#440 –  Budget 2026 : une impasse qui fragilise la France

L’échec de la commission mixte paritaire, à laquelle j’ai participé ce vendredi matin à l’Assemblée nationale et qui était chargée de trouver un accord entre députés et sénateurs sur le projet de loi de finances pour 2026, constitue un très mauvais signal adressé à nos concitoyens, aux entreprises et aux collectivités. Ne pas avoir de budget fragilise encore plus la situation du pays et entraîne une perte de confiance, tant à l’égard de nos institutions que de la part de nos partenaires internationaux.

En l’absence d’une loi de finances, c’est une nouvelle fois la loi spéciale, déjà mise en œuvre l’an dernier, qui devra s’appliquer à partir du 1er janvier. Les conséquences en seront identiques : aucun investissement possible tant qu’une loi de finances n’aura pas été adoptée, aucune subvention possible, aucun recrutement, et des dépenses gelées.

Je suis révolté par l’image renvoyée. À l’Assemblée nationale, certains de nos collègues députés se sont montrés déraisonnables en exigeant 7 milliards d’euros d’impôts supplémentaires, alors que la majorité sénatoriale défendait une réduction du déficit fondée prioritairement sur la baisse des dépenses publiques.

Pour sortir de cette impasse, quatre conditions s’imposent : travailler plus, dépenser moins, taxer moins, et utiliser pleinement tous les outils que prévoit la Constitution pour permettre l’adoption d’une loi de finances, y compris le recours à l’article 49, alinéa 3.

L’Assemblée nationale va désormais reprendre l’examen du texte à partir de la version adoptée par le Sénat lundi dernier, après 165 heures de débats et l’examen de plus de 5 156 amendements.

Il faut retrouver de l’ambition et de l’allant pour la France.

C’est dit !



#439 –  Examen des budgets au Sénat : sécurité, agriculture et collectivités au cœur des débat

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale poursuit son parcours législatif : adopté mardi en seconde lecture à l’Assemblée nationale, il a été rejeté au Sénat, qui a estimé qu’un débat au résultat déjà écrit n’aurait pas été constructif. Je salue néanmoins les compromis engagés à l’Assemblée pour permettre l’adoption de ce texte. Le texte ne pourra être définitivement adopté qu’après sa troisième lecture à l’Assemblée nationale mardi prochain.

Justice, culture, défense, santé,…  Nous avons également poursuivi l’examen des missions de la partie dépenses du projet de loi de finances. Lundi, les crédits de la mission « Sécurités », dont je suis rapporteur spécial, ont été adoptés. Le Sénat a validé une hausse du budget du ministère de l’Intérieur comprenant un supplément pour les casernes de gendarmerie, faisant suite à mon rapport de l’été dernier. En 2026, les effectifs repartiront à la hausse : 1 000 postes supplémentaires pour la police nationale et 400 pour la gendarmerie. Si l’on peut saluer l’augmentation des moyens humains, j’ai alerté sur le risque d’affaiblissement des investissements nécessaires au renouvellement du matériel.

La mission « Agriculture » a également été examinée. Chambre des territoires, le Sénat reste attentif à la situation de nos agriculteurs, moteurs de la ruralité. Les débats ont notamment porté sur la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse, sujet sur lequel j’avais interpellé la ministre dès le 30 octobre.

Nous avons ensuite étudié la mission « Relations avec les collectivités territoriales », essentielle au fonctionnement de nos services publics de proximité et aux investissements locaux. Le Sénat a adopté une hausse de 290 millions d’euros des composantes péréquatrices de la DGF : 150 millions d’euros pour la DSR et 140 millions d’euros pour la DSU. Concernant le fonds de sauvegarde des départements, nous avons élargi les critères d’éligibilité : les départements dont l’indice de fragilité sociale dépasse 80 % de la moyenne nationale pourront désormais en bénéficier. Cela permettra à une soixantaine de départements de pouvoir y prétendre. 

S’agissant du DILICO, nous avons choisi de revenir au mécanisme de 2025, en ramenant la contribution à 890 millions d’euros pour 2026. Ce choix réduit l’effort demandé aux départements et exonère totalement les communes, tout en maintenant une répartition différenciée entre les trois blocs. Ce compromis répond à l’objectif fixé par le Président Larcher : garantir un effort global des collectivités plafonné à 2 milliards d’euros. 

