QE #278 – Accès des agriculteurs à une ressource en eau suffisante pour l’irrigation

Bruno Belin attire l’attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche sur les obstacles croissants qui entravent l’accès des agriculteurs à une ressource en eau suffisante pour l’irrigation, pourtant essentielle à la sécurité agricole et alimentaire de la Nation ainsi qu’à la pérennité de son tissu économique et social rural.

Malgré les efforts d’adaptation menés par la profession agricole face au changement climatique, les porteurs de projets de retenues d’eau se heurtent à une complexité réglementaire croissante, issue d’un empilement de textes du code de l’environnement difficilement interprétables et donnant lieu à une jurisprudence défavorable et instable. Cette insécurité juridique freine les bureaux d’études, comme les assureurs.

À ces freins réglementaires s’ajoute une contrainte tout aussi déterminante : celle de l’accès aux volumes d’eau. Les études volumes prélevables, élaborées selon une lecture exclusivement environnementale, conduisent à des réductions drastiques – allant de 10 % à 90 % selon les bassins – sans considération suffisante pour les impacts économiques et sociaux. Ces orientations sont relayées par les schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), schémas d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) et projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE) qui s’inscrivent dans une logique de sobriété, synonyme de baisse permanente des volumes, déconnectée de la réalité agricole. Or, comme le montre l’étude d’impacts socio-économique réalisé sur le bassin du Clain, les conséquences économiques de ces baisses de volumes sont considérables, pouvant atteindre des dizaines de millions d’euros par an ainsi que plusieurs centaines d’emplois supprimés pour les filières concernées.

Par ailleurs, même lorsque des volumes sont attribués, ils deviennent souvent inaccessibles du fait de la reconduction systématique des arrêtés de restriction d’usage de l’eau, pris en période de sécheresse, sans mécanisme d’indemnisation pour les irrigants. Aussi, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour sécuriser l’accès à l’eau pour l’agriculture pour des projets de retenues de substitution majoritairement en déclaration, à la fois sur le plan réglementaire et volumétrique, et pour concilier les exigences de préservation de la ressource avec la reconnaissance de l’agriculture comme intérêt général majeur, désormais consacrée par la loi n° 2025 268 du 24 mars 2025 d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture.

La question sera publiée le 26 juin au Journal Officiel et portera le numéro 05353.

QE #277 – Pénurie de Repatha

Bruno Belin attire l’attention de M. le ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l’accès aux soins sur les difficultés d’accès au Repatha, un médicament utilisé dans le traitement de l’hypercholestérolémie.

Ce traitement est prescrit en complément d’un régime alimentaire et d’autres traitements hypolipémiants pour les patients atteints d’hypercholestérolémie familiale ou à haut risque cardiovasculaire. Il joue ainsi un rôle majeur dans la prévention des complications graves, notamment les accidents cardiovasculaires majeurs.

Or, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a récemment signalé des tensions d’approvisionnement importantes concernant le Repatha, entraînant la mise en place d’un contingentement quantitatif à destination des grossistes répartiteurs. À ce jour, aucune date de retour à une distribution normale n’est annoncée.

Cette situation est particulièrement préoccupante pour les patients qui dépendent de ce traitement en continu, ainsi que pour les pharmaciens, notamment en zones rurales, qui peinent à répondre aux besoins de leurs patients. Alors que la santé publique repose en grande partie sur la disponibilité des traitements, ces pénuries répétées fragilisent l’efficacité du parcours de soins et suscitent une forte inquiétude parmi les professionnels comme les usagers. Par conséquent, il demande au Gouvernement quelles mesures seront prises pour garantir la disponibilité du Repatha dans les officines et prévenir durablement les pénuries de médicaments.

La question sera publiée le 26 juin au Journal Officiel et portera le numéro 05348.

#417 – La Vienne, terre d’énergie

Un an après avoir été choisie pour la production de tritium aux côtés du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), la centrale nucléaire de Civaux a détecté deux microfissures sur des tuyauteries. Grâce aux dispositifs de contrôle de plus en plus performants, ces défauts sont repérés précocement, garantissant une sécurité renforcée. EDF a tenu à rassurer en évoquant un événement isolé, avec un impact limité sur la durée d’arrêt. Une nouvelle rassurante, puisque la centrale alimente la moitié de la région Nouvelle-Aquitaine.

