#367 – Le « chantier du siècle » : La sécurité de nos ponts 

Est-ce que nos ponts tiennent bons ? 

Une partie de l’autoroute A 13 est fermée depuis 4 jours en raison d’une fissure transversale due à des mouvements de terrain. 

Un nouveau signe de la fragilité de certaines infrastructures routières et des ouvrages d’art qui les jalonnent. 

Récemment, un pont s’est effondré dans le Gard. Sans victime fort heureusement. 

J’alerte depuis deux ans. Mon rapport au Sénat sur l’état des ponts allait déjà dans ce sens. (Le lien vers le rapport : Sécurité des ponts : face au « chantier du siècle », l’urgence d’une action publique plus ambitieuse)

Les conditions climatiques (sécheresse puis pluies diluviennes) aggravent les situations des ouvrages parfois vétustes ou insuffisamment entretenus par manque de moyens ou ignorance de la propriété. 

Il y a urgence. L’État peut accompagner les collectivités pour un diagnostic et un état des lieux grâce au CEREMA. Puis, il faudra prioriser les travaux selon les faiblesses mises à jour. Il faut un plan pour nos ponts ! 

La sécurité sur nos routes passe par là. 

C’est dit ! 



#366- Préserver notre patrimoine : des cathédrales aux petites églises de campagne 

Il y a 5 ans jour pour jour, le 15 avril 2019, la cathédrale Notre-Dame de Paris était en proie aux flammes. Les images de sa flèche, sa toiture, son horloge et une partie de sa voûte, ravagées par le feu, ont suscité une forte émotion à travers le monde. La mobilisation financière, avec 846 millions d’euros de dons, a été massive pour sauver cet édifice qui a résisté à la Révolution française, aux deux guerres mondiales et à bien d’autres événements historiques. Grâce à cette générosité, les travaux de rénovation avancent rapidement et devraient permettre la réouverture de Notre-Dame d’ici la fin de l’année.

Bien que nous soyons tous heureux de voir ce symbole de la France renaître de ses cendres, la situation est bien différente pour nos autres bâtiments historiques dans nos territoires. L’entretien et la rénovation des 48 000 bâtiments inscrits aux monuments historiques sont assurés par un modeste budget de 350 millions d’euros. Il en va de même pour le patrimoine religieux rural. Dans notre département, de nombreuses communes, comme Fleix, font face à des difficultés pour rénover leurs églises. Elles sont contraintes de les fermer par mesures de sécurité, privant ainsi les fidèles de lieux de culte et les visiteurs de sites d’intérêt culturel.

Lors des inondations survenues le weekend de Pâques, deux cryptes de l’Abbaye de Saint-Savin ont été submergées. La restauration de cet édifice, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983, représente une charge financière trop importante pour la commune de 800 habitants. Préserver ce bâtiment et ces peintures inestimables représente un défi considérable. Il est impératif d’apporter un soutien approprié afin de garantir la sauvegarde de ce trésor pour les générations à venir. 

Chaque pan de l’Histoire nous a laissé de nombreux atouts dans nos territoires. 
 
Faisons en sorte de préserver ce que l’histoire nous a transmis.

Conservons ces joyaux du passé.

C’est dit ! 



QE #231 – Pénurie de Trulicity

M. Bruno Belin attire l’attention de M. le ministre délégué chargé de la Santé et de la Prévention sur la pénurie de médicaments, en particulier le Trulicity, utilisé dans le traitement du diabète de type 2.

Depuis plusieurs mois, les patients diabétiques rencontrent des difficultés grandissantes pour se procurer des médicaments nécessaires à leur traitement, notamment le Trulicity, en raison d’une pénurie mondiale. Cette situation, liée à l’augmentation de la demande mondiale de Trulicity, conduit à des tensions d’approvisionnements et des ruptures de stock dans les laboratoires. Le laboratoire Lilly, fabricant du Trulicity, a d’ailleurs signalé des tensions importantes sur sa gamme de ce médicament, susceptibles de persister tout au long de l’année 2024.

Face à cette situation, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé a restreint la prescription du Trulicity aux patients déjà sous traitement, afin d’assurer la continuité des soins pour ces derniers.

Néanmoins, cette mesure n’a pas suffi à résoudre le problème, car seuls 30 à 50 dosages hebdomadaires sont livrés chaque semaine aux deux répartiteurs du département de la Vienne pour 139 pharmacies. Les officines de pharmacie se retrouvent alors impuissantes face à la demande de ces médicaments antidiabétiques par les patients. Ce défaut de soins représente une situation dramatique pour de nombreux patients qui ne disposent même pas d’une estimation de la date de leur prochain réapprovisionnement en médicaments.

