#420 – Soutenir nos unités d’élite : une exigence pour notre sécurité

La semaine dernière, la commission des finances a adopté mon rapport intitulé « Les unités d’élite de la Gendarmerie et de la Police nationales : une efficacité partagée, des moyens à garantir ». Cette semaine, j’ai eu l’honneur de le remettre officiellement aux chefs du GIGN (Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale), du RAID (Recherche, assistance, intervention, dissuasion) et de la BRI-PP (Brigade de Recherche et d’Intervention de la Préfecture de Police de Paris).

Cette remise s’est tenue en présence du directeur général de la Gendarmerie nationale et du directeur général de la Police nationale, soulignant ainsi toute l’importance accordée à ces unités d’exception.

Chaque jour, ces unités interviennent dans des situations parmi les plus critiques : opérations antiterroristes, interventions en milieu hostile, protection de hautes personnalités ou encore soutien à des enquêtes judiciaires complexes. Leur professionnalisme, leur sang-froid et leur efficacité font la fierté de notre pays.

Depuis les attentats de 2012 à 2016, le RAID et le GIGN ont été dotés d’antennes territoriales, leur conférant une compétence nationale, tandis que la BRI-PP reste concentrée sur la région parisienne. Cette complémentarité géographique renforce la capacité d’action de ces forces face à une intensification constante de leurs missions.

Mais si leurs moyens ont progressé, ils restent encore en deçà des besoins réels. C’est tout le sens de mon rapport. Il formule sept recommandations concrètes pour renforcer ces unités.

Parmi elles, le volet immobilier est central. En écho à mon rapport de l’an dernier sur l’immobilier de la Gendarmerie, je propose d’investir massivement dans des infrastructures adaptées, notamment à travers le lancement du projet immobilier de l’échelon central du GIGN à Versailles.

D’autres mesures visent à élargir le recours aux réservistes ou encore à adapter la transition écologique aux spécificités opérationnelles de ces forces. À ce titre, il est impératif de prévoir une dérogation au malus écologique pour leurs véhicules d’intervention. Une voiture électrique ne saurait aujourd’hui répondre aux exigences de rapidité et d’autonomie de ces missions vitales.

Enfin, la simplification des procédures de passation des marchés pour le matériel spécifique du RAID et de la BRI-PP est une nécessité. J’ai interrogé le ministère de l’Intérieur à ce sujet.

Les unités d’élite de la Gendarmerie et de la Police nationales sont un atout majeur pour la sécurité de nos concitoyens. Elles ont prouvé, année après année, leur utilité, leur efficacité et leur abnégation. 

À nous, maintenant, de leur donner les moyens d’agir.

C’est dit !



#419 – 100 millions de touristes : un potentiel à structurer

En 2024, la France a confirmé sa place de première destination touristique mondiale avec plus de 100 millions de visiteurs internationaux, générant 71 milliards d’euros de recettes. Le solde positif du poste « Voyages » dépasse 15 milliards d’euros, reflet d’une attractivité toujours forte.

Le tourisme représente près de 8 % du PIB national et plus de deux millions d’emplois directs et indirects. Il valorise nos territoires, notre patrimoine, notre culture et notre art de vivre.

L’année a été marquée par des événements exceptionnels : Jeux Olympiques et Paralympiques, 80e anniversaire du Débarquement, réouverture de Notre-Dame… Autant de moments qui ont renforcé notre rayonnement et soutenu une fréquentation en hausse, avec une majorité de touristes français.

Mais ce succès ne doit pas masquer les défis à venir. La concurrence s’intensifie, notamment avec l’Espagne, qui avance avec une stratégie structurée. Pour rester leader, la France doit se doter d’une vraie politique nationale du tourisme, fondée sur une vision partagée, une gouvernance claire et la mobilisation de tous les acteurs : collectivités, entreprises, services de l’État. Il ne s’agit pas de dépenser plus, mais de mieux coordonner et anticiper.

C’était le sens du colloque « 100 millions de touristes : réalité ou totem politique ? » organisé ce jeudi avec Alliance France Tourisme et Régions de France.

Le tourisme est aussi un puissant levier de développement local. Le Futuroscope l’a été en son temps, sous l’impulsion de René Monory, et continue de l’être aujourd’hui. Quelques années plus tard, l’ouverture du Center Parcs du Bois aux Daims à Morton et aux Trois-Moutiers a suscité une dynamique similaire. Nous en avons célébré les 10 ans cette semaine. Son succès illustre combien des investissements touristiques réfléchis peuvent durablement transformer un territoire.

