QE #216- Usage de l’intelligence artificielle dans le domaine de l’audiodescription française

M. Bruno Belin interroge Mme la Ministre de la culture sur l’usage de l’intelligence artificielle dans le domaine de l’audiodescription française.

Ces dernières années, l’intelligence artificielle s’est développée dans tous les domaines et représente un risque pour l’avenir professionnel de nombreux artistes, en particulier dans le domaine du doublage des films, séries et jeux vidéo. L’audiodescription est un secteur important qui regroupe de nombreux professionnels passionnés mais désormais menacés d’être remplacés à court terme par les outils de l’intelligence artificielle générative (IAG). La substitution des milliers de techniciens, professionnels et artistes qui font vivre l’industrie du doublage est un danger pour la culture.

L’IAG, par une technique de moissonnage, reprend illégitimement des œuvres créées par des humains et sera à terme en toute-puissance. En étant capable de traduire, cloner, synthétiser des textes, des interprétations et des voix, l’IAG menace l’avenir culturel français. Il est donc nécessaire que le détenteur d’un droit sur une œuvre protégée ou simple citoyen attaché à l’intégrité de ses données personnelles, puisse autoriser ou refuser de manière explicite l’utilisation de ses données et des œuvres dont il est titulaire d’un droit. Être aussi informé de la nature synthétique d’une œuvre est également indispensable pour protéger l’intégrité culturelle. Ce potentiel rétrécissement du spectre des œuvres amène l’industrie culturelle vers un risque d’homogénéisation, d’assèchement et d’appauvrissement culturel.

Alors que le Congrès américain commence à prendre des mesures pour réguler le développement trop rapide de l’intelligence artificielle, nous devons être au rendez-vous du défi lancé par l’intelligence artificielle et protéger les artistes, les œuvres, la culture et l’emploi.

Par conséquent, il lui demande quelles mesures le Gouvernement envisage-t-il de prendre pour réguler le développement de l’intelligence artificielle générative afin de protéger les artistes et leur métier.

La question sera publiée le 21 mars au Journal Officiel et portera le numéro 10818.

QE #215- Crise sociale des chambres de métiers et de l’artisanat

M. Bruno Belin attire l’attention de Mme la ministre déléguée chargée des entreprises, du tourisme et de la consommation sur la crise sociale que traversent les chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) depuis plusieurs mois.

En tant qu’établissements publics administratifs, les CMA sont des acteurs essentiels de la formation, avec la formation de plus de 100 000 apprentis chaque année, et de l’économie de proximité avec l’accompagnement de plus de 1,8 millions d’entreprises artisanales.

Néanmoins, la stabilité financière de ces établissements a été compromise depuis une décision de France Compétences en juillet 2023 portant sur les coûts des contrats d’apprentissage (NPEC). Cette situation a entraîné des plans d’économie désordonnés, mettant en péril des emplois et des sites, et créant des dysfonctionnements au sein des instances paritaires, perturbant ainsi le dialogue social. Il en résulte pour les agents du réseau un climat de travail anxiogène et une dégradation des conditions de travail.

Le dialogue social national doit se poursuivre dans de bonnes conditions pour assurer aux CMA, qui contribuent à notre économie, de disposer des moyens nécessaires de continuer de faire briller notre artisanat en France.

Par conséquent, il lui demande comment le Gouvernement entend pérenniser le financement du réseau des CMA et si des négociations entre CMA France et les organisations syndicales représentatives, en présence de la ministre de tutelle, sont prévues.

La question sera publiée le 21 mars au Journal Officiel et portera le numéro 10785.

#361- Élus locaux : un statut en devenir  

Jeudi dernier, le Sénat a adopté une proposition de loi portant création d’un statut de l’élu local. Ces dernières années, les conditions d’exercice de l’élu local se sont dégradées, notamment en raison de l’augmentation des violences faites aux élus locaux et le désengagement de l’État dans les territoires. En réponse à cette situation, le Sénat a pris l’initiative de renforcer la sécurité des élus avec une première proposition de loi, votée au mois d’octobre. Il répond de nouveau aux préoccupations des élus locaux en proposant ce texte permettant de remédier à l’urgence de cette crise de l’engagement.

Selon les données du Ministère de l’Intérieur, un maire démissionne chaque jour depuis les élections municipales de 2020, ce qui représente 4% des maires élus en 2020. S’appuyant sur de nombreux travaux sénatoriaux et notamment un rapport de 2023, ce texte est le fruit d’un travail transpartisan et poursuit un triple objectif. 

