
Le bien vieillir est l’un des grands défis que notre société doit relever. Le vieillissement de la population entraînera inévitablement une pression croissante sur les capacités d’accueil des EHPAD et établissements spécialisés. Dans le même temps, un grand nombre de personnes âgées expriment le souhait de rester à domicile le plus longtemps possible. L’enjeu est donc clair : développer des solutions durables pour favoriser le maintien à domicile.
Dans ce domaine, les départements et les centres communaux d’action sociale (CCAS) jouent un rôle clé, en assurant de nombreux services de proximité. Mais face à des budgets de plus en plus contraints, il est essentiel que l’État leur donne les moyens nécessaires pour poursuivre ces missions indispensables.
Le maintien à domicile s’appuie aussi sur les services à la personne (SAP), qui bénéficient d’un crédit d’impôt équivalent à 50 % des dépenses engagées, dans la limite de 12 000 euros par an. Ce dispositif, qui couvre aujourd’hui 26 activités, représente un coût annuel de 6,5 milliards d’euros pour l’État. Dans le cadre du budget 2026, le Gouvernement envisage de revoir ces aides et d’en réduire le montant.
Certaines prestations, comme le portage de repas à domicile, ne sont aujourd’hui éligibles au crédit d’impôt que si elles sont intégrées dans une offre globale de services rendus à domicile. Or, il s’agit d’un service essentiel au quotidien pour de nombreuses personnes âgées. Les entreprises de cette activité se retrouvent ainsi dans une insécurité juridique et financière.
Cette semaine, j’ai pu échanger avec le cabinet de la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, afin de défendre le maintien et la simplification de ces aides. Il faudra trouver un équilibre : ajuster les niches fiscales sans encourager le travail non déclaré. Qui plus est, lorsque que nous savons que pour chaque euro investi via le crédit d’impôt, l’État récupère 1,50 €. Ce secteur emploie plus de 1,3 million de personnes, souvent éloignées de l’emploi. Il serait contre-productif d’affaiblir un dispositif qui allie utilité sociale, économique et territoriale.
Malgré le contexte, les niches fiscales liées au grand âge ne doivent pas être remises en cause. Soutenir le vieillissement à domicile, c’est faire le choix de la dignité, de la proximité et de la solidarité.
C’est dit !