Le département de la Vienne s’est illustré très tôt dans l’histoire de l’électrification. Dès 1923, le Syndicat Energies Vienne est créé pour fédérer les communes autour d’une politique énergétique ambitieuse. En 1925, la naissance de la Régie d’Électricité de la Vienne – devenue aujourd’hui SOREGIES – marque un tournant : la Vienne devient, avec la Seine (Paris intramuros), le premier département entièrement électrifié de France. Depuis un siècle, les élus locaux s’investissent pleinement pour garantir un service énergétique public, moderne et au service du territoire.

Aujourd’hui, le groupe Sorégies, 4e énergéticien français en électricité, poursuit cet héritage. Avec 300 000 clients et 1,5 milliard d’euros d’investissement prévus d’ici 2030, il incarne une transition énergétique ambitieuse. Son objectif : rendre l’énergie-climat accessible à tous, participer à la neutralité carbone d’ici 2050, renforcer la souveraineté nationale, améliorer le pouvoir d’achat et soutenir les entreprises.

Les récents épisodes de chaleur nous rappellent l’urgence climatique. L’électricité décarbonée est une solution clé, à condition d’en garantir l’accès. Cela implique de prolonger la durée de vie des centrales existantes et d’en construire de nouvelles. La fin progressive des véhicules thermiques, la croissance démographique et le développement technologique entraîneront une hausse estimée à 40 % de la consommation électrique dans les dix prochaines années, selon une commission sénatoriale.

Le Sénat débattra en juillet d’une proposition de loi portant sur la programmation énergétique nationale et la simplification normative du secteur. Face au renoncement du Gouvernement à présenter la loi quinquennale sur l’énergie — pourtant prévue par la loi « Énergie-Climat » de 2019 — les sénateurs ont pris l’initiative de déposer leur propre texte. Ce projet vise notamment à acter la relance du nucléaire afin de préserver un mix énergétique comportant au moins deux tiers de nucléaire à l’horizon 2030, et une part majoritaire à l’horizon 2050.

C’est dit !



 » La centrale est une chance pour notre territoire. Elle apporte de l’emploi, finance nos écoles, fait vivre nos commerces, et contribue aux investissements locaux via le Fonds Civaux. Les récentes alertes démontrent l’efficacité des dispositifs de contrôle et la priorité donnée à la sécurité. Pionnier de l’électrification, notre département le restera, porté par les actions du Syndicat Énergies Vienne, du groupe Sorégies et du CNPE de Civaux. » – Marie-Renée Desroses, Sénatrice Suppléante, maire de Civaux et vice-présidente du Syndicat Energies Vienne 

QE #276 – Suspension de MaPrimeRénov’

Bruno Belin attire l’attention de Mme la ministre auprès du ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, chargée du logement sur les conséquences de la suspension du dispositif MaPrimeRénov’.

Il y a quelques jours, le Gouvernement a annoncé la suspension temporaire de MaPrimeRénov’, notamment en raison de soupçons de fraude. Cette décision, prise en urgence, inquiète profondément les artisans du bâtiment, déjà fragilisés par une instabilité chronique du dispositif : depuis sa création, il a été modifié à quatorze reprises.

Ces professionnels subissent depuis plusieurs mois les effets d’une réforme mal préparée et peu concertée : critères d’éligibilité sans cesse révisés, parcours de rénovation complexes, et équipements écartés sans justification claire. À cela s’ajoutent des délais de paiement toujours aussi longs, qui pèsent lourdement sur leur trésorerie.

Les interruptions brutales du dispositif, suivies de reprises sans visibilité, empêchent les artisans d’anticiper et d’investir à long terme. Cette imprévisibilité fragilise la filière et érode la confiance des particuliers dans leurs projets de rénovation.

Pourtant, les artisans du bâtiment sont au cœur de la transition énergétique. Présents dans tous les territoires, ils sont aussi des piliers de l’économie de proximité. Aujourd’hui, ils se sentent abandonnés par les pouvoirs publics et refusent d’être les victimes d’une politique menée sans cap ni cohérence.

Par conséquent, il demande au Gouvernement de clarifier le calendrier de reprise du dispositif, de garantir une stabilité durable des critères d’éligibilité, et de mettre en œuvre des mesures concrètes pour sécuriser les trésoreries des artisans de ce secteur. 

La question sera publiée le 26 juin au Journal Officiel et portera le numéro 05273.

