#437 –  Les budgets de la France en examen au Sénat 

Le marathon budgétaire se poursuit au Sénat. Après une semaine de débats intenses sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, les sénateurs ont adopté un texte réduisant le déficit de la Sécurité sociale et profondément remanié : rétablissement de la réforme des retraites, gel des prestations sociales, et rejet massif du dispositif « France Santé », jugé flou et purement communicationnel. Le Gouvernement souhaitait labelliser « France Santé » des structures déjà existantes comme des maisons et centres de santé, mais de nombreux de sénateurs ont dénoncé une mesure sans portée réelle. Ironie du calendrier : le ministre Michel Fournier inaugurait mardi une maison « France Santé » dans la Vienne alors même que le Sénat venait de supprimer le dispositif. La commission mixte paritaire ayant échoué, le PLFSS retourne désormais à l’Assemblée.

Les débats ont aussi porté sur les stations thermales, après la confirmation le 5 novembre de la volonté du Gouvernement de réduire fortement le remboursement des cures. Plus de 115 000 personnes, dont de nombreux élus et parlementaires, ont cosigné une tribune dénonçant une mesure qui fragiliserait 500 000 patients et un secteur essentiel pour l’économie locale. La Roche-Posay, première station européenne de dermatologie thermale, est directement concernée.

Depuis jeudi, les sénateurs examinent aussi le projet de loi de finances pour 2026, avec des débats qui se poursuivront jusqu’au 15 décembre. Le Sénat, dont la commission des finances a joué un rôle majeur d’alerte sur le dérapage des comptes 2023-2024, entend soutenir entreprises et collectivités tout en maîtrisant la dépense publique. La commission des finances du Sénat a, par ailleurs, adopté dès cette semaine une mesure en faveur des collectivités. Il a ainsi décidé de ramener de 2 milliards à 1 milliard d’euros le dispositif DILICO, introduit l’an dernier et très contesté par les collectivités. Dans sa version 2026, les communes en sont exclues, la contribution des intercommunalités est divisée par deux et seuls 20 départements resteraient concernés.

Rappelons que les collectivités ne représentent que 8 % du déficit national : elles ne doivent pas être davantage pénalisées. C’est avant tout sur le train de vie de l’État, essentiellement en central, que des économies doivent être réalisées pour retrouver les marges nécessaires et inspirer de nouveau confiance. Donner un budget à la France en ce sens est un devoir.

C’est dit !



QE #298 – Rénovation des logements anciens vacants en situation de succession non réglée

Bruno Belin interroge M. le ministre de la ville et du logement au sujet des difficultés rencontrées dans la gestion d’immeubles dégradés dont les propriétaires sont décédés et dont les successions demeurent en déshérence.

Dans de nombreuses communes rurales, des habitations se dégradent faute d’héritiers identifiés. Ces biens, laissés à l’abandon, génèrent des nuisances pour le voisinage et entravent les projets de revitalisation des centres-bourgs.


La commune de L’Isle-Jourdain, dans le département de la Vienne, en est une illustration. Engagée dans une stratégie globale de requalification de son coeur de bourg dans le cadre du programme « Petite Ville de Demain », elle a conclu une convention d’opération de revitalisation de territoire (ORT) avec l’État et la Communauté de communes Vienne et Gartempe, et bénéficie d’une convention d’opération programmée d’amélioration de l’habitat de renouvellement urbain (OPAH-RU) sur le même périmètre. Malgré ces outils, et en dépit de la mobilisation des pouvoirs de police spéciale du maire en matière d’habitat, ainsi que des dispositions prévues aux articles L. 511-1 et suivants du code de la construction et de l’habitation, la commune se heurte à des situations de blocage : les biens concernés demeurent juridiquement inaccessibles tant que les successions ne sont pas réglées. Les sollicitations adressées aux services des Domaines et aux études notariales sont restées sans réponse.


De nombreux maires de communes rurales se trouvent ainsi démunis, alors même qu’ils doivent agir pour garantir la sécurité publique et préserver la salubrité des bâtiments mitoyens.


