
Cette semaine, la France a connu son mois de mai le plus chaud jamais enregistré à l’échelle du pays. Comme les inondations de février, cet épisode de chaleur est inédit par son intensité, sa précocité et sa durée. Les records de température ont été battus plusieurs jours de suite, y compris dans la Vienne, notamment au Vigeant et à Bonneuil-Matours avec 36,4 °C. À Poitiers, 34,3 °C ont été enregistrés, battant ainsi un record vieux de plus de cent ans, établi à 33,6 °C. Ces fortes chaleurs ont malheureusement entraîné la mort de plusieurs personnes, victimes d’hyperthermie ou de noyade. Face à la répétition des épisodes climatiques exceptionnels, nous devons adapter nos territoires, nos services publics et nos modes de vie.
Comme toujours, les maires sont en première ligne face aux questionnements des habitants, en particulier des plus vulnérables aux fortes chaleurs : les personnes âgées, les enfants et les personnes sans domicile. Depuis la canicule de 2003, les EHPAD se sont mieux équipés pour permettre aux résidents d’affronter au mieux ces périodes. Ils disposent désormais tous d’au moins un espace collectif climatisé.
Cette logique de protection doit désormais être étendue. Malgré les nombreux travaux engagés par les collectivités pour la rénovation énergétique des bâtiments scolaires, le chemin reste long et la préparation des écoles demeure très hétérogène. Alors que les épreuves du baccalauréat, et notamment celles du baccalauréat professionnel, ont commencé cette semaine, il est temps de lancer un grand plan d’adaptation des écoles aux fortes chaleurs. Création de zones d’ombre, installation de volets, de ventilateurs de plafond ou encore de systèmes de climatisation : les solutions sont nombreuses pour garantir de bonnes conditions d’apprentissage et d’examen.
La gestion de l’eau s’impose également comme un enjeu central. Les projets de réserves de substitution, les « bassines », ont été au cœur de fortes tensions politiques et environnementales, notamment dans la Vienne et les Deux-Sèvres, comme en témoigne le procès qui s’est tenu à Poitiers cette semaine. Pourtant, dans un contexte de sécheresses plus fréquentes, le stockage hivernal de l’eau apparaît comme un outil de sécurisation des usages et de résilience agricole. Il permet de préserver les cultures et d’assurer l’abreuvement ainsi que le rafraîchissement des animaux, eux aussi durement affectés par ces températures élevées.
Les vagues de chaleur sont plus fréquentes, plus précoces et plus intenses qu’il y a vingt ans. Ce qui était exceptionnel devient désormais structurel.
Il faut protéger, adapter et anticiper.
C’est dit !