De la Vienne à la Côte d’Azur, des volcans d’Auvergne aux plages du Débarquement, la France regorge de sites remarquables. Le tourisme n’est pas une menace : c’est une chance. À condition d’en faire un levier maîtrisé de cohésion, de transition et de développement.

C’est dit !



#418 – Eau, agriculture, climat : un trio indissociable pour préparer l’avenir

Quelques jours après les manifestations des agriculteurs de la Vienne devant le Futuroscope, j’ai reçu Louis-Marie Grollier et Laurent Sourisseau, représentants de l’Association des Irrigants de la Vienne (ADIV). À l’instar des syndicats agricoles, ils m’ont fait part de leurs vives inquiétudes quant à l’avenir de l’agriculture, dans un contexte de plus en plus contraignant en matière d’accès à l’eau, aggravé par les dernières préconisations de l’étude HMUC.

Le vote de cette étude, à nouveau repoussé au mois d’octobre, illustre les défis majeurs liés au changement climatique. L’agriculture est en première ligne : elle doit adapter ses pratiques, mais cette transition ne pourra se faire ni sans les agriculteurs, ni contre eux. Ils sont et resteront les premiers impactés, mais aussi les premiers acteurs de cette transformation.

Au niveau national, la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture, adoptée début 2025, reconnaît l’agriculture comme un intérêt général majeur. Pourtant, sur le terrain, les porteurs de projets se heurtent à une complexité réglementaire grandissante, couplée à des obstacles croissants dans l’accès à l’eau.

Les études volumes prélevables, souvent conduites selon une approche strictement environnementale, imposent des réductions drastiques — de 10 à 90 % selon les bassins — sans réelle prise en compte des impacts économiques et sociaux. Ces orientations se retrouvent dans les SDAGE, SAGE et PTGE, s’inscrivant dans une logique de sobriété parfois déconnectée des réalités du terrain.

À la suite de cet échange avec l’ADIV, j’ai déposé une question écrite et j’interviendrai prochainement au Sénat pour poser une question orale au ministre de l’Agriculture.

C’est dit !



#417 – La Vienne, terre d’énergie

Un an après avoir été choisie pour la production de tritium aux côtés du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), la centrale nucléaire de Civaux a détecté deux microfissures sur des tuyauteries. Grâce aux dispositifs de contrôle de plus en plus performants, ces défauts sont repérés précocement, garantissant une sécurité renforcée. EDF a tenu à rassurer en évoquant un événement isolé, avec un impact limité sur la durée d’arrêt. Une nouvelle rassurante, puisque la centrale alimente la moitié de la région Nouvelle-Aquitaine.

Le département de la Vienne s’est illustré très tôt dans l’histoire de l’électrification. Dès 1923, le Syndicat Energies Vienne est créé pour fédérer les communes autour d’une politique énergétique ambitieuse. En 1925, la naissance de la Régie d’Électricité de la Vienne – devenue aujourd’hui SOREGIES – marque un tournant : la Vienne devient, avec la Seine (Paris intramuros), le premier département entièrement électrifié de France. Depuis un siècle, les élus locaux s’investissent pleinement pour garantir un service énergétique public, moderne et au service du territoire.

Aujourd’hui, le groupe Sorégies, 4e énergéticien français en électricité, poursuit cet héritage. Avec 300 000 clients et 1,5 milliard d’euros d’investissement prévus d’ici 2030, il incarne une transition énergétique ambitieuse. Son objectif : rendre l’énergie-climat accessible à tous, participer à la neutralité carbone d’ici 2050, renforcer la souveraineté nationale, améliorer le pouvoir d’achat et soutenir les entreprises.

Les récents épisodes de chaleur nous rappellent l’urgence climatique. L’électricité décarbonée est une solution clé, à condition d’en garantir l’accès. Cela implique de prolonger la durée de vie des centrales existantes et d’en construire de nouvelles. La fin progressive des véhicules thermiques, la croissance démographique et le développement technologique entraîneront une hausse estimée à 40 % de la consommation électrique dans les dix prochaines années, selon une commission sénatoriale.

Le Sénat débattra en juillet d’une proposition de loi portant sur la programmation énergétique nationale et la simplification normative du secteur. Face au renoncement du Gouvernement à présenter la loi quinquennale sur l’énergie — pourtant prévue par la loi « Énergie-Climat » de 2019 — les sénateurs ont pris l’initiative de déposer leur propre texte. Ce projet vise notamment à acter la relance du nucléaire afin de préserver un mix énergétique comportant au moins deux tiers de nucléaire à l’horizon 2030, et une part majoritaire à l’horizon 2050.

