QE #251 – Sécurité des personnels pénitentiaires

M. Bruno Belin attire l’attention de M. le ministre d’État, garde des sceaux, ministre de la justice sur la situation préoccupante en matière de sécurité des personnels pénitentiaires.


Les événements survenus en décembre dernier au centre pénitentiaire de Marseille Les Baumettes, ainsi que le drame d’Incarville, témoignent d’une recrudescence inquiétante des violences dont sont victimes les agents de l’administration pénitentiaire, parfois jusque dans leur sphère privée. Ces faits ne doivent en aucun cas être banalisés.


Il est essentiel de reconnaître pleinement le rôle déterminant joué par ces personnels au sein de la chaîne de sécurité publique. Confrontés à une criminalité organisée de plus en plus violente et structurée, les agents pénitentiaires sont quotidiennement exposés à des menaces, des pressions et à une mise en danger de leur intégrité physique et morale.


Des mesures concrètes sont attendues pour garantir leur sécurité : refonte de la politique carcérale, création d’établissements spécialisés adaptés aux profils de détenus, moyens renforcés pour lutter contre les trafics et objets interdits, et nouvelles prérogatives pour les agents. Par ailleurs, l’application effective de l’article 15-4 du Code de procédure pénale – notamment l’anonymisation systématique de l’identité des personnels dans les procédures disciplinaires, judiciaires ou documents administratifs, via l’usage de matricules – constituerait une avancée importante pour leur protection.


Par conséquent, il demande quelles mesures le Gouvernement compte prendre pour protéger les personnels pénitentiaires et rétablir la sécurité dans les établissements.


La question sera publiée le 10 avril au Journal Officiel et portera le numéro 04184.

#407 – Chemins faisant, imaginons demain !

Cette semaine, j’ai eu le plaisir de présenter mon 7ᵉ livre, Chemins faisant, imaginons demain, un ouvrage à la croisée de la rétrospection et de la projection.

Après plus de trente ans de vie publique dans la Vienne, enrichis par le choix de poursuivre une activité professionnelle, j’ai souhaité retranscrire tout ce que ces expériences et ces rencontres m’ont apportées. Autant de chemins empruntés pour mieux comprendre la complexité de l’action publique et pour continuer à agir, toujours guidé par la même volonté : proposer et être utile.

Il faut parfois regarder derrière soi pour mieux entrevoir l’avenir.

Du logement à la démographie, de l’énergie à l’agriculture, de nombreux défis nous attendent dans la décennie à venir. Rendre compte de ces chemins parcourus, c’est aussi partager une vision et expliquer en quoi ces expériences dessinent d’autres horizons, dans un monde en perpétuelle mutation. Ces chemins n’ont pas de fin : ils nous amènent à penser le monde de demain.

Ce livre est aussi une invitation à l’action, avec 86 propositions concrètes – non exhaustives, certes – mais lesquelles, je l’espère, permettront de nouveaux chemins pour l’avenir. Car c’est aujourd’hui que se construit le futur des générations qui verront le XXIIᵉ siècle.

Dans un monde en tension, sur une planète fragilisée et dans une société qui se cherche, plusieurs chemins s’offrent à nous. Alors, ensemble, imaginons demain.

C’est dit !



#406 – Des projets pour la Vienne ! 

VHeureux d’avoir participé à plusieurs inaugurations ces derniers jours sur le territoire, marquant l’aboutissement de nombreux projets à Savigné, Coulonges-les-Hérolles et Valdivienne. Ces réalisations sont le fruit d’un travail collectif mené par nos élus et les acteurs locaux, avec la volonté d’améliorer le quotidien des habitants.

À l’heure où l’on s’interroge sur ce qui pourrait motiver de nouveaux candidats à s’engager pour les prochaines élections municipales, la capacité à porter et réaliser des projets reste un moteur fort. Nos élus sont des catalyseurs d’initiatives, porteurs de propositions concrètes qui façonnent l’avenir de leurs communes. Mais pour que cette dynamique se poursuive, l’État doit leur apporter des moyens d’agir et simplifier les procédures administratives. Chaque projet, petit ou grand, participe à rendre nos territoires plus attractifs et vivants. Un soutien efficace pourrait aussi les encourager à poursuivre leurs actions et susciter de nouvelles vocations afin d’aider à la constitution des futures équipes municipales.

Nos élus doivent pouvoir se projeter sur le long terme et voir leur mandat comme une chance de développer et d’innover, bien au-delà de la gestion des affaires courantes. Leur rôle ne peut se résumer à l’entretien des cimetières ou aux préoccupations du quotidien.