QE #275 – Prolifération des dépôts sauvages de déchets

M.Bruno Belin interroge Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche sur la prolifération des dépôts sauvages de déchets.

Les dépôts sauvages de déchets constituent en France un problème environnemental, sanitaire et sociétal de plus en plus préoccupant avec près de 100 000 signalements en 2023 d’après l’Agence de la transition écologique (ADEME). Ce phénomène prend de l’ampleur dans nos territoires et ne cesse de s’aggraver car 90% des communes françaises sont concernées par ces actes illégaux selon l’Association des maires de France.

Les déchets retrouvés sont très variés et peuvent être dangereux : gravats, ordures ménagères, déchets verts ou encore solvants et peintures industrielles. Leur abandon à l’air libre et la pollution évidente y découlant peuvent conduire à des risques pour la santé et l’environnement, s’agissant des sols et des eaux.

Chaque année, l’accroissement de ces dépôts engendre des coûts de nettoyage conséquents pour les collectivités. Pour tenter de lutter contre ce fléau, certaines mesures existent déjà comme l’existence de mobilisation citoyenne, à travers des journées de ramassage dans des zones ciblées. Toutefois, les résultats demeurent encore limités et les mesures prises sont exclusivement locales. En 2022, la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation du Sénat a publié un rapport d’information relatif aux décharges sauvages. Il contient plusieurs recommandations pour répondre à ce phénomène : mettre en place une amende forfaitaire délictuelle, permettant une sanction pénale plus rapide, encourager les victimes d’un dépôt à porter plainte ou encore mener des actions de prévention et de sensibilisation auprès des professionnels et des particuliers.

En l’absence d’une réponse coordonnée au niveau national, un sentiment d’impuissance s’établit, nécessitant, pour y remédier, l’existence d’une politique ambitieuse à partir d’un renforcement des moyens mais aussi des sanctions.

Par conséquent, il demande au Gouvernement si des mesures sont envisagées afin de lutter plus efficacement et à plus grande échelle, contre la prolifération des dépôts sauvages de déchets qui se développe sur tout le territoire et nuit à la propreté des espaces publics.

La question sera publiée le 26 juin au Journal Officiel et portera le numéro 05255.

#416 – Le tourisme, levier de développement du territoire 

L’année 2024 a été exceptionnelle pour le tourisme français : plus de 100 millions de touristes internationaux ont été accueillis, générant 71 milliards d’euros de recettes.

Ce succès représente une formidable opportunité pour nos territoires. Contrairement à d’autres secteurs, le tourisme ne se délocalise pas : il s’ancre dans l’existant et en révèle la richesse — paysages, patrimoine, traditions, Histoire. Investir dans le tourisme, c’est investir dans ce que nous avons de plus authentique. C’est aussi une invitation faite aux habitants à redécouvrir leur cadre de vie, et aux collectivités à affirmer leur singularité. Le tourisme renforce le lien social et nourrit la fierté d’appartenance.

Loin d’être une menace, il constitue bien souvent la première richesse économique et culturelle de nos territoires. Partout en France, des exemples concrets montrent combien il peut devenir un levier de développement local durable.

Dans la Vienne, le Futuroscope illustre cette dynamique. Lorsqu’en 1984 René Monory initie ce projet novateur, il saisit l’opportunité ouverte par les lois de décentralisation de 1982 pour en faire un moteur d’aménagement du territoire. Aujourd’hui, ce site emblématique est l’un des plus fréquentés de France. L’inauguration d’une nouvelle attraction ce samedi, en présence de la ministre déléguée au tourisme, Nathalie Delattre, un an après celle de l’Aquascope, confirme son rôle central dans l’attractivité du département.

Mais au-delà du seul parc, c’est toute l’offre touristique de la Vienne — riche, variée, bien structurée — qui connaît une dynamique positive. La fréquentation du mois de mai est en hausse par rapport à 2024, et les perspectives pour la saison estivale sont très encourageantes. Ce développement résulte d’un travail collectif, associant collectivités, acteurs professionnels et sites emblématiques.

En faisant du tourisme un levier de transition écologique, de dynamisme économique et de cohésion territoriale, la France confirmera son rôle moteur à l’échelle mondiale, tout en assurant un développement équilibré et durable de l’ensemble de ses territoires.

Notre pays dispose d’une diversité exceptionnelle : des petites églises rurales aux grands parcs de loisirs, en passant par nos musées, notre patrimoine naturel, et nos stations thermales.

