
Samedi dernier, le lancement de l’opération « Fureur épique » par les États-Unis en Iran est venu embraser une région déjà extrêmement fragile, alors même que Donald Trump avait réussi à ramener un peu de calme en mettant fin à la guerre dans la bande de Gaza en octobre dernier.
Avec le soutien d’Israël, les frappes ont tué plusieurs figures importantes du pouvoir iranien, dont l’ayatollah Ali Khamenei. Son prédécesseur comme lui-même ont plongé cette fausse république dans des ténèbres obscurantistes, gouvernant par la peur et la répression. Depuis la fin du mois de décembre, le peuple iranien avait engagé un mouvement de manifestations, le plus important depuis la révolution de 1979. Plusieurs milliers de personnes ont été tuées ou arrêtées. J’ai une pensée particulière pour Mahyar Monshipour, ancien boxeur d’origine iranienne installé à Poitiers, qui œuvre depuis de nombreuses années pour le retour de la démocratie dans son pays.
Si nous pouvons espérer que la disparition du guide suprême permettra au peuple iranien de reprendre son destin en main, les motivations de cette attaque restent floues et son issue incertaine. Quant au Liban, il se retrouve une nouvelle fois au cœur du triangle explosif Palestine–Israël–Iran. Entre les tirs du Hezbollah et l’offensive d’Israël au sud du pays, le pays se voit entrainé malgré lui dans l’embrasement régional.
L’invasion de l’Ukraine par la Russie, les incertitudes entourant la volonté de Donald Trump de contribuer à la sécurité du continent européen, ses déclarations sur une éventuelle prise de contrôle du Groenland ou encore le déclenchement de ce nouveau conflit au Moyen-Orient rappellent combien l’Europe doit s’affirmer.
La France est le seul pays de l’Union européenne à disposer de l’arme de dissuasion nucléaire. L’ouverture à huit pays européens de nos exercices nucléaires, ainsi que le déploiement temporaire de chasseurs français, permettront de renforcer la contribution de la France à la défense de l’Europe, sans pour autant céder sur la définition nationale de nos intérêts vitaux.
Enfin, le risque de répercussions sur notre territoire demeure réel. J’adresse à ce titre mon soutien total aux forces de l’ordre et aux services de renseignement mobilisés pour la sécurité de nos concitoyens. D’autres inquiétudes demeurent également : l’afflux possible de réfugiés, l’évacuation de milliers de ressortissants présents au Moyen-Orient ou encore une hausse durable des prix des hydrocarbures, qui pèserait lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes.
La France et l’Europe ne doivent pas se laisser entraîner dans cette escalade, et ce, malgré les attaques de drones iraniens visant notamment Chypre. La France doit avant tout poursuivre son engagement en faveur de la paix, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de la sécurité de ses ressortissants ainsi que de la préservation de ses intérêts vitaux, notamment alimentaires et énergétiques.
C’est dit !