En premier lieu, il vise à revaloriser les indemnités des maires, adjoints au maire et conseillers municipaux afin de reconnaitre leur engagement à sa juste valeur. Pour les communes rurales, le seuil d’éligibilité à la dotation particulière « élu local » (DPEL) serait relevé de 1 000 à 3 500 habitants. 

Cette proposition introduit également des mesures pour améliorer les conditions d’exercice du mandat des élus locaux. Cette mise en place du statut de l’élu local tend aussi à faciliter la prise en charge de certains frais et à permettre une meilleure conciliation entre le mandat et la vie professionnelle et personnelle des élus. Par exemple, en réponse à un vide juridique révélé par la situation de la maire de Poitiers, le Sénat a adopté deux amendements. Le premier assure le maintien des indemnités pendant les congés maternité, paternité, d’adoption ou en cas d’accident du travail, tandis que le second explicite la possibilité pour l’élu salarié de suspendre temporairement son contrat de travail pour suppléer un maire, le président du conseil départemental ou régional, empêché.

Enfin, la mise en place d’un vrai statut de l’élu local doit aussi sécuriser la sortie du mandat. Cette proposition de loi vient reconnaitre les compétences et les connaissances que les élus locaux acquièrent au cours de leurs mandats dans une démarche de validations des acquis de l’expérience (VAE). 

Comme 342 de mes collègues sénateurs, j’ai voté en faveur de cette proposition de loi et ne manquerai pas de vous tenir informés des suites qui seront réservées à ce texte.

Protéger nos élus locaux est indispensable. Ils incarnent la République jusqu’au dernier kilomètre.

C’est dit ! 



QE #214- Évènements récents survenus en Haïti

Bruno Belin attire l’attention de Monsieur le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur les évènements récents survenus en Haïti.

Les citoyens haïtiens sont confrontés à une situation inquiétante suite à l’évasion de milliers de détenus des prisons du pays, provoquée par des attaques perpétrées par des gangs meurtriers et criminels. Ces mêmes gangs ont également tué une quinzaine de personnes ces derniers jours.

Malgré la déclaration de l’état d’urgence ainsi que la mise en place d’un couvre-feu par le gouvernement haïtien ce dimanche 3 mars 2024, l’explosion de la violence de rue en Haïti est très préoccupante.

Cependant, ces tragédies se multiplient depuis quelques années avec une forte montée de la violence par ces gangs de rue. Selon l’organisation des Nations unies (ONU), ces mêmes groupes armés seraient responsables de la mort de plus de 8 400 personnes en Haïti au cours de l’année 2023.

L’ambassade des États-Unis sur place a déjà appelé ses citoyens à quitter immédiatement le territoire face à la montée de la violence. Or, jusqu’ici, il n’y a pas eu de mesures similaires prises par la mission diplomatique française.

Par conséquent, il lui demande quelles mesures le Gouvernement envisage-t-il de prendre pour soutenir Haïti face à sa situation actuelle, notamment en termes d’aide internationale et si des actions sont prévues pour assurer le rapatriement de nos concitoyens résidant en Haïti.

La question sera publiée le 14 mars au Journal Officiel et portera le numéro 10654.

QE #213- Problématique des logements vacants en zone rurale

Bruno Belin interroge M. le ministre délégué chargé du Logement sur la problématique des logements vacants en zone rurale.

Bien que ce phénomène ne puisse être précisément mesuré, les maires ruraux sont confrontés à des habitats anciens vacants de plus en plus nombreux. Les associations d’élus sont très souvent sollicitées à ce sujet par les élus qui dénoncent un problème récurrent et un processus difficile de résolution de ce dernier.

Ces maisons abandonnées par leurs propriétaires imposent aux élus des frais que les communes ne peuvent supporter financièrement. Avec des coûts parfois très élevés, l’entretien et la démolition représentent une part importante du budget des municipalités.

De plus, les procédures administratives pour les municipalités s’avèrent très complexes et peuvent retarder les travaux. La responsabilité pénale de la municipalité peut être engagée en cas de non-signalement de dangers. L’augmentation rapide du nombre de ces maisons abandonnées laissées aux mains des communes peut engendrer des effondrements susceptibles de causer des dommages aux biens environnants et aux habitants.

