
Il y a un an, en juin 2023, le Président s’engageait à renforcer la souveraineté sanitaire et pharmaceutique française. Cet engagement faisait suite aux pénuries de nombreux médicaments grand public, notamment ceux à base de paracétamol, en pleine pandémie mondiale.
Aujourd’hui, un an plus tard, le groupe Sanofi annonce être en discussions avec un fonds d’investissement américain pour vendre l’une de ses filiales, productrice d’un des médicaments les plus attendus des Français : le Doliprane.
Cette promesse de préserver notre souveraineté sanitaire semble désormais bien lointaine. Sous la pression d’un système qui pousse continuellement à la baisse des prix des médicaments, l’industrie pharmaceutique française peine à innover pour développer les traitements de demain, comme en témoigne son retard lors de la production du vaccin contre la Covid. C’est ainsi que Sanofi choisit aujourd’hui de se séparer d’un médicament générant 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, afin de pouvoir réinvestir dans la recherche.
Cette vente potentielle pourrait aussi avoir des conséquences financières pour les Français. Actuellement, 2,5 milliards de comprimés de Doliprane sont produits chaque année en France, dans les usines de Lisieux et de Compiègne. Une délocalisation de la production entraînerait une augmentation des coûts de transport et, par conséquent, une hausse des coûts de fabrication.
Au printemps dernier, les parlementaires s’étaient déjà mobilisés contre la vente de Biogaran, qui invoquait un manque de rentabilité de la production de médicaments génériques en France. Pourtant, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 prévoit une réduction des prix des médicaments à hauteur d’un milliard d’euros.
Alors, qu’attend le Gouvernement pour repenser sa politique d’économies dans le secteur de la santé et protéger notre souveraineté sanitaire ?
C’est dit !
