#430 – Retrouvons le sens des responsabilités 

Lundi dernier, à peine quelques heures après avoir nommé son gouvernement, le Premier ministre Sébastien Lecornu annonçait sa démission. Après une semaine de tractations et de spectacles politiques déconcertants, le président de la République a finalement choisi de le reconduire. Si chacun peut s’interroger sur la pertinence de cette décision, l’heure n’est plus au commentaire : l’urgence est désormais budgétaire. 

Pour être adopté dans les délais constitutionnels, le projet de loi de finances doit impérativement être déposé lundi à l’Assemblée nationale. Sans cela, députés et sénateurs ne pourront l’examiner avant le 31 décembre. Pour le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, le scénario serait encore pire : aucune procédure dérogatoire n’existe.

Aux chefs de partis et aux présidents de groupes parlementaires, je veux dire ceci : discutez, débattez, trouvez des compromis, mais ne censurez pas. Une motion de censure pourrait conduire à une dissolution de l’Assemblée nationale, et les conséquences en seraient désastreuses.

L’an dernier, commencer l’année sans budget nous a déjà coûté 12 milliards d’euros et 0,2 point de croissance, pour moins de deux mois de retard. En cas de dissolution, aucun budget ne pourrait être adopté avant le mois d’avril, c’est-à-dire après les élections municipales. Ce serait une catastrophe pour les collectivités : les maires réélus, qui comptent sur les dotations d’investissement pour poursuivre leurs projets, seraient paralysés. Les nouveaux élus, pleins d’élan et d’idées, se heurteraient, quant à eux, aussitôt dans une impasse budgétaire. 

La crise politique a déjà trop coûté. Après la démission de Sébastien Lecornu, la Bourse de Paris a chuté, les banques ont décroché, et les taux d’intérêt se sont envolés. À chaque secousse politique, le risque grandit de voir la Banque centrale européenne reprendre la main. 

L’Europe et le monde nous observent.

Ne laissons pas à nos enfants le poids de nos dettes.

Il est temps de retrouver le sens des responsabilités. 

C’est dit ! 



#429 – Destination : Lyon ! 

Cette semaine, le syndicat mixte de l’aéroport Poitiers-Biard et la compagnie Volotea ont signé une convention de délégation de service public, marquant la réouverture officielle de la ligne Poitiers–Lyon, suspendue en 2023. Le premier vol est prévu dans quinze jours, le 17 octobre.

Je tiens à féliciter Alain Pichon, Président du Département et du syndicat mixte de l’aéroport Poitiers-Biard, pour cette réouverture. Elle représente un atout majeur pour l’attractivité de notre territoire : elle permettra aux Lyonnais et aux visiteurs internationaux de découvrir la Vienne, et offrira aux Poitevins une connexion directe vers l’aéroport international de Lyon. Je reste convaincu qu’un « Poitiers fort » passe par un Poitiers avec un aéroport.

La réouverture de cette ligne est également essentielle pour la pérennité de l’aéroport et le maintien de sa capacité opérationnelle 24h/24 pour deux raisons majeures :
– La santé publique : permettre au CHU de Poitiers, centre de référence pour la greffe de reins, de recevoir et d’acheminer des organes. Rappelons qu’en 2020, lors des premières semaines de l’épidémie de Covid-19, la disponibilité de l’aéroport a permis d’organiser les premières évacuations de patients depuis le Haut-Rhin, alors gravement touché, vers notre département, relativement épargné.
– La sécurité aérienne : l’aéroport de Poitiers est un aéroport de déroutement, capable d’accueillir un avion de ligne en difficulté nécessitant un atterrissage d’urgence. Grâce à ses équipements, il peut fonctionner 365 jours par an, 24 heures sur 24.