Ces trésors méritent d’être pleinement valorisés.

C’est dit !



QE #274 – Difficultés fiscales rencontrées par le secteur du portage de repas à domicile

M. Bruno Belin appelle l’attention de Mme la ministre chargée des comptes publics sur les difficultés fiscales rencontrées par le secteur du portage de repas à domicile.

L’activité de portage de repas à domicile consiste, pour des structures de services à la personne déclarées par l’État, à délivrer au domicile des publics fragiles des repas adaptés à leurs besoins tout en s’assurant, au moment de la délivrance de ces derniers, de l’absence de signaux de dénutrition et du maintien d’un lien social. C’est un service essentiel, notamment pour les personnes âgées ou en situation de fragilité. Pourtant, cette activité rencontre aujourd’hui une insécurité fiscale croissante.

En l’état actuel du droit, le portage de repas, soumis à une condition d’offre globale de service, n’ouvre droit au crédit d’impôt pour l’emploi à domicile que s’il est couplé à une autre prestation de service à la personne réalisée à domicile, fournie, en principe, par la même structure. Or, les entreprises de portage de repas sont soumises à des normes sanitaires strictes, ce qui rend difficile, voire impossible, pour beaucoup d’entre elles, de proposer d’autres prestations à domicile.

En l’absence d’harmonisation au niveau national, ce sont les directions départementales des finances publiques (DDFIP) qui évaluent les dossiers. Il en résulte des disparités territoriales : l’appréciation de la légitimité d’un second service rendu par une autre structure varie selon les départements. Ces appréciations contraignent les publics fragiles à ne pas consommer ou sous consommer du portage de repas pourtant essentiel à la préservation de leur santé ainsi qu’à leur maintien à domicile.

Par ailleurs, ce secteur pourrait être fragilisé par l’émergence de formes d’« uberisation », au détriment des acteurs établis, soumis à des obligations sanitaires et sociales exigeantes. Afin de sécuriser cette activité ainsi que l’accès au crédit d’impôt auquel elle peut donner droit, il pourrait être envisagé de sortir cette activité de l’offre globale de service et ainsi de réserver le bénéfice de cet avantage fiscal aux publics les plus fragiles, notamment les personnes handicapées, atteintes d’une maladie, âgées ou en situation de dépendance sans occasionner pour l’État des dépenses supplémentaires.

Dans ce contexte, il demande si le Gouvernement envisage de reconnaître le portage de repas à domicile comme une activité de services à la personne à part entière, ouvrant droit au crédit d’impôt sans condition de couplage avec une autre prestation. À défaut, il interroge le Gouvernement sur la possibilité d’apprécier l’ensemble des services rendus au niveau du foyer fiscal, même si ceux-ci sont assurés par des structures différentes.

La question sera publiée le 19 juin au Journal Officiel et portera le numéro 05179.

QE #273 – Maintien du crédit d’impôt pour les services à la personne

M. Bruno Belin interroge Mme la ministre chargée des comptes publics sur le maintien du crédit d’impôt pour les services à la personne.

Le secteur des services à la personne couvre un large éventail de prestations allant de la garde d’enfants à l’assistance aux personnes âgées, en passant par diverses formes d’aide à domicile. Il représente chaque année près de 850 millions d’heures d’activités et mobilise environ 1,5 million d’emplois.

Dans un contexte de vieillissement démographique – avec 18,6 millions de personnes âgées de plus de 60 ans en 2023, un chiffre qui atteindra 20,8 millions d’ici 2030 – les besoins en maintien à domicile ne cessent de croître. Cette évolution implique une augmentation importante de la demande en services à la personne dans les années à venir.

Actuellement, ces services bénéficient d’un crédit d’impôt essentiel pour de nombreux foyers. Son maintien est fondamental afin de garantir l’accessibilité de ces prestations, mais également pour offrir aux professionnels du secteur la stabilité nécessaire à leurs investissements. Un affaiblissement de ce dispositif fiscal risquerait en outre de favoriser le recours au travail non déclaré.

Il convient de rappeler que ce crédit d’impôt est économiquement vertueux : pour chaque euro investi, il génère 1,20 euro de retour pour les finances publiques.

Par conséquent, il demande au Gouvernement de sanctuariser le périmètre fiscal applicable aux services à la personne et de réaffirmer son soutien à un secteur indispensable pour la cohésion sociale et le bien-vieillir à domicile.