Par conséquent, il demande au Gouvernement quelles mesures le Gouvernement entend prendre, d’une part, pour garantir aux maires des réponses rapides et opérationnelles de la part des services des Domaines, et, d’autre part, pour faciliter la rénovation des logements anciens vacants en situation de succession non réglée.

La question sera publiée le 04 décembre au Journal Officiel et portera le numéro 06887.

QE #297 – Réforme des épreuves du concours d’entrée à l’Institut national du service public

Bruno Belin attire l’attention de M. le ministre délégué chargé de la fonction publique et de la réforme de l’État sur la récente réforme des épreuves du concours d’entrée à l’Institut national du service public (INSP).

Initiée en 2023, cette réforme avait pour ambition d’ouvrir le recrutement et de sélectionner des hauts fonctionnaires reflétant mieux la diversité de la société française. Cependant, plusieurs problèmes ont été identifiés par Jean-François Verdier, président du concours d’entrée 2024, dans son rapport du jury.

D’abord, l’instauration d’une épreuve d’anglais éliminatoire a constitué une « anomalie » selon le rapport de M. Verdier. Un nombre significatif de candidats ont été éliminés en 2024 et 2025 sur ce seul critère, alors même qu’ils étaient les mieux classés dans les matières les plus fondamentales de ce concours (économie, droit, épreuve d’entretien). Le caractère éliminatoire de cette épreuve a finalement été supprimé pour les futurs concours, à compter de 2026.


Ensuite, l’épreuve de questions à réponses courtes « a posé des problèmes tant aux candidats qu’au jury ». Selon M. Verdier, elle a contraint les candidats à travailler un « programme colossal pour chacune des matières », conduisant à évaluer davantage la capacité à restituer des connaissances qu’à apprécier les compétences d’analyse et de raisonnement.


Enfin, l’épreuve de mise en situation collective suscite d’importantes interrogations. Les candidats déplorent qu’un coefficient aussi important soit attribué à une épreuve collective où la note du candidat dépend de nombreux facteurs qui lui sont extérieurs.


Par conséquent, il souhaite savoir si, dans le contexte de la procédure de recrutement du futur directeur de l’INSP, le Gouvernement entend engager une révision de ces épreuves, afin d’assurer une sélection fondée sur le mérite et mieux alignée avec les besoins opérationnels des administrations publiques.

La question sera publiée le 04 décembre au Journal Officiel et portera le numéro 06886.

QE #296 – Consommation et vente de protoxyde d’azote

Bruno Belin attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur sur la consommation et la vente de protoxyde d’azote.

Depuis plusieurs années, l’usage détourné de cette substance, en particulier parmi les jeunes, y compris mineurs, progresse dans l’ensemble de nos territoires. En 2022, 14 % des 18-24 ans déclaraient avoir déjà consommé du protoxyde d’azote. Ce gaz provoque un effet d’euphorie et altère les capacités intellectuelles. Les professionnels de santé alertent sur les risques graves qu’il entraîne : troubles neurologiques, complications vasculaires, voire états dépressifs. Face à cette réalité, les centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie renforcent leurs dispositifs d’addicto-vigilance afin de recenser et suivre les cas les plus sévères de consommation.

Au-delà de son impact sur la santé publique, l’usage massif de ce produit génère également une difficulté environnementale. En effet, les maires ne disposent d’aucune filière pour traiter les bonbonnes usagées : lorsqu’elles sont incinérées, celles-ci explosent et endommagent gravement les fours.

Si la vente de protoxyde d’azote aux mineurs est interdite, son achat reste très accessible, notamment en ligne. Le détournement de ce produit, pourtant destiné à un usage culinaire ou médical, a créé un flou juridique persistant. La loi n° 2021-695 du 1er juin 2021 tendant à prévenir les usages dangereux du protoxyde d’azote, issue d’une initiative sénatoriale, a constitué une première avancée significative, mais deux autres propositions de loi, l’une à l’Assemblée nationale, l’autre au Sénat, restent en attente d’inscription à l’ordre du jour.