La semaine prochaine, je rencontrerai Aurélien Gomez, directeur des affaires publiques d’Air France, pour évoquer l’avenir du secteur aérien dans le cadre de la prochaine loi de finances et les conséquences de la taxe de solidarité sur les billets d’avion instaurée par la loi de finances 2025. Cet échange sera également l’occasion d’aborder la décarbonation de l’aviation et le développement des carburants durables (SAF – Sustainable Aviation Fuel), afin de répondre aux enjeux climatiques.

Car nous avons besoin de l’aérien : pour la santé, pour la sécurité, pour nos armées, pour la protection civile, notamment l’été avec les Canadair.

L’aviation civile est une chance. 

C’est dit !



#428 – Le futur s’invente au village ! 

Quatorze ans après sa première édition dans la Vienne, le congrès des maires ruraux de France a fait son grand retour cette semaine dans notre département. Au Palais du Futuroscope, c’est bel et bien le futur qui s’est inventé au village ! Je tiens à adresser mes félicitations aux équipes de l’AMRF et de l’AMRF 86, et tout particulièrement à leurs présidents, Michel Fournier et Cyril Cibert, pour la qualité de cette organisation.

La ruralité est une formidable source de solidarité, de coopération et surtout d’inventivité. Nos territoires sont de véritables leviers d’innovation et de transformation grâce à l’engagement des élus locaux, capables d’apporter des solutions là où l’État peine trop souvent à agir. En matière de santé par exemple, ils ont su relever le défi des déserts médicaux en imaginant des dispositifs attractifs pour encourager l’installation de professionnels en milieu rural. Plus récemment, leur mobilisation pour défendre leurs pharmacies, dernier lieu de présence quotidienne d’un professionnel de santé, a permis de suspendre l’arrêté gouvernemental prévoyant une baisse de la remise sur les génériques.

Le Premier ministre a annoncé travailler à un nouvel acte de décentralisation. Les élus disent « oui », mais dès demain, car les solutions sont sur la table ! Tout est prêt : associations d’élus et Parlement ont déjà formulé des propositions concrètes. Il est temps que l’État fasse confiance à ses élus locaux : confiance dans leur capacité à agir, confiance dans leur inventivité, confiance dans leur libre administration. Rappelons que ce sont les maires qui inspirent le plus de confiance à nos concitoyens. À l’État de leur témoigner la même considération. Cela passera sans doute par une réforme de leur autonomie financière. La suppression de la taxe d’habitation a rompu le lien direct entre les citoyens et leurs maires et en plus, cela a coûté 24 milliards au budget national.

Enfin, la question du statut de l’élu reste un enjeu central. À l’approche des élections municipales, il ne s’agit pas seulement de mobiliser, mais aussi de susciter l’envie de s’engager. Ce sujet revient régulièrement dans le débat public, sans jamais aboutir à une adoption définitive. Les agressions de maires survenues ces dernières années l’ont replacé au premier plan. Les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale ont d’ailleurs annoncé en faire une priorité législative, avec l’espoir d’un vote définitif d’ici la fin de l’année. J’ai eu l’honneur d’intervenir lors de la table ronde sur ce sujet, en dialogue avec les rapporteurs du texte à l’Assemblée nationale et au Sénat, dans un esprit de travail collectif au service des élus locaux. Protection juridique, revalorisation des indemnités et des retraites, formation professionnelle, retour à l’emploi : autant de leviers indispensables pour sécuriser, accompagner et donner à nos élus les moyens d’agir.

À tous les élus, je souhaite redire les mots du Président Monory, rappelés vendredi par le Président du Sénat, Gérard Larcher : « Soyez réalistes, demandez l’impossible ! » 

C’est dit ! 



#427 – Pharmacies en danger, Santé menacée ! 

Jeudi dernier, les pharmaciens, pourtant peu habitués aux manifestations, ont exprimé leur colère. La mobilisation a été massive : sur 135 pharmacies du département, 132 ont baissé le rideau.