Il demande au Gouvernement quelles mesures seront prises pour résoudre cette situation critique et garantir que les pharmacies et leurs patients ne soient plus confrontés à des pénuries de médicaments essentiels.

La question sera publiée le 18 avril au Journal Officiel et portera le numéro 11258.

QE #230 – Impacts des inondations pour les exploitations agricoles dans la Vienne

M. Bruno Belin attire l’attention de M. le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire au sujet des récentes inondations survenues dans le département de la Vienne, et de leurs impacts sur les cultures céréalières.

Les inondations survenues durant le week-end de Pâques 2024 dans la Vienne ont engendré d’importantes perturbations au sein des exploitations agricoles locales : destructions de clôtures, perte d’animaux, impossibilité d’abreuvement, cultures noyées…. Ces événements s’ajoutent aux fortes précipitations des derniers mois de 2023. La carte départementale de la pluviométrie démontre un dépassement exceptionnel et très supérieur à la moyenne historique 2003-2022, au-delà-même des 900mm de pluie sur une zone sud-ouest de la Vienne.

Dans un contexte agricole déjà tendu, les agriculteurs doivent faire face à de nouvelles difficultés techniques. Les semis d’automne ont été affectés, contraignant certains exploitants à réinvestir dans l’achat de graines pour reprendre leurs cultures. Certains terrains demeurent impraticables, submergés d’eau. Ces difficultés techniques se traduisent par des difficultés économiques, alourdies par des charges supplémentaires et des pertes financières, notamment à cause de cultures de printemps moins rentables, voire de l’incapacité à semer des cultures destinées à la vente.

Les éleveurs sont également touchés, ne pouvant pas laisser leurs animaux en pâturage, ce qui accroît les achats de granulés et la consommation des stocks de fourrage. Par ailleurs, l’absence de semis de céréales à paille risque de provoquer des problèmes d’approvisionnement.

La crainte principale réside dans une perte de rendements considérable sur les cultures d’hiver mais aussi la décapitalisation dans certains élevages. Les assurances récoltes pourraient ne pas suffire à compenser les pertes réelles des agriculteurs en raison de leur mode de calcul actuel.

Il est impératif de préserver et de soutenir notre modèle agricole français.

Par conséquent, il demande au Gouvernement quelles réponses peuvent être apportées à la situation des agriculteurs de la Vienne, et l’interroge notamment sur la possibilité de déclarer l’état de calamité agricole.

La question sera publiée le 18 avril au Journal Officiel et portera le numéro 11257.

QO #13 – Recours aux professionnels de santé diplômés hors Union européenne – 9 avril 2024

Bruno BELIN : Cela fait maintenant dix-huit ans que j’écris et que je parle sur la question des déserts médicaux et, malgré toutes les annonces de bonne volonté que l’on peut entendre quasiment chaque semaine, on sait très bien que la décennie qui est devant nous sera très difficile pour les patients.

C’est pourquoi je souhaite interroger le Gouvernement sur la possibilité de recourir aux professionnels de santé diplômés hors de l’Union européenne. Nous devons évidemment veiller à ne pas « vider » – pardonnez-moi ce mot, mais il est très parlant – les pays de formation de ces professionnels, et nous devons prendre en compte les parcours de vie – je pense à une jeune médecin cubaine que l’on n’a pas autorisée à s’installer il y a quinze ans en France et qui fait maintenant le bonheur d’une célèbre agence onusienne sise à Genève.

Madame la ministre déléguée, le Gouvernement entend-il faire appel aux professionnels de santé diplômés hors Union européenne pour pallier les carences de notre système et essayer d’apporter des réponses dans les déserts médicaux ?

Sarah EL HAIRY, ministre déléguée chargée de l’enfance, de la jeunesse et des familles : Monsieur le sénateur Belin, votre combat contre les déserts médicaux est ancien et reconnu par tous.

Comme vous le savez, les professionnels de santé qui ne sont pas titulaires d’un diplôme français peuvent être autorisés à exercer en France sous certaines conditions, différentes selon que leur diplôme a été obtenu dans un État membre de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen ou dans un État tiers.

L’autorisation d’exercice pour les praticiens à diplôme étranger est non seulement un enjeu individuel, mais aussi, dans l’attente des pleins effets de l’augmentation des effectifs de praticiens formés en France, une mesure permettant de garantir, dans de nombreux territoires, le maintien de l’offre de soins.