Face à l’absence de solutions législatives, de nombreux maires se voient contraints d’adopter des arrêtés municipaux afin de donner des moyens d’intervention aux polices municipales et nationales. C’est notamment le cas de la commune de Buxerolles, dans la Vienne, qui a interdit par arrêté la détention et l’utilisation de bonbonnes de protoxyde d’azote hors cadre professionnel.

Par conséquent, il demande au Gouvernement si l’inscription de ces textes à l’ordre du jour est envisagée et quelles mesures il entend prendre pour lutter efficacement contre la vente, en commerce comme sur internet, de cette substance dangereuse.

La question sera publiée le 04 décembre au Journal Officiel et portera le numéro 06885

#436 –  Vive les élus locaux ! 

Ravi d’avoir une nouvelle fois honoré cette tradition de recevoir les maires et élus de la Vienne au Sénat, à l’occasion du 107ᵉ Congrès des maires. 

Dans la Vienne, nous avons une force : nous savons travailler ensemble, entre élus nationaux et locaux, avec les services de l’État, et avec un conseil départemental solide et présent pour accompagner vos projets. C’est ainsi que nous avons toujours avancé, et c’est ce qui fait l’histoire de notre territoire.

La semaine du Congrès des maires coïncide toujours avec l’examen des budgets au Sénat. C’est la politique publique la plus importante, parce qu’elle conditionne toutes les autres : sans budget, pas de projets. Bien que le projet de loi de finances ne soit pas encore arrivé au Sénat, nous avons déjà posé plusieurs marqueurs :
– Mettre fin à la disparité de la DGF entre communes urbaines et rurales ;
– Cesser de ponctionner les collectivités qui ne sont pas responsables du déficit public ;
– Maintenir le Fonds Civaux dans son esprit initial ;
– Veiller à ce qu’aucune suppression de postes d’enseignants ne compromette une carte scolaire équilibrée et la préservation de nos écoles rurales dans l’intérêt des enfants ! 
– Soutenir le budget de la sécurité intérieure et de la défense ;
– Ne pas taxer davantage nos entreprises, qui sont le moteur de notre économie.

La France qui avance, c’est la France des communes. C’est d’abord la France légitime. Les maires sont le premier maillon de la chaîne de confiance. Les citoyens n’ont plus confiance dans les politiques nationaux : c’est bien la preuve qu’il faut cesser de tout concentrer au niveau central, alors que ce qui fonctionne, c’est la décentralisation et la présence de l’État sur le terrain.

Aux maires qui ont décidé d’arrêter, je souhaite une belle continuation. À ceux qui repartent, après un mandat particulièrement difficile, j’adresse tout mon courage pour la campagne qui s’ouvre et pour le prochain mandat.

Au niveau national, près de six maires sur dix envisagent de se représenter, malgré la fatigue de ce mandat et le sentiment d’un travail parfois empêché. C’est la preuve que l’envie d’agir des maires, adjoints et conseillers municipaux reste puissante.

J’espère que la réforme du statut de l’élu local, adoptée au Sénat le mois dernier et qui devrait l’être définitivement d’ici la fin de l’année, permettra de mieux vivre le prochain mandat et de susciter de nouvelles vocations.

Vive nos élus locaux, qui sont le premier kilomètre de l’action publique !

C’est dit ! 



#435 – Se souvenir pour ne jamais oublier 

Cette semaine a été marquée par deux temps forts de mémoire et de recueillement.

Mardi, nous avons commémoré l’armistice du 11 novembre, célébrant la fin de la Grande Guerre et la signature de l’armistice de 1918. Cent sept ans plus tard, dans chaque village de France, cette journée demeure un moment pour se souvenir des 8,5 millions de soldats français engagés dans ce conflit, ainsi que de tous ceux qui ont survécu à ses horreurs, sur le front comme à l’arrière. Le dernier poilu, Lazare Ponticelli, s’était promis de toujours respecter le serment que les hommes se faisaient avant de monter à l’assaut : « Si je meurs, tu penseras à moi ! ». Avec ces mots, il nous a confié le devoir de mémoire, celui de ne jamais laisser s’effacer le souvenir de leur sacrifice. À travers ces cérémonies, c’est notre reconnaissance que nous exprimons envers nos armées, leurs blessés et tous ceux qui veillent sur notre liberté.