La première revendication concerne un arrêté ministériel d’août dernier qui abaisse progressivement le plafond des remises sur les médicaments génériques et biosimilaires à partir du 1er septembre 2025. Le passage de 40 % à 30 %, puis à 20 %, représente une perte estimée entre 240 et 270 millions d’euros pour le réseau officinal. Cette mesure remet en cause un principe adopté il y a 25 ans pour générer des économies pour la Sécurité sociale.

Un tel abaissement mettrait en péril entre 3 000 et 4 000 officines, avec des licenciements à la clé pour près d’un 1/5 du réseau, particulièrement dans les zones rurales. Chacun reconnaît désormais que l’impact de cette mesure a été largement sous-estimé et qu’aucune étude d’impact sérieuse n’a été réalisée. Pour les pharmaciens, il s’agit d’une double peine : baisse du plafond des remises et une baisse de marges liée à la baisse de prix des médicaments. La profession se dit prête à travailler sur un nouveau modèle de rémunération et à proposer des économies, mais demande en contrepartie la suspension de l’arrêté.

À cela s’ajoutent d’autres difficultés : baisse des revenus, diminution de la consommation, pertes d’emplois et stagnation de la démographie professionnelle… En France, une pharmacie ferme chaque jour, le plus souvent dans les zones rurales. Ces fermetures entraînent une concentration du chiffre d’affaires dans les officines restantes, rendant plus difficile l’installation des jeunes pharmaciens. Cette tendance ouvre la voie à une financiarisation de la santé, au détriment des territoires.

Enfin, si le Premier ministre a récemment annoncé la création d’un réseau France Santé pour garantir une offre de soins de proximité à moins de 30 minutes de chaque Français, ce maillage existe déjà grâce au réseau officinal. Les pharmacies restent le seul lieu où chacun peut obtenir, chaque jour et gratuitement, une première réponse en matière de santé.

Ne détruisons pas l’existant qui fonctionne avant de vouloir le réinventer !

C’est dit !



#426 – Le GIGN : une force d’élite au service de la France 

Ce jeudi soir, devant une centaine d’élus et une trentaine de gendarmes de la Vienne, nous avons eu le grand privilège de recevoir le Général Réty, Commandant du GIGN, le Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale.

Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement de mon rapport de contrôle au Sénat sur les unités d’élite de la gendarmerie et de la police nationales, déposé en juillet. Ces femmes et hommes d’exception jouent un rôle essentiel dans la lutte contre toutes les formes de criminalité et les menaces graves à l’ordre public. Si chaque unité possède ses spécificités, leur complémentarité assure une couverture équilibrée du territoire. Pour la Vienne, c’est le GIGN, et notamment son antenne de Joué-lès-Tours, qui intervient en cas d’urgence absolue.

Le Général Réty a ensuite présenté le fonctionnement et l’organisation du GIGN. Créé en 1974 à la suite de la prise d’otages des Jeux olympiques de Munich de 1972, le GIGN a constamment évolué pour s’adapter à la menace terroriste et au durcissement de la criminalité organisée. Sa dernière grande transformation, en 2021, a renforcé son efficacité avec le rattachement des antennes, la centralisation de la protection des hautes personnalités et la création d’une division technique de pointe.

Aujourd’hui, le GIGN rassemble 1 000 femmes et hommes, déployés en métropole, outre-mer et à l’international, pour près de 3 300 missions en 2024. Leur engagement reste guidé par le même mot d’ordre : « s’engager pour la vie ».

Je remercie chaleureusement les élus présents pour leurs questions, et tout particulièrement Rose-Marie Bertaud, maire de Vivonne, pour son accueil.

C’est dit ! 



#425 – Bonne rentrée dans la Vienne ! 

En ce début d’année scolaire, je voudrais, en premier lieu, souhaiter une bonne rentrée aux écoliers, collègiens, lycéens et étudiants du département ainsi que tous les personnels éducatifs qui assurent tout au long de l’année la tâche difficile de transmettre aux futurs citoyens. 