En France, la voie d’accès à l’obtention du plein exercice pour les praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue) est le concours des épreuves de vérification des connaissances, qui a lieu chaque année.

Une refonte de cette procédure est actuellement envisagée pour faciliter le parcours de demande d’autorisation d’exercice de ces praticiens. Ces évolutions seront mises en oeuvre pour partie à compter de la session 2024.

En attendant, la loi du 27 décembre 2023 visant à améliorer l’accès aux soins par l’engagement territorial des professionnels a permis une première réforme structurelle du dispositif.

Elle a notamment permis la création d’une attestation d’exercice temporaire : le praticien étranger présent sur le territoire français se verra attribuer, à la suite de l’examen de son dossier par une commission d’autorisation d’exercice, une telle attestation pour treize mois en amont de sa réussite aux épreuves de vérification des connaissances. Cette attestation est renouvelable une fois en cas de premier échec, notamment pour permettre à ces praticiens de mieux se préparer aux épreuves.

À compter de 2025, d’autres aménagements du concours et de la nature des épreuves seront mis en oeuvre.

Monsieur le sénateur, vous pouvez compter sur la mobilisation du Gouvernement pour lutter, à vos côtés, contre les déserts médicaux.

Bruno BELIN : Je vous remercie de ces précisions, madame la ministre déléguée. Il nous faut tenter toutes les solutions et recourir à tous les savoir-faire.

Au-delà des déserts médicaux, que nous connaissons déjà, je voudrais élargir la question aux déserts pharmaceutiques vers lesquels nous nous dirigeons d’ici à la fin de la décennie. Il faut aussi y penser et je ne cesse de lancer des alertes sur ce sujet, parce que, dans six ou sept ans, seulement 15 % à 20 % des pharmaciens seront remplacés. Nous nous dirigeons tout droit vers un vrai séisme, notamment dans les territoires ruraux.

Je parle aussi autant que possible, à toutes les autorités que je croise, de la question de la pénurie de médicaments. Nous y sommes confrontés et cela entraîne déjà des défauts de soins.

J’ai quitté mon officine ce matin avec près d’une quinzaine de patients diabétiques sans Trulicity et sans visibilité sur les délais d’approvisionnement. C’est un comportement inadmissible de la part des laboratoires et de toute la chaîne de fabrication. Cela fait deux ans que nous alertons sur ce sujet et de nombreux patients subissent aujourd’hui des retards de soins, ce qui est dramatique.

QE #229 – Difficultés de l’association Action de Santé Libérale En Equipe (ASALEE)

M. Bruno Belin attire l’attention de M. le ministre délégué chargé de la santé et de la prévention, sur les difficultés que traverse l’association Action de Santé Libérale En Equipe (ASALEE) dans les négociations avec la caisse nationale d’assurance maladie (CNAM).


Cette association, créée en 2004 dans les Deux-Sèvres, propose un dispositif de coopération entre médecins et infirmières déléguées à la santé publique au service de la prévention et de l’éducation à la santé. Elle compte actuellement environ 2 000 infirmiers et infirmières travaillant en partenariat avec plus de 9 000 médecins sur l’ensemble du territoire national dans le but d’améliorer les parcours de soins des patients, notamment ceux souffrant de maladies chroniques. Ces professionnels contribuent ainsi à réaliser des économies dans le domaine de la santé et à apporter un service dans des secteurs qui manquent de médecins dans les zones rurales.


Les négociations entre la CNAM et l’association ont échoué ces derniers mois, mettant en péril la survie de plusieurs antennes locales qui risquent de fermer. Cette situation se traduit par des retards dans le versement des subventions et des salaires non payés. Avec des réserves financières épuisées, l’association risque désormais de faire faillite, ce qui entraînerait la fin du dispositif ASALEE.


Dans la Vienne, un partenariat est établi entre l’association ASALEE et le centre de santé des Trois Cités de Poitiers. En 2023, ce partenariat a permis près de 700 consultations de prévention, d’éducation thérapeutique ou de médiation en santé ainsi qu’une dizaine d’ateliers collectifs co-crées avec les habitants en fonction de leurs besoins en santé. Le temps médical gagné permet aux médecins d’accueillir de nouveaux patients. Le ministère de la santé a reconnu directement l’apport et l’impact positif de ces prises en charge coordonnées. Il convient maintenant d’assurer la pérennité de ce dispositif.