Enfin, je me réjouis de l’adoption définitive à l’Assemblée nationale de la proposition de loi créant un statut de l’élu local. Issue d’un travail initié au Sénat, elle constitue une avancée majeure pour renforcer la reconnaissance, la protection et l’attractivité des mandats locaux, dans un contexte où de nombreuses communes connaissent une crise de vocation. Ce texte offre un cadre plus clair et plus sécurisant pour celles et ceux qui s’engagent quotidiennement au service de leurs concitoyens.

C’est dit !



#438 –  Fonds Civaux et soutien aux personnes en perte d’autonomie: la partie « recettes » du budget adoptée au Sénat !

Le vote du budget de l’État se poursuit au Sénat. Ce jeudi, nous avons adopté la partie “recettes” du projet. Les modifications apportées par la Haute Assemblée vont globalement dans le sens d’un allègement de la pression fiscale par rapport au texte initial du Gouvernement. Les sénateurs ont ainsi réduit les prélèvements afin de rétablir leur objectif : réduire le déficit en agissant d’abord sur la maîtrise de la dépense plutôt que sur une augmentation des impôts.

J’ai pu faire adopter deux amendements essentiels pour les personnes en situation de dépendance ou de perte d’autonomie. Si le maintien à domicile doit rester une priorité, il nécessite un ensemble de services adaptés, parmi lesquels le portage de repas. Or, les règles fiscales imposaient que cette prestation soit intégrée dans un « ensemble de services » réalisés au domicile, sans jamais exiger qu’ils soient fournis par un même opérateur. Pourtant, dans les faits, l’administration fiscale refusait le crédit d’impôt dès lors que le portage de repas et un autre service étaient assurés par deux prestataires différents. Cette interprétation, absente de la loi, pénalisait injustement les usagers. L’amendement adopté sécurise donc l’éligibilité au crédit d’impôt « services à la personne » pour le portage de repas, afin de respecter l’esprit voulu par le législateur.

J’ai également défendu le Fonds départemental de péréquation de la taxe professionnelle (FDPTP), plus connu dans la Vienne sous le nom « Fonds Civaux ». Créé après la suppression de la taxe professionnelle en 2010, il est financé par une dotation de l’État aux collectivités dont le potentiel fiscal est faible ou dont les charges sont particulièrement élevées, comme c’est le cas pour notre département avec la centrale nucléaire de Civaux. Son maintien est régulièrement menacé. En 2015, le ministre du budget et des comptes publics de l’époque, Christian Eckert, souhaitait le supprimer. Je m’étais alors rendu à son ministère pour le convaincre de revenir sur cette décision. En se souvenant que sa grand-mère mosellane avait été réfugiée dans la Vienne pendant la Seconde Guerre mondiale,  il avait finalement accepté de maintenir le fonds. Depuis 2015, le fonds Civaux a rapporté 102 millions d’euros au Département. Les victoires politiques tiennent parfois à peu de choses ; parfois même à une simple histoire personnelle !

Aujourd’hui encore, ce fonds est indispensable à l’équilibre budgétaire des 30 départements qui en bénéficient. Bien qu’il participe à l’effort de redressement des comptes publics, les négociations menées au sein de la commission des finances ont permis de garantir son maintien à hauteur de 80 %.

Enfin, si le chemin vers l’adoption définitive du budget reste encore long, le vote par l’Assemblée nationale de la partie « recettes » du budget de la Sécurité sociale constitue un signal encourageant pour que la France dispose bien d’un budget adopté au 31 décembre. C’est l’intérêt de notre pays, du territoire et de chacun d’entre nous ! 

C’est dit !



#437 –  Les budgets de la France en examen au Sénat 

Le marathon budgétaire se poursuit au Sénat. Après une semaine de débats intenses sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, les sénateurs ont adopté un texte réduisant le déficit de la Sécurité sociale et profondément remanié : rétablissement de la réforme des retraites, gel des prestations sociales, et rejet massif du dispositif « France Santé », jugé flou et purement communicationnel. Le Gouvernement souhaitait labelliser « France Santé » des structures déjà existantes comme des maisons et centres de santé, mais de nombreux de sénateurs ont dénoncé une mesure sans portée réelle. Ironie du calendrier : le ministre Michel Fournier inaugurait mardi une maison « France Santé » dans la Vienne alors même que le Sénat venait de supprimer le dispositif. La commission mixte paritaire ayant échoué, le PLFSS retourne désormais à l’Assemblée.