Comme à chaque rentrée, j’ai tenu à être présent sur le terrain : lundi au collège Joachim du Bellay de Loudun, aux côtés du maire Joël Dazas, puis au lycée agricole de Venours avec la ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Annie Genevard, et enfin jeudi au lycée agricole de La Perrière à La Roche-Rigault, en compagnie du maire James Garault.

Mais les défis restent nombreux : manque d’enseignants dans certains établissements, baisse démographique fragilisant l’avenir de certaines écoles, temps de transport trop longs pour les élèves, et nombre insuffisant d’accompagnants pour les enfants en situation de handicap. À cela s’ajoute la question du devenir du bâti scolaire après la fermeture d’un établissement, alors même que des investissements importants y ont parfois été réalisés récemment.

C’est pourquoi, dès juillet, j’ai proposé la création d’une commission départementale sur l’avenir du bâti scolaire. Cette commission permettra d’examiner les projets de reconversion au cas par cas et de proposer des solutions adaptées, avec un soutien prioritaire de l’État via la DETR. Elle devrait être mise en place prochainement.

Enfin, deux projets structurants marquent cette rentrée : le lancement du chantier du nouveau collège de Mirebeau, qui ne remet nullement en cause l’avenir du collège de Saint-Jean-de-Sauves, et la réouverture du collège Henri IV à Poitiers. Ce projet ambitieux et complexe était indispensable pour maintenir un établissement scolaire au cœur du centre-ville, sur le « plateau ».

Je remercie Henri Colin, vice-président du Conseil départemental en charge de l’éducation, pour le suivi de ces dossiers initiés sous ma mandature au Conseil départemental.

Les 35 collèges publics de la Vienne sont indispensables à la vitalité de nos territoires.

C’est dit !



#424 – Commémorer notre histoire, protéger notre avenir

Cette semaine, plusieurs cérémonies de commémoration ont eu lieu dans le département. Si l’offensive des maquis s’était intensifiée dès juin 1944, le moment clé est intervenu en août avec la libération progressive des communes. J’ai eu l’honneur d’assister aux cérémonies de Saint-Maurice-la-Clouère, Anché et Beaumont-Saint-Cyr, ainsi qu’à la commémoration annuelle du Maquis de Scévolles, au cours de laquelle la Légion d’honneur a été remise à Raymond Baranger, ancien maquisard.

La présence, encore aujourd’hui, de résistants parmi nous est un précieux rappel : elle nous oblige à ne pas oublier les horreurs de la guerre. L’an dernier, les 80 ans de la Libération avaient permis d’honorer ces combattants, d’inaugurer de nombreuses plaques et de transmettre cette mémoire à nos jeunes générations.

Dans ce contexte, la proposition du Premier ministre de supprimer le jour férié du 8 mai n’a pas été comprise, et ce à juste titre. Si je partage l’urgence de réduire la dette et de travailler davantage, cette date reste trop récente dans notre histoire, trop importante face à la recrudescence des actes antisémites et à la guerre aux portes de l’Europe.

Face aux contestations, le Premier ministre a choisi d’engager la responsabilité de son Gouvernement devant l’Assemblée nationale le 8 septembre. Ce vote sera décisif. C’est prouvé : l’instabilité politique entraîne la récession économique. 

Le Parlement devait par ailleurs examiner des textes décisifs, au premier rang desquels le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Tout retard, comme l’an dernier, pèserait lourdement sur un budget de l’État déjà fortement endetté. Pour vous, élus locaux, les répercussions seraient tout aussi préoccupantes : année blanche sur vos dotations de fonctionnement, absence de visibilité sur vos dotations d’investissement. Dans une année électorale, il sera particulièrement difficile d’encourager de nouveaux candidats à s’engager sans garanties financières pour investir et préparer de nouveaux projets.

Enfin, le texte sur le statut de l’élu devait être examiné dès la rentrée du Sénat, le 23 septembre. En cas de chute du Gouvernement, son adoption serait de nouveau retardée, alors que cette réforme est indispensable pour mieux accompagner l’exercice du mandat local et encourager les vocations à l’approche des municipales de 2026.