Cette semaine a aussi marqué les dix ans des attentats de Paris. Chacun se souvient du moment où il a appris, un soir de vendredi 13 novembre 2015, qu’une série d’attaques frappait la capitale. Les terroristes ont visé des lieux de vie, des symboles de ce qui nous unit : le stade de France, symbole de cohésion derrière nos sportifs ; des terrasses de cafés, symbole de la joie de vivre et du partage ; et une salle de concert, le Bataclan, symbole de culture et de rassemblement. Ils ont voulu réduire au silence l’âme de notre pays : notre liberté et notre art de vivre. Mais Paris est et restera une fête.

Nous nous souvenons des gestes de bravoure et de courage accomplis ce soir-là, de l’unité nationale du lendemain et des rassemblements spontanés des jours suivants, sur la place de la République et partout en France. Cette unité ne devrait pas naître seulement dans la douleur. La France est plus forte lorsqu’elle est rassemblée.

Nous saluons les forces de l’ordre et de sécurité qui ont fait face ce soir-là, ainsi que tous ceux qui, chaque jour, œuvrent pour notre sécurité. J’ai naturellement une pensée particulière pour les policiers de la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI), que j’avais rencontrés l’été dernier dans le cadre de mon rapport sur les unités d’élite, et qui sont intervenus au Bataclan, au péril de leur vie. L’annonce faite par le Président de la République de leur remettre la Légion d’honneur met en lumière leur courage et leur dévouement.

Nous pensons aussi à Diesel, la chienne du RAID tombée lors de l’assaut à Saint-Denis, dont le sacrifice rappelle la loyauté et la place essentielle des chiens engagés aux côtés de nos forces d’élite.

Nos pensées vont enfin aux forces de secours, pompiers, ambulanciers, protection civile, dont la rapidité et le professionnalisme ont permis de sauver tant de vies.

Face au chaos, la démocratie a répondu par la justice.

Souvenons-nous des victimes arrachées à leurs proches, et de celles et ceux qui ont survécu à cette terrible nuit.

Nous n’avions pas peur au lendemain de ces attaques. Nous n’avons toujours pas peur aujourd’hui.

Le pays des Lumières ne sombrera jamais dans les ténèbres.

C’est dit !



QE #295 – Fixation d’une date limite pour l’établissement des procurations

Bruno Belin interroge M. le ministre de l’intérieur sur l’instauration d’une date limite pour l’établissement des procurations.

En l’état actuel du droit, les électeurs peuvent établir une procuration jusqu’à la veille du scrutin. Si cette faculté s’inscrit dans une logique de simplification et de participation démocratique, elle engendre toutefois d’importantes difficultés pour les communes ainsi que pour les services de police et de gendarmerie chargés de leur enregistrement et de leur contrôle.


Pour les petites communes, dont les moyens humains et techniques sont limités, les procurations établies en dernière minute représentent une charge supplémentaire, venant s’ajouter à la préparation du scrutin et à la mise en place des bureaux de vote. Cette situation réduit en outre la capacité de vérification de la conformité et de la validité des procurations, pourtant essentielles à la sincérité du vote.


Auditionné par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’organisation des élections en mai 2025, M. François-Noël Buffet, alors ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, avait indiqué être « prêt à travailler » avec le Parlement sur « l’instauration d’une date limite » pour la réalisation des procurations. Il avait souligné que, si ces dernières demeurent juridiquement valables, elles provoquent des conséquences administratives importantes, nécessitant notamment la réédition et la vérification des listes électorales.


Lors du premier tour des élections législatives de 2024, près de 400 000 procurations ont été établies en ligne dans les deux jours précédant le scrutin. Ce phénomène, appelé à s’amplifier avec la généralisation des démarches dématérialisées, confirmée par le décret n° 2025-1059 du 3 novembre 2025, risque d’accentuer les difficultés d’organisation rencontrées par les communes.


