#459 – Les défis armées 

Cette semaine, la commission des finances a auditionné le général d’armée aérienne Fabien Mandon, chef d’état-major des Armées, dans le cadre de l’examen du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions relatives à la défense. La veille, nous l’avions reçu avec plusieurs de mes collègues sénateurs afin d’échanger plus directement sur les enjeux auxquels nos armées sont confrontées.

Alors que les débats ont commencé à l’Assemblée nationale, l’actualisation de la loi de programmation militaire doit permettre à la France de répondre à plusieurs défis majeurs.

Le premier est celui du sous-investissement militaire accumulé au cours des dernières décennies. Ce projet de loi constitue avant tout un effort de rattrapage destiné à combler nos faiblesses. Nous ne sommes pas au niveau face aux menaces actuelles. Il prévoit une hausse de 36 milliards d’euros par rapport à la précédente loi de programmation militaire, portant l’effort total à 436 milliards d’euros pour la période 2024-2030, alors même que le budget de la défense aura déjà doublé entre 2018 et 2026. À titre d’exemple, la France ne dispose que de 15 bateaux militaires.

Le deuxième défi concerne l’espace. La France, comme l’Europe, accuse un retard stratégique face à la Chine. Or, la maîtrise de l’espace devient un enjeu pour notre souveraineté et pour l’avenir.

Nous assistons également à un affaiblissement des repères qui structuraient jusqu’ici l’ordre international. Les grandes institutions de référence, telles que l’Organisation des Nations unies ou l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, apparaissent fragilisées, comme on peut notamment l’observer au Liban.

Les deux grandes puissances héritées de la guerre froide montrent aujourd’hui leurs limites. La Russie dispose d’une armée considérable, forte de près de deux millions d’hommes, mais son enlisement en Ukraine, ainsi que le nombre très élevé de morts et de blessés, révèlent ses fragilités. Quant aux États-Unis et à leur allié israélien, leur attitude suscite de nombreuses interrogations au regard du respect des règles internationales.

Le conflit au Moyen-Orient est loin d’être terminé, mais une chose semble déjà certaine : la Chine en sera le principal bénéficiaire. Déjà puissance majeure, elle pourrait demain devenir la première puissance militaire mondiale.

Nous ne traversons pas une crise. Nous vivons un choc.

C’est dit !



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