QE #217- Limite d’âge imposée dans le cadre des élections des ordres des professionnels de santé

M. Bruno Belin interroge M. le Ministre délégué chargé de la santé et de la prévention concernant la limite d’âge imposée dans le cadre des élections des ordres des professionnels de santé.

Depuis l’adoption de la loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé, il est spécifié que « nul ne peut être candidat à une élection pour être membre d’un conseil ou assesseur d’une chambre disciplinaire s’il a atteint l’âge de soixante et onze ans à la date de clôture de réception des déclarations de candidature ».

Cette disposition avait été adoptée à la suite de l’annulation de l’ordonnance n° 2017-192 du 16 février 2017 par le Conseil d’État au motif que ces dispositions excédaient les limites de l’habilitation dont le Gouvernement disposait pour légiférer par ordonnance dans ce domaine.

Néanmoins, l’activité des ordres de professionnels est particulièrement intense et nécessite une implication active dans ces organisations. De plus, la pénurie actuelle de praticiens rend difficile la disponibilité des professionnels pour siéger. Dans la plupart des cas, ce sont des professionnels retraités qui s’engagent dans cette voie. La limite d’âge restreint ainsi le nombre de candidatures de personnes volontaires et qualifiées, portant préjudice à un organisme chargé d’une mission de service public majeure.

En effet, les Ordres veillent au respect des principes du code de déontologie médicale, au maintien des principes de moralité, de probité, de compétence et de dévouement indispensables à l’exercice de la médecine, mais est également le garant de la qualité des soins offerts à la population. Par sa présence sur tout le territoire, en lien notamment avec les conseils départementaux et les agences régionales de santé, les Ordres sont en mesure de répondre au plus près aux attentes des citoyens, des professionnels de santé et des autorités publiques.

Ainsi, il demande au Gouvernement l’examen de la possibilité de dérogations à la limite d’âge, notamment dans les cas où d’autres candidatures ne se présentent pas, ou la recherche d’autres solutions pour remédier à ce problème.

La question sera publiée le 28 mars au Journal Officiel et portera le numéro 10913.

#363- Du nucléaire civile à l’Industrie de Défense

Lundi dernier, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu s’est rendu à la centrale nucléaire de Civaux afin d’annoncer l’accueil d’un service d’irradiation de matériaux sur le site, contribuant ainsi à la production d’armes de dissuasion nucléaire. Cette collaboration, fruit d’une planification à long terme engagée depuis les années 1990, entre le nucléaire civil et l’industrie de la Défense, est inédite en France bien qu’elle soit déjà existante aux États-Unis.

La centrale a été sélectionnée en raison de son équipement nucléaire opérationnel le plus récent parmi les installations françaises et par conséquent, une capacité de poursuite de sa durée d’exploitation qui est maximale. Cette nouvelle activité pour Civaux se déroulera en plusieurs étapes à partir de 2025 et sera conduite en lien avec le ministère de l’Industrie et de l’Énergie. Elle constitue une opportunité prometteuse pour le tissu industriel local, dont l’excellence a été reconnue par le ministre, et renforce la souveraineté tant de notre industrie que de notre Défense.

Dans ces propos, le ministre a également exprimé sa reconnaissance envers le territoire pour son service à la nation. Mais, puisque que le territoire rend service à la nation, j’ai attiré l’attention du ministre sur deux éléments : 

– Le maintien du Fonds départemental de Péréquation de la Taxe Professionnelle, dit fonds Civaux, en place depuis 1983 dans le département de la Vienne et aujourd’hui indispensable pour les communes éligibles ; 

– La nécessité de moderniser la RN 147, qui devra bénéficier de nouveaux aménagements routiers notamment pour faciliter le transport des produits transformés vers un site dédié du Commissariat à l’énergie atomique.

Je tiens à remercier le ministre d’avoir pris en compte ces deux éléments essentiels à la Vienne. 

C’est dit ! 



#362- Le Sénat dans une perspective internationale 

La semaine dernière, l’activité parlementaire a revêtu une dimension internationale plus marquée que d’ordinaire. Les tensions mondiales sont vives, comme en témoigne la guerre aux frontières de l’Europe, se déroulant en Ukraine, et la détérioration de la situation politique en Haïti.

Jeudi dernier, le Sénat a très largement approuvé le soutien de la France à l’Ukraine. Depuis deux ans, les combats perdurent et ont déjà coûté la vie à plus d’un demi-million de personnes. Le peuple ukrainien lutte pour sa survie. Il est dans l’intérêt et la sécurité de la France de leur fournir l’équipement dont ils ont besoin. En votant pour un accord de sécurité entre la France et l’Ukraine pour une durée de dix ans, nous allons permettre le renforcement à hauteur de 3 milliards d’euros des capacités militaires de l’Ukraine. Soutenir le peuple ukrainien, c’est combattre la souveraineté des nations et la liberté des peuples. Soutenir le peuple ukrainien, c’est également être en rendez-vous de l’histoire face à la menace grandissante que représente Vladimir Poutine pour l’Europe. 