Les débats ont aussi porté sur les stations thermales, après la confirmation le 5 novembre de la volonté du Gouvernement de réduire fortement le remboursement des cures. Plus de 115 000 personnes, dont de nombreux élus et parlementaires, ont cosigné une tribune dénonçant une mesure qui fragiliserait 500 000 patients et un secteur essentiel pour l’économie locale. La Roche-Posay, première station européenne de dermatologie thermale, est directement concernée.

Depuis jeudi, les sénateurs examinent aussi le projet de loi de finances pour 2026, avec des débats qui se poursuivront jusqu’au 15 décembre. Le Sénat, dont la commission des finances a joué un rôle majeur d’alerte sur le dérapage des comptes 2023-2024, entend soutenir entreprises et collectivités tout en maîtrisant la dépense publique. La commission des finances du Sénat a, par ailleurs, adopté dès cette semaine une mesure en faveur des collectivités. Il a ainsi décidé de ramener de 2 milliards à 1 milliard d’euros le dispositif DILICO, introduit l’an dernier et très contesté par les collectivités. Dans sa version 2026, les communes en sont exclues, la contribution des intercommunalités est divisée par deux et seuls 20 départements resteraient concernés.

Rappelons que les collectivités ne représentent que 8 % du déficit national : elles ne doivent pas être davantage pénalisées. C’est avant tout sur le train de vie de l’État, essentiellement en central, que des économies doivent être réalisées pour retrouver les marges nécessaires et inspirer de nouveau confiance. Donner un budget à la France en ce sens est un devoir.

C’est dit !



#436 –  Vive les élus locaux ! 

Ravi d’avoir une nouvelle fois honoré cette tradition de recevoir les maires et élus de la Vienne au Sénat, à l’occasion du 107ᵉ Congrès des maires. 

Dans la Vienne, nous avons une force : nous savons travailler ensemble, entre élus nationaux et locaux, avec les services de l’État, et avec un conseil départemental solide et présent pour accompagner vos projets. C’est ainsi que nous avons toujours avancé, et c’est ce qui fait l’histoire de notre territoire.

La semaine du Congrès des maires coïncide toujours avec l’examen des budgets au Sénat. C’est la politique publique la plus importante, parce qu’elle conditionne toutes les autres : sans budget, pas de projets. Bien que le projet de loi de finances ne soit pas encore arrivé au Sénat, nous avons déjà posé plusieurs marqueurs :
– Mettre fin à la disparité de la DGF entre communes urbaines et rurales ;
– Cesser de ponctionner les collectivités qui ne sont pas responsables du déficit public ;
– Maintenir le Fonds Civaux dans son esprit initial ;
– Veiller à ce qu’aucune suppression de postes d’enseignants ne compromette une carte scolaire équilibrée et la préservation de nos écoles rurales dans l’intérêt des enfants ! 
– Soutenir le budget de la sécurité intérieure et de la défense ;
– Ne pas taxer davantage nos entreprises, qui sont le moteur de notre économie.

La France qui avance, c’est la France des communes. C’est d’abord la France légitime. Les maires sont le premier maillon de la chaîne de confiance. Les citoyens n’ont plus confiance dans les politiques nationaux : c’est bien la preuve qu’il faut cesser de tout concentrer au niveau central, alors que ce qui fonctionne, c’est la décentralisation et la présence de l’État sur le terrain.

Aux maires qui ont décidé d’arrêter, je souhaite une belle continuation. À ceux qui repartent, après un mandat particulièrement difficile, j’adresse tout mon courage pour la campagne qui s’ouvre et pour le prochain mandat.

Au niveau national, près de six maires sur dix envisagent de se représenter, malgré la fatigue de ce mandat et le sentiment d’un travail parfois empêché. C’est la preuve que l’envie d’agir des maires, adjoints et conseillers municipaux reste puissante.

J’espère que la réforme du statut de l’élu local, adoptée au Sénat le mois dernier et qui devrait l’être définitivement d’ici la fin de l’année, permettra de mieux vivre le prochain mandat et de susciter de nouvelles vocations.

Vive nos élus locaux, qui sont le premier kilomètre de l’action publique !

C’est dit ! 



#435 – Se souvenir pour ne jamais oublier 

Cette semaine a été marquée par deux temps forts de mémoire et de recueillement.