C’est dit !



 » La centrale est une chance pour notre territoire. Elle apporte de l’emploi, finance nos écoles, fait vivre nos commerces, et contribue aux investissements locaux via le Fonds Civaux. Les récentes alertes démontrent l’efficacité des dispositifs de contrôle et la priorité donnée à la sécurité. Pionnier de l’électrification, notre département le restera, porté par les actions du Syndicat Énergies Vienne, du groupe Sorégies et du CNPE de Civaux. » – Marie-Renée Desroses, Sénatrice Suppléante, maire de Civaux et vice-présidente du Syndicat Energies Vienne 

#416 – Le tourisme, levier de développement du territoire 

L’année 2024 a été exceptionnelle pour le tourisme français : plus de 100 millions de touristes internationaux ont été accueillis, générant 71 milliards d’euros de recettes.

Ce succès représente une formidable opportunité pour nos territoires. Contrairement à d’autres secteurs, le tourisme ne se délocalise pas : il s’ancre dans l’existant et en révèle la richesse — paysages, patrimoine, traditions, Histoire. Investir dans le tourisme, c’est investir dans ce que nous avons de plus authentique. C’est aussi une invitation faite aux habitants à redécouvrir leur cadre de vie, et aux collectivités à affirmer leur singularité. Le tourisme renforce le lien social et nourrit la fierté d’appartenance.

Loin d’être une menace, il constitue bien souvent la première richesse économique et culturelle de nos territoires. Partout en France, des exemples concrets montrent combien il peut devenir un levier de développement local durable.

Dans la Vienne, le Futuroscope illustre cette dynamique. Lorsqu’en 1984 René Monory initie ce projet novateur, il saisit l’opportunité ouverte par les lois de décentralisation de 1982 pour en faire un moteur d’aménagement du territoire. Aujourd’hui, ce site emblématique est l’un des plus fréquentés de France. L’inauguration d’une nouvelle attraction ce samedi, en présence de la ministre déléguée au tourisme, Nathalie Delattre, un an après celle de l’Aquascope, confirme son rôle central dans l’attractivité du département.

Mais au-delà du seul parc, c’est toute l’offre touristique de la Vienne — riche, variée, bien structurée — qui connaît une dynamique positive. La fréquentation du mois de mai est en hausse par rapport à 2024, et les perspectives pour la saison estivale sont très encourageantes. Ce développement résulte d’un travail collectif, associant collectivités, acteurs professionnels et sites emblématiques.

En faisant du tourisme un levier de transition écologique, de dynamisme économique et de cohésion territoriale, la France confirmera son rôle moteur à l’échelle mondiale, tout en assurant un développement équilibré et durable de l’ensemble de ses territoires.

Notre pays dispose d’une diversité exceptionnelle : des petites églises rurales aux grands parcs de loisirs, en passant par nos musées, notre patrimoine naturel, et nos stations thermales.

Ces trésors méritent d’être pleinement valorisés.

C’est dit !



#415 – Le sport : la fête ne doit pas être gâchée

Samedi dernier, la victoire du Paris-Saint-Germain en Ligue des champions aurait dû être un moment de liesse populaire. Mais cette célébration a malheureusement été entachée par des violences inacceptables à l’encontre de nos forces de l’ordre et de secours, ainsi que par des scènes de pillages et de dégradations de commerces et d’équipements publics dans plusieurs villes de France.

Ces actes doivent être condamnés avec la plus grande fermeté. Ils ont fait des centaines de blessés et, tragiquement, causé la mort. Ces événements ravivent le souvenir de drames terribles dans l’histoire du sport, comme celui du 29 mai 1985 au stade du Heysel, où 39 supporters avaient perdu la vie. Ce qui interroge aujourd’hui, c’est que la plupart des auteurs de ces violences ont été remis en liberté à l’issue de leur présentation devant l’autorité judiciaire. Il est difficilement compréhensible que ceux qui ont participé à des pillages et à des troubles graves à l’ordre public soient sanctionnés plus légèrement qu’un boulanger ayant ouvert son commerce le 1er mai. Une amende moins élevée pour des faits bien plus graves ne peut qu’interpeller.

Ceux qui se livrent à de tels agissements ne peuvent se réclamer de l’esprit du sport, car le sport, c’est avant tout l’entraide, le respect, la cohésion, le partage et l’émotion collective. Les Jeux de Paris en ont été un parfait exemple. Le soutien de l’ensemble de la nation à Loïs Boisson, qui a atteint les demi-finales de Roland-Garros en déjouant tous les pronostics, le prouve une nouvelle fois. Je la félicite chaleureusement pour son tournoi exceptionnel, qui a su faire vibrer toute la France. J’adresse également mes félicitations aux joueurs du Paris Saint-Germain pour cette victoire historique tant pour le club que pour le football français. 