Par conséquent, il demande au Gouvernent quelles sont les actions envisagées pour résoudre cette situation urgente. Les enjeux sont considérables pour les territoires, en particulier ceux touchés par la désertification médicale.


La question sera publiée le 11 avril au Journal Officiel et portera le numéro 11189.

QE #228- Seuils de décharges de direction

M. Bruno Belin attire l’attention de Mme la ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse sur les seuils de décharge pour les directeurs d’école à la suite de fermeture de classes.

En juillet 2023, le président de la République avait formulé la promesse d’un « professeur devant chaque classe ». Aujourd’hui, dans le département de la Vienne, cet engagement est loin d’être tenu puisqu’il manque entre 60 et 80 enseignants. Malgré cela, la direction des services départementaux de l’éducation nationale prévoit pour la rentrée 2024-2025, la suppression de 21 postes et la fermeture de 40 classes, entraînant ainsi la mise en place de classes plus importantes en nombre d’élèves. La hausse du nombre d’élèves par classe entraîne une baisse dans la qualité de l’enseignement proposé.
Cette situation se répercute également sur les directeurs d’établissement, souvent contraints d’endosser une double responsabilité. La condition des responsables de ces établissements est préoccupante, car leurs temps de décharges diminuent mais leurs contraintes augmentent, ce qui a des répercussions négatives sur l’accompagnement pédagogique des élèves et la coordination avec les services municipaux. Cette double responsabilité et cette cadence empiètent grandement sur l’ensemble des missions du personnel.


Il prend l’exemple de l’école Charles Choisie à Montamisé, dans le département de la Vienne, où une classe est programmée pour être fermée selon les annonces du directeur académique des services de l’éducation nationale. Cela réduit le nombre de classes de 9 à 8, réduisant ainsi le temps de décharge de la directrice de 50 % à 33 %, et ce, malgré des effectifs stables. Les suppressions de classes sont directement corrélées aux seuils des décharges de direction, en dépit d’un nombre d’élèves quasiment inchangé.


Il souhaiterait connaître les intentions du Gouvernement concernant les demandes de révisions de seuils des décharges de direction actuellement en place dans les écoles maternelles et élémentaires.


La question sera publiée le 11 avril au Journal Officiel et portera le numéro 11188.

#365- Déficit public : Les collectivités territoriales ne doivent pas être la variable d’ajustement  

À la fin du mois de mars, l’INSEE a dévoilé l’évaluation des comptes publics de la France, signalant une trajectoire financière de l’État préoccupante. Manque des recettes fiscales, augmentation du déficit, hausse exponentielle de la dette, le Gouvernement doit revoir la trajectoire des finances publiques 2023-2027 seulement deux mois après le vote du Budget, et ce, malgré de nombreuses alertes. Dès le mois de décembre, au Sénat, nous avions proposé une économie de 7 milliards sous l’autorité de Jean-François Husson, rapporteur général du budget.

La loi de finances pour 2024 s’est avérée être insincère avec des prévisions de réduction du déficit public à 4,4% du Produit Intérieur Brut (PIB). Cependant, la réalité est tout autre, le déficit public étant aujourd’hui établi à 5,5 % du PIB. Nous devons réagir pour assurer la crédibilité de la France auprès de ses partenaires européens et de ses créanciers. Le Gouvernement a été contraint d’annoncer par décret 10 milliards d’euros d’économies sur les dépenses de l’État. Pour atteindre son objectif de ramener le déficit public en dessous de 3 % du PIB d’ici 2027, il devra encore trouver 65 milliards d’euros en l’espace de trois ans et demi.

Le déclin économique de la France, en la plaçant parmi les pays les plus endettés et affichant les déficits les plus élevés de la zone euro, est également marqué par un mépris envers le Parlement. Il est impératif que le Parlement ne soit plus mis de côté dans cette démarche. Les propositions d’économies doivent être soumises au vote à travers un projet de loi de finances rectificative. Par ailleurs, le Parlement doit exercer sa mission de contrôle du Gouvernement. C’est pourquoi, la commission des Finances du Sénat a immédiatement mis en place une mission d’information sur la dégradation du déficit de 2023 et le manque information à l’égard du Parlement.

Pour assainir l’état de nos finances, il nous faut arrêter les nouvelles dépenses publiques et assurer aux Français la garantie d’une fiscalité inchangée, sans nouveaux impôts et taxes qui entraîneraient une baisse de la consommation. Les collectivités ne doivent pas payer le prix de cette dérive étant à l’initiative des trois-quarts des investissements et financements publics. Il faut, au contraire, les renforcer, en respectant le principe constitutionnel de leur libre administration, lequel repose sur l’autonomie fiscale des collectivités.

