#410 – Accidents à répétition sur la RN147 : l’État doit prendre ses responsabilités

La RN147 a une nouvelle fois été le théâtre d’un accident mortel en fin de semaine dernière le troisième en un mois. Cela fait maintenant une dizaine d’années que l’on parle d’une accidentologie préoccupante sur cet axe, sans avancée concrète. C’est un sujet sur lequel je suis engagé depuis le 2 avril 2015, date de mon élection à la présidence du Département. Depuis, beaucoup de temps a été perdu, notamment à cause d’un projet autoroutier totalement irréaliste, sans accord ni financement possible avec les collectivités.

Et pourtant, la modernisation de cette route est attendue de longue date : déclarée prioritaire dans le CPER 2000-2006, retirée du SNIT en 2008, puis réinscrite dans le CPER 2015-2020… sans qu’aucun chantier n’ait vu le jour.

Plusieurs solutions ont été proposées, dont l’aménagement à 2×2 voies sur le tracé existant pour préserver les terres agricoles. Dans le CPER 2021-2027, deux opérations sont prévues : la déviation de Lhommaizé et l’entrée sud-est de Poitiers. Une autre déviation est en projet entre Lussac-les-Châteaux et Mazerolles. Il faut désormais accélérer.

Depuis mon arrivée au Sénat, j’ai interpellé trois fois les ministres des Transports, par voie de question écrite : en octobre 2020, en juillet 2022, et la semaine dernière encore. Cette semaine, j’ai également rencontré Nathalie Tabuteau, maire de Moulismes, commune endeuillée par le dernier accident mortel sur cet axe, en présence de Thomas Ricard, sous-préfet de Montmorillon. En tant que rapporteur spécial pour la sécurité routière, j’ai alerté une nouvelle fois Philippe Tabarot, ministre délégué aux Transports, sur l’urgence absolue de sécuriser cet axe. Le déploiement d’un radar fixe ou mobile, le renforcement des contrôles routiers en lien avec la gendarmerie nationale, ainsi que la mobilisation de financements via la DETR ou les amendes de police pour aménager les entrées de bourg par des dispositifs techniques et paysagers sont autant de solutions pouvant être mises en œuvre avant la période estivale. Le conseil municipal a d’ailleurs délibéré en ce sens.

Quant au Département de la Vienne, il a déjà versé 8,4 millions d’euros mais est toujours en attente d’un engagement clair de l’État. Sans cela, aucun nouveau versement ne sera effectué.

L’État doit désormais faire preuve de responsabilité en assurant la sécurité de nos concitoyens et en respectant ses engagements pour l’aménagement du territoire dans le Sud-Vienne.

C’est dit ! 



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