En tant que pratiquant et passionné de sport, je souhaite que ces moments restent des fêtes populaires, des instants d’unité et d’enthousiasme collectif. 

Le sport est ce qui nous rassemble. 

Le sport, c’est faire nation. 

C’est dit ! 



#414 – Pour une agriculture au cœur de notre souveraineté

Il y a un peu plus d’un an, les agriculteurs se mobilisaient massivement pour dénoncer la faiblesse de leur rémunération, la dévalorisation de leur métier, et l’accumulation de normes toujours plus contraignantes. Face aux crises profondes que traverse le secteur, le Sénat a présenté une proposition de loi visant à alléger les contraintes pesant sur l’exercice du métier d’agriculteur. Conscient de ces enjeux et profondément attaché à la cause de ceux qui nous nourrissent, j’ai voté en faveur de ce texte en janvier dernier.

Aujourd’hui, la situation demeure critique. Les normes s’accumulent, tandis que la concurrence déloyale, à la fois internationale et intra-européenne, fragilise durablement nos exploitants. Le sentiment d’abandon s’accentue, à mesure que les décisions politiques tardent à produire des effets concrets. J’ai pu mesurer cette détresse lors de mes échanges récents avec les représentants des principaux syndicats agricoles, notamment la FDSEA de la Vienne, rencontrée lundi, et la Coordination Rurale, avec laquelle nous avons également eu l’occasion d’échanger ces dernières semaines.

L’agriculture française représente désormais moins de 2 % du PIB national, contre 4 % en 1980 et 18 % en 1949. C’est une lente mais réelle asphyxie de notre souveraineté alimentaire. Il est urgent de redonner aux filières agricoles le soutien qu’elles méritent, en leur offrant une vision claire, ambitieuse et durable.

La volonté d’une partie de la gauche d’empêcher l’examen de ce texte en déposant près de 4 000 amendements n’a pas été à la hauteur des attentes du monde agricole. Cette manœuvre d’obstruction parlementaire a empêché un véritable débat démocratique, fondé sur l’échange, le compromis et le respect du pluralisme. Désormais, le texte sera examiné par la commission mixte paritaire, qui aura la responsabilité de trouver un équilibre entre les positions de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Il n’y aura pas d’agriculture contre le vivant, les animaux ou la santé humaine. Mais il n’y aura pas non plus d’avenir écologique sans les agriculteurs.

C’est dit ! 



#413 – Pour une optimisation de l’action des forces de l’ordre dans nos territoires

Cette semaine au Sénat, je suis intervenu lors de la séance des questions orales pour interpeller le gouvernement concernant les effectifs de la gendarmerie dans le département de la Vienne. 

Les forces de l’ordre assurent la sécurité publique, ce qui permet de garantir la tranquillité de nos citoyens. En milieu rural, la gendarmerie joue un rôle de première ligne : elle est présente sur le terrain et intervient dans des situations souvent complexes, voire dangereuses.

La Vienne se situe sur un axe stratégique entre Paris et l’Espagne, et accueille notamment le centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne. Cet établissement est confronté à une surpopulation carcérale préoccupante, avec plus de 950 détenus pour une capacité de 650 places. Il requiert des moyens humains renforcés. Malgré cela, seule une brigade locale composée d’une vingtaine de gendarmes assure sa sécurité, gérant à la fois les transferts de détenus et les missions quotidiennes de sécurité publique. J’ai donc réaffirmé la nécessité de renforcer les effectifs dans notre département, particulièrement dans les zones les plus exposées.

Dans le cadre de mes missions au sein de la commission des finances, et notamment la préparation de mon rapport sur les unités d’élite de la gendarmerie et de la police nationale, j’ai visité ce mardi la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI) de Paris. Véritable unité d’élite de la police judiciaire, la BRI intervient avec rapidité et efficacité dans des situations d’urgence à haut risque. Son rôle est stratégique dans la lutte contre la criminalité organisée et le grand banditisme. 

Enfin, la classe défense du lycée Marc Godrie de Loudun, mettant en valeur l’engagement citoyen et les métiers de la sécurité, a eu l’occasion de visiter le Sénat, ce mardi. À cette occasion, les élèves ont pu découvrir l’institution et échanger avec le Général Stéphane Daudrix, commandant militaire du palais. Un moment de partage intergénérationnel et de transmission, qui contribuera à nourrir leur réflexion sur leur avenir et leur rôle de futurs citoyens. 

C’est dit ! 



#412 – Pour un accès aux soins dans les territoires 

Cette semaine, le Sénat a examiné et adopté la proposition de loi visant à améliorer l’accès aux soins dans les territoires.

Lors de ma prise de parole, j’ai rappelé les enjeux majeurs auxquels nous devons faire face pour résorber un problème qui persiste depuis plus de vingt ans.

Contrairement à ce que certains laissent entendre, nous aurons besoin de davantage de professionnels de santé dans les années à venir. La démographie est une science exacte : nous sommes de plus en plus nombreux, de plus en plus âgés, et les pathologies chroniques sont en constante augmentation.

Fruit de plus d’un an de travail, ce texte ambitieux poursuit un objectif simple mais essentiel : réduire, de manière équilibrée, la fracture médicale entre les territoires et garantir à chaque Français l’accès à des soins de qualité, quel que soit son lieu de vie.

Trois leviers me semblent essentiels pour relever ce défi, et j’ai tenu à les souligner :

1. Gagner du temps médical
En supprimant certains certificats inutiles, et en s’appuyant davantage sur d’autres professionnels de santé notamment les infirmiers en pratique avancée et les pharmaciens, nous permettons aux médecins de se concentrer sur leur cœur de métier.

2. Continuer à former
À ce titre, j’avais invité des étudiants en médecine à assister à la séance depuis les tribunes. Ils sont l’avenir de notre système de santé dans les territoires.

3. Rendre la santé accessible partout
Cela passe notamment par l’intégration des PADHUE (Praticiens à Diplôme Hors Union Européenne). La coercition n’est pas une solution : elle serait contre-productive. La proposition du Sénat, plus équilibrée, consiste à conditionner l’installation de nouveaux médecins dans les zones bien dotées à l’exercice partiel dans des zones sous-dotées, avec la possibilité de développer une activité en cabinet secondaire.

Enfin, les départements ont démontré leur expertise en matière de politiques médico-sociales et leur fine connaissance de l’aménagement du territoire. Ils doivent être pleinement associés à cette politique de santé territorialisée.

Cette proposition de loi doit désormais être examinée par l’Assemblée nationale. Il y a urgence à agir : nos concitoyens doivent pouvoir accéder à des soins de proximité, dans des délais raisonnables et sur l’ensemble du territoire. 

C’est dit ! 



#411 – Repenser l’éducation prioritaire sans oublier les territoires ruraux

Cette semaine, j’ai présidé l’audition de la commission des finances du Sénat sur le rapport de la Cour des comptes intitulé « L’éducation prioritaire, une politique publique à repenser ». Un document important qui interroge une politique engagée depuis 1981, aujourd’hui dotée d’un budget de 2,6 milliards d’euros, et dont les résultats restent en deçà des attentes.

Malgré des dispositifs tels que le dédoublement des classes ou une concentration accrue de moyens, les inégalités scolaires persistent, voire s’aggravent, notamment pour les élèves issus de milieux défavorisés. La Cour appelle à une réforme en profondeur : mieux cibler les moyens, réviser une carte de l’éducation prioritaire figée depuis dix ans, et agir plus globalement pour favoriser la mixité sociale et l’égalité des chances.

Mais ce débat ne peut se limiter aux seules zones urbaines. En milieu rural, les élèves sont les grands oubliés. Contraints à des trajets longs – parfois plus d’une heure chaque jour – ils voient leur accès au sport, à la culture ou aux activités périscolaires réduit à néant, faute de pouvoir simplement se déplacer. Cette incapacité physique pèse lourd sur leur parcours éducatif. C’est pourquoi j’ai proposé que les territoires ruraux soient, eux aussi, considérés comme des territoires prioritaires. L’égalité des chances ne peut être réservée aux seules périphéries urbaines : elle doit s’étendre à toutes les jeunesses de France, y compris celles des campagnes.

Chaque année, la carte scolaire devient un moment de crispation, même de souffrance pour les familles, les élus et les enseignants de nos territoires. J’ai pris acte de la volonté récemment exprimée par la Directrice Académique des Services de l’Education Nationale de consulter les élus locaux en amont de la prochaine carte scolaire. C’est une avancée, attendue de longue date.

Mais entendre ne suffit pas : il faudra écouter, comprendre, et agir avec intelligence pour limiter les impacts sur nos territoires.

C’est dit !