Mardi, nous avons commémoré l’armistice du 11 novembre, célébrant la fin de la Grande Guerre et la signature de l’armistice de 1918. Cent sept ans plus tard, dans chaque village de France, cette journée demeure un moment pour se souvenir des 8,5 millions de soldats français engagés dans ce conflit, ainsi que de tous ceux qui ont survécu à ses horreurs, sur le front comme à l’arrière. Le dernier poilu, Lazare Ponticelli, s’était promis de toujours respecter le serment que les hommes se faisaient avant de monter à l’assaut : « Si je meurs, tu penseras à moi ! ». Avec ces mots, il nous a confié le devoir de mémoire, celui de ne jamais laisser s’effacer le souvenir de leur sacrifice. À travers ces cérémonies, c’est notre reconnaissance que nous exprimons envers nos armées, leurs blessés et tous ceux qui veillent sur notre liberté.

Cette semaine a aussi marqué les dix ans des attentats de Paris. Chacun se souvient du moment où il a appris, un soir de vendredi 13 novembre 2015, qu’une série d’attaques frappait la capitale. Les terroristes ont visé des lieux de vie, des symboles de ce qui nous unit : le stade de France, symbole de cohésion derrière nos sportifs ; des terrasses de cafés, symbole de la joie de vivre et du partage ; et une salle de concert, le Bataclan, symbole de culture et de rassemblement. Ils ont voulu réduire au silence l’âme de notre pays : notre liberté et notre art de vivre. Mais Paris est et restera une fête.

Nous nous souvenons des gestes de bravoure et de courage accomplis ce soir-là, de l’unité nationale du lendemain et des rassemblements spontanés des jours suivants, sur la place de la République et partout en France. Cette unité ne devrait pas naître seulement dans la douleur. La France est plus forte lorsqu’elle est rassemblée.

Nous saluons les forces de l’ordre et de sécurité qui ont fait face ce soir-là, ainsi que tous ceux qui, chaque jour, œuvrent pour notre sécurité. J’ai naturellement une pensée particulière pour les policiers de la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI), que j’avais rencontrés l’été dernier dans le cadre de mon rapport sur les unités d’élite, et qui sont intervenus au Bataclan, au péril de leur vie. L’annonce faite par le Président de la République de leur remettre la Légion d’honneur met en lumière leur courage et leur dévouement.

Nous pensons aussi à Diesel, la chienne du RAID tombée lors de l’assaut à Saint-Denis, dont le sacrifice rappelle la loyauté et la place essentielle des chiens engagés aux côtés de nos forces d’élite.

Nos pensées vont enfin aux forces de secours, pompiers, ambulanciers, protection civile, dont la rapidité et le professionnalisme ont permis de sauver tant de vies.

Face au chaos, la démocratie a répondu par la justice.

Souvenons-nous des victimes arrachées à leurs proches, et de celles et ceux qui ont survécu à cette terrible nuit.

Nous n’avions pas peur au lendemain de ces attaques. Nous n’avons toujours pas peur aujourd’hui.

Le pays des Lumières ne sombrera jamais dans les ténèbres.

C’est dit !



#434 – Le budget de la mission « Sécurités » adopté en commission des finances ! 

Mercredi dernier, la commission des finances du Sénat a adopté le projet de budget pour la sécurité intérieure, dont j’ai l’honneur d’être le rapporteur. Répondant aux besoins croissants des forces de sécurité intérieure dans un environnement toujours plus exigeant, les crédits cumulés de la police et de la gendarmerie nationales progressent de plus de 637 millions d’euros, soit +2,6 %. Ils dépassent ainsi les montants prévus par la loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur du 24 janvier 2023.

Avec les crédits alloués à la sécurité routière, le budget total de la mission « Sécurités » s’élève à 26 milliards d’euros.

Pour la police nationale, le budget s’élève à 14 milliards d’euros et prévoit la création de 1 000 postes. Les renforts seront prioritairement orientés vers la filière investigation et la police aux frontières, afin de renforcer la lutte contre la délinquance du quotidien et la criminalité organisée. Les crédits hors personnel sont concentrés sur trois axes majeurs : la transformation numérique, le renouvellement du parc automobile et la modernisation du parc immobilier, afin d’améliorer durablement les conditions de travail et l’efficacité opérationnelle des forces de police.