Concernant Haïti, la situation du seul pays francophone des deux Amérique est devenue très préoccupante. Le chaos s’est installé, semé par les gangs à travers tout le territoire, qui tuent des innocents par milliers. Depuis l’attaque du pénitencier national d’Haïti, la violence est devenue hors de contrôle, conduisant le gouvernement à se retrouver en exil. Très attaché à Haïti, j’ai eu la chance d’y effectuer 8 missions de coopération entre 2009 et 2018. En collaboration avec l’association Vienne-Haïti Solidarité et les autorités locales, nous avons réalisé divers projets de coopération, notamment la création d’une école et d’un centre de santé à Macary. En juillet 2023, le Sénat avait déjà alerté sur la situation en déposant une proposition de résolution, que j’ai cosigné, invitant à favoriser la restauration de la sécurité en Haïti. La France ne peut rester indifférente. C’est pourquoi, cette semaine, j’ai interrogé le ministre des Affaires étrangères et demandé une réunion du groupe France Caraïbes à ce sujet.

Dans ce monde sous tension, avoir une connaissance approfondie de ce qui se déroule à travers le globe est essentiel afin d’éviter un recul de nos idéaux.

C’est dit ! 



QE #216- Usage de l’intelligence artificielle dans le domaine de l’audiodescription française

M. Bruno Belin interroge Mme la Ministre de la culture sur l’usage de l’intelligence artificielle dans le domaine de l’audiodescription française.

Ces dernières années, l’intelligence artificielle s’est développée dans tous les domaines et représente un risque pour l’avenir professionnel de nombreux artistes, en particulier dans le domaine du doublage des films, séries et jeux vidéo. L’audiodescription est un secteur important qui regroupe de nombreux professionnels passionnés mais désormais menacés d’être remplacés à court terme par les outils de l’intelligence artificielle générative (IAG). La substitution des milliers de techniciens, professionnels et artistes qui font vivre l’industrie du doublage est un danger pour la culture.

L’IAG, par une technique de moissonnage, reprend illégitimement des œuvres créées par des humains et sera à terme en toute-puissance. En étant capable de traduire, cloner, synthétiser des textes, des interprétations et des voix, l’IAG menace l’avenir culturel français. Il est donc nécessaire que le détenteur d’un droit sur une œuvre protégée ou simple citoyen attaché à l’intégrité de ses données personnelles, puisse autoriser ou refuser de manière explicite l’utilisation de ses données et des œuvres dont il est titulaire d’un droit. Être aussi informé de la nature synthétique d’une œuvre est également indispensable pour protéger l’intégrité culturelle. Ce potentiel rétrécissement du spectre des œuvres amène l’industrie culturelle vers un risque d’homogénéisation, d’assèchement et d’appauvrissement culturel.

Alors que le Congrès américain commence à prendre des mesures pour réguler le développement trop rapide de l’intelligence artificielle, nous devons être au rendez-vous du défi lancé par l’intelligence artificielle et protéger les artistes, les œuvres, la culture et l’emploi.

Par conséquent, il lui demande quelles mesures le Gouvernement envisage-t-il de prendre pour réguler le développement de l’intelligence artificielle générative afin de protéger les artistes et leur métier.

La question sera publiée le 21 mars au Journal Officiel et portera le numéro 10818.

QE #215- Crise sociale des chambres de métiers et de l’artisanat

M. Bruno Belin attire l’attention de Mme la ministre déléguée chargée des entreprises, du tourisme et de la consommation sur la crise sociale que traversent les chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) depuis plusieurs mois.

En tant qu’établissements publics administratifs, les CMA sont des acteurs essentiels de la formation, avec la formation de plus de 100 000 apprentis chaque année, et de l’économie de proximité avec l’accompagnement de plus de 1,8 millions d’entreprises artisanales.

Néanmoins, la stabilité financière de ces établissements a été compromise depuis une décision de France Compétences en juillet 2023 portant sur les coûts des contrats d’apprentissage (NPEC). Cette situation a entraîné des plans d’économie désordonnés, mettant en péril des emplois et des sites, et créant des dysfonctionnements au sein des instances paritaires, perturbant ainsi le dialogue social. Il en résulte pour les agents du réseau un climat de travail anxiogène et une dégradation des conditions de travail.