Le Parlement a récemment voté la loi « Rénovation de l’habitat dégradé » avec des mesures qui vont dans le bon sens mais elle ne correspond pas à la grande loi logement attendue pour répondre à cette crise. Par conséquent, il lui demande quelles mesures le Gouvernement envisage-t-il de prendre pour soutenir nos élus locaux face au problème de ces habitations anciennes vacantes en zones rurales.

La question sera publiée le 14 mars au Journal Officiel et portera le numéro 10651.

#360 – La Constitutionnalisation de l’Interruption Volontaire de Grossesse

Ce lundi, nous, les 925 parlementaires français, sommes rassemblés au Château de Versailles en congrès, réunion des députés et sénateurs. Siégeant par ordre alphabétique, nous devront nous positionner sur l’inscription dans la Constitution de la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse. 

Pour être adopté, ce texte doit réunir les suffrages des 3/5e du Congrès soit 555 votes. Ce vote devrait être une formalité car 267 sénateurs, dont je fais partie, et 493 députés se sont déjà prononcés en faveur de cette mesure. En cette semaine du 8 mars, journée internationale du droit des femmes, et 50 ans après la loi Veil, la France s’apprête à devenir le premier pays à inscrire explicitement dans sa Constitution l’interruption volontaire de grossesse, à contre-courant de nombreux pays où ce droit est remis en question. 

Ce vote répond à une forte attente populaire, particulièrement exprimée par la jeunesse. Cependant, notre engagement doit désormais se tourner vers la garantie des moyens nécessaires pour assurer une prise en charge équitable des femmes sur l’ensemble du territoire national. 

Dans un rapport du Sénat de 2021, dont j’ai été co-rapporteur aux côtés d’autres sénateurs de la délégation au droit des femmes, nous avons déploré que la santé des femmes ne soit pas considérée comme une priorité dans les territoires ruraux où la désertification médicale touche particulièrement les gynécologues. Par ailleurs, au cours des 40 dernières années, le nombre de maternités a été divisé par trois. Le Planning familial estime, quant à lui, que 130 centres d’IVG ont fermé leurs portes au cours des 15 dernières années, principalement dans les territoires ruraux. Pour les femmes en milieu rural, l’accès à l’IVG dépend ainsi des conditions de mobilité et de disponibilités des professionnels de santé.

Avec cette nouvelle protection de ce droit, il est essentiel de veiller à ce que celui-ci soit effectif, afin d’offrir aux femmes la possibilité d’exercer pleinement leur droit à disposer de leur corps. 

C’est dit ! 



QE #212- Consommation des fonds européens par les régions

Bruno Belin interroge M. le ministre délégué chargé de l’Europe sur la consommation des fonds européens par les régions.

Les élus locaux expriment fréquemment une préoccupation récurrente liée aux difficultés rencontrées pour accéder aux fonds européens.

En dépit de leur montant, ceux-ci sont peu visibles en régions, générant ainsi des doléances de la part des représentants locaux. À l’exception du Fonds social européen (FSE), la répartition des autres fonds européens se fait au niveau régional.

Cependant, depuis la réorganisation territoriale de 2016 et le redécoupage des régions, celles-ci ont considérablement augmenté en taille, entraînant une accessibilité réduite pour les élus locaux en milieu rural.

Par conséquent, il lui demande s’il est possible de connaitre la consommation par région des fonds européens sur la période 2015-2023. Cette requête vise à mieux comprendre la distribution et l’utilisation effective de ces fonds au niveau régional, afin d’adresser les préoccupations des élus locaux et d’optimiser l’impact de ces ressources sur le développement des différentes régions du pays. »

La question sera publiée le 07 mars au Journal Officiel et portera le numéro 10534.

QE #211- Décrets d’application permettant aux pharmaciens de délivrer des antibiotiques

Bruno Belin attire l’attention de M. le Ministre délégué chargé de la santé et de la prévention concernant les décrets d’application permettant aux pharmaciens de délivrer des antibiotiques.

Suite à une annonce de l’ancienne Première ministre en 2023, la loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023 de financement de la Sécurité sociale 2024 a autorisé les pharmaciens à délivrer des antibiotiques sans ordonnance pour deux pathologies spécifiques. Cette décision fait suite à l’expérimentation Osys, menée en Bretagne au cours des deux dernières années, étendue en 2024 à trois autres régions (le Centre-Val-de-Loire, la Corse et l’Occitanie) ainsi qu’à d’autres infections.