La question sera publiée le 19 juin au Journal Officiel et portera le numéro 05178.

#415 – Le sport : la fête ne doit pas être gâchée

Samedi dernier, la victoire du Paris-Saint-Germain en Ligue des champions aurait dû être un moment de liesse populaire. Mais cette célébration a malheureusement été entachée par des violences inacceptables à l’encontre de nos forces de l’ordre et de secours, ainsi que par des scènes de pillages et de dégradations de commerces et d’équipements publics dans plusieurs villes de France.

Ces actes doivent être condamnés avec la plus grande fermeté. Ils ont fait des centaines de blessés et, tragiquement, causé la mort. Ces événements ravivent le souvenir de drames terribles dans l’histoire du sport, comme celui du 29 mai 1985 au stade du Heysel, où 39 supporters avaient perdu la vie. Ce qui interroge aujourd’hui, c’est que la plupart des auteurs de ces violences ont été remis en liberté à l’issue de leur présentation devant l’autorité judiciaire. Il est difficilement compréhensible que ceux qui ont participé à des pillages et à des troubles graves à l’ordre public soient sanctionnés plus légèrement qu’un boulanger ayant ouvert son commerce le 1er mai. Une amende moins élevée pour des faits bien plus graves ne peut qu’interpeller.

Ceux qui se livrent à de tels agissements ne peuvent se réclamer de l’esprit du sport, car le sport, c’est avant tout l’entraide, le respect, la cohésion, le partage et l’émotion collective. Les Jeux de Paris en ont été un parfait exemple. Le soutien de l’ensemble de la nation à Loïs Boisson, qui a atteint les demi-finales de Roland-Garros en déjouant tous les pronostics, le prouve une nouvelle fois. Je la félicite chaleureusement pour son tournoi exceptionnel, qui a su faire vibrer toute la France. J’adresse également mes félicitations aux joueurs du Paris Saint-Germain pour cette victoire historique tant pour le club que pour le football français. 

En tant que pratiquant et passionné de sport, je souhaite que ces moments restent des fêtes populaires, des instants d’unité et d’enthousiasme collectif. 

Le sport est ce qui nous rassemble. 

Le sport, c’est faire nation. 

C’est dit ! 



#414 – Pour une agriculture au cœur de notre souveraineté

Il y a un peu plus d’un an, les agriculteurs se mobilisaient massivement pour dénoncer la faiblesse de leur rémunération, la dévalorisation de leur métier, et l’accumulation de normes toujours plus contraignantes. Face aux crises profondes que traverse le secteur, le Sénat a présenté une proposition de loi visant à alléger les contraintes pesant sur l’exercice du métier d’agriculteur. Conscient de ces enjeux et profondément attaché à la cause de ceux qui nous nourrissent, j’ai voté en faveur de ce texte en janvier dernier.

Aujourd’hui, la situation demeure critique. Les normes s’accumulent, tandis que la concurrence déloyale, à la fois internationale et intra-européenne, fragilise durablement nos exploitants. Le sentiment d’abandon s’accentue, à mesure que les décisions politiques tardent à produire des effets concrets. J’ai pu mesurer cette détresse lors de mes échanges récents avec les représentants des principaux syndicats agricoles, notamment la FDSEA de la Vienne, rencontrée lundi, et la Coordination Rurale, avec laquelle nous avons également eu l’occasion d’échanger ces dernières semaines.

L’agriculture française représente désormais moins de 2 % du PIB national, contre 4 % en 1980 et 18 % en 1949. C’est une lente mais réelle asphyxie de notre souveraineté alimentaire. Il est urgent de redonner aux filières agricoles le soutien qu’elles méritent, en leur offrant une vision claire, ambitieuse et durable.

La volonté d’une partie de la gauche d’empêcher l’examen de ce texte en déposant près de 4 000 amendements n’a pas été à la hauteur des attentes du monde agricole. Cette manœuvre d’obstruction parlementaire a empêché un véritable débat démocratique, fondé sur l’échange, le compromis et le respect du pluralisme. Désormais, le texte sera examiné par la commission mixte paritaire, qui aura la responsabilité de trouver un équilibre entre les positions de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Il n’y aura pas d’agriculture contre le vivant, les animaux ou la santé humaine. Mais il n’y aura pas non plus d’avenir écologique sans les agriculteurs.

C’est dit !