#358 – Notre système de santé est malade ! 

Les professionnels ne sont pas encore sortis de la pandémie de Covid et certains indicateurs illustrent cette réalité. Parmi ceux-ci, deux sont flagrants et démontrent ce terrible constat : la France régresse au sein des pays de l’OCDE en matière d’espérance de vie et la mortalité infantile augmente dans notre pays ce qui ne s’était jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. 
Malheureusement, les prochaines années ne laissent pas envisager de meilleurs cieux.

Si nous ne pouvons pas reprocher à l’actuel pouvoir la responsabilité des déserts médicaux, il portera celle de l’apparition des déserts pharmaceutiques ! La pénurie de médicaments est de plus en plus une réalité pour toutes les officines et leur patientèle malgré mon alerte au Sénat dès novembre 2022 et le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur ce sujet dont j’ai été l’un des vice-présidents. Ce rapport a montré toutes les failles dont les conséquences pénalisent l’accès aux soins des malades et rien n’est fait pour répondre à l’urgence ! Dans mon officine, pour illustrer mon propos, dix patients n’ont plus leur médicament pour traiter leur diabète depuis mercredi (Trulicity).

L’archaïsme technocratique vient là aussi ajouter des problèmes aux problèmes : la loi permet depuis le 1er janvier aux pharmaciens de délivrer certains antibiotiques face à diverses situations mais les caisses d’assurance maladie rejettent les dossiers car les décrets d’application ne sont pas encore publiés ! 

J’ai alerté ce vendredi midi la nouvelle Ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités à l’occasion de sa venue à Poitiers sur l’ensemble des problèmes auxquels doit faire face le réseau pharmaceutique dont chacun a pu constater la mobilisation et l’efficacité face à la Covid. Je lui ai également proposé de passer une demi-journée avec moi à l’officine pour voir la réalité de l’exercice en milieu rural bien différent de celui où elle s’est risquée mercredi dernier en plein cœur du centre de Paris à Saint-Germain-des-Prés ! 

Il est encore temps de réagir si on veut sauver notre réseau des 20.000 pharmacies qui constituent aujourd’hui les seuls lieux de santé en proximité où il est possible d’obtenir une réponse à un problème sans rendez-vous et qui participent à la permanence des soins 365 jours par an. 

Que voulons-nous ? 
Pénurie de professionnels de santé
Pénurie de ressources humaines 
Pénurie de médicaments 
Pénurie d’imagination dans les cerveaux ministériels
Pénurie de réalisme et de pragmatisme malgré plusieurs propositions de bon sens

En la matière, comme pour les carburants, la grande distribution fera bientôt la pluie et le beau temps. 
N’espérons plus alors trouver un « drugstore » ouvert la nuit ou à proximité, au cœur des territoires abandonnés sans professionnels de santé et aux écoles fermées. 
On ne parlera plus d’eux qu’au lendemain de scrutin pour s’étonner de leur vote mutin. 

C’est dit ! 



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