Néanmoins, si la mesure est en vigueur officiellement depuis le 1er janvier 2024, les pharmaciens ne peuvent pas répondre aux demandes en raison de la non-parution de certains décrets d’application. Par ailleurs, la formation des 60 000 pharmaciens qui interviennent dans les 20 000 officines en France nécessitera un temps supplémentaire pour rendre le dispositif opérationnel.

Les pharmacies étant parfois les seuls relais de santé de proximité en ruralité, avec la situation préoccupante des déserts médicaux, il est nécessaire d’agir pour faciliter l’accès au soin. Il demande ainsi au Gouvernement la date prévue de parution des décrets d’application relatifs à ce sujet ainsi que celle où le dispositif pourra être considéré comme pleinement opérationnel.

La question sera publiée le 07 mars au Journal Officiel et portera le numéro 10533.

#359 – La crise du logement, défi pour la décennie à venir 

Jamais se loger n’a été aussi difficile que depuis ces 70 dernières années. Notre population vieillit et augmente, tandis que notre parc immobilier reste stagnant mais vieillit également.

La hausse des taux d’intérêts et des coûts de production créent un déséquilibre entre l’offre et la demande, entraînant une flambée des prix. Le marché du locatif n’est pas en reste, car les bailleurs sociaux sont sollicités pour contribuer au budget de l’État. Il est alors difficile de demander aux bailleurs sociaux d’investir dans des rénovations lorsque l’État ponctionne pour abonder dans son budget. 

La rénovation énergétique de l’habitat est d’ailleurs un enjeu majeur de limitation du réchauffement climatique. La menace justifiée de sortie prochaine des logements dits « passoires énergétiques » obligera les propriétaires à entreprendre des travaux coûteux, décourageant ainsi d’éventuels investisseurs de s’engager dans l’immobilier au profit de projets plus rentables.

Cette crise immobilière engendre des tensions sur les marchés de l’habitat, favorisant le développement de situations de mal-logement. Pour tenter de lutter contre les problèmes de sécurité et de salubrité, qui constituent un enjeu public, le Sénat examinera cette semaine un projet de loi relatif à l’accélération et à la simplification de la rénovation de l’habitat dégradé et des grandes opérations d’aménagement. Je m’exprimerai en tant qu’orateur pour ce projet de loi.

Bien que ce texte résulte d’une collaboration avec des élus et des professionnels du secteur, il ne constitue pas la « grande loi logement » tant espérée. Pourtant, 58 % des maires ayant répondu à la consultation du Sénat signalent une ou plusieurs copropriétés dégradées dans leur commune. L’habitat dégradé n’est pas limité aux quelques villes affichant des taux de pauvreté élevés ; il s’étend à l’ensemble du territoire, y compris en ruralité.

La crise du logement est une réalité, et toutes les initiatives visant à soutenir ce secteur sont les bienvenues. Il faut faire du logement une priorité avec une politique nationale affirmée.

C’est dit ! 



QE #210- Revalorisation des tarifs réglementés des professions paramédicales

Bruno Belin attire l’attention de M. le Ministre délégué chargé de la santé et de la prévention concernant la revalorisation des tarifs réglementés des professions paramédicales.

Depuis le 1er novembre 2023, le tarif des consultations des médecins généralistes et spécialistes conventionnés avec l’assurance maladie a augmenté de 1,50 euro en métropole et de 1,80 euro dans les départements et régions d’outre-mer (Drom). Le directeur général de l’assurance maladie a justifié cette hausse pour les consultations chez les généralistes en la qualifiant de « rééquilibrage après deux ans de forte inflation à 5 % ».

Cependant, les négociations menées avec les paramédicaux, dont les kinésithérapeutes, n’ont pas abouti à une telle réévaluation, engendrant ainsi une disparité de traitement. En plus d’un alourdissement des procédures administratives, les professionnels paramédicaux doivent faire face à des tarifs réglementés peu révisés contrairement aux professionnels non conventionnés.

Il demande ainsi au Gouvernement s’il est prévu d’instaurer un rééquilibrage des tarifs réglementés des professions paramédicales afin de remédier à cette disparité persistante dans le secteur de la santé.

La question sera publiée le 29 février au Journal Officiel et portera le numéro 10391.