Pour la gendarmerie nationale, le budget dépasse 11 milliards d’euros et prévoit la création de 400 postes destinés au déploiement des nouvelles brigades, projet structurant pour l’institution. Sur les 239 brigades annoncées, 80 ont été ouvertes en 2024, mais les 57 prévues pour 2025 ont été retardées faute d’effectifs. Leur mise en place interviendrait donc en 2026, avec un an de décalage. Les crédits hors personnel se concentrent sur l’immobilier, conformément à mon rapport d’information de juillet 2024. Cette orientation appelle toutefois une vigilance particulière concernant les véhicules, les hélicoptères et les systèmes d’information et de communication (SIC).

Il est également nécessaire d’assurer les moyens humains et matériels permettant de soutenir la réserve de la police et de la gendarmerie, dont le rôle sera essentiel lors des grands événements de 2026, notamment la tenue du G7 à Évian en juin.

Enfin, sur le volet sécurité routière, le nombre de morts sur les routes est en hausse sur les neuf premiers mois de 2025 par rapport à 2024. Cette évolution impose une nécessité de développer la sensibilisation aux principaux facteurs de risque : alcool, vitesse, stupéfiants et distracteurs. Les 4 200 radars implantés sur le territoire génèrent 2 milliards d’euros de recettes, dont 35 % reviennent aux collectivités locales et 20 % sont consacrés à la prévention et la sécurité routière.

Alors que nos concitoyens réclament de plus en plus de sécurité et que nous commémorons le 10e anniversaire des tragiques attentats de Paris, l’augmentation du budget de la sécurité intérieure doit s’envisager à long terme, en tenant compte de tous les défis.

C’est dit !



#433 – Une Europe toujours symbole d’espérance  

Très heureux d’avoir participé la semaine dernière à ma première commission des affaires européennes du Sénat. Ce nouvel engagement prolonge celui que j’ai eu au Conseil de l’Europe, où j’ai siégé de 2008 à 2021.

Chargée de contrôler la politique européenne du gouvernement, de suivre les politiques menées par l’Union européenne et de veiller au respect des compétences de celle-ci, cette commission joue un rôle essentiel dans la vie parlementaire. Elle est présidée par Jean-François Rapin, Sénateur du Pas-de-Calais, que je remercie de sa confiance.

Pour ma génération, l’Europe incarne avant tout une espérance : celle d’un continent en paix, après des siècles de guerres. Aujourd’hui, alors que la Russie mène une guerre contre l’Ukraine, pays frontalier de l’Union, et multiplie les provocations dans l’espace aérien des pays baltes, l’Europe apparaît plus que jamais comme un rempart nécessaire. 

L’Europe, c’est également un gage de stabilité monétaire. En près de 25 ans d’existence, la monnaie unique a su faire preuve d’une résistance remarquable face aux crises, qu’il s’agisse du COVID, des mouvements sociaux, de l’inflation ou encore de la guerre en Ukraine. Là où une monnaie nationale aurait sans doute subi plusieurs dévaluations, l’euro a permis de protéger notre économie.

L’Europe, c’est avant tout un gage de solidarité. Pendant la pandémie, les États membres ont su unir leurs forces, notamment à travers l’achat commun de vaccins, démontrant la force d’une action collective. L’Union européenne soutient aussi concrètement ses citoyens grâce à ses dispositifs d’aide, comme la Politique Agricole Commune (PAC), pilier historique du projet européen. Si certaines orientations peuvent prêter à débat et si la PAC gagnerait à être plus souple et réactive, elle demeure un appui indispensable pour des milliers d’agriculteurs.

L’Europe, c’est enfin l’ouverture sur les autres. Grâce à l’espace Schengen, les citoyens européens peuvent voyager et travailler plus librement d’un pays à l’autre. Le programme Erasmus+, véritable réussite européenne, offre chaque année à des milliers d’étudiants et d’enseignants l’opportunité de découvrir d’autres cultures et de s’enrichir mutuellement. Grâce à ces initiatives, l’Union européenne continue de rapprocher les peuples.

Elle continue de faire rêver et d’inspirer sur notre continent. Je veux saluer le choix des citoyens moldaves, qui ont récemment affirmé leur attachement à l’Europe occidentale plutôt qu’à l’influence russe.

Incontestablement, l’Europe reste une espérance.
 
C’est dit !



#432 – Vers un statut de l’élu local : une nouvelle étape franchie !

Travaillée depuis plusieurs années au Sénat, puis adoptée une première fois en mars 2024 au Sénat et en juillet 2025 à l’Assemblée nationale, la proposition de loi « Statut de l’élu » vient de franchir une nouvelle étape décisive. Adopté à l’unanimité en seconde lecture par le Sénat cette semaine, ce texte a su se frayer un chemin au milieu du tumulte politique pour réaffirmer une conviction partagée : soutenir et reconnaître l’engagement des élus locaux. C’est un texte nécessaire pour l’avenir de nos communes, particulièrement à l’aube du Congrès des maires et à l’approche des élections municipales, dans un contexte de crise des vocations.