Des salles des fêtes aux maisons de santé, en passant par les commerces et les équipements sportifs, nous devons encourager nos élus à imaginer et construire l’avenir de nos territoires. 

C’est dit !



QE #250 – Baisse de l’offre de la desserte TGV dans les gares du département de la Vienne

M. Bruno Belin attire l’attention de M. le ministre chargé des transports sur le non-respect de la convention 2017-2027 liant la SNCF aux collectivités territoriales, qui engageait l’État à « maintenir un haut niveau de qualité pour la desserte ferroviaire des gares visées ».

Récemment, nous avons été alertés sur un projet de suppression d’un arrêt du TGV en gare de Châtellerault. Lors d’une rencontre avec le directeur de l’axe Atlantique de la SNCF, en présence du directeur de cabinet du président de SNCF Voyageurs, la mise en place d’une étude expérimentale en vue de cette suppression a été confirmée. Cette décision, prise unilatéralement, va pourtant à l’encontre des principes d’aménagement du territoire et des objectifs de mobilité définis conjointement. Une telle modification de l’offre impacterait fortement les habitants, les entreprises et l’ensemble des acteurs économiques du territoire.


Cette mesure s’ajoute à la suppression de trains desservant la gare de Poitiers. La convention 2017-2027 prévoyait 16 allers-retours au départ de cette gare, mais ce nombre est aujourd’hui réduit à 13. Situées sur la ligne à grande vitesse Bordeaux-Paris, ces gares jouent un rôle clé dans l’attractivité économique locale et répondent à une forte demande des usagers.


Pour rappel, Poitiers, Châtellerault et le département de la Vienne avaient contribué au financement de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique sur la base de promesses de dessertes. De plus, la convention 2017-2027 engageait l’État à garantir un service de qualité pour les gares concernées. En tant qu’opérateur de service public, la SNCF ne peut se limiter à des considérations strictement financières au détriment des besoins des territoires.


Par conséquent, il demande au Gouvernement d’intervenir auprès de la SNCF afin de reconsidérer ces décisions en prenant pleinement en compte les réalités locales et les enjeux d’accessibilité pour les usagers ainsi que pour les acteurs économiques du territoire.


La question sera publiée le 3 avril au Journal Officiel et portera le numéro 04034 .

QE #249 – Pénalités financières prévues par la loi SRU

M. Bruno Belin attire l’attention de Mme la ministre chargée du logement sur les pénalités imposées au titre de la loi n°2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains, dite loi SRU.

La loi SRU impose, depuis 2000, aux communes de disposer de 20 % à 25 % de logements sociaux par rapport à l’ensemble des résidences principales. Les communes ne respectant pas ces seuils doivent combler leur retard et sont soumises à un prélèvement annuel sur leurs ressources fiscales, proportionnel à leur potentiel fiscal et à leur déficit en logements sociaux.
Cependant, certaines communes, conscientes de leur retard, mettent en place d’importants dispositifs d’aides et de subventions pour atteindre ces objectifs. Ces efforts leur permettront d’atteindre le quota requis, mais seulement dans plusieurs années. De plus, selon la méthode actuellement appliquée pour le calcul du prélèvement au titre de l’article 55 de la loi SRU, les résultats de ces investissements ne seront pris en compte qu’avec un décalage de deux ans.
Par exemple, la commune de Fontaine-le-Comte, grâce à des efforts significatifs, verra son taux de logements sociaux passer de 9 % en 2023 à 19,5 % en 2027. Malgré cet engagement, elle doit supporter simultanément le coût des aides à la pierre, des subventions exceptionnelles pour les projets ainsi que les prélèvements liés à l’article 55 de la loi SRU. Pour le budget primitif, cela représente une charge de plus de 40 000 euros en section de fonctionnement et de 89 720 euros en section d’investissement.
Face à cette situation, il demande au Gouvernement de prendre en compte les efforts engagés par les communes dans le calcul des quotas de logements sociaux. Une réévaluation des critères de pénalisation permettrait d’encourager les initiatives locales et de renforcer l’efficacité des politiques de logement social.


La question sera publiée le 03 avril au Journal Officiel et portera le numéro 04011.

#405 – Une ministre dans la Vienne ! 