A l’occasion du cinquantenaire du décès du président Georges Pompidou, le dernier chef d’État à avoir maintenu un budget en équilibre, revenons à la discipline fiscale imaginée et réalisée par ce dernier. 

C’est dit ! 



QE #227- Préservation des peintures de l’abbaye de Saint-Savin

M. Bruno Belin souligne à Mme la ministre de la Culture l’urgence d’agir pour la préservation des peintures de l’abbaye de Saint-Savin dans la Vienne.


Le samedi 30 mars 2024, la crue de la Gartempe a provoqué des inondations dans une partie de l’abbaye de Saint-Savin, classée au patrimoine mondial de l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) depuis 1983. Deux cryptes se sont retrouvées sous les eaux suscitant des inquiétudes autour de l’état des peintures murales. La crypte de Saint-Marin a été entièrement submergée, avec plus de deux mètres d’eau à l’intérieur, tandis que la crypte de Saint-Savin, abritant des peintures exceptionnelles du XIème siècle, a également été touchée, avec près de 50 cm d’eau au pic de l’épisode. La présence prolongée d’humidité dans les murs, ainsi que le phénomène de la capillarité qui fait remonter l’eau dans les peintures inquiètent fortement le maire de la commune et les responsables de cet établissement public de coopération culturelle. Par ailleurs, une alerte avait déjà été lancée concernant la présence d’un voile blanc sur les murs probablement dû à l’humidité ou à un champignon, et des diagnostics devaient être réalisés


En raison de sa valeur patrimoniale, la commune n’a pas réussi à trouver des assureurs acceptant de couvrir ce bâtiment, estimé à 17 millions d’euros en biens, les peintures étant elles-mêmes inestimables. La seule proposition reçue s’élevait à 17 000 euros, ce qui représente un coût trop important pour la commune de 800 habitants. Les estimations de devis auprès des entreprises de restauration de peintures, qui suivront le processus de séchage et préconiseront les mesures de sauvegarde nécessaires, ainsi que les délais d’intervention, ne sont pas encore connues. Cependant, le maire de la commune redoute un coût trop élevé pour être supporté par la municipalité.


Dans ce contexte, il demande au Gouvernement d’intervenir dans la prise en charge des dégâts liés aux inondations de ce bâtiment, compte tenu de son statut de patrimoine mondial de l’UNESCO. Il est impératif d’agir rapidement pour préserver ce joyau de l’histoire. Par ailleurs, au-delà des évènements récents, la présence d’un site classé UNESCO dans une petite commune représente une charge considérable. Il sollicite donc des solutions pour soutenir la commune dans la protection de ce trésor unique et pour faciliter son assurance.


La question sera publiée le 11 avril au Journal Officiel et portera le numéro 11187.

QE #226- Franchises d’assurance à la suite de catastrophes naturelles

M. Bruno Belin interroge M. le ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique sur le coût des franchises d’assurance à la suite de catastrophes naturelles.

Le samedi 30 mars 2024, des inondations historiques ont frappé plusieurs départements, dont celui de la Vienne, entraînant l’évacuation de plusieurs centaines de personnes, des dommages dans les commerces et la fragilisation de nombreuses infrastructures comme le pont d’Angles-sur-Anglin.

Dans certaines communes comme à Montmorillon, dans la Vienne, de fortes intempéries ont provoqué une montée des eaux soudaine et brève, entraînant des infiltrations d’eaux dans les habitations et les commerces. Les commerçants vont subir des répercussions dans les semaines, voire les mois à venir, en raison de la destruction des machines et équipements essentiels au fonctionnement de leur entreprise. Outre les dépenses liées au remplacement du matériel, les commerces alimentaires ont spécifiquement ressenti l’impact du manque à gagner durant un week-end de Pâques très sollicité en réservations.


Le ministère de l’intérieur a lancé la procédure accélérée de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle afin de permettre une prise en charge rapide des sinistrés. Cependant, les coûts pour les habitants et commerçants restent très élevés, avec des franchises atteignant 380 euros pour déclencher les indemnisations des assurances.


Il interroge le Gouvernement sur l’existence de mesures permettant d’exempter les sinistrés des franchises d’assurance coûteuses, en particulier dans les situations où ils ne portent aucune responsabilité dans les événements survenus.


La question sera publiée le 11 avril au Journal Officiel et portera le numéro 11186.