La commission d’enquête parlementaire a d’ailleurs formulé, dans sa recommandation n° 44, la proposition de fixer la date limite d’établissement des procurations à l’avant-veille du scrutin à minuit, afin de garantir la bonne organisation du vote et la préservation de son intégrité.

Par conséquent, il demande au Gouvernement s’il envisage de modifier la réglementation actuelle, conformément aux recommandations de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale et à la demande de l’Association des maires de France (AMF), en instaurant une date limite pour la réalisation des procurations électorales.


La question sera publiée le 20 novembre au Journal Officiel et portera le numéro 06756.

#434 – Le budget de la mission « Sécurités » adopté en commission des finances ! 

Mercredi dernier, la commission des finances du Sénat a adopté le projet de budget pour la sécurité intérieure, dont j’ai l’honneur d’être le rapporteur. Répondant aux besoins croissants des forces de sécurité intérieure dans un environnement toujours plus exigeant, les crédits cumulés de la police et de la gendarmerie nationales progressent de plus de 637 millions d’euros, soit +2,6 %. Ils dépassent ainsi les montants prévus par la loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur du 24 janvier 2023.

Avec les crédits alloués à la sécurité routière, le budget total de la mission « Sécurités » s’élève à 26 milliards d’euros.

Pour la police nationale, le budget s’élève à 14 milliards d’euros et prévoit la création de 1 000 postes. Les renforts seront prioritairement orientés vers la filière investigation et la police aux frontières, afin de renforcer la lutte contre la délinquance du quotidien et la criminalité organisée. Les crédits hors personnel sont concentrés sur trois axes majeurs : la transformation numérique, le renouvellement du parc automobile et la modernisation du parc immobilier, afin d’améliorer durablement les conditions de travail et l’efficacité opérationnelle des forces de police.

Pour la gendarmerie nationale, le budget dépasse 11 milliards d’euros et prévoit la création de 400 postes destinés au déploiement des nouvelles brigades, projet structurant pour l’institution. Sur les 239 brigades annoncées, 80 ont été ouvertes en 2024, mais les 57 prévues pour 2025 ont été retardées faute d’effectifs. Leur mise en place interviendrait donc en 2026, avec un an de décalage. Les crédits hors personnel se concentrent sur l’immobilier, conformément à mon rapport d’information de juillet 2024. Cette orientation appelle toutefois une vigilance particulière concernant les véhicules, les hélicoptères et les systèmes d’information et de communication (SIC).

Il est également nécessaire d’assurer les moyens humains et matériels permettant de soutenir la réserve de la police et de la gendarmerie, dont le rôle sera essentiel lors des grands événements de 2026, notamment la tenue du G7 à Évian en juin.

Enfin, sur le volet sécurité routière, le nombre de morts sur les routes est en hausse sur les neuf premiers mois de 2025 par rapport à 2024. Cette évolution impose une nécessité de développer la sensibilisation aux principaux facteurs de risque : alcool, vitesse, stupéfiants et distracteurs. Les 4 200 radars implantés sur le territoire génèrent 2 milliards d’euros de recettes, dont 35 % reviennent aux collectivités locales et 20 % sont consacrés à la prévention et la sécurité routière.

Alors que nos concitoyens réclament de plus en plus de sécurité et que nous commémorons le 10e anniversaire des tragiques attentats de Paris, l’augmentation du budget de la sécurité intérieure doit s’envisager à long terme, en tenant compte de tous les défis.

C’est dit !



#433 – Une Europe toujours symbole d’espérance  

Très heureux d’avoir participé la semaine dernière à ma première commission des affaires européennes du Sénat. Ce nouvel engagement prolonge celui que j’ai eu au Conseil de l’Europe, où j’ai siégé de 2008 à 2021.

Chargée de contrôler la politique européenne du gouvernement, de suivre les politiques menées par l’Union européenne et de veiller au respect des compétences de celle-ci, cette commission joue un rôle essentiel dans la vie parlementaire. Elle est présidée par Jean-François Rapin, Sénateur du Pas-de-Calais, que je remercie de sa confiance.