Vendredi, j’ai eu le plaisir d’accueillir à Monts-sur-Guesnes mon ancienne collègue sénatrice, Françoise Gatel, devenue ministre de la Ruralité en septembre 2024. Une visite marquée par son retour dans ce village d’avenir, qu’elle connaît bien pour l’avoir découvert à plusieurs reprises, notamment en tant que présidente des Petites Cités de Caractère et lors de l’inauguration du château de Monts sur Guesnes – Historial du Poitou en 2022.

La ministre a ensuite poursuivi son déplacement à Chenevelles pour le lancement du “Pass Mobilité”, une expérimentation nationale dédiée à la mobilité rurale. Elle s’est ensuite rendue au Printemps des Communes et des Intercommunalités organisé par l’AMF 86, à l’invitation de Jérôme Neveux, Président de l’Association des Maires de la Vienne. Lors de cet événement consacré à la crise des vocations municipales à l’approche de 2026, elle a prononcé le discours de clôture de la matinée.

Cette visite s’inscrit dans une série de déplacements visant à évaluer sur le terrain le plan France Ruralités, lancé en juin 2023 par Élisabeth Borne, en présence de Françoise Gatel alors présidente de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation. Le programme “Villages d’Avenir”, issu de ce plan, accompagne les communes rurales de moins de 3 500 habitants dans leurs projets de réhabilitation de bâtiments, de logement, d’aménagement d’espaces publics, de transition écologique, de mobilité et de développement des commerces et services de proximité. Ce dispositif s’inscrit dans la continuité des “Petites Villes de Demain” et bénéficie d’un fort soutien des élus locaux. Ces dispositifs participent au dynamisme et à la cohésion sociale des territoires ruraux.

Cependant, si les aides en ingénierie ont permis aux collectivités d’élaborer leurs projets, les financements, eux, tardent à se concrétiser. Sans ces ressources, de nombreuses initiatives restent à l’arrêt faute de moyens communaux suffisants. C’est pourquoi, le dernier temps de cette visite ministérielle a été consacré à une rencontre avec les maires des communes labellisées Villages d’Avenir et Petites Villes de Demain, afin d’enrichir le bilan du plan France Ruralités et d’annoncer les nouveaux lauréats du dispositif dans le département.

C’est dit !



QE #248 – Situation des établissements de l’enseignement agricole privé

M. Bruno Belin attire l’attention de Mme la ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire sur les difficultés financières des établissements de l’enseignement agricole privé, regroupés au sein du Conseil national de l’enseignement agricole privé (CNEAP), qui accueille 45 000 élèves en formation initiale et 12 000 apprentis.

Le financement de ces établissements est encadré par la loi n° 84-1285 du 31 décembre 1984 portant reforme des relations entre l’État et les établissements d’enseignement agricole prives et modifiant la loi n° 84-579 du 9 juillet 1984 portant rénovation de l’enseignement agricole public, qui prévoit une aide de l’État, historiquement calculée sur la base du coût d’un élève dans l’enseignement public. Depuis la signature du protocole 2022-2026, le montant de cette aide est figé, malgré une hausse initiale de 8 % destinée à compenser les contraintes budgétaires. Une clause de révision, censée permettre un ajustement, n’a pas été activée en raison de divergences d’interprétation avec l’État. Dans le même temps, les établissements font face à une augmentation importante de leurs charges : +19 % pour l’énergie et +14 % pour l’alimentation en gestion directe entre 2022 et 2023.


Par ailleurs, contrairement aux lycées de l’éducation nationale, ces établissements n’ont pas bénéficié des lois de décentralisation et l’État exclut les financements régionaux du calcul des subventions, générant un manque à gagner annuel estimé entre 35 et 40 millions d’euros. Au 31 août 2023, une quarantaine d’établissements étaient en déficit lourd, menaçant leur pérennité. Le CNEAP a engagé une démarche contentieuse contre l’État pour contester l’insuffisance des moyens alloués.


Dans ce contexte, il demande au Gouvernement quelles mesures sont prévues pour assurer la viabilité de ces établissements


La question sera publiée le 20 mars au Journal Officiel et portera le numéro 03762.

#404- Le Sénat à la recherche d’un équilibre entre sobriété foncière et aménagement du territoire

Cette semaine, le Sénat a examiné la proposition de loi TRACE (Trajectoire de Réduction de l’Artificialisation Concertée avec les Élus locaux). Fruit des travaux menés de longue date par mes collègues Jean-Baptiste Blanc et Guislain Cambier, ce texte vise à faciliter la mise en œuvre de la stratégie de sobriété foncière inscrite dans la loi Climat-Résilience de 2021.

