
Jeudi dernier, une grève massive a été organisée par l’ensemble des professionnels de la pharmacie : syndicats, étudiants, groupements de pharmaciens. Peu habitués aux grèves, entre 90% et 100% des pharmaciens ont, pour autant, fermé leurs portes selon les syndicats, témoignant ainsi de l’inquiétude grandissante de la profession. À Poitiers, nous étions plus de 150 devant la faculté de pharmacie jeudi après-midi.
Pénurie de médicaments, fermetures des pharmacies, honoraires gelées, perspective de la libéralisation de la vente de médicaments en ligne avec la proposition de loi du député Marc Ferracci, les difficultés auxquelles font face les pharmaciens sont nombreuses. Depuis l’explosion de l’usine AZF à Toulouse en 2001, les industries chimiques ont déserté la France et l’Europe pour s’installer en Chine et en Inde. Cette mondialisation du marché a déstabilisé les stocks français, qui ne parviennent plus à se fournir correctement en raison de la politique de baisse des prix des médicaments remboursés pour tenter de combler le déficit de la sécurité sociale.
La démographie de la profession est également préoccupante. Le nombre de départs en retraite va augmenter alors que, simultanément, les facultés sont en sous-recrutement, victimes d’une invisibilisation dans le processus post-bac. En 2022, les pharmaciens de plus de 60 ans représentaient 19 % des pharmaciens selon l’Ordre National des Pharmaciens. Or, depuis 2021 et la mise en place de la réforme des études de santé, 1 661 places sont restées vacantes dans les facultés, soit environ 15% des capacités d’accueil.
Alors, réarmons la France pour retrouver une souveraineté en matière de médicament,
Offrons des perspectives aux étudiants pour les encourager à faire ce métier,
Ne cédons pas à la tentation avec la dérégulation de la vente en ligne de médicaments,
Sauvegardons les seuls lieux de proximité où il est possible d’avoir une réponse en matière de santé tous les jours sans rendez-vous.
La santé est une priorité.
Il est urgent que le Gouvernement agisse pour éviter les déserts pharmaceutiques.
C’est dit !