Le dialogue social national doit se poursuivre dans de bonnes conditions pour assurer aux CMA, qui contribuent à notre économie, de disposer des moyens nécessaires de continuer de faire briller notre artisanat en France.

Par conséquent, il lui demande comment le Gouvernement entend pérenniser le financement du réseau des CMA et si des négociations entre CMA France et les organisations syndicales représentatives, en présence de la ministre de tutelle, sont prévues.

La question sera publiée le 21 mars au Journal Officiel et portera le numéro 10785.

#361- Élus locaux : un statut en devenir  

Jeudi dernier, le Sénat a adopté une proposition de loi portant création d’un statut de l’élu local. Ces dernières années, les conditions d’exercice de l’élu local se sont dégradées, notamment en raison de l’augmentation des violences faites aux élus locaux et le désengagement de l’État dans les territoires. En réponse à cette situation, le Sénat a pris l’initiative de renforcer la sécurité des élus avec une première proposition de loi, votée au mois d’octobre. Il répond de nouveau aux préoccupations des élus locaux en proposant ce texte permettant de remédier à l’urgence de cette crise de l’engagement.

Selon les données du Ministère de l’Intérieur, un maire démissionne chaque jour depuis les élections municipales de 2020, ce qui représente 4% des maires élus en 2020. S’appuyant sur de nombreux travaux sénatoriaux et notamment un rapport de 2023, ce texte est le fruit d’un travail transpartisan et poursuit un triple objectif. 

En premier lieu, il vise à revaloriser les indemnités des maires, adjoints au maire et conseillers municipaux afin de reconnaitre leur engagement à sa juste valeur. Pour les communes rurales, le seuil d’éligibilité à la dotation particulière « élu local » (DPEL) serait relevé de 1 000 à 3 500 habitants. 

Cette proposition introduit également des mesures pour améliorer les conditions d’exercice du mandat des élus locaux. Cette mise en place du statut de l’élu local tend aussi à faciliter la prise en charge de certains frais et à permettre une meilleure conciliation entre le mandat et la vie professionnelle et personnelle des élus. Par exemple, en réponse à un vide juridique révélé par la situation de la maire de Poitiers, le Sénat a adopté deux amendements. Le premier assure le maintien des indemnités pendant les congés maternité, paternité, d’adoption ou en cas d’accident du travail, tandis que le second explicite la possibilité pour l’élu salarié de suspendre temporairement son contrat de travail pour suppléer un maire, le président du conseil départemental ou régional, empêché.

Enfin, la mise en place d’un vrai statut de l’élu local doit aussi sécuriser la sortie du mandat. Cette proposition de loi vient reconnaitre les compétences et les connaissances que les élus locaux acquièrent au cours de leurs mandats dans une démarche de validations des acquis de l’expérience (VAE). 

Comme 342 de mes collègues sénateurs, j’ai voté en faveur de cette proposition de loi et ne manquerai pas de vous tenir informés des suites qui seront réservées à ce texte.

Protéger nos élus locaux est indispensable. Ils incarnent la République jusqu’au dernier kilomètre.

C’est dit ! 



QE #214- Évènements récents survenus en Haïti

Bruno Belin attire l’attention de Monsieur le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur les évènements récents survenus en Haïti.

Les citoyens haïtiens sont confrontés à une situation inquiétante suite à l’évasion de milliers de détenus des prisons du pays, provoquée par des attaques perpétrées par des gangs meurtriers et criminels. Ces mêmes gangs ont également tué une quinzaine de personnes ces derniers jours.

Malgré la déclaration de l’état d’urgence ainsi que la mise en place d’un couvre-feu par le gouvernement haïtien ce dimanche 3 mars 2024, l’explosion de la violence de rue en Haïti est très préoccupante.

Cependant, ces tragédies se multiplient depuis quelques années avec une forte montée de la violence par ces gangs de rue. Selon l’organisation des Nations unies (ONU), ces mêmes groupes armés seraient responsables de la mort de plus de 8 400 personnes en Haïti au cours de l’année 2023.

L’ambassade des États-Unis sur place a déjà appelé ses citoyens à quitter immédiatement le territoire face à la montée de la violence. Or, jusqu’ici, il n’y a pas eu de mesures similaires prises par la mission diplomatique française.

Par conséquent, il lui demande quelles mesures le Gouvernement envisage-t-il de prendre pour soutenir Haïti face à sa situation actuelle, notamment en termes d’aide internationale et si des actions sont prévues pour assurer le rapatriement de nos concitoyens résidant en Haïti.

La question sera publiée le 14 mars au Journal Officiel et portera le numéro 10654.

QE #213- Problématique des logements vacants en zone rurale

Bruno Belin interroge M. le ministre délégué chargé du Logement sur la problématique des logements vacants en zone rurale.