Près de quatre ans après l’adoption de cette loi, l’inquiétude des élus locaux reste forte. C’est pourquoi le Sénat agit pour rendre la politique de réduction de l’artificialisation des sols plus soutenable pour les collectivités, tout en veillant à sa compatibilité avec les autres priorités de la transition écologique : industrie, logement, agriculture, etc.

L’enjeu est de trouver des solutions adaptées aux réalités territoriales, tout en préservant l’ambition de sobriété foncière. Le vote solennel du Sénat sur ce texte est prévu ce mardi 18 mars. Il appartiendra ensuite à l’Assemblée nationale de se prononcer pour mener à son terme l’examen législatif de cette proposition de loi.

Réduire notre consommation foncière est une nécessité, mais il est tout aussi essentiel de continuer à construire de nouveaux logements pour accompagner l’évolution démographique. C’est pourquoi le développement de plans départementaux pour l’habitat doit être une priorité, en mettant particulièrement l’accent sur la rénovation des logements anciens et vacants. Cette approche, bien que plus coûteuse, constitue un véritable investissement d’avenir, conciliant aménagement du territoire et sobriété foncière.

Adapter et rénover nos logements, c’est garantir un cadre de vie durable et répondre aux besoins de chacun.

C’est dit !



#403- Journée internationale des droits des femmes : entre commémoration et avancées paritaires

Depuis 1977, le 8 mars marque la Journée internationale des droits des femmes, une occasion de réaffirmer notre engagement en faveur de l’égalité. En 2025, elle a pour thème « Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation ».

À cette occasion, j’ai eu l’honneur d’accueillir des élues à Fontaine-le-Comte, avant de dévoiler une plaque en hommage à Christiane Laveissière, première femme élue maire de la Vienne en 1959, à Croutelle. Elle a succédé à son mari, décédé en cours de mandat, et restera maire jusqu’en 1965, à une époque où l’engagement des femmes en politique était encore rare.

Cette semaine, j’interviendrai en séance sur deux propositions de loi visant à renforcer la parité et à harmoniser le mode de scrutin municipal, notamment par l’extension du scrutin de liste aux communes de moins de 1 000 habitants. Cette réforme permettrait notamment d’instaurer une représentation paritaire dans les petites communes.

Depuis 1999, la Constitution dispose que « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives ». Cependant, cette exigence ne s’applique toujours pas aux petites communes, et ce, malgré l’engagement pris dans la loi Engagement et proximité de 2019.

En 2020, les femmes représentaient 42,4 % des conseillers municipaux, mais seulement 19,8 % des maires. L’uniformisation du mode de scrutin renforcerait leur présence et leur permettrait d’accéder plus facilement à des mandats exécutifs.

L’engagement des femmes en politique progresse, et nous devons poursuivre cette dynamique. 

L’adoption de ces propositions de loi jouera un rôle clé pour le scrutin de 2026 et l’avenir de la parité.

C’est dit !



QE #247 – Conséquences du gel du Pass Culture

M. Bruno Belin interroge Mme la ministre de la culture sur les conséquences du gel du Pass Culture Part Collective.


Lancé en 2021, le Pass Culture visait à garantir à tous les collégiens et lycéens un accès facilité à la culture. Sa part collective joue un rôle essentiel en soutenant les projets éducatifs et les sorties culturelles des établissements scolaires.
Or, fin janvier, les directions académiques ont informé les chefs d’établissement de la nécessité de déposer en urgence leurs dossiers sur la plateforme dédiée, tout en précisant que les projets futurs risquaient d’être compromis en raison d’un manque de financements. Cette annonce, faite sans préavis, met en péril de nombreux projets pédagogiques en cours de préparation, contraignant les enseignants et les établissements à chercher des solutions alternatives dans l’urgenc
La mise en place de ces projets exige pourtant un travail de longue haleine, nécessitant plusieurs mois, voire plusieurs années de préparation. Le gel du Pass Culture traduit un manque de considération pour l’investissement des enseignants et des équipes pédagogiques, qui oeuvrent avec engagement pour favoriser l’accès à la culture des élèves. Les enseignants et les collectivités regrettent également l’absence de visibilités pour l’organisation et la planification de leurs actions culturelles.
Par conséquent, Bruno Belin demande au Gouvernement quelles mesures il envisage afin de permettre aux enseignants de finaliser leurs projets pour cette année et d’assurer une visibilité sur les années à venir.


La question sera publiée le 06 mars au Journal Officiel et portera le numéro 03599.