
Il y a un peu plus d’un an, les agriculteurs se mobilisaient massivement pour dénoncer la faiblesse de leur rémunération, la dévalorisation de leur métier, et l’accumulation de normes toujours plus contraignantes. Face aux crises profondes que traverse le secteur, le Sénat a présenté une proposition de loi visant à alléger les contraintes pesant sur l’exercice du métier d’agriculteur. Conscient de ces enjeux et profondément attaché à la cause de ceux qui nous nourrissent, j’ai voté en faveur de ce texte en janvier dernier.
Aujourd’hui, la situation demeure critique. Les normes s’accumulent, tandis que la concurrence déloyale, à la fois internationale et intra-européenne, fragilise durablement nos exploitants. Le sentiment d’abandon s’accentue, à mesure que les décisions politiques tardent à produire des effets concrets. J’ai pu mesurer cette détresse lors de mes échanges récents avec les représentants des principaux syndicats agricoles, notamment la FDSEA de la Vienne, rencontrée lundi, et la Coordination Rurale, avec laquelle nous avons également eu l’occasion d’échanger ces dernières semaines.
L’agriculture française représente désormais moins de 2 % du PIB national, contre 4 % en 1980 et 18 % en 1949. C’est une lente mais réelle asphyxie de notre souveraineté alimentaire. Il est urgent de redonner aux filières agricoles le soutien qu’elles méritent, en leur offrant une vision claire, ambitieuse et durable.
La volonté d’une partie de la gauche d’empêcher l’examen de ce texte en déposant près de 4 000 amendements n’a pas été à la hauteur des attentes du monde agricole. Cette manœuvre d’obstruction parlementaire a empêché un véritable débat démocratique, fondé sur l’échange, le compromis et le respect du pluralisme. Désormais, le texte sera examiné par la commission mixte paritaire, qui aura la responsabilité de trouver un équilibre entre les positions de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Il n’y aura pas d’agriculture contre le vivant, les animaux ou la santé humaine. Mais il n’y aura pas non plus d’avenir écologique sans les agriculteurs.
C’est dit !