Bien que ce phénomène ne puisse être précisément mesuré, les maires ruraux sont confrontés à des habitats anciens vacants de plus en plus nombreux. Les associations d’élus sont très souvent sollicitées à ce sujet par les élus qui dénoncent un problème récurrent et un processus difficile de résolution de ce dernier.

Ces maisons abandonnées par leurs propriétaires imposent aux élus des frais que les communes ne peuvent supporter financièrement. Avec des coûts parfois très élevés, l’entretien et la démolition représentent une part importante du budget des municipalités.

De plus, les procédures administratives pour les municipalités s’avèrent très complexes et peuvent retarder les travaux. La responsabilité pénale de la municipalité peut être engagée en cas de non-signalement de dangers. L’augmentation rapide du nombre de ces maisons abandonnées laissées aux mains des communes peut engendrer des effondrements susceptibles de causer des dommages aux biens environnants et aux habitants.

Le Parlement a récemment voté la loi « Rénovation de l’habitat dégradé » avec des mesures qui vont dans le bon sens mais elle ne correspond pas à la grande loi logement attendue pour répondre à cette crise. Par conséquent, il lui demande quelles mesures le Gouvernement envisage-t-il de prendre pour soutenir nos élus locaux face au problème de ces habitations anciennes vacantes en zones rurales.

La question sera publiée le 14 mars au Journal Officiel et portera le numéro 10651.

#360 – La Constitutionnalisation de l’Interruption Volontaire de Grossesse

Ce lundi, nous, les 925 parlementaires français, sommes rassemblés au Château de Versailles en congrès, réunion des députés et sénateurs. Siégeant par ordre alphabétique, nous devront nous positionner sur l’inscription dans la Constitution de la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse. 

Pour être adopté, ce texte doit réunir les suffrages des 3/5e du Congrès soit 555 votes. Ce vote devrait être une formalité car 267 sénateurs, dont je fais partie, et 493 députés se sont déjà prononcés en faveur de cette mesure. En cette semaine du 8 mars, journée internationale du droit des femmes, et 50 ans après la loi Veil, la France s’apprête à devenir le premier pays à inscrire explicitement dans sa Constitution l’interruption volontaire de grossesse, à contre-courant de nombreux pays où ce droit est remis en question. 

Ce vote répond à une forte attente populaire, particulièrement exprimée par la jeunesse. Cependant, notre engagement doit désormais se tourner vers la garantie des moyens nécessaires pour assurer une prise en charge équitable des femmes sur l’ensemble du territoire national. 

Dans un rapport du Sénat de 2021, dont j’ai été co-rapporteur aux côtés d’autres sénateurs de la délégation au droit des femmes, nous avons déploré que la santé des femmes ne soit pas considérée comme une priorité dans les territoires ruraux où la désertification médicale touche particulièrement les gynécologues. Par ailleurs, au cours des 40 dernières années, le nombre de maternités a été divisé par trois. Le Planning familial estime, quant à lui, que 130 centres d’IVG ont fermé leurs portes au cours des 15 dernières années, principalement dans les territoires ruraux. Pour les femmes en milieu rural, l’accès à l’IVG dépend ainsi des conditions de mobilité et de disponibilités des professionnels de santé.

Avec cette nouvelle protection de ce droit, il est essentiel de veiller à ce que celui-ci soit effectif, afin d’offrir aux femmes la possibilité d’exercer pleinement leur droit à disposer de leur corps. 

C’est dit ! 



QE #212- Consommation des fonds européens par les régions

Bruno Belin interroge M. le ministre délégué chargé de l’Europe sur la consommation des fonds européens par les régions.

Les élus locaux expriment fréquemment une préoccupation récurrente liée aux difficultés rencontrées pour accéder aux fonds européens.

En dépit de leur montant, ceux-ci sont peu visibles en régions, générant ainsi des doléances de la part des représentants locaux. À l’exception du Fonds social européen (FSE), la répartition des autres fonds européens se fait au niveau régional.

Cependant, depuis la réorganisation territoriale de 2016 et le redécoupage des régions, celles-ci ont considérablement augmenté en taille, entraînant une accessibilité réduite pour les élus locaux en milieu rural.

Par conséquent, il lui demande s’il est possible de connaitre la consommation par région des fonds européens sur la période 2015-2023. Cette requête vise à mieux comprendre la distribution et l’utilisation effective de ces fonds au niveau régional, afin d’adresser les préoccupations des élus locaux et d’optimiser l’impact de ces ressources sur le développement des différentes régions du pays. »

La question sera publiée le 07 mars au Journal Officiel et portera le numéro 10534.