Soyons clairs : ce texte ne réglera pas à lui seul cette crise, mais il favorisera l’engagement et renforcera l’accompagnement des élus dans leurs missions. Il n’est pas parfait, mais il va dans le bon sens. Il démontre surtout que nous savons dépasser les clivages lorsqu’il s’agit de défendre nos territoires et ceux qui les font vivre.

Parce que ce qui tient la France, c’est son maillage communal.
Nos maires et élus de proximité sont souvent « à portée de baffes », mais ils demeurent les plus respectés et les plus appréciés de nos concitoyens. Ce texte marque la reconnaissance de la République envers celles et ceux qui s’engagent pour servir. Il exprime notre gratitude collective envers des élus municipaux qui participent à la cohésion et la vitalité de nos territoires.

Cette seconde lecture a permis de confirmer les acquis du premier passage en hémicycle, notamment les congés maternité, paternité et électifs, la création du statut d’élu étudiant, la mise en place du label employeur, le renforcement de la formation des élus ainsi que la revalorisation de leurs indemnités.

Elle a également permis d’importantes avancées sur deux points essentiels : la clarification de la notion de prise illégale d’intérêts, qui apporte une sécurité juridique accrue aux élus, et la mise en place de nouvelles mesures en matière de retraites, afin de mieux valoriser l’engagement local. 

Les rapporteurs ont su, tout en respectant le travail de l’Assemblée nationale, retrouver l’équilibre et l’esprit initial de la proposition. Je tiens à saluer leur rigueur et à remercier Madame la Ministre Françoise Gatel pour son engagement constant en faveur des élus locaux.

Le texte doit désormais repartir à l’Assemblée nationale pour une nouvelle lecture, avant son adoption définitive.

Je reste, comme l’ensemble des sénateurs, pleinement mobilisé pour défendre ces progrès, afin qu’ils deviennent une réalité concrète pour tous les élus locaux.
 
C’est dit !



#431 – La moins mauvaise des mesures

Cette semaine, une fois encore, le pays était suspendu à une décision politique. Le discours de politique générale, exercice d’ordinaire réservé aux initiés, a, cette fois-ci, suscité un intérêt populaire inédit. L’enjeu était de taille : le sort des motions de censure, et avec lui la menace d’une dissolution, se jouait dans l’hémicycle. 

Jeudi matin, les motions déposées par les députés des deux extrémités de l’hémicycle ont été rejetées. Le gouvernement Lecornu est donc maintenu, au moins pour quelques semaines, offrant à la France un fragile répit, un semblant de stabilité. Et c’est tant mieux. 

Pour parvenir à cet accord de non-censure, le Premier ministre a dû concéder à la gauche la suspension de la réforme des retraites. Ce report ne règle rien. Tôt ou tard, il faudra rouvrir ce dossier, car nous ne pourrons pas tout financer à la fois : compenser le coût des retraites, réduire la dette et soutenir le pouvoir d’achat. Il faudra, inévitablement, travailler plus longtemps et davantage chaque semaine. La formule est simple : pour financer plus, il faut produire plus. 

Mais cette promesse de suspension, ajoutée au climat d’instabilité politique, a eu un effet immédiat : l’agence américaine S&P a abaissé la note souveraine de la France, la faisant passer de AA- à A+, jugeant que « l’incertitude sur les finances publiques françaises demeure élevée ». Cette décision peut sembler technique, presque abstraite. Elle ne l’est pas : une telle dégradation peut entraîner une hausse du coût de la dette et alourdir les intérêts payés par l’État.

Pour autant, la priorité du moment reste claire : il faut adopter un budget. Entre le 13 décembre 2024, date de la censure du gouvernement Barnier, et le 15 février 2025, date de promulgation de la loi de finances pour 2025, la France a perdu 2 milliards d’euros par semaine. À titre de comparaison, la suspension de la réforme des retraites représente une perte équivalente sur deux ans. 

Autrement dit, céder sur les retraites pour éviter la censure reste, pour l’instant, la moins mauvaise des mesures.

Souvenons-nous de l’expérience de l’hiver 2024-2025.

C’est dit !