Les calculs partisans n’ont plus leur place face à la gravité de la situation économique et institutionnelle de notre pays. Adopter une telle attitude serait irresponsable. À la place, choisissons de donner au Parlement la possibilité de débattre, d’amender et d’adopter un budget pour assurer l’avenir de la France.

C’est dit !



#423 – Été 2025 : l’urgence climatique en face

L’été 2025 nous a placés face à la réalité du défi climatique. Il restera sans doute comme l’un des plus chauds de notre histoire récente, mais pourrait devenir la norme d’ici 20 ou 30 ans. Dix ans après l’Accord de Paris, les engagements pour contenir le réchauffement climatique peinent encore à être respectés, alors même que ses premiers effets sont déjà visibles.

Mercredi dernier, ce sont de violentes pluies qui se sont abattues sur une partie du département, provoquant une trentaine d’interventions des pompiers, des coupures d’électricité dans plusieurs communes et la fermeture de routes inondées.

Les incendies de forêt n’ont pas davantage épargné notre territoire : dans l’Aude, 16 000 hectares de végétation sont partis en fumée, constituant le pire incendie depuis au moins 50 ans sur le pourtour méditerranéen français. Ces feux sont l’une des conséquences directes de la sécheresse persistante.

Le monde agricole est lui aussi fortement impacté par ces bouleversements. Pour certaines cultures, comme la vigne, la précocité du raisin due aux fortes chaleurs a avancé les vendanges et laisse espérer une bonne récolte. Pour d’autres, en revanche, le manque d’eau fragilise les rendements et compromet l’irrigation.

Depuis le 24 juillet, l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la Terre peut générer en une année : c’était le jour du dépassement. Cette date, qui recule chaque année en fonction de notre consommation, a avancé de près de cinq mois depuis 1970.

Comme toujours, les élus locaux sont en première ligne, notamment avec la mise en œuvre des plans canicule. Mais il est désormais urgent d’adopter une politique cohérente pour faire face à cette réalité, et notamment :
– de développer des infrastructures de stockage de l’eau pour l’agriculture ;
– de lancer une politique publique ambitieuse de rénovation et de mise aux normes environnementales des logements ;
– de maintenir les budgets dédiés à la lutte contre le réchauffement climatique, tels que le Fonds vert. 

C’est dit !



#422 – Les enjeux du grand âge

Le bien vieillir est l’un des grands défis que notre société doit relever. Le vieillissement de la population entraînera inévitablement une pression croissante sur les capacités d’accueil des EHPAD et établissements spécialisés. Dans le même temps, un grand nombre de personnes âgées expriment le souhait de rester à domicile le plus longtemps possible. L’enjeu est donc clair : développer des solutions durables pour favoriser le maintien à domicile.

Dans ce domaine, les départements et les centres communaux d’action sociale (CCAS) jouent un rôle clé, en assurant de nombreux services de proximité. Mais face à des budgets de plus en plus contraints, il est essentiel que l’État leur donne les moyens nécessaires pour poursuivre ces missions indispensables.

Le maintien à domicile s’appuie aussi sur les services à la personne (SAP), qui bénéficient d’un crédit d’impôt équivalent à 50 % des dépenses engagées, dans la limite de 12 000 euros par an. Ce dispositif, qui couvre aujourd’hui 26 activités, représente un coût annuel de 6,5 milliards d’euros pour l’État. Dans le cadre du budget 2026, le Gouvernement envisage de revoir ces aides et d’en réduire le montant.

Certaines prestations, comme le portage de repas à domicile, ne sont aujourd’hui éligibles au crédit d’impôt que si elles sont intégrées dans une offre globale de services rendus à domicile. Or, il s’agit d’un service essentiel au quotidien pour de nombreuses personnes âgées. Les entreprises de cette activité se retrouvent ainsi dans une insécurité juridique et financière.

