’eau, à mieux prendre en compte les besoins actuels et futurs des irrigants, à faciliter l’identification des possibilités de curage, d’extension ou de création d’ouvrages de stockage, ainsi qu’à développer la réutilisation des eaux usées traitées.

En visite dans le département jeudi, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, a visité un poulailler à Mondion et échangé avec les représentants des syndicats agricoles. Ceux-ci ont alerté la ministre sur les défis liés à l’adaptation au changement climatique, la faiblesse des revenus agricoles et les difficultés croissantes rencontrées par les exploitants pour obtenir des financements bancaires indispensables à leurs investissements.

Je profite de cette occasion pour exprimer, de nouveau, mon total soutien à tous les agriculteurs, producteurs, éleveurs et viticulteurs qui rendent nos paysages si agréables et sans lesquels nous ne pourrions manger ! 

C’est dit !



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