#472 – Le malaise de l’école républicaine

Les manifestations et contestations qui s’expriment aujourd’hui dans nos collèges et nos lycées témoignent d’un profond mal-être chez nos jeunes. Celui-ci trouve notamment son origine dans les conséquences de la crise du Covid-19, qui a fragilisé les liens sociaux, isolé de nombreux jeunes et profondément modifié leur rapport à l’école et au travail.

Ce malaise est également nourri par une réforme du baccalauréat dont la mise en œuvre a été mal maîtrisée et les difficultés d’orientations liées à Parcoursup. À cela s’ajoute, le désengagement progressif de l’État dans nos établissements scolaires. Les conséquences sont visibles dès l’école primaire, avec les fermetures de classes, mais aussi à travers la dégradation des conditions d’accueil, l’insalubrité et les passoires thermiques de certains établissements, sans oublier le manque de professeurs.

Néanmoins, si les revendications de nos adolescents méritent d’être entendues et prises en compte, nous devons rester vigilants face à ceux qui chercheraient à instrumentaliser leur colère à des fins politiques. Les images de violence observées ces derniers jours sont préoccupantes et ne sont pas tolérables. Je condamne les actions de ceux qui profitent des manifestations pour commettre des dégradations ou s’en prendre aux forces de sécurité, aux enseignants et aux personnels des établissements. La contestation doit pouvoir s’exprimer, sans que les débordements ne viennent occulter les revendications exprimées.

La violence n’est jamais la réponse adaptée à une crise. Elle ne fait qu’éloigner les solutions et fragilise la recherche de dialogue. Dans notre République, les réponses durables se font par l’écoute, le débat et le consensus.

Les lois Ferry de 1881-1882 ont posé les fondements de l’école républicaine en instaurant une instruction publique, gratuite, obligatoire et laïque. Derrière celles-ci, il y avait l’ambition de faire de l’école un pilier de l’unité de la République française, un levier de démocratisation et un instrument d’émancipation.

Aujourd’hui, l’État a la responsabilité de poursuivre cet héritage en garantissant un enseignement et une formation de qualité, dans des établissements dignes, sûrs et adaptés aux besoins de tous. Au-delà de la transmission de savoir, l’école doit continuer à permettre à chaque jeune de construire son avenir, de trouver sa place dans la société et de bénéficier de l’égalité des chances.

C’est dans cet esprit de soutien à l’investissement des outils de l’éducation qu’un plan collèges a été décidé entre 2015 et 2020, avec notamment la rénovation des collèges Henri IV de Poitiers et Descartes de Châtellerault, ainsi que la construction des collèges de Vouneuil-sous-Biard et de Mirebeau.

Investir dans nos établissements scolaires, c’est investir dans l’avenir.

C’est dit !



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