Bruno Belin attire l’attention de M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur la nécessité de soutenir Exaion, filiale du groupe EDF, en favorisant son maintien sous contrôle d’investisseurs français et européens.
Le 4 février 2026, le ministère de l’économie a annoncé son intention de prolonger les négociations entre EDF et le groupe américain Mara Holdings en vue de la cession de la filiale Exaion. Fondée en 2020, cette entreprise développe des services numériques de confiance, innovants et performants. Elle valorise notamment les infrastructures de calcul d’EDF afin de concevoir des centres de données 100 % français. Exaion s’est ainsi positionnée comme un acteur innovant dans les domaines de l’intelligence artificielle, du bitcoin et de la cybersécurité.
Toutefois, la filiale a annoncé un chiffre d’affaires déficitaire, avec une perte de 4,5 millions d’euros pour l’année 2024. Cette situation s’explique en partie par un sous-investissement persistant dans ces technologies stratégiques, encore insuffisamment financées en France et en Europe. Dans ce contexte, le groupe EDF a fait part de son projet de céder la majorité des parts du capital d’Exaion à l’entreprise américaine Mara Holdings, leader du minage de bitcoin.
Or, le rapport Draghi, publié en septembre 2024, alertait précisément sur les dangers d’un sous-investissement chronique dans les technologies numériques de pointe. La France et ses partenaires européens devraient investir massivement dans ces secteurs stratégiques, bénéficiant d’un investissement moindre par rapport aux industries matures. Aujourd’hui, près de 80 % des produits et services numériques utilisés en Europe sont fournis par des acteurs extra-européens. Les récents bouleversements géopolitiques et économiques ont par ailleurs démontré l’importance de renforcer nos capacités industrielles et technologiques face à de grandes puissances économiques telles que la Chine et les États-Unis. Ces enjeux de souveraineté suscitent un vif intérêt parmi nos entrepreneurs, soucieux de leurs perspectives de croissance et de l’avenir des technologies qui constitueront le socle de leur développement.
Dans ce contexte, il souhaite savoir si le Gouvernement entend agir en faveur d’Exaion en favorisant une solution de reprise par des acteurs français ou européens, afin de soutenir et de préserver un potentiel futur acteur stratégique pour la souveraineté numérique nationale.
La question sera publiée le 26 février au Journal Officiel et portera le numéro 07840.