Pour ma génération, l’Europe incarne avant tout une espérance : celle d’un continent en paix, après des siècles de guerres. Aujourd’hui, alors que la Russie mène une guerre contre l’Ukraine, pays frontalier de l’Union, et multiplie les provocations dans l’espace aérien des pays baltes, l’Europe apparaît plus que jamais comme un rempart nécessaire. 

L’Europe, c’est également un gage de stabilité monétaire. En près de 25 ans d’existence, la monnaie unique a su faire preuve d’une résistance remarquable face aux crises, qu’il s’agisse du COVID, des mouvements sociaux, de l’inflation ou encore de la guerre en Ukraine. Là où une monnaie nationale aurait sans doute subi plusieurs dévaluations, l’euro a permis de protéger notre économie.

L’Europe, c’est avant tout un gage de solidarité. Pendant la pandémie, les États membres ont su unir leurs forces, notamment à travers l’achat commun de vaccins, démontrant la force d’une action collective. L’Union européenne soutient aussi concrètement ses citoyens grâce à ses dispositifs d’aide, comme la Politique Agricole Commune (PAC), pilier historique du projet européen. Si certaines orientations peuvent prêter à débat et si la PAC gagnerait à être plus souple et réactive, elle demeure un appui indispensable pour des milliers d’agriculteurs.

L’Europe, c’est enfin l’ouverture sur les autres. Grâce à l’espace Schengen, les citoyens européens peuvent voyager et travailler plus librement d’un pays à l’autre. Le programme Erasmus+, véritable réussite européenne, offre chaque année à des milliers d’étudiants et d’enseignants l’opportunité de découvrir d’autres cultures et de s’enrichir mutuellement. Grâce à ces initiatives, l’Union européenne continue de rapprocher les peuples.

Elle continue de faire rêver et d’inspirer sur notre continent. Je veux saluer le choix des citoyens moldaves, qui ont récemment affirmé leur attachement à l’Europe occidentale plutôt qu’à l’influence russe.

Incontestablement, l’Europe reste une espérance.
 
C’est dit !



QE #294 – Décret d’application de la loi relative à la profession d’infirmier

Bruno Belin attire l’attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées sur les inquiétudes exprimées par la profession d’infirmier concernant le projet de décret d’application de la loi n° 2025-581 du 27 juin 2025 sur la profession d’infirmier.

La profession d’infirmier, qui compte plus de 600 000 professionnels en activité, constitue un maillon essentiel de l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire national. Grâce à une démographie dynamique et à une extension récente de leurs compétences, les infirmiers et infirmières jouent un rôle déterminant, en particulier dans les territoires confrontés à une pénurie de médecins et à des difficultés d’accès aux soins. C’est dans cet esprit que le Parlement a souhaité une réforme ambitieuse de cette profession, visant à renforcer leur autonomie, leur responsabilité et leur reconnaissance au sein du système de santé.

Or, la profession fait part de vives inquiétudes concernant le projet de décret d’application actuellement en préparation. Dans sa version actuelle, celui-ci ne traduirait pas fidèlement les dispositions législatives votées par le Parlement, risquant ainsi d’affaiblir la portée de la loi, de créer une insécurité juridique quant à l’étendue des compétences infirmières et de retarder la mise en œuvre effective de la réforme attendue par la profession et les patients.

Les représentants de la profession appellent à ce que le texte réglementaire respecte pleinement les orientations votées par le Parlement, notamment l’intégration explicite de la notion d’accès direct aux soins relevant des missions propres des infirmiers, le maintien d’une approche fondée sur les missions plutôt que sur les actes, la reconnaissance de l’autonomie professionnelle, la consolidation de la consultation infirmière, la valorisation du rôle infirmier dans la prévention ainsi que la déclinaison explicite des sciences infirmières.

Par conséquent, il demande au Gouvernement de préciser quelles modifications il entend apporter au projet de décret d’application afin d’assurer une conformité avec la loi du 27 juin 2025.

La question sera publiée le 06 novembre au Journal Officiel et portera le numéro 06572.