
La pression sur le pouvoir d’achat des Français s’accentue depuis plusieurs années, notamment en raison de la guerre en Ukraine et des conflits successifs au Moyen-Orient. Elle aggrave la fracture sociale entre les citoyens. Dans un récent sondage ELABE-BFMTV, 81 % des Français déclarent aujourd’hui se serrer la ceinture, et près de 3 sur 10 vivent à découvert, souvent dès le milieu du mois.
Parmi les premiers postes de dépenses, on retrouve l’alimentation. Après six mois de travaux, la commission d’enquête sur les marges de la grande distribution, dont j’étais l’un des vice-présidents, a mis en lumière une répartition de la valeur déséquilibrée, au détriment des agriculteurs et des industriels et au bénéfice de la grande distribution. La commission indique que, sur 100 euros dépensés par le consommateur, seuls 8 euros reviennent aux agriculteurs et 14 euros aux transformateurs et industriels, tandis que 35 euros correspondent aux importations et plus de 40 euros aux distributeurs.
Pressions commerciales, services imposés, positionnement à l’étranger des centrales d’achats, opacité des fonds financiers, mise en place de pratiques pour contourner les lois EGALIM (loi issue des Etats Généraux de l’ALIMentation) qui protègent les revenus des agriculteurs : ces méthodes utilisées par les distributeurs fragilisent nos agriculteurs et nos PME agroalimentaires, c’est-à-dire ceux qui créent la richesse et assument les risques de production. Elles créent également un trompe-l’œil pour le consommateur : certains produits sont vendus avec de faibles marges comme produits d’appel, tandis que ces pertes sont compensées par des marges plus élevées sur d’autres produits.
À cela s’ajoute la hausse des prix du carburant. Depuis fin février et le déclenchement de la guerre en Iran, une augmentation rapide des prix à la pompe a été ressentie, et ce, dès la semaine suivante, alors même que le carburant vendu avait été acheté au prix du marché précédent la guerre, et donc à un prix plus bas. Une nouvelle fois, ce sont les territoires ruraux qui sont les plus impactés car la voiture n’est pas un choix, mais une nécessité.
Une taxation aveugle des « superprofits » serait une erreur, car, en la réalité, les grandes entreprises sont peu nombreuses. Le coût du travail repose sur un grand nombre d’entreprises, déjà confrontées à de fortes tensions économiques. Les taxer découragerait l’investissement, pénaliserait l’emploi et ne résoudrait pas durablement la question de la dette.
Il faut qu’un travail soit fait pour savoir qui vend quoi et à quel prix, afin de garantir un juste prix et une meilleure transparence sur les marges.
Le pouvoir d’achat doit permettre le pouvoir de vivre et le pouvoir de faire !
C’est dit !