Cette semaine, j’ai pu échanger avec le cabinet de la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, afin de défendre le maintien et la simplification de ces aides. Il faudra trouver un équilibre : ajuster les niches fiscales sans encourager le travail non déclaré. Qui plus est, lorsque que nous savons que pour chaque euro investi via le crédit d’impôt, l’État récupère 1,50 €. Ce secteur emploie plus de 1,3 million de personnes, souvent éloignées de l’emploi. Il serait contre-productif d’affaiblir un dispositif qui allie utilité sociale, économique et territoriale. 

Malgré le contexte, les niches fiscales liées au grand âge ne doivent pas être remises en cause. Soutenir le vieillissement à domicile, c’est faire le choix de la dignité, de la proximité et de la solidarité.

C’est dit !



#421 – Orientations budgétaires : entre urgence et responsabilité

Mardi dernier, le Premier ministre François Bayrou a présenté les grandes orientations budgétaires. Pour redresser les comptes publics, le gouvernement prévoit un effort de 43,8 milliards d’euros. L’urgence est réelle : entre 2019 et 2024, corrigées de l’inflation, les dépenses ont augmenté de 8,8 % tandis que les recettes ont reculé de 2,7 %. Aujourd’hui, pour 1 euro de recette, l’État dépense plus de 1,50 euro.

Conscients de cette dérive, les sénateurs ont engagé dès le mois de mai des travaux préparatoires aux projets de lois de finances (PLF) et de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Une contribution sénatoriale en est issue, dont plusieurs propositions se retrouvent dans les annonces du gouvernement.

L’intervention du Premier ministre a le mérite d’ouvrir un débat nécessaire sur le travail : pour réduire durablement le déficit, il faut que les Français travaillent davantage en volume. Cela peut passer par une entrée plus précoce sur le marché du travail, un départ plus tardif à la retraite, une augmentation de la durée hebdomadaire ou la réduction du nombre de jours fériés. En revanche, la proposition de supprimer le 8 mai est malvenue : dans un contexte de montée de l’antisémitisme, il est essentiel de préserver ce jour de mémoire, symbole de la fin des horreurs nazies et de la Shoah.

Parmi les autres mesures annoncées figure la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires dès 2026, avec le non-remplacement d’un départ à la retraite sur trois. Le Sénat avait proposé de rétablir le principe du non-remplacement d’un départ sur deux, s’appuyant sur un constat clair : depuis 2019, la masse salariale de l’État a progressé de près de 20 %.

Concernant la simplification, des mesures sont à l’étude. Le Premier ministre a évoqué une révision des aides publiques aux entreprises, évaluées à 211 milliards d’euros par an selon un rapport sénatorial. Il pourrait également s’appuyer sur les conclusions de la commission d’enquête sur les agences et opérateurs de l’État, dont les recommandations permettraient une économie de 540 millions d’euros.

S’agissant des collectivités territoriales, leur participation au redressement budgétaire doit rester proportionnée à leur responsabilité réelle dans la dégradation des comptes publics. Depuis 30 ans, leur dette reste stable (entre 7 et 9 % du PIB) et leur déficit est limité à +/- 0,6 %. Le Sénat sera particulièrement vigilant sur les efforts demandés aux collectivités dans le prochain projet de loi de finances.

Enfin, l’idée d’instaurer une « taxe Zucman », un impôt de 2 % sur le patrimoine des ultrariches (au-delà de 100 millions d’euros), soulève de nombreuses réserves. Sans coordination internationale, ou a minima européenne, une telle mesure risquerait d’entraîner une fuite des capitaux. La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a cité l’exemple du Royaume-Uni, où une mesure comparable a conduit au départ de 1 400 foyers et à la perte de 110 milliards de livres d’investissements.

Une nouvelle censure budgétaire à l’automne serait dramatique pour notre pays. Celle de décembre dernier a déjà coûté 12 milliards d’euros, sans compter les conséquences politiques et économiques liées à l’instabilité qu’elle a engendrée.

C’est dit !