
Le décès de Robert Badinter, figure de l’engagement en faveur des droits sociétaux, avec en particulier de l’abolition de la peine de mort, nous invite à réfléchir sur les grandes évolutions en ce domaine, dont certaines sont annoncées pour cette session parlementaire.
En ce qui concerne la constitutionnalisation de l’Interruption Volontaire de Grossesses (IVG), en tant qu’ancien membre de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes du Sénat, élu en charge de toutes les politiques sociales pendant onze ans au Conseil Départemental de la Vienne (2004 – 2015), j’ai systématiquement, comme chacun sait, fait mienne la cause des femmes. Ce débat sur la protection du droit d’IVG, importé en France par des évènements survenus aux Etats-Unis et dans d’autres pays d’Europe, vise à protéger cette liberté de la femme, en interdisant au législateur de supprimer l’IVG ou d’y porter gravement atteinte. Je suis favorable à toutes initiatives qui viendraient renforcer ce droit bien qu’il soit toutefois déjà protégé par une jurisprudence du Conseil constitutionnel (27 juin 2001).
Quant à la fin de vie, comme je m’en suis déjà exprimé, je suis favorable au droit de mourir dans la dignité. Où tracer la frontière entre les progrès de la médecine, l’acharnement thérapeutique et la souffrance personnelle, relevant du ressenti intime du patient ?
Plusieurs lois ont déjà amélioré le droit à une fin de vie digne et apaisée, notamment la loi Claeys-Leonnetti de 2016 avec les directives anticipées et la désignation de la personne de confiance pour permettre à chacun d’exprimer ses volontés. Le projet de loi annoncé s’inscrit ainsi dans la continuité de ces évolutions. Reporté à plusieurs reprises, il permettrait de répondre à certaines attentes. Une analyse minutieuse des dispositions sera nécessaire pour réglementer le champ de cette loi.
Seul prévaut l’intérêt du malade.
